‹ Recherches sur le climat du SénégalChapitre 6 sur 125 · IV. — Ile de Gorée · texte numérisé non relu

IV. — Ile de Gorée

L’île de Gorée est depuis longtemps Tentrepôt du commerce de la côte d’Afrique et Tun des points les plus importants de cette côte.

Nous renverrons le lecteur à la description de cette île faite par Ph. de Kérallet dans son Manuel de la navigation à la côte d’Afrique, ou à celle plus récente et plus complète donnée par M. Bérenger-Féraud dans la Revue marilime et coloniale (t). Nous indiquerons sommairement les faits indispensables à l’intelligence de notre étude climatérique de cette partie du Sénégal.

De Gorée à la pointe de Dakar située à l’ouest, on compte 2,500 mètres.

De Gorée au cap de Bel-Air au NNO, 3,300 mètres.

Rufisque est située à 15,000 mètres à l’ENE de Gorée, et le cap Rouge en est éloigné à PESE de 2,800 mètres.

L’île n’est qu’un rocher de forme oblongue ayant environ 800 mètres dans son plus grand axe, et 320 mètres de large, au point le moins étroit. Sa surface est couverte] en grande partie par des habitations ; elle contient une population trèsdense : 3,600 habitants (recensement de 1866).

Le sol est de production volcanique, formé en grande partie de basaltes noirs que surmonte ou avoisine, suivant les endroits, la même roche ferrugineuse que l’on trouve à Dakar, ainsi que de petites portions de dépôts argileux que nous avons déjà signalés.

L’origine volcanique de l’île de Gorée, comme celle des points saillants de la côte, ne peut être l’objet d’aucun doute. Mais il est peu probable que le massif qui constitue la partie sud de l’île puisse être considéré comme un cône volcanique ayant eu un cratère à son sommet. La disposition des couches de basaltes et de roches ferrugineuses ne l’indique nullement. Le trou que la tradition place sur ce plateau supérieur et qui

(1) Voir Revue maritime et coloniale, 1872.

TOPOGRAPHIE

a été considéré comme un ancien cratère, n’avait aucune analogie avec un cratère. Il paraît n'avoir été autre chose qu’une excavation résultant d’extractions de pierres.

La portion de la côte qui présente des traces réelles d’éruption est celle où se trouvent les buttes des Mamelles. Dans cette partie de la presqu’île du Cap-Vert, les roches ne sont plus constituées par la pierre ferrugineuse de Corée et de Dakar. On y trouve de véritables laves, de densité très-variable, et des pierres ressemblant à des éponges et ayant la légèreté de la pierre ponce.

Ce serait, croyons-nous, une erreur de considérer les deux pitons des Mamelles comme des cônes volcaniques; ces deux pitons, vus de près, n’ont pas la forme conique. En admettant l'hypothèse d’éruption, ils seraient plutôt les parties élevées des lèvres d’un grand cratère qu’aurait complété la série des mamelons ou arêtes rocheuses voisines.

Corée présente à la vue deux parties parfaitement distinctes. Celte qui est située au sud-est élevée de 32 mètres au-dessus du niveau de la mer; elle est couronnée par un fort, le Caslel, où habite une garnison de 150 à 250 soldats européens.

La portion nord-est plane est élevée de 2 à 4 mètres audessus du niveau de la mer. Elle ne présente que le relief des maisons qui la surmontent : ces maisons n’ont qu’un étage. Couvertes de terrasses et blanchies à la chaux, elles forment un tout continu, divisé à peine par quelques rues étroites et deux petites places.

Les côtes sud et ouest de l’île sont bordées de gros fragments de basaltes sur lesquels la mer du large brise presque toujours avec violence, au point de rendre ce côté de Corée tout à fait inabordable.

Du côté est, il existe une crique à courbe régulière servant au débarquement. Trois appontements, s’avançant à une quarantaine de mètres, permettent aux embarcations d’accoster en tout temps, même pendant les plus violents raz de marée.

CLIMAT DE GOBÉE

Ajoutons quelques renseignements :

Le retard de la marée sur le passage de la lune au méridien : V établissement du port, est de 7 heures 32 minutes.

Dans la baie formée par la pointe de Dakar, la mer marne de 1 mètre à 1“,S0 au plus. C’est assez pour lui permettre de déposer sur les rives des algues, des poissons morts et autres détritus maritimes qui, sous l’influence de la chaleur, corrompent l’air et lui donnent souvent une odeur insupportable. Ce phénomène se présente surtout à la suite des raz de marée.

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