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VIII. — De la nature des tornades

A. Quelle est la vitesse de translation d’une tornade d’un point à un autre ?

Nous avons dit plus haut qu’entre le moment où la masse de nuages, qui au S ou au SE de l’horizon annonce la tornade, se mettait en mouvement, et celui où la tornade éclate, il se passait de lO minutes à une demi-heure. C’est une première notion indiquant que la rapidité du mouvement de translation du météore doit varier suivant les cas.

En cnnsullant les tableaux des tornades et des orages de l’hivernage de 1873, nous trouvons quelques observations qui peuvent être considérées comme les passages successifs d’une même tornade, sur différents points de la ligue télégraphique.

Citons un de ces exemfdes.

Le 4 juillet une tornade, suivie d’orage et de pluie, est signalée sur trois points de la ligne.

A 1 heure du matin à Dakar.

A 2 heures du matin à M’Bidgem.

A 4 heures du malin à Bélète.

Cette tornade est indiquée, dans tous ses points, comme se mouvant du S au N; si l'on admet que c’est le même météore qui a passé successivement sur ces trois postes télégraphiques, il aura mis une heure à parcourir la distance qui sépare Dakar de M’Bidgem, c’est-à-dire S6 kilomètres, et deux heures à se rendre de M’Bidgem à Bétète distant de 48 kilomètres. La vitesse de translation de la tornade aurait donc été de 56 kilo-

DES ORAGES ET DES TORNADES

mètres à l’heure au début, puis de seulement 28 kilomètres à l’heure.

Mais la plupart de nos observations ne nous donnent pas des résultats aussi simples. Kien ne nous permet, de reconnaître si, lorsque des postes télégraphiques différents signalent le passage ,de tornades à des heures voisines, c’est à un seul et même météore ou à plusieurs mouvements tournants successifs et se mouvant parallèlement les uns aux autres que l’on a eu affaire. Souvent il est impossible de dire ce que pourraientsignifier les heures des observations relalivementià la marche d’un météore supposé unique. Il faut alors admettre que plusieurs tornades ont passé le même jour sur lu ligne ou que. le mouvement d’une seule tornade a été très-différent de la ligne droite ou d’une courbe régulière.

Ne pouyant^donner ici toutes nos observations, nous donnerons seulement:pour le mois de-juillet, l’indication des heures de début des torngdes, des orages, enfin l’indication de la pluie. Ce tableau pourra permettre d’avoir une idée de la fréquence des orages et des lornades, des coïncidences que peuvent présenter entre eux les divers phénomènes qui leur son! r.-lalifs.

On verra, dans ce tableau, que, si certaines observations, comme celles du 4 et du 24 juillet, permettent de penser que le mouvement.de translation des tornades peut être considéré (Comme ayant une vitesse probable de 40 à 30 kilomètres i;à l’heure; il en est d’autres qui peuvent, comme celles du 2§, servir à démontrer la coïncidence -de plusieurs tornades sur des points différents ou l’étendue considérable d’.un trouble atmosphérique dont la tornade ne serait qu’un accident local limité.

Tornades etoragpes obserrés en Juillet 1873 de Siaint-liouis

à Dakar,

Par les employés du télégraphe.

(T signifie tornade; z, orage ; tonnerre et éclairs ; •, pluie; e, n, o, s, indiquent la direction d’où vient la tornade, et les chiffres l’heure de l’ohservation. — Les jours sont comptés de vingt-quatre heures à partir de minuit.)

Dates

St-Louis.

Gandlole.

Bétète.

M’Bidgem

Dakar.

RuQsque.

Coup de vent

Coup di'venl ne oi-so

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