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II. — Climat du Sénégal pendant la saison sèche

Dans la saison sèche, de la fin de novembre au commencement de juin, nous ne trouverons plus l’uniformilé climatérique qui était propre à rinvernage. La saison sèche' comprend riiiver et le printemps.

Dans les régions du littoral l'iiiver et le printemps se ressemblent tellement, que la distinction entre ces deux saisons n’a pas lieu d’être faite. Dans les régions de l’intérieur nous trouvons au contraire une différence éiiorme entre les trimestres correspondant l’un à l’iiiver, l’autre au printemps.

Examinons d’abord les propriétés climatériques, comm.unes aux diverses régions du Sénégal pendant la saison sèche, tant que ces propriétés ne présentent que de légères modifications d’un pointa un autre; nous chercherons ensuite les divergences.

La sécheresse est la seule propriété caractéristique de celte saison, la dénomination de saison fraîche ne lui est applicable qu’en certains points ou dans certains mois.

Relativement à la saison précédente, les moyennes hygrométriques se sont alors abaissées, les pluies ont disparu, on pourrait dire complètement, si, à de rares intervalles et trèsirrégulièrement, suivant les années, ne survenaient quelques légers grains de pluies mouillant à peine le sol,

Les rosées des nuits, malgré leur abondance, n’influent sur l’humidité générale que très-légèrement, ce sont d’ailleurs des phénomènes très-irréguliers, malheureusement fort incomplètement étudiés.

Les vents sont la cause apparente de la saison sèche. Leur régularité dans celte saison est générale et s’étend à toute la Sénégambie, comme à toute la portion de rAllanlique comprise sous les alizés. On peut voir par la carte qui résume nos recherches, que celte direction varie peu dans l’hiver et le printemps d’un point à un autre du Sénégal. Les différences

CLIMAT DU SKXÉGAL.

locales sont peu importantes. Les vents dominent du N à TE. Une résultante voisine du NNE est celte de tous les vents dans tous les points. Les brises de NO apparaissent bien comme brises locales à Saint-Louis, celles de NO et d’O se manifestent aussi parfois à Dagana, mais ces venls le cèdent loujours en fréquence au vent du quart de cercle NE.

La température est le phénomène sur lequel les divergences des climats locaux se mettent le mieux en évidence. Si, dans l’hivernage, nous avons pu indiquer une moyenne générale de 27° comme voisine de la température moyenne de toutes les parties du pays ; dans la saison sèche, une détermination analogue serait une inexactitude. Il n’existe pas de température moyenne commune pouvant s’appliquer à tous les points du Sénégal et encore moins aux diverses époques dont se compose la période des six mois de la saison sèche.

Sur le littoral, à Saint-Louis, à Corée, la température oscille pendant la saison sèche, dans une étendue déjà assez grande, autour d’une moyenne de 20°,4. Mais cette moyenne est très-inférieure à celle correspondante pour le poste de Bakel; cette dernière moyenne présente une importance médiocre. En effet, à Bakel et dans les pays voisins, la saison sèche se divise en deux saisons excessivement tranchées : l’hiver et le printemps, n’ayant de commun que la régularité des vents, l’absence des pluies et une sécheresse très-variable elle- même «

A Saint-Louis, à Corée, nous trouvons des caractères presque identiques entre l’hiver et le printemps. Température moyenne à peu près la même. Moyenne mensuelle décroissant régulièrement en décembre, janvier et février, et croissant en mars, avril et mai avec une régularité peu différente de la régularité du mouvement de baisse.

A Bakel, l’hiver et le printemps présentent une différence considérable dans leurs températures. Celles de l’hiver est la plus basse de celles des quatre trimestres, celle du printemps lui est supérieure de 6“ et dépasse la température de Tété et celle de l’automne.

Sur le littoral, la saison sèche est constamment une saison

CLIMAT DU SÉA'ÉGAL

fraîche; dans Tintérieur, la saison sèche est : en hiver, une saison fraîche; au printemps, une saison chaude et même plus chaude que l’cté el l’automne qui constituent riiivernage.

Sur le liltoral, la saison sèche contient les minima les plus faibles de l’année, l’iiivcrnage, les maxirna ordinairement les plus forts et les plus fréquents.

Dans l’intérieur, la saison sèche contient les minima les plus faibles (hiver), et en même temps les maxirna les plus élevés de rannée (printemps). De telle sorle que sur le littoral il n’y a annuellement qu’un seul minimum (saison sèche), et un seul maximum (hivernage), tandis que dans l’intérieur il y a annuellement deux minima et deux maxirna des températures moyennes mensuelles; le minimum extrême et le maximum exti'ême setrouvenlplacéslrès-prèsrundel’autre dans la saison sèche. Mais nous nous sommes déjà suffisamment étendus sur ce sujet, en nous occupant du climat de Bakel.

Ce sont ces divergences qui font de la saison sèche sur le littoral un climat frais, agréable, doux, à variations très faibles à Corée, un peu plus étendues à Saint Louis, mais toujours modérées et très-inférieures à celles des climats de l’Europe. Ce climat est alors excellent pour l’Européen, qui n’a de précautions à prendre que contre la réfrigération causée par les vents souvent énergiques et les variations de l’état hygromé- * trique du jour à la nuit, variations très-considérables auxquelles est due une apparente variation de température que n’accusent pas les thermomètres.

Dans rintérieur, l’hiver est frais et presque aussi agréable que sur le littoral. Mais, brusquement, avec le printemps, des vents d’E brûlants ne tardent pas à rendre te climat insupportable, en élevant pendant des journées entières la lempérature au niveau et même au-dessus de celle du corps humain. Celte chaleur et celle sécheresse deviennent tellement pénibles que lorsque l’hivernage survient , en débutant par une baisse réelle de la température, cette saison qui, sur le littoral, apporte à l’Européen un climat nouveau et redouté, est ac-

cueilli avec joie par l’habitant de Bakel et de Médine. Il est vrai que l’Européen ne tarde pas à reconnaître que l’effet d’une chaleur élevée, toujours humide et constante, est plus dangereux encore qu’une chaleur sèche, quelque élevée qu’elle soit.

Les postes situés entre Bakel et Saint-Louis ont des climats jouissant tantôt des propriétés de celui de Bakel, tantôt de celui de Saint-Louis. A Podor et à Dagana les maxima s’élèvent aussi haut qu’à Bakel, mais ils sont plus rares et d’une durée moindre. Bien qu’au printemps la température fasse une ascension brusque sur celle de l’hiver, celte température reste au-dessous de celle de l’été.

Dès que l’on s’éloigne de la côte, les maxima exagérés, dus aux vents d’E, donnent aux climats des propriétés semblables au climat de Dagana et se rapprochant de plus en plus des climats de Bakel et de Médine.

La différence existant entre le littoral de notre colonie et l’intérieur est donc excessivement tranchée. Elle trouve son explication dans le voisinage de la mer, d’une part, et le voisinage du désert, d’autre part.

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