CHAPITRE CINQUIÈME
l i" expérience. — Em de sentiiie d'un navire eu l)oi.s reveuaiil des colonies. Ensemencée le 19 décembre.
Essais:
25 décembre — ; 2 jauvun' —,
Ainsi, dans l'eau distillée, la virgule a pu vivre . 20 jours.
Dans l'eau du canal 38 »
» de mer 64 »
» du Vieux-Port 81 »
>) de cale 32 »
Dans ces essais les cultures ordinaires ne se composaient tout d'abord que de colonies de virgules ; mais quand le matras avait été ouvert plusieurs fois, elles devenaient tout à fait impures ; ainsi pour l'eau du Vieux Port (10' expérience), les cultures ont été impures dès le 26 octobre. A plusieurs reprises, quand nous voyions la gélatine menacée de liquéfaction par les autres bactéries, avant que les colonies de la virgule fussent bien caractérisées, nous avons fait un nouvel ensemencement avec une ou plusieurs des colonies probables de bacilles cholériques. Les colonies ont toujours été contrôlées par l'examen microscopique.
Eau de nos ports. — Ces expériences s'écartaient très notablement des conditions naturelles : 1° la concurrence vitale avec d'autres micro-organismes, qui joue un si grand rôle dans la destruction de la virgule, se trouvait supprimée dans les premières phases, ou même pendant l'expérience tout entière, quand les prises d'essai peu nombreuses n'ont été faites que longtemps après l'ensemensement; 2° le bacille-virgule est adapté à des contrées où la température ne descend jamais au-dessous de 17°; il peut avoir l'avantage dans l'eau de nos ports pendant les chaleurs de l'été; mais la température s'abaissant,. la population habituelle de ces eaux, acclimatée à ce changement, reprendra le dessus et fera
VITALITÉ UU BACILLE-VIRGULE
disparailre le- microbe choléiique ; 3° dans nos matras, la contamination n'avait lieu en définitive que par Tair; il est donc probable que les concurrents n'élaient pas les mêmes, ni surtout aussi variés que dans l'eau d'un port de nos côtes ; 4° la température ayant été basse en général, l'activité vitale, la multiplication surtout, ont dû se ralentir très notablement; 5° la température a été assez variable, condition bien différente de celle réalisée dans une grande nappe d'eau; G° une circonstance évidemment défavorable a été l'état des substances nutritives, très diluées et longtemps chauffées à 100°, partant moins assimilables, et leur faible quantité ; 7° enlin, dans nos expériences, l'eau filtrée était débarrassée en majeure partie de ces particules organiques flottantes dans l'eau des ports et susceptibles de constituer au bacille-virgule de véritables petits appareils de culture.
Il serait ditïïcile de déduire rigoureusement des expériences précédentes la manière d'être du bacille-virgule dans l'eau de nos ports. Mais ce qui en résulte d'une façon nette, c'est que le contage cholérique se maintient longtemps vivant dans les eaux, notamment dans les eaux salées ; qu'il peut s'y multiplier tant que la température est supérieure à 15-17°, et, quand elle s'abaLsse notablement au-dessous de ce point, le bacille-virgule disparaîtra très probablement : 1° sous l'influence Zen/e d'autres raicro-organismes mieux acclimatés à cette basse température ; 2° parce qu'il ne pourra plus se^multiplier ; 3° parce qu'il y a un écoulement constant, quoique faible, des eaux des ports vers la mer. Nous supposons, bien entendu, que le bacille cholérique ne se trouve pas sans cesse apporté de nouveau dans les ports par les eaux d'égoùts ; mais même dans ce cas l'abaissement de température empêchera au moins la multiplication et rendra le danger moins grand.
Eau de cMe des navires. — On voit que dans un cas (13J le bacille a vécu trente-deux jours au moins dans l'eau de cale d'un