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CHAPITRE CINQUIÈME

Le bacille-virgule, de môme que beaucoup d'autres bactéries, est peu sensible aux basses températures. Il n'est pas tué par une température de — 10° maintenue pendant une heure (Koch), ni û" maintenue pendant douze heures (van Ermengem).

Une température aussi basse n'est pas nécessaire pour arrêter toute végétation, pour empêcher notamment toute putréfaction. Les matières cholériques dans ces conditions pourront conserver leur virulence un temps plus ou moins long, pendant lequel elles seront aussi dangereuses qu'au début, si, par un hasard quelconque, elles sont ramenées dans le corps de l'homme ou dans un appartement chauffé. On s'explique donc que le choléra ait pu se maintenir à l'état d'épidémie discrète, en hiver, dans des i)flys aussi froids que la Sibérie.

Des températures notablement supérieures à 0° suffisent déjà pour arrêter le développement du bacille-virgule. Koch (1" Conférence, p. 13) a observé qu'à 17' le développement est encore sensible, tandis qu'au-dessous de 16° il devient nul ou presque nul.

Van Ermengem a vu un certain développement, fort lent, il est vrai, à une température de 8 à 15° maintenue pendant neuf jours.

Nous avons installé une expérience dans le même sens de la façon suivante :

Une série de tubes de gélatine a été inoculée et maintenue d'abord 48 heures à l'étuve, vers 18°, Les colonies étaient alors visibles à l'œil nu, mais très petites. Les tubes sont enfermés dans un flacon à l'émeri placé lui-même dans une caisse en fer blanc ; le tout est immergé dans le Vieux Port, à 40 centimètres à peu près au-dessous de la surface, le 25 décembre.

Le 10 janvier on retire l'un des tubes, les colonies ne sont presque pas plus grandes qu'au 25 décembre. Mais, eu plaçant le tube à l'étuve, le développement continue d'une manière normale et donne une culture pure.

VITALITÉ DU BACILLE- VIRGULE

Le 26 janvier on retire un second tube; les colonies ne sont presque pas plus avancées qu'au 10 janvier ; à l'étuve le développement continue.

Dans cet intervalle de 32 jours la température de l'eau a été prise 28 fois, près de la surface, aux heures suivantes : 7 heures, 10 heures matin, midi, 2 heures, 4 heures soir ; elle a varié entre 6° et 11°,5. La moyenne des 28 observations a été de 9%46; la température réelle des tubes a dû être, en réaUté, un peu plus basse à 40 centimètres de la surface. Dans ces conditions il y a eu presque arrêt de développement; mais les virgules n'ont pas été tuées.

Dans l'intervalle du 10 au 26 janvier un peu d'eau du port avait pénétré dans le flacon, et même dans quelques tubes à travers les bouchons de coton qui étaient mouillés. Nous n'avons pas osé, pour cette raison, continuer l'expérience. Dans les tubes ainsi contaminés, nous trouvâmes une végétation bactérienne variée et abondante ; les virgules y existaient, mais relativement rares ; la g-élatine était liquéfiée en partie. Nous croyons qu'il y a là une indication sur la façon dont la virgule doit, à la saison froide, être arrêtée dans son développement et même se trouver détruite à la longue, là où, en été, elle aurait trouvé des conditions favorables à son foisonnement, par exemple dans les selles des cholériques, sur les parcelles organiques flottant dans l'eau de nos ports.

La température la plus favorable au développement du bacillevirgule est, d'après Koch, comprise entre 30 et 40°. D'après van Ermengem, l'optimum serait à 37°; à 40° déjà la végétation serait difficile. Doyen (Arch. de physioL, 15 août 1885, p. 225) prétend même qu'à 40° le développement devient presque nul. Mais cette assertion est inexacte.

Nous avons fait des expériences comparatives avec plusieurs séries de tubes, les uns garnis d'agar-agar, les autres de différent liquides tels que bouillon, bouillon à peptones, solution de peptones dans l'eau distillée. Une série A était placée dans une étuve à

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