‹ Recherches sur le Cœur SénileChapitre 13 sur 22 · TOR · texte numérisé non relu

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influences pathologiques. Que les lésions séniles des artères soient le produit de l'usure, résultat de la vie ; qu'elles soient dues au contact d’un sang adultéré par des éléments irritants, effets d’une dessassimilation imparfaite ou d’une intoxication lente (plomb, tabac, alcool) ; qu'on les considère comme consécutives à l’endartérite primitive des artérioles nourricières, les mêmes influences existent pour l’endocarde. L’endocarde du cœur droit, comme les parois veineuses, sera rarement malade chez le vieillard ; l’endocarde du cœur gauche, comme l'aorte le sera presque toujours. Ce que l’analogie permettait de prévoir, l’observation le démontre journellement.

Les lésions séniles de l’endocarde sont celles de l’athérome artériel. Dépourvu de vaisseaux propres, sa nutrition dépend en partie de l’état des artérioles du myocarde ; celles-ci, nous l’avons vu, étant toujours altérées chez le vieillard, sa vitalité est diminuée, et c’est dans Les points où Ja nutrition est le plus entravée et où le choc du sang est le plus vif, que l’endocarde présente le maximum des lésions de l’athérome ; ces deux conditions se trouvent remplies dans les valvules mitrales et sigmoïdes qui sont le plus éloignées des vaisseaux et le plus exposées au frottement sang'iin ; c’est la face auriculaire de la valvule mitrale et la face ventriculaire des valvules sigmoïdes qui sont le siège de prédilection des lésions athéromateuses de l’endocarde.

Sous ces influences les cellules plates sous-épithéliales prolifèrent, et forment ces plaques cartilaginiformes si fréquentes à la surface des valvules ; les jeunes noyaux peuvent présenter plusieurs transformations ; ou bien ils subissent la dégénérescence graisseuse, se molécularisent, et il se fait un foyer athéromateux qui peut s'ouvrir dans le torrent circulatoire ; ou bien le tissu de nouvelle formation subit l’infiltration calcaire, si commune dans les valvules

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sigmoïdes ; le plus souvent il devient fibreux, les bords de la valvule mitrale s’épaississent en forme de bourrelet, les valves se raccourcissent, les valvules sigmoïdes s’épaississent.

Souvent ces différents processus sont unis dans un même cœur, et il est facile de comprendre comment ils peuvent aboutir suivant le degré ou la localisation de la lésion à des insuffisances ou des rétrécissements d'orifice ; mais il ne faut pas perdre de vue que lésions athéromateuses des valvules n’est pas synonyme d'insuffisance oude rétrécissement: les premières sont constantes, les secondes assez rares.

En même temps l’on observe des épaississements, sous forme de taches blanches, de l’endocarde ventriculaire ou auriculaire, et des indurations des cordages tendineux.

Les altérations de l’endocarde dans la vieillesse sont si fréquentes que Bizot, sur 14 sujets âgés de plus de 50 ans, dit avoir trouvé 12 fois des altérations osseuses ou cartilagineuses des valvules ; Durand-Fardel, sur 149 cœurs de personnes âgées de plus de 60 ans, a rencontré 55 fois des altérations des valvules et des orifices, propres à gêner en quelque sorte les fonctions des appareils valvulaires, sans parler des simples opacités.

Nous avons examiné l’endocarde de 23 vieillards, dont 11 avaient entre 70 et 80 ans et 12 entre 80 et 90; tous, nous l’avons dit déjà, avaient de l’athérome artériel ; tous aussi, sauf une femme de 70 ans dont l’aorte du reste était fort peu altérée, présentaient sur l’endocarde des lésions que nous allons décrire.

Ces lésions étaient presque toujours localisées au cœur gauche: 3 fois seulement nous avons trouvé la valvule tricuspide épaissie par places par des plaques cartilaginiformes ou calcaires ; une seule fois les valvules sigmoïdes pulmonaires étaient un peu indurées.

Dans le cœur gauche les altérations siégeaient surtout dans les ventricules, et principalement sur les valvules mitrales et aortiques.

Nous avons toujours trouvé l’endocarde épaissi sous forme de petites plaques blanches sur les piliers de premier ordre, au niveau de l'insertion des cordages tendineux : ces plaques correspondent à ces parties du pilier, où, comme nous l'avons montré, la sclérose atteint son maximum.

Quatre fois nous avons vu en outre des petites opacités disséminées sur l’endocarde ventriculaire, particulièrement au niveau du sinus mitro-sigmoïdien, qui présentait une fois sous une valvule sigmoïde une petite rugosité calcaire saillante.

Vingtet une fois nous avons trouvé les valves de la mitrale altérées à des degrés différents : sur leurs faces supérieures existaient toujours des taches chondroïdes ; l’une d'elles, une fois avait subi la transformation calcaire ; quelquefois la valvule dans son ensemble avait perdu sa transparence et sa souplesse.

Huit fois, les bords des valvules étaient indurés et épaissis en forme de bourrelets, ce qui dans un cas avait provoqué de l'insuffisance de la valvule; une fois, une des valves était réduite à un simple bourrelet, et la valvule était insuffisante. Deux fois enfin, tout le bord adhérent de la valvule mitrale était dur, fibreux et couvert du côté de l’oreilletté d’une crête de petites rugosités calcaires.

Quant aux valvules sigmoïdes de l’aorte, elles présentaient soit un épaississement diffus de leur surface, soit des pétites plaques chondroïdes disséminées, qui ne leur enlevaient rien de leur souplesse; trois fois leurs bords libres étaient indurés et épaissis ; dans un cas, où pendant la vie, avait existé un souffle aortique sÿystolique, nous vimes à

l’autopsie, un épaississement chondroïde de -leurs bords adhérents. :

Tous les auteurs s’accordent à dire que dans la vieillesse les altérations des valvules sigmoïdes l’emportent sur celles de la mitrale: peut-être s’appuient-ils pour affirmer ce fait sur la fréquence des bruits anormaux à l’orifice aortique : mais il faut remarquer qu’en raison de leur situation anatomique, 11 suffit d’une lésion très peu prononcée pour produire un souffle au niveau des valvules sigmoïdes ; et en fait, nous avons rencontré presque d’une façon constante l’athérome des valvules àu cœur gauche, aussi bien à l’orifice auriculo-ventriculaire qu’à l’orifice aortique.

$S IV. — Poips DU CŒUR CHEZ LE VIEILLARD

Le poids du cœuï dans la vieillesse a été apprécié de façons très diverses.

Pour Béclard, le cœur dans la vieillesse s’amincit et s’atrophie ; Engel (1) considère l’atrophie comme habituelle après 60 ans ; Cruveilhier, au contraire, enseigne que le cœur du vieillard échappe à l’atrophie des autres organes, et même qu'il augmente de poids. Bizot fait remarquer que lPaccroissement du cœur n’est pas un phénomène propre à la vieillesse, mais qu’il augmente pendant toute la durée de la vie ; c’est aussi Popinion de Durand-Fardel.

Clendenning (cité par C. Paul, maladies du cœur), donne les chiffres suivants se rapportant au poids du cœur aux différents âges :

Age. Hommes. Femmes.

15 — 30 ans. 264 gr. 260 gr.

30 — 50 — 272 — 272 — 50 — 70 — 278 — 276 — 70 ans. 312 — 287 —

(1) Wien. med. Wochenschf., 1863-1864.

D’après ces chiffres, le poids du cœur arrivé à la normale vers 30 ans, resterait à peu près stationnaire jusque vers 50 ans, moment où il augmente assez rapidement.

Du Castel prenant la moyenne du poids du cœur par période de 20 ans, arrive aux chiffres suivants :

Age. Hommes. Femmes.

20 — 30 ans. 242 gr. 241 gr.

D’après ces chiffres le poids du cœur de 30 à 50 ans oscillerait dans des limites assez restreintes, mais à partir de 50 ans il commencerait à s’accroître pendant toute la durée de la vieillesse.

Avant de pouvoir apprécier le poids du cœur d’un vieillard, il est nécessaire de connaître le poids moyen chez l'adulte : il est de 266 gr. chez l’homme d’après Sappey et de 230 chez la femme d’après Blot. D’un autre côté pour juger exactement du poids du cœur tel que l’a fait la sénilité, 1l faudrait éliminer des recherches, tous les cœurs, sur lesquels une affection chronique bronchique ou pulmonaire, une lésion valvulaire, ou une cachexie ont pu avoir un retentissement quelconque. Et par cachexie, nous n'’entendons pas seulement, celle qui résulte d’une maladie diathésique comme le cancer ou la tuberculose, mais celle aussi, dans laquelle tombent les vieillards cloués sur leur lit par des hémiplégies de longue durée, la démence à son dernier degré, les escarres, etc. ; alors, le myocarde, atteint par la dénutrition comme tous les autres organes, s’atrophie ; les cavités cardiaques reviennent sur elles-mêmes par suite de la diminution de la masse du sang ; ce n’est pas le cœur d’un vieillard, mais celui d’un cachectique quelconque.

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Voici, mis en regard des causes de la mort, le poids du cœur relevé dans les autopsies que nous avons faites dans le courant de l’année : nous avons éloigné de cette liste,

les vieillards affectés de maladies anciennes du poumon ou des bronches :

Age.

Poids du cœur.

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