PI. X
CLIMAT DE SAINT-LOUIS
A partir du mois de mars, en anril et en mai, la fréquence des vents est beaucoup plus grande du NO que du N, et les vents du NE et de TE deviennent très-rares. A la fin de mai, les brises d’E et de NE disparaissent.
Avec l’hivernage, en juin, les vents du N disparaissent euxmêmes; les jours de vent de NO deviennent plus rares et la brise souffle du large dans une direction variant de l’O au SO, mais avec peu de régularité et souvent avec une faiblesse qui est aussi caractéristique que leur direction. Au mois de septembre, les brises sont très-peu énergiques, et quoique le vent d’O domine, les vents sont extrêmement changeants et les calmes très-nombreux.
Nous remarquerons la même régularité qu’à Corée dans la manière dont les vents prennent une direction qui remonte de plus en plus vers le N à mesure que la saison sèche s’avance.
Une différence très-grande existe cependant entre les roses des vents des deux villes ; tout le système des vents semble, à Saint-Louis, s’avancer de 45 degrés vers l’O sur le système des vents de Corée, de telle sorte que les vents sont NO à Saint- Louis, pendant qu’ils sont N à Corée; N à Saint-Louis quand ils sont NE à Corée; enfin NE à Saint-Louis quand ils sont E à Corée.
Dans les quatre mois de la saison des vents variables, la différence entre les roses des vents des deux pays est moins prononcée. Les observations portant à Corée sur dix ans, les roses de cette ville présentent plus de précision que celles construites pour Saint-Louis qui ne s’appuient que sur trois années. Aussi la variabilité des vents de la saison pluvieuse est-elle beaucoup plus accusée sur les roses de Corée.
On sait qu’au voisinage des caps, l’alternance quotidienne qui existe sur la plupart des rivages maritimes, entre les brises de terre et de mer, disparaît le plus souvent. C'est à la configuration de la presqu’île du Cap-Vert que nous avons attribué la non -existence de cette alternance des vents au voisinage du cap Vert.
DES VENTS
A Saint-Louis, il n’en est pas de même, la brise vient d’autant plus du large dans le jour que réchauffement de la terre par les rayons du soleil se prononce davantage. C’est un moment après celui du maximum thermal que la brise souffle le plus souvent et avec le plus de force dans la direction NO, pendant ta saison sèche, et dans celle de l’O dans l’hivernage.
Comme leur fréquence, la force de ces brises va toujours en augmentant du matin à l’après-midi.
On ne peut pas dire qu’il y ait, à Saint-Louis, une alternance régulière entre les brises de terre et les brises de mer, mais Tinfluence de la déviation des courants aériens réguliers, j)ar ceux qui résultent de l’inégal échauffement de la mer et des terres dans le jour et dans la nuit, est très-sensible. En examinant les<|^ses horaires des vents à Saint-Louis, on peut constater les faits suivants : les vents de NE, vents de terre, sont plus fréquents le matin qu’à tout autre moment du nycthémère, leur maximum de fréquence est de 6 heures à 10 heures du matin. Ces vents sont rares le soir.
Les vents venant franchement de l’E appartiennent presque exclusivement à la saison sèche; ils soufflent avec une fréquence qui va en augmentant de 6 heures à 10 heures du matin, puis, diminuant après ce moment, est encore assez grande à 1 heure du soir et s'efface dans la soirée. Il est rare que ces vents soufflent avec force à i heures du soir. On les voit reparaître le matin vers 6 heures comme brises de terre, souvent très-fraîches; leur maximum de fréquence et d’énergie est toujours à 10 heures du matin.
Les vents de NO ont une fréquence qui va en augmentant de 6 heures du matin à 4 heures du soir, et persiste dans la soirée. Ce phénomène est bien marqué pendant toute l’année. Ces vents nous paraissent le résultat d’une combinaison entre les brises marines locales que tend à produire réchauffement de plus en plus prononcé des terres, à mesure que la journée s’approche de 4 heures du soir, et les vents généraux qui conserveraient sans cela une direction NE, comme ils le font dans l’île de Corée.
CLIMAT DE SAmi-LOUIS.
La construction du parallélogramme des forces des vents généraux combinés avec l’attraction de TE à l’O produite par l’échauüement des terres^ nous donne en effet une direction NO. Plus les brises locales sont faibles, plus les vents ont une tendance à être plutôt N, ou même NE, que O. Plus les brises locales sont fortes, plus les vents ont une tendance à être plutôt O que NO, ce qui arrive en effet dans l’hivernage, moment de l’année où réchauffement des terres dans la journée est considérable, et produit dans l’intérieur du pays des calmes ou mouvements ascendants.
Dans les quatre premiers mois d’hivernage, la présence du soleil dans le voisinage du zénith a modifié la marche régulière des alizés. La fréquence des vents d’O va en augmentant, du matin à l’après-midi, pour tomber à la nuit, alors que la terre se refroidit de plus en plus par rayonnement. Les brises de terre soufflent pendant l’hivernage assez rarement, même pendant la nuit, elles sont toujours très-faibles, plus souvent remplacées par des calmes. •
L’explication que nous venons de donner de la présence des vents NO à Saint-Louis, dans la saison sèche, nous paraît avoir une certaine importance. En effet {voir la carte du climat et de l'état sanitaire du Sénégal), dans cette saison toute la contrée est soumise aux vents du N, du NE et de l’E, comme Corée, c’est l’influence des alizés qui se fait ainsi sentir. La direction NO des vents pendant la saison sèche est donc un fait particulier, résultant de la situation de Saint-Louis, sur une ligne qui sépare deux étendues sur lesquelles, suivant la nature solide ou liquide des surfaces, agissent différemment les rayons solaires. Les brises d’E sont souvent très-fraîches le malin et apportent le témoignage du refroidissement que le rayonnement nocturne a fait subir au désert; elles conservent leur sécheresse tout en devenant brûlantes vers 10 heures, et leur énergie tombe ordinairement vers midi. Après un calme assez court, la brise bienfaisante du NO vient rendre aux habitants de Saint-Louis l’humidité et l’air qui leur semblaient devenus indispensables.
DES VENTS
En résumé, il y a en réalité, à Saint-Louis, une certaine alternance entre les brises de terre et les brises de mer, et, fort heureusement, les vents du large l’emportent le plus souvent en fréquence et en énergie. Aussi la fin du jour estelle toujours marquée par une réfrigération considérable, beaucoup plus sensible au corps humain qu’au thermomètre.