III. — Propriétés des différents vents à Saint-Louis
Nous ne nous occuperons que des propriétés locales. La situation de Saint-Louis nous permet de classer en deux catégories les vent^^oufflant sur cette ville : ceux qui, du NNO au S, en passant par l’O, viennent de la mer; ceux qui, du N au S, en passant par l’E, viennent de terre. Nous avons déjà parlé des propriétés de ces derniers vents, nous en reparlerons en étudiant le climat de Dagana.
Les premiers sont sains, car leurs propriétés hygrométriques ne se combinent avec aucun apport de miasmes marécageux. Ces vents arrivent directement de la mer. La bande de sable marin d’une centaine de mètres de large, et le bras du fleuve qu’ils ont à traverser n’ont guère de principes nuisibles à leur céder.
A quelle époque soufflent ces vents? Dans Thivernage d’abord, c’est-à-dire à l’époque où les terres basses du Sénégal sont plus ou moins inondées ou viennent de l’être. Ainsi ces brises de l’O qui, lorsque nous nous enfoncerons dans l’intérieur des terres, deviendront très-malsaines, chargées qu’elles sont de vapeur d’eau, et servant d’autant plus facilement de véhicules à la malaria, sont salubres à Saint-Louis et dominent précisément dans la mauvaise saison.
Au point de vue de l’hygiène, la situation de Saint-Louis est donc très-favorable et rend suffisamment compte de la salubrité relative de cette ville. Cette salubrité serait encore plus grande si, se rapprochant du bord de la mer, les habita-
CLIMAT DE AINT-LOUIS
lions se trouvaient construites, non dans Tile de Saint-Louis, mais sur la plage de Guet-N'dar formée par la langue de terre appelée pointe de Barbarie. C’est sur cette plage qu’était établi autrefois un lieu de convalescence. C’est là que l’expérience acquise par un long séjour au Sénégal avait enseigné à notre excellent maître, le docteur Chassagniol, médecin en chef de la colonie, le choix d’un emplacement pour l’hôpital. Ce vœu émis dans un rapport manuscrit, n’a pas été accueilli ; nous ne pouvons qu’en exprimer ici le regret.
La salubrité de Saint-Louis est loin de valoir celle de l’île de Corée, si bien exposée comme nous l’avons décrit. Les trop nombreux cas de fièvres intermittentes, les redoutables fièvres pernicieuses qui signalent le milieu et la fin des hivernages à Saint-Louis, montrent que la salubrité de cette ville n’est que relative.