I. — Situation de Bakel
Bakel est situé par 14“ 53' 13" latitude N, 14“ 49' 23" longitude O.
La latitude de Bakel est à peu près la même que celle de nie de Corée. Ce point sé trouve donc par un heureux hasard parfaitement situé, relativement à sa distance de l’équateur, pour être l’objet d’une comparaison de son climat essentiellement continental avec le climat marin de l’ile de Corée. Nous pourrons donc faire ressortir l’importance des modifications qu’apporte le voisinage ou l’éloignement de la mer dans la constitution atmosphérique de ces deux points de la Sénégambie.
Le fort de Bakel, établi dans le but de protéger notre commerce avec les peuples de l’intérieur de l’Afrique, est établi sur la rive gauche du Sénégal. Pour y parvenir, il faut remonter ce fleuve sur une longueur de 880 kilomètres. La distance qui sépare Bakel du bord de la côte occidentale d’Afrique est, dans la direction d’une ligne allant de l’E à l’O et passant très-près de Corée, de 520 kilomètres.
Le poste actuel, construit en 1820 pour remplacer les forts
CLIMAT DE BAKEL
de Saint-Joseph et de Saint-Charles, abandonnés depuis de longues années, n’a été complètement achevé qu’en 1860. Il ne se composait primitivement que de logements insuffisants et malsains où la troupe européenne a dû être remplacée par des soldats indigènes, à cause de l’effrayante mortalité qui régnait sur elle. Mais les prétentions du prophète Al-lladj- Oumar, qui avait soumis toute la partie de l’Afrique située entre le Niger et le Sénégal, nous forcèrent de tourner nos vues vers le haut fleuve. Le poste fut agrandi et fortifié, des logements vastes et salubres furent construits, et les Européens, quoique encore éprouvés par les influences pernicieuses, parcourent avec moins de pertes qu’autrefois leur période d’une année de séjour à Bakel.
Le poste comprend deux pavillons parallèles, dirigés du S au N; le premier étage sert de lieu d’habitation.
Ce poste militaire est fortifié à l’aide d’une enceinte bastionnée; il est placé sur un monticule qui domine le fleuve à 24 mètres au-dessus des eaux les plus basses, et à tO mètres au-dessus des plus hautes, dont il est alors entouré de presque tous les côtés.
Le village nègre de Bakel se compose presque exclusivement de cases en terre et en feuilles. Il s’étend sur une grande supeificie tout autour du poste, et contient une population d'environ 4,000 habitants. Il fait partie de l’ancienne province de Guidiaga qui, avec le Rhasso, formait le pays de Galam et comprenait une étendue de près de 160 kilomètres sur la rive gauche du Sénégal, à cheval sur un alfluent de ce fleuve, la Falémé.
A l’O du fort se trouvent de vastes marais. Au N, un marigot qui met ces marais en communication avec le fleuve dans la saison des pluies, et qui offre un terrain rempli de dépréssions où l’eau croupit pendant une partie de la saison sèche.
A l E de Bakel coule le Sénégal qui, dirigé d’abord du SE au NO, forme un coude en amont de Bakel, se dirige alors du S au N, sur une longueur de 8 à 10 kilomètres, et reprend
OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES
ensuite sa direction primitive. Sa largeur est de 200 à 300 mètres environ en face du village, à l’époque des basses eaux. Mais à un kilomètre au N de Bakel, le fleuve se rétrécit considérablement et n’a plus que 80 mètres par suite de l’émergence d’un vaste banc de sable relié à la rive gauche; ce banc est recouvert lorsque la crue atteint 3 ou 4 mètres. La profondeur des eaux est très- variable; elle a de 15 à 20 mètres en face du poste.
Le fond du fleuve, à Bakel, est généralement boueux; le long de la rive droite, il est rocailleux; le long de la rive gauche, le sable très-répandu dans son lit s’accumule lorsqu’il rencontre un obstacle et forme de nombreux bancs qui émergent pendant la saison sèche et constituent des gués ou passages que les chalands mêmes ne peuvent franchir, pendant quelques mois de l’année.
Les rives très-escarpées à droite le sont moins à gauche, elles sont formées en grande partie de terre végétale que les indigènes cultivent lorsque les eaux se sont retirées. Mais les détritus organiques qu’elle contient sont une puissante cause d’insalubrité.
Le sol des environs de Bakel, comme celui du haut fleuve en général, est très-accidenté; il est parsemé de collines assez hautes, dont la direction est du SO au NE.