IV. — Variations dim-nes de l’état hygrométrique
A. — Quantité absolue de la vapeur d’eau. — Dans l’hivernage, les variations diurnes de la quantité absolue de la vapeur d’eau sont peu considérables. Cette quantité s'élève ou s’abaisse légèrement avec la température.
11 n’en est pas de même dans la saison sèche. La quantité
ÉTAT HYGROMÉTRIQUE
absolue de vapeur d’eau, au lieu d’augmenter de 6 heures à 10 heures du malin, au moment de l’ascension de la température, s’abaisse; de sorte que le maximum diurne se trouve vers 10 heures du matin. A 1 heure du soir, la quantité de vapeur d’eau s’est à peine élevée au-dessus de celle de 6 heures du matin ; mais l’accroissement de celte quantité se fait rapidement de 1 heure à 4 heures, et se maintient jusqu’à 9 heures du soir. La tension de la vapeur va donc en diminuant dans la première moitié de la journée, précisément au moment où la température possède son plus grand mouvement ascensionnel. Voici l’explication de cette anomalie :
Dans les mois de décembre à mai, un mouvement rapide d’ascension de la température correspond très-souvent dans la matinée à l’arrivée d’une forte brise de vents du NE à TE. Connaissant les propriétés de ces vents, nous ne devons pas être étonnés de voir, sous leur influence, la sécheresse de l’air devenir considérable, aussi bien d’une manière absolue que relative. L’évaporation ne peut être assez grande pour fournir en un moment, à l’atinosphère arrivant du désert, l’eau qui lui manque.
Les minima extrêmes de la tension de la vapeur d’eau ont toujours été observés à tO heures du matin, excepté celui de février qui a eu lieu à 1 heure, le 1 2, par un très-for t vent d’E.
Pendant l’iiivernage, le minimum de la tension de la vapeur d’eau a lieu la nuit, avant 6 heures du matin.
Dans ta saison sèche et à la fin ainsi qu’au début de l’hivernage, le minimum de la tension de la vapeur d’eau a lieu vers 10 heures du matin, le maximum vers 2 heures, postérieurement au maximum thermal, et en coïncidence avec les brises du N ou NO, qui succèdent ordinairement aux brises d’E, dans l’après-midi.
En résumé, dans les quatre mois de la saison des pluies, l’hurnidité absolue varie peu et dans le même sens que la température. Il y a, par jour, un seul minimum et un seul maximum, et les moments de ces extrêmes doivent être voisins des moments des extrêmes de la température.
CLIMAT DE SAINT-LOUIS
Dans les mois de la saison sèche, le minimum se présente non la nuil, mais dans le jour. S’il y a une oscillation hygrométrique, autre qu’une baisse régulière de 9 heures du soir à 6 heures du matin, nos observations ne nous permettent pas d’en avoir de trace.
B. — Quantité relative de la vapeur d’eau ou humidité relative. — Nous trouvons encore une modification considérable dans la marche des moyennes hygrométriques, selon que l’on considère soit la saison humide, soit la saison sèche. Dans toutes ces saisons, la marche diurne de l’IiLimidité relative se fait bien, comme dans les autres contrées, en sens inverse de celle de la température; c’est-à-dire que le maximum de l’humidité se place dans la nuit et le minimum dans le jour. Mais l’heure de ce minimum varie considérablement, suivant la saison. Dans la saison d’hivernage, en juillet et août, le minimum a lieu entre 10 heures et 1 heure du soir; correspondant ainsi au maximum thermal. De novembre à la lin de mars, il se rapproche de 10 heures. Dans la saison sèche, c’est vers 10 heures du malin qu’a lieu le minimum de l’humidité relative.
En résumé, dans l’hivernage, l’humidité relative croît et décroît, dans le jour, en sens inverse de la température et de l’humidité absolue, comme dans les autres contrées. Tandis que dans la saison sèche, l’humidité relative suit la même marche (jue l’humidité absolue. Ceci est une particularité très-remarquable du climat de Saint- Louis et mérite d’attirer l’attention. Les vents du désert sont la cause de cette modification profonde que subit l’atmosphère de Saint-Louis.