III. — Fréquence des calmes suivant les mois
Le mois de mai est celui où les calmes se présentent en plus grand nombre. Ce mois étant le dernier de la saison sèche et de la période des vents réguliers, c’est donc au moment d’nn changement dans la direction des vents, à une époque de transition, que les calmes deviennent fréquents. Ainsi la lutte qui doit s’établir le mois suivant entre les brises du large de ro et du SO et tes brises de NE est précédée d’un moment où les calmes sont nombreux, plus nombreux même d’une manière absolue que ceux de l’hivernage.
Les calmes de l’hivernage sont à ceux de la saison sèche dans le rapport de 4 à 3 environ. Mais ce rapport qui nous est fourni par nos résumés météorologiques nous paraît trop faible. Nous estimons que dans l’hivernage les calmes sont au moins deux fois plus fréquents que dans l’autre saison. Nous attribuons les chiffres trop faibles donnés par nos relevés des calmes de l’hivernage, à ce que, dans cette saison, les vents étant variables, les observateurs ont noté avec plus de soins la direction de la girouette qu’ils ne l’ont fait dans la saison sèche. Fort souvent, en effet, on trouve dans les mois de la saison humide la direction de la girouette inscrite avec l’indication de simple fraîcheur ou très-légère brise, alors que dans l’autre saison ces indications rares ont dû souvent être remplacées par celle de calme, par suite du contraste existant alors entre les vents forts régnant et ces très-légers souffles d’air dont on ne notait pas la direction.
Si nous comparons la fréquence des calmes de mois en mois, nous voyons que les mois de décembre, janvier et février, c’est-à-dire ceux de l’hiver, constituent le moment de l’année où les calmes sont le plus rares, qu ils augmentent au printemps, puis dans l’été et qu entin, en automne, ils sont devenus nombreux.
Nous nous occuperons plus loin de la fréquence des calmes
DES VENTS
suivant les heures de la journée. Les jours pendant lesquels le calme a duré vingt-quatre heures sont en effet excessivement rares à Gorée qui, par sa situation maritime, jouit d’une atmosphère presque continuellement en mouvement.
IV. — Direction moyenne et fréquence relative des vents, suivant les saisons.
It n’est pas inutile de rechercher quels sont dans l’année et dans chacune des saisons les rapports de fréquence des différents vents ainsi que leur direction moyenne.
La méthode si simple à l’aide de laquelle se prennent les moyennes des observations de la plupart des phénomènes météorologiques, ne trouve plus son application lorsqu’il s’agit de tirer des conclusions des observations anémométriques. Deux méthodes particulières, celle de Lambert et celle de Sdiouw, ont été imaginées pour soumettre au calcul la fréquence et la direction des vents, et aux comparaisons les chiffres qui en sont la conséquence.
La méthode de Lambert suppose que tous les vents soufflent des diverses parties de l’horizon avec une énergie égale; elle considère alors les vents comme des forces dirigées dans divers sens vers le lieu de l’observation, et consiste à chercher la direction et la puissance de la résultante de toutes ces forces.
La marche des vents observés se trouvant notée dans huit directions, opposées deux à deux, de simples différences réduisent à quatre les directions dont il s’agit de connaître la résultante. Une construction graphique ou mieux la résolution de triangles rectangles permet de calculer l’angle que fait cette résultante avec la ligne méridienne, de connaître quel est le sens de cette résultante et son rapport à la fréquence totale des vents.
Les nombres des jours d’observation variant suivant les mois, ce n’est pas la fréquence absolue des vents, mais leur
CLIMAT DE CORÉE
fréquence relative que l’on considère, c’est-à-dire les rapports à 1 ,000 des nombres des jours qu’ont soufflé les différents vents.
Nous avons donc cherché quels étaient, dans les divers mois de l’année moyenne, conclue de dix années de cinq observations quotidiennes, les rapports à f,000 des nombres de jours des vents qui soufflent chaque mois. Le tableau de ces fréquences relatives nous a permis de trouver la fréquence de chaque vent soit pendant l’année, soit pendant chacune des deux saisons, ^'ous avons donc ainsi les éléments nécessaires pour obtenir la direction moyenne des vents dans chacune de ces péi iodes. En appliquant les formules de Lambert (t) aux données que nous possédions, nous sommes arrivés aux résultats suivants :
Dans l’année, la direction moyenne du vent est le N 22° E, sa force moyenne est de 450. C’est-à-dire que f,000 vents soufflant dans l’année agissent sur le déplacement de l’ajmosphère de Corée de la même manière que si 450 vents avaient soufflé dans la direction N 22° E.
Dans la saison jraîche, pendant laquelle souffle constamment l’alizé, la direction moyenne de ce vent est le N 35° E, et sa puissance moyenne 721. C’est-à-dire que 1,000 vents de cette saison ont une résultante égale à 721 vents venant du N 35° E, ce qui donne, à peu de chose près, la direction NNE.
Dans la saison chaude ou hivernage, nous trouvons, en appliquant les formules de Lambert, que la direction moyenne des vents est le IN 32° O, avec une puissance égale à 295. 11 est
(1) Voir Physique de Daguin.
L’angle fait avec la méridienne par la direction moyenne des vents est donnée par la formule suivante :
E — O -f- (NE -P SE — NO — SO) cos 45°
Tang Y = s -f (NE -P NO — SE — SO) cos 45° ‘
La puissance de cette résultante est donnée par la formule suivante :
E O -P (NE -P SE — NO — SO) 'cos 45°
■ Sm V
DES VENTS
facile, en combinant les deux directions obtenues pour la saison sèche ei pour Thivernage, de retrouver la résultante générale de l’année. Cette vérification peut se faire soit par le calcul, soit à l’aide d’un tracé graphique très-simple.
Si nous cherchons quelle est la résultante des vents variables des quatre mois de la saison des pluies qui ouvre l’hivernage, nous trouvons pour direction moyenne des vents pendant cette période le N 73° O; la force de cette résultante répondant à 1,000 vents de cette saison, égale seulement 264. On voit qu’ainsi la direction moyenne de ces vents est trèsvoisine de rONO.
Tandis que la résultante des vents des six mois de la saison fraîche, agit dans une direction qui n’est autre que celle qu’affectent les alizés de l’hémisphère N, nous trouvons pour résultante des vents de l’époque où cessent les brises régulières, une direction qui diffère de celle que les vents ont dans l’océan Atlantique pendant la mousson de SO, sur l’origine de laquelle le continent africain paraît avoir une influence si considérable. Les vents variables soufflent en effet avec une irrégularité dans laquelle, malgré la prédominance des vents de l’O et du £0, on ne peut que reconnaître la lointaine influence de celte mousson; cette influence domine principalement au mois d’août.
La méthode de Schouw consiste à chercher le rapport numérique de la totalité des vents soufflant du quart de cercle N à celle des venls soufflant du quart de cercle S, puis, de la même manière, le rapport de la somme des vents venant de l’E à celle des vents venant de l’O. De même que dans la méthode de Lambert nous avons à considérer, non les chiffres absolus, exprimant le nombre de jours qu’a soufflé chaque vent, mais les rapports de ces chiffres à 1,000.
Ainsi, dans Tannée, la somme des vents du N, du NE et du NO nous donne, sur 1,000 venls quelconques, 603 vents soufflant du quart de cercle N, celle des vents du S est seulement de 99. Le rapport de 603 à 99 nous donne 6 environ. La fréquence des vents du N est donc à celle des vents du S comme
6 est à Tunité. Il y a six jours de vent de N contre un jour de vend de S.
Voici le tableau des fréquences relatives des différents vents rapportés à 1,000 et les rapports du N au S et de l’E à l’O de ces fréquences pour l’année et pour trois périodes [)rises dans l’année :