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IV. — Oscillations barométriques diurnes

Sous les tropiques les variations accidentelles du baromètre sont toujours très-faibles, et il est facile d’observer dans ces régions l’amplitude des variations horaires. Ces variations sont d’une régularité telle que Humboldt pouvait, sous les tropiques, à la seule inspection de la colonne barométrique, indiquer l’heure à quinze minutes près.

Le Sénégal ne fait pas exception, sous ce rapport, aux autres régions de la zone tropicale; les variations accidentelles y sont rares et n’ont jamais une grande étendue. Les plus fortes oscillations dans une même journée, des quatre années dont nous nous occupons, n’ont pas dépassé 3, 4 ou 5 millimètres. Une seule fois, au mois d’août 1858, l’oscillation a atteint 6™“, 2 en douze heures.

L’Européen est donc loin d’être soumis au Sénégal aux variations nombreuses et très-fortes de pression auxquelles il était habitué dans sa patrie. Ainsi, à Paris, la colonne mercurielle peut s’élever jusqu’à 781 millim. et s'abaisser jusqu’à 713 millimètres (1). Bien que l’influence que peut avoir sur l’économie une variation aussi considérable ne s’accuse d’aucune manière sensible, il n’est pas possible que le jeu des organes puisse se faire d’une façon complètement identique dans chacune de ces deux circonstances dans lesquelles se trouve le milieu qui les entoure et les pénètre. 11 peut être permis de chercher dans cette constance de la pression atmosphérique.

(1) Uenou.

autant que partout ailleurs, une des causes du peu de fréquence des maladies des voies respiratoires sous les tropiques. Les conditions de l’osmose pulmonaire doivent se trouver en général constamment les mêmes dans ces réglons, tandis que les variations de pression doivent les modifier d’un moment à l’autre dans les climats d’Europe.

L’influence de la pression atmosphérique et de ses variations sur l’économie est encore moins bien connue que celle de la chaleur et de ses variations. En ne cherchant les causes des maladies que dans les influences produites par la chaleur, on négligerait bien des éléments de la (juestion complexe de l’influence des climats sur la constitution médicale des diverses contrées. Le médecin ne doit pas négliger, dans ses éludes du climat d'un lieu, de tenir compte de la pression atmosphérique et surtout de ses variations.

Nous ne pouvons déterminer quelles sont, à Corée, les heures tropiques des oscillations du baromètre. Les observations que nous possédons n’ayant pas été faites dans ce but. Des cinq observat'ons faites quotidiennement, trois seulement correspondent à peu près aux heures des périodes régulières du mouvement barométrique sous les tropiques.

D’après Humboldt, il y a sous l’équateur deux minima et deux maxima barométriques correspondant, les premiers à 4'^ 13® du matin et à 4'' 8® du soir, les seconds à 9" 23® du matin et 10*' 23® du soir. Nos observations de Corée nous jiermettent seulement de reconnaître que les oscillations diurnes sont approximativement les mêmes que celles que l’on connaît dans les pays tropicaux.

Il est nécessaire de faire à Corée quelques séries d’observations, dans le but d’établir exactement la marche diurne du baromètre. Une série horaire poursuivie seulement pendant quelques jours serait très-facile à obtenir; l’absence des irrégularités que l’on rencontre dans les régions situées plus au nord permettrait de se contenter d’une série très-courte.

D’eprès les observations que nous avons résumées , la moyenne des oscillations observées chaque jour pendant qua-

PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

tre années est de Les moyennes mensuelles de ces oscillations ne seraient jamais descendues au-dessous de et n’auraient jamais dépassé Mais nous pensons que ces indications résultent du défaut d’approximation suffisante. Nos propres recherches faites pendant trois mois à Gorée, nous indiquent une oscillation diurne moyenne de en janvier 1874, de 2““,8 en février, de 2“,3 en mars.

Les observations que nous avons faites, à Saint-Louis, pendant une année entière, nous permettront d’étudier, avec une plus grande exactitude, la marche de la pression barométrique dans notre colonie.

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