CHAPITRE HEPTIÈMK
mélangeant cinq à six heures d'avance avec le quart ou le tiers de son volume de vin.
Tous les vases et ustensiles de cuisine seront, après avoir été lavés, tenus à sec pendant plusieurs heures avant de resservir, :i moins qu'on ne préfère laver à l'eau bouillie.
On tiendra en suspicion les substances alimentaires ayant pu être mises en contact avec de l'eau contaminée: coquillages, salades, etc.
La cuisson détruit à coup sùr le contag:e cholérique ; on fera donc bien de ne manger autant que possible que des aliments cuits; cela s'applique au lait notamment, si souvent additionné d'eau. La macération dans le vin, le vinaigre ou l'eau-de-vie produira le même effet. On conservera les aliments à l'abri du contact des mouches et des insectes en général, surtout s'il y a a des cholériques dans les maisons voisines.
Il faut, en temps de choléra, éviter les excès, surtout les excès alcooliques, et tout ce qui peut causer des troubles digestifs et constituer ou augmenter ainsi notre état de réceptivité pour la maladie. Il va sans dire qu'on ne négligera pas les règles hygiéniques ordinaires.
Nous avons, pensons-nous, indiqué les éléments essentiels de l'hygiène publique et privée en temps de choléra. Il y aurait, sans doute, beaucoup de choses à ajouter, ainsi le danger des transports en masse, des grands rassemblements de personnes, danger qui découle naturellement du fait que l'homme lui-même est le premier véhicule du contage, elc. , etc.
L'hygiène privée et personnelle du choléra est une hygiène tout élémentaire, elle a pénétré déjà dans les usages des classes aisées ; l'enseignement à l'école, dans les casernes, arrivera, il faut l'espérer, à la faire pénétrer dans toutes les classes.
Quant à l'hygiène publique , elle réside essentiellement dans l'assainissement des villes et des agglomérations humaines ne
APPLICATIONS PROPHYLACTIQUES
général. Les quarantaines et autres mesures d'exception, si discutables parce qu'elles sont le plus souvent inefficaces, tomberont d'elles-mêmes, le jour où le virus cholérique ne rencontrera plus chez nous de terre fertile. Or une mesure s'impose entre toutes pour atteindre ce but, c'est le transport au loin des eaux fécales et ménagères par des conduites étanches. Les municipalités doivent y être forcées au besoin par l'intervention législative.
On ne saurait objecter ici le coût d'une pareille mesure, pour l'opposer à la courte durée des épidémies de choléra; la pratique a enseigné, qu'elle s'impose aussi pour la prévention d'autres fléaux, de la fièvre typhoïde par exemple, une maladie endémique, celle-là. La vitalité et la prospérité des villes et de tout le pays y sont engagés.