CHAPITRE SEPTIÈME
d'avoir désinfecté toutes les matières cholériques provenant du malade, il sera prudent, après guérison ou décès, d'évacuer pendant huit jours la pièce et d'en assurer largement l'aération. - Ces mesures de désinfection devront surtout être minutieusement appliquées aux premiers cas d'une épidémie, qu'il sera alors bien souvent possible d'enrayer. La difliculté consiste à connaître, à diagnostiquer exactement ces premiers cas. C'est là que des laboratoires bactériologiques bien installés pourraient rendre d'immenses services, économiser bien des vies humaines et bien des millions ; l'installation de pareils laboratoires s'impose, surtout dans les villes servant déportes d'entrée aux épidémies, et ce n'est pas seulement au point de vue du choléra qu'ils feraient sentir leur utilité.
Les personnes soignant les cholériques ne courent aucun danger dans leur voisinage; elles peuvent toucher sans crainte aucune les malades, leurs déjections, leur linge et leurs effets ; elles auront seulement bien soin de ne pas porter les mains à la bouche pendant ces manipulations et de les laver ensuite (ainsi que tout ce qui peut avoir été souillé) avec une solution désinfectante; bichlorure de mercure 1 0/00, sulfate de cuivre 2 à5 0/00, acide phénique 20 0/00. C'est surtout avant de manger, de boire ou de toucher des aliments que cette précaution devra être rigoureusement observée. On ne mangera, ni ne boii-a dans les chambres occupées par les cholériques.
On devra tenir pour presque aussi dangereuses que les déjections et les effets souillés par elles, les eaux qui ont pu être contaminées: eaux stagnantes, eaux de puits, eau de ports fermés, etc., ainsi que tous les objets mouillés par ces eaux.
Les cadavres devront être enterrés dans les 24 heures. On les entourera, dans le cercueil, de substances absorbantes poreuses (charbon, sciure de bois) pour empêcher l'écoulement des liquides intestinaux durant le transport.
APPLICATIONS PROPHYLACTIQUES
Eau potable. Alimentation,
Des précautions tout à fait spéciales seront prises pour l'eau de boisson. Dans les villes ayant un système de lieux d'aisance et d'égOLits défectueux, ayant des tinettes filtrantes, des puisards, etc., il faudrait absolument s'abstenir d'eau de puits, non seulement pendant les épidémies, mais en tout temps ; car le soussol est forcément contaminé par des contages divers. Pendant le choléra ce principe ne saurait être trop exactement observé.
On fera fort bien de faire bouillir toute eau dont on ne sera pas absolument sûr, de la vei^ser encore chaude dans des bouteilles bien sèches, puis de l'aérer après refroidissement par agitation.
L'addition à l'eau de 2 grammes d'acide tartrique par litre, que l'on neutralise, après un intervalle d'une heure au moins, par une quantité correspondante de bicarbonate de soude, est un moyen de désinfection à la portée de tout le monde et fournissant une boisson gazeuze. Les acides minéraux, en particulier l'acide sulfurique, ne devront être employés que par des mains exercées aux manipulations chimiques, et il faudra neutraliser avec soin avant de se servir de l'eau comme boisson ; celle-ci ne se trouverait ainsi additionnée que d'une faible quantité de sulfate de soude ; ce procédé pourra peut-être rendre des services, quand il s'agira de stériliser rapidement et économiquement de grandes quantité d'eau suspectes, par exemple dans les usines employant de nombreux ouvriers. Nous ne croyons pas qu'il y ait lieu de conseiller l'usage habituel de boissons acides (limonade sulfurique^ chlorhydrique), on s'exposerait trop à des troubles digestifs et partant à une plus grande réceptivité pour le choléra.
Pour ceux qui boivent d'habitude du vin, l'eau peut être rendue inoiïensive, mais au point de vue du choléra seulement, eu la