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VI. — Quelle est la durée des orages

Sur 96 observations dans lesquelles la durée des phénomènes orageux a été notée avec soin, en comptant du moment où l’on a entendu le tonnerre, jusqu’à celui où son bruit a cessé, nous avons trouvé que l’orage a duré :

CLIMAT DE SAINT-LOUIS

Moins d’un quart d’heure 15 fois.

D’un quart d’heure à une heure 31 —

D’une heure à deux heures 25 —

Plus de deux heures 25

Les tornades, avons-nous dit d'^’j.î, sont des phénomènes de courte durée; le mouvement violent des vents qui les constilue ne persiste guère que de dix minutes à un quart d’heure ou vingt minutes au plus; c’est pendant ce court espace de temps seulement qu’elles présentent quelque danger; les orages qui les suivent ont parfois une durée assez longue.

Les tornades sèches, qui sont les [)lus dangereuses, ne durent jamais plus d’un quart d’heure; elles ne consistent parfois qu’en une violente bouffée de vent de l’E qui, en cinq minutes, passe au N, puis à l’O; au bout de dix minutes, parfois, il ne reste plus de traces de la tornade sur l’horizon.

"Vil. — Chute de la foudre.

La force des orages ne le cède en rien, au Sénégal, à celle des plus terribles orages observés en Europe. Malgré l’absence de montagnes et runifonnité de la plaine qui constitue la basse Sénégambie, le tonnerre gronde et retentit avec éclat. La foudre tombe assez souvent.

Dans l’iiivernage 1873, nous possédons 3 observations de chute de la foudre. Toutes ont eu lieu au mois de septembre.

Le 8 de ce mois, la foudre est tombée une première fois à Bétète, à une heure du matin. Une tornade, peu énergique au début, a été suivie d’un orage qui a rapidement pris sur le poste de Bétète des proportions effrayantes. L’observateur nous écrivit que cette violence était telle que c’était à ne pas croire le poste en sûreté. « Le poste devint pendant un instant le centre d’un tourbillon furieux. C’est alors que la foudre tomba à quelques mètres de l’observateur; la commotion fut si violente, que les vitres furent brisées et qu’il y eut dans

DES ORAGES ET DES TORNADES

l’im des magasins du poste de nombreux dégâts. » Le même jour, des orages très-énergiques furent signalés sur toute la ligne, excepté à Saint-Louis, où il n’y eut qu’une pluie assez faible.

Le même jour, mais à 7 heures du soir, au nord de Bétète, la foudre brisait un palmier près du poste de Gandiole. Cet orage fut signalé à M’Bidgem, faible à 7 heures du soir; à Dakar, il fut également faible; à Rufisque, il y eut un orage violent dans la même journée.

La troisième observation de chute de la foudre a été faite par le frère Pascal, un de nos zélés collaborateurs.

Le 21, la foudre est tombée sur un arbre, à 2 kilomètres de Saint-Louis. On ramassa au i>ied de cet arbre, à la partie inférieure d’une profonde éraillure produite par le fluide électrique, une masse sfiongieuse, friable, du volume d’une noix, adhérente au bord de celle déchirure. L’analyse chimique a démontré que celte masse était composée de silice de même nature que le sable du voisinage, aglutinée par une faible quantité de matières organiques, et probablement aussi par la chaleur. Il y eut, ce jour-là, un orage signalé à des heures voisines les unes des autres, sur tous les points de la ligne télégraphique.

Le fort, ou castel, qui domine la ville de Gorée, a été plusieurs fois foudroyé. Dans la presqu’île du Cap-Vert, on rencontre quelques vieux baobabs portant des traces évidentes de la chute de la foudre.

La population de Dakar se souvient d’un orage terrible qui passa sur la ville dans Tun des premiers jours du mois deseptem.bre 1867.

Plusieurs indigènes s’étaient mis à l’abri de la pluie sous une warangue qui entoure le rez-de-chaussée de la maison d’un commerçant européen. Ce commerçant cherchait à fermer une porte ouvrant sous cette warangue, la foudre tomba; il fut foudroyé ainsi qne les hommes qui se trouvaient près de lui. Deux de ces hommes furent mortellement atteints, six autres tombèrent inanimés et ne purent être rappelés à la

vie qu'après. plusieurs heures de soins. Les dégâts matériels se bornèrent à une déchirure dans la toiture. Aucune des personnes frappées ne put rendre compte de la forme scus laquelle la foudre était tombée, aucune n’eut même conscience, en reprenant l’usage de ses sens, de la nature de l’accident qui lui était arrivé.

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