CHAPITRE CINQUIÈME
10' expérience. — Cultures dans l'agar. — Dessication à l'air libre.
TEMPÉRATUUE
à laquelle a été obtenue la culture
AGE
de la culture en jours
RÉSULTAT APKÈS DESSICCATION
pendant
20 heures
it heures
3 jour»
Les expériences précédentes ne montrent pas toujours des résultats très concordants ; c'est que la vitesse de la dessication dépend de conditions physiques qui ont varié dans ces expériences : température, état hygrométrique de l'atmosphère, courants d'air, et surtout épaisseur de la couche de culture étalée sur les lames (pour l'agar principalement). Mais si on considère les résultats dans leur ensemble, il en ressort clairement, à notre avis, qu'il n'y a pas production, dans les conditions indiquées par Hueppe, d'une forme durable plus résistante à la dessication. Les cultures anciennes à 34° dans lesquelles les arthrospores devraient être abondantes, se montrent, au contraire, notablement plus sensibles, tandis que les cultures obtenues à basses températures (18-20°) sont tout aussi sinon plus résistantes que les cultures de même âge obtenues à 34°.
Les cultures dans l'agar, toutes choses égales d'ailleurs, ont supporté la dessication bien plus longtemps que les cultures correspondantes de bouillon ; cela était vrai aussi bien pour leâ
VITALITÉ DU BACILLE-VIRGULE
cultures de 18-20" que pour celles de 34° ; mais il est bien évident que cela tient uniquement au substratum lui-même, c'est-à-dire à l'agar qui retient très-énergiquement Teau ; ceci est corroboré par les observations de Koch, de Babes et de Hueppe lui-même sur la longévité des cultures dans l'agar.
Ce serait trop dévier le mot de spores de sa signification primitive que de l'appliquer à des cellules ne différant des cellules végétatives ordinaires que par leur longueur moindre, mais ne possédant aucune autre propriété spéciale. Rien du reste ne nous force à admettre une forme durable pour le bacille cholérigène qui semble ne se maintenir en permanence que dans le delta du Gange où la température ne descend pas au-dessous de 17° et où le lit de la rivière n'est jamais à sec.
La dessication peut donc être employée comme un moyen de désinfection ; il faudra, bien entendu, la prolonger suffisamment; la durée ne peut en être déterminée d'une façon absolue, car elle variera nécessairement avec les conditions physiques que nous avons indiquées; elle ne devra pas être moindre de 6 à 8 jours.
La de.ssication se montrera surtout avantageuse pour les objets de quelque valeur qui rie pourront être ni lavés avec des désinfectants, ni exposés à la vapeur d'eau bouillante; elle constituera un moyen de désinfection excellent et des plus simples pour tout ce qui pourra rester hors d'usage pendant quelque temps (appartements, literie, matelas, voitures, coussins, etc.). Il est bien entendu que l'on devra se placer à l'abri de la pluie et hâter, au besoin, la dessication par le chauffage artificiel.
On a invoqué contre ce mode de stérilisation la recrudescence du choléra coïncidant souvent avec une baisse des eaux déterminée par la sécheresse. Il est évident cependant qu'un ruisseau, un puits, etc., dont les eaux sont basses, n'est point pour cela à sec ; les bacilles-virgules qui arriveront dans cette eau, se trouveront moins délayés et, par suite de la concentration des substances