DÉCLINAISON MAGNÉTIQUE
Nous étudierons ces phénomènes dans cette dernière ville, ainsi qu’à Corée et sur les divers points situés entre ces deux villes.
Les tornades sont les seuls grands mouvements accidentels faisant leur apparition dans l’atmosphère du Sénégal. De loin en loin, les journaux météorologiques signalent dans l’hivernage des vents de SO qui peuvent souffler avec l’énergie de ce qu’on appelle les coups de vents, mais jamais sur les côtes ces vents ne constituent un phénomène vraiment dangereux pour les navigateurs ou pour les villes du littoral.
Les raz de marée sont très-fréquents à Corée; ils ont été indiqués sur les journaux météorologiques de 1856 à 1865. Le nombre des jours des raz de marée a varié de 13 seulement en 1858 à 61 dans l’année 1861 ; ils ont été en moyenne de 29 jours par an, pour ces dix années, ils se répartissent ainsi :
^ Hiver 4 jours.
Printemps 9
Été. . 11
Automne 5
C’est en novembre et décembre qu’ils se montrent le plus rarement; en mai et juin qu’ils sont les plus fréquents. Il y aurait à faire de curieuses recherches pour savoir si ces grandes oscillations de la surface de la mer produisant, au milieu des calmes, ces énormes lames qui constituent les raz de marée, ne correspondraient pas à des coups de vent dont les journaux des navires traversant l’Océan pourraient indiquer les dates.
Observation de la déclinaison magnétique faite à Gorée le 25 mars 1874. — Notre ami, le capitaine L. Kienné, commandant du génie, à Gorée, a bien voulu faire pour nous une observation de déclinaison qui est résumée dans la note suivante ;
« On n’avait à sa disposition qu’une boussole topographique munie d’une lunette, mais dépourvue de niveau. On a cherché la position du méridien au moyen d’une observation de l’étoile
CLIMAT DE GOBEE
polaire^ au moment où elle était à 90“ de son passage au méridien. Ce moment, calculé d’après les données de Y Annuaire du bureau des longitudes, a été choisi parce que c'est alors que la vitesse angulaire du plan de visée est minima, ce qui diminuait Terreur provenant de ce qu’on ne connaissait pas Theure exactement. II est facile de tenir compte de Técart de la polaire à la méridienne, il est en ce moment égal au complément de la déclinaison de cette étoile, soit environ 1“ 22', qui réduit à Thorizon est de 1“ 19'. On a fait deux lectures de boussole, en plaçant successivement la lunette à droite et à gauche pour supprimer Terreur de centrage. La moyenne des deux lectures a donné 18“ 35' pour Tangle de Taiguille avec la direction de la polaire; en ajoutant à ce chiffre 1“ 19' parce que la polaire se trouvait à T'O comme Taiguille au moment de l’observation, on trouve 19“ 54' O.
c( Comme d’une part cette observation ne peut donner que la déclinaison spéciale de l’instrument dont on s’est servi, et que d’autre part la nature de cet instrument et le mode d’observation ne comportent pas une grande exactilude, on peut prendre pour résultat le chiffre de 19“ 50'. »
Une observation faite, le 15 octobre 1873, par les officiers de l’aviso à vapeur le Pelrel, entre Saint-Louis et Corée, par 15“ 25' N et 19“ 25' O, donnait pour déclinaison de la boussole en ce point 19“ 15'.
Deux légers tremblements de terre auraient été observés à Saint-Louis en 1832 et 1836 (1).
La grêle n’a jamais été indiquée comme ayant été observée dans les 25 années pendant lesquelles ont été faites des observations météorologiques plus ou moins régulières. Quelques auteurs parlent de la grêle comme ayant été constatée dans quelques orages au Sénégal. Nous appelons l’attention des observateurs de l’avenir sur cette question. Dans les hauts plateaux qui dominent les sources du Sénégal et du Niger, la neige serait, dit-on, connue des indigènes.
(1) Notice statistique sur les colonies, 3® vol., p. 211 (1839).