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II. Fréquence des vents selon leur direction dans les

différents mois.

Dès le premier coup d’œil jeté sur les roses mensuelles des vents, le lecteur sera frappé par l’extrême prédominance, pendant huit mois de l’année, des vents du N à l’E sur tous les autres vents.

De décembre à la fin de mai, les vents du du N et de l’E régnent d’une manière à peu près exclusive. Ce sont donc les vents propres à la saison fraîche. Ce sont aussi presque les seuls régnant dans la dernière quinzaine d’octobre et pendant tout le mois de novembre.

A quoi doil-on attribuer cette régularité des vents du Nàl’E pendant les deux tiers de l’année ?

Le Sénégal est situé dans la zone des vents alizés. Il n’est pas douteux que ces brises régulières de NE ne soient autres que les alizés. Ces brises oscillent du N à l’E par suite de modifications accidentelles produites probablement par la présence des terres. Ces causes de déviations ne peuvent toutefois faire varier cette direction de plus de 4S“ : la résultante générale reste toujours très-voisine du NE.

Remarquons (jue les observations n’ayant porté que sur les huit points principaux du compas, on a dû souvent noter N pour NNE et E pour ENE. Si nous avions l’indication de ces points intermédiaires, la tendance des vents à la direction NE serait, sans doute, encore mieux indiquée.

Pendant quatre mois seulement : les quatre premiers de l’hivernage, ces vents réguliers font défaut ou ne se montrent que comme des brises accidentelles pouvant mériter le nom de brises solaires que Pli. de Kerallet donne à tort, croyonsnous, aux vents dominants de la saison fraîche. Ces derniers vents ne sont certainement pas des brises solaires. Ils soufflent

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en effet aussi souvent la nuit que le jour; quoique leur force ne soit peut-être pas aussi énergique la nuit, on ne peut les considérer comme des brises résultant de l’inégal échauffement de la surface du sol et de celle de la mer dans le jour et dans la nuit. Le relevé de nos registres météorologiques ainsi que notre observation personnelle ne nous ont permis de reconnaître, pendant l’époque des vents réguliers, aucune de ces alternances quotidiennes entre les brises de terre et les brises de mer qui existent dans les régions peu éloignées de Corée, comme sur beaucoup de points des côtes équatoriales.

On peut voir aussi que les roses horaires n’indiquent aucune prédominance marquée des vents de terre dans la matinée, à six heures, ou le soir, à dix heures, sur les vents de quatre heures du soir. On ne peut constater qu’une fréquence des calmes constamment beaucoup |)lus élevée la nuit et le matin que dans le jour; mais cela dans toutes les saisons, et sans que la brise paraisse provenir plutôt du large que de l’intérieur des terres, à une heure particulière du jour.

Pour bien comprendre quel est à Corée le régime des vents, suivons sur les roses que nous avons tracées, les modifications que subissent les directions des vents de mois en mois.

Commençons par le mois de novembre, qui termine la saison des hautes élévations de la température. A ce moment de l’année, les brises régulières sont établies depuis la fin du mois précédent; c’est à peine si dans ce mois soufflent quelques brises de Nü. Le vent vient avec une fréquence égale du N et du NE; les vents d’E soufflent beaucoup moins fréquemment que ceux de ces deux directions.

Si nous suivons les roses des vénts de novembre à mai, nous reconnaîtrons que les vents du N vont en diminuant de fréquence et ceux du NE en augmentant pendant les mois de décembre, janvier, février et mars. C’est au mois de mars que la fréquence des vents venant directement du NE est la plus grande. Puis les vents remontent vers le nord en avril et mai, de sorte que, en mai, dominent les vents du N sur ceux du NE.

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Les vents d'E vont en augmentant de fréquence de mois en mois comme ceux du NE; c’est-à-dire que leur fréquence va croissant à mesure que diminue celle des vents du N jusqu’au commencement de mars. Après celte époque les vents d’E diminuent rapidement de fréquence; en mai, ils sont devenus rares, tandis que les jours de vent de NE sont en nombre légèrement inférieur seulement à ceux des jours de vent du N.

En mai, apparaissent quelques brises de NO et d’O qui, vers la fin du mois, annoncent le changement de saison.

En jum, assez brus(iuement se trouvent établis les vents de NO et d’O. Ces vents n’ont toutefois qu’une fréquence égale à celle des vents de NS et do N, mais ces derniers vents ne soufflent qu’irrégulièrement ; les vents d’E ont alors presque totalement disparu.

En s’avançant dans la saison chaude et humide de Thivernage, en juillet et août, on voit les vents de NE diminuer de plus en plus, de manière à devenir très-rares et à n’êlre plus que des brises accidentelles peu soutenues. Les vents du N ont eux-mêmes perdu considérablement de leur fréquence. La direction des vents se rapproche du SO à mesure que le soleil arrive à son second passage au zénith.

Au mois d’août, les vents de SO dominent avec ceux de l’O. On peut les considérer comme des brises répondant à la mousson de SO qui, à cette époque de l’année, souffle au large, dans l’océan Atlantique.

Elles sont surtout diurnes, et souvent, la nuit, elles sont remplacées par des calmes, mais non pas par des brises de terre.

En septembre, les vents de SO dominent encore, mais ils deviennent moins fréquents. Dans ce mois, il y a presque égalité de fréquence entre les vents venant de tous les points cardinaux, les vents d’E et de SE faisant seuls exception par leur rareté.

En octobre, les vents remontent vers le N en passant par ro, et c’est à la fin de ce mois que reparaissent les alizés

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de NE qui ne sont réellement bien établis qu’au mois suivant.

Résumons celte description. Les vents suivent, dans leur fréquence à Corée, un mouvement giratoire qui, à partir de septembre où ils ont à peu près la même fréquence, leur fait prendre une direction de plus en plus E en passant par le N pendant les mois d’octobre, novembre et décembre. Après janvier, le mouvement giratoire change de sens; les vents tendent à remonter vers le N en passant par le NE. Ce mouvement continue pendant les mois de janvier, février, mars, avril et mai. A la fin de mal, pendant lequel dominent les vents de N, la direction des vents dépasse le N, arrive au NO et à l’O. Le mois suivant elle dépasse l’O et les vents atteignent le SO. En août celte direction est elle-même dépassée et les vents vont jusqu’à atteindre, ainsi que le mois suivant, une direction S. A cette époque cesse ce mouvement giratoire pour se faire en sens opposé, ainsi que nous l’avons décrit.

Remarquons que les vents de SE font presque constamment défaut. Les vents de S sont eux-mêmes très-rares, ils ne se montrent que pendant les trois mois de la saison des pluies. Les vents de SE ne soufflent jamais plusieurs heures de suite ; ce sont les vents par lesquels débutent les tornades.

Les indications que nous venons de donner sur la direction des vents et les roses qui accompagnent celte description, nous paraissent offrir un certain intérêt au point de vue de la navigation dans le voisinage du cap Vert. Le tracé graphique que nous présentons offre une exactitude beaucoup plus grande que celle de la carte des vents de l’Océan publiée par le Board of trade. Pour celte partie de la côte d’Afrique, les roses des vents données par celle carte ne s'appuient que sur un nombre excessivement faible d'observations. Elles diffèrent essentiellement des nôtres. (Faisons remarquer que, dans cette carte, les roses sont tracées sous le vent, tandis que les nôtres sont tracées sur le vent.)

Ces roses des vents pourront encore servir dans l’élude de l’état sanitaire de Corée. Elles faciliteront les recherches des

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rclcitions cjui Existent entre l'état sanitaire, la constitution médicale des différents mois, et les vents qui régnent ordinairement pendant ces mois.

H y a donc àGorée deux périodes annuelles bien distinctes : celle des vents réguliers comprenant les deux derniers mois de l’hivernage et les six mois de la saison sèche et fraîche; celle des vents variables et des calmes, qui ne comprend que les quatre premiers mois de la saison d’hivernage. C’est à ces quatre mois, qui forment l’Iiivernage proprement dit, que correspondent les pluies, les orages et le développement des causes des maladies les plus funestes aux Européens, en particulier le début des épidémies de fièvre jaune. Cette période commence vers le milieu de juin et se termine vers la fin de la seconde quinzaine d’octobre, plus ou moins tôt, suivant les années. Elle comprend ainsi tout l’été et le premier mois de l’automne, et correspond au second passage du soleil au zénith. Elle coïncide avec le moment où la température est constamment ascendante et arrive à son maximum. Le moment où elle se termine est celui où la température prend une marche lentement décroissante. Ce n’est que deux mois ou un mois et demi après cette saison des vents variables, alors que la température moyenne baisse rapidement de 3 à 4 degrés, sous l’influence des vents réguliers, que l’on peut considérer la saison chaude comme parfaitement terminée.

Ainsi riiivernage peut se décomposer en deux périodes : la première, de quatre mois, chaude, pluvieuse, humide et à vents variables; la seconde d’environ deux mois, à peu près aussi chaude que la première, mais sans pluie et servant de transition pour arriver à la saison fraîche. C’est dans le courant du premier de ces deux mois, c’est-à-dire en novembre, que cessent de souffler les vents de l’O et du SO qui avaient été appelés par l’excès d’échauffernent du continent africain. Alors reparaissent les alizés dont la marche avait été interrompue.

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