II. — Moyennes et extrêmes hygrométriques
Que Ton considère la quantité absolue ou la quantité relative de la vapeur d’eau contenue dans l’atmosphère de Saint- Louis, il faut reconnaître que ces quantités sont considérables. Si nous comparons les résultats de nos observations à ceux des observations analogues faites en France, nous constatons que la quantité absolue de vapeur d’eau est, à Saint-Louis, triple de celle contenue en moyenne dans l’atmosphère en France. Dans les mois de juin, juillet, août et septembre, la quantité absolue de vapeur d’eau contenue dans l’air est double, à Saint-Louis, de ce qu’elle est en France. Comparez nos observations à celles de M. l’abbé Frizon, faites en 1868 à Verdun, ville située cependant loin de la mer (l); cette comparaison permettra de constater qu’à toutes les époques de l’année, au Sénégal, la tension de la vapeur égale ou dépasse la tension de la vapeur dans les trois mois les plus chauds de l’été en France. La moyenne de trois mois d’hiver est, à Saint-Louis, 'à peine au-dessous de celle des mois d’été à Verdun (2).
La tension moyenne de la vapeur d’eau est pour l’année de 15““, 5 4.
Cette moyenne est très-inférieure à celle conclue pour Corée de quatre années d’observations. Nous avons dit que la
(1) Annuaire de la Société météorologique de France, tome XVII.
(2) La température la plus basse observée à Paris est —27,5 (Montargis, 9 déc, 1871) ; on a donc une limite de la tension de la vapeur qui est celle de la saturation à ce degré, puisque dans ces minima extrêmes l’air est toujours très-près de la saturation. Or, à — 27“ la tension est de 0““,5 environ, et le poids en grammes, par mètre cube 0,50 à 0,60.
La tension maximum n’est point connue. Tout ce que Ton peut dire, c’est que le 29 octobre 1873, à 6 heures du soir, on a trouvé la tension égale à 19““,7 (therm. sec, 26,3; humide, 23,4; humidité, 77 ; nébulosité, 7 ; vent SE nul (Parc de Saint-Maur). D'après une note communiquée par M. E. Renou.
moyenne déterminée pour celte "ville devait être trop élevée, et que les observations psychométriques que nous avons faites pendant trois mois à Corée indiquaient des moyennes toujours inférieures à celles déterminées par les observateurs qui nous ont précédés. Il faut cependant constater que rhumidité est beaucoup moins forte à Saint-Louis qu’à Corée.
C’est surtout dans la saison sèche et particulièrement dans les trois mois de Thiver que la différence entre l’état hygrométrique de l’atmosphère des deux villes est Irès-sensihle. Nous avons déjà signalé la modification profonde que le parcours du bras de mer qui sépare Corée de la côte apportait dans la sécheresse des vents d’E; cette sécheresse n’est jamais que très-modérée, tandis qu’à quelques kilomètres de là, à Rufisque par exemple, les vents d’E donnent des journées comparables par leur sécheresse à celles que l’on observe dans l’intérieur du pays.
Trois mois d’observations faites simultanément à Saint- Louis et à Corée, sous notre direction, permettent d’établir ce parallèle entre ces deux villes d’une manière extrêmement précise.
Moyennes hygrométriques en 1874.