I. — PÉRICARDE
Le péricarde pariétal nous à paru rarement altéré; une seule fois, à la partie supérieure et antérieure de sa face interne, nous avons observé deux taches blanches saillantes de consistance cartilaginiforme, du diamètre d’une pièce de cinq francs.
Quant au péricarde viscéral, il présente souvent des épaississements connus, en raison de leur coloration, sous le nom de taches laiteuses. Quoiqu’elles puissent exister chez l'adulte, elles ont leur maximum de fréquence dans la vieillesse ; c’est ce que démontrent les chiffres suivants recueillis par Bizot, dans 150 autopsies. |
De 1 an à 17 ans, sur 47 sujets, 0 fois.
De 10 ans à 39 ans, sur 47 sujets, 13 — De 40 ans à 80 ans, sur 62 sujets, 32 —
Sur 24 sujets qui avaient dépassé 70 ans, nous les avons rencontrées 11 fois.
Cinq fois elles occupaient la face antérieure du ventricule
de
droit; trois fois elles s’étendaient en même temps sur sa face postérieure ; une fois elles siégeaient sur la face antérieure du ventricule droit et sur le bord du ventricule gauche; deux fois toute la face antérieure du cœur présentait presque d’une facon uniforme une teinte blanchâtre ; enfin cinq fois, en même temps qu'il offrait ces aliérations, le péricarde avait le long des vaisseaux coronaires, la même teinte laiteuse.
La dimension de ces taches est ordinairement celle d’une pièce d’un franc ou de cinq francs ; mais elles peuvent être très étendueset occuper toute la surface d’un ventricule. Histologiquement elles sont constituées par un feutrage de tissu conjonctif contenant des cellules embryonnaires et fusiformes.
Dans tous les cas où nous les avons observées, elles existaient toujours à leur maximum à la face antérieure du ventricule droit, c’est-à-dire à la partie du cœur qui, à chaque systole cardiaque est le plus en rapport avec la paroi thoracique ; aussi Peter considère-t-il ces taches laiteuses comme des plaques de frottements, résultant de l’irritation produite par le choc du cœur, et il les compare aux callosités qui se développent sur l’épiderme à la suite de frottements réitérés ; plus les chocs ont été répétés, plus elles sont marquées ; aussi est-ce dans la vieillesse qu’elles ont leur maximum de fréquence et d’intensité. Nous admettons parfaitement que les frottements répétés soient la cause occasionnelle de ces épaississements péricardiques, mais nous croyons qu'il faut tenir compte aussi chez le vieillard de la disposition aux productions fibreuses, que l'on a justement appelée diathèse fibreuse et qui est liée à l’involution sénile des artères.
GE
S IL. — TISSU CONJONCTIF SOUS-PÉRICARDIQUE.
Souvent, dans la vieillesse, le tissu conjonctif sous-péricardique est envahi par une surcharge graisseuse considérable ; nous lPavons constatée 13 fois sur 24 cas ; elle était. presque toujours localisée autour du ventricule droit qu’elle enveloppait comme d’une capsule ; quelquefois la couche adipeuse présentait une épaisseur supérieure à celle de la paroi ventriculaire qui était réduite à une lame très mince. D’autres fois la graisse formait un bourrelet dans le sillon auriculo-ventriculaire.
Dans aucun des cas que nous avons observés, la surcharge graisseuse du cœur n’était liée à l’obésité ; et nous l’avons trouvée aussi fréquente chez les hommes que chez les femmes. Quoiqu’elle passe pour accompagner ordinairement l’atrophie du cœur, nous l’avons vu exister plusieurs fois avec l’hypertrophie ; et le poids des cœurs où nous l’avons constatée n’était pas au-dessous de la moyenne. Mais tous les vieillards chez lesquels nous avons rencontré la surcharge graisseuse du cœur étaient arrivés au dernier degré de la sénilité ; plusieurs, anciens hémiplégiques, ou atteints de démence, ne quittaient pas leur lit: aussi croyons-nous que l'invasion du tissu conjonctif sous-péricardique par la graisse, aussi bien que la transformation granulo-graisseuse des fibres du myocarde, est liée au ralentissement de la nutrition générale, et aux troubles de la circulation locale.
$ III. — ENDOCARDE.
L’endocarde est au cœur, ce que l’endartère est aux artères ; anatomiquement il en est la continuation, histologiquement il a la même structure ; il devait subir les mêmes