CHAPITRE PREMIER
Un morceau d'intestin fendu longitudinalement et placé dans des conditions analogues fournira les mêmes résultats.
On pourra encore y arriver en faisant une culture avec des fragments d'intestin grêle de mouton, de veau, de bœuf, de cobaye. On prend un morceau d'intestin aussi frais que possible, de préférence dans la partie supérieure moins riche en bactéries, on l'ouvre longitudinalement et on le lave à J'eau stérilisée ; on promène alors sur la surface interne une tige de platine flambée d'abord, puis trempée dans la matière suspecte, et on expose en chambre humide, comme précédemment. Nous avons ainsi obtenu de très-belles cultures, surtout avec les intestins de veau et de mouton.
Nous devons dire cependant que quelquefois, quand dans la substance initiale il y avait peu de virgules et, au contraire, beaucoup de bactéries différentes, nous n'avons pas réussi par ces moyens à obtenir des cultures riches en virgules.
On réussira souvent, môme alors, en délayant la selle, le contenu intestinal ou la muqueuse intestinale raclée dans du bouillon, et en plaçant le liquide à l'étuve (30-36°) dans un verre à précipité ou dans un vase rétréci à sa partie supérieure, ou dans un matras rempli jusqu'au col, etc. Il y a chance de retrouver alors à la surface du liquide le bacille-virgule, même si à l'origine il était relativement très-rare (').
Ce procédé peut s'appliquer à des recherches sur l'eau à laquelle on ajoutera une solution concentrée et neutralisée de peptones.
On pourra encore le pratiquer en petit, en ajoutant une parcelle * de matière ou une gouttelette de liquide, à une goutte de bouillon ^ suspendue à la face inférieure d'une lamelle ; on cherchera direc- • ) tement les virgules au microscope sur les bords de cette goutte.
Ces différents modes opératoires ont l'avantage d'être applicables à des quantités relativement considérables de matière suspecte :
(1) Voyez : Schottelius, Deutsche Medic. Wochenschr.. 1885. u° 14.
CARACTÈRES DU BACILLE
ils conduisent souvent à des préparations très-proJjantes. Cependant, il ne faut, en réalité, les considérer que comme des artifices destinés à rendre plus facile et plus rapide le procédé des cultures en gélatine et sur plaques qui devra toujours leur servir de contrôle et de complément.
B. — Cultures pures et caractères des colonies.
On sait que pour démontrer les propriétés pathogènes des microorganismes, M. Pasteur eut le premier l'idée d'ensemencer dans un liquide nutritif et stérilisé une très-faible parcelle de matière contaminée. Les poisons chimiques pouvant exister dans cette dernière se trouvent ainsi considérablement dilués et affaiblis, car ils ne peuvent se reproduire par eux-mêmes ; mais les êtres vivants qu'on ensemence se multiplient, au contraire, rapidement si le milieu leur est favorable, et bientôt il sera impossible de prélever une goutte de liquide qui ne contienne des micro-organismes. Si l'on sème cette goutte dans un second liquide analogue au premier, le poison chimique primitif .se trouvera déjà affaibli à l'infini, tandis que les êtres vivants se multiplieront à nouveau ; si ce sont ces derniers qui produisent l'effet toxique, le second liquide sera bientôt aussi virulent que la matière contagieuse ayant servi de point de départ ; il sera à peu près inoffensif dans le cas contraire. Ce sera encore plus vrai pour les 3°, 4" culture, etc.
Par ce procédé, on sépare complètement les micro-organismes et leurs produits de sécrétion de tout ce qui les accompagne dans les matières contagieuses ; on réussit moins sûrement à isoler ces micro-organismes les uns des autres. Mais ce résultat se trouve atteint rapidement en remplaçant le liquide par un milieu solide, d'après la méthode de M. Koch.