FEMMES
. Alitée depuis 2 ans par paraplégie sénile.
Cachexie.
Pneumonie.
Succombe en 3 jours à une méningite.
Mort subite par hémorragie protubéranüelle.
Cachexie sénile. Mort par diarrhée.
Alitée depuis plusieurs mois par cachexie sénile.
Hémiplégie de longue date. Escarres.
Broncho-pneumonie,
ER
Age. Poids du cœur. Maladie ayant amené la mort. 73 260 Hémiplégie double de longue date.
86 280 Misère. Pneumonie.
D'après ces chiffres, la moyenne du poids du cœur chez les hommes entre 70 et 90 ans est de 374 grammes, ce qui est aussi le résultat auquel est arrivé Du Castel; chez les femmes, nous ne trouvons qu’une moyenne de 274 gr., inférieure à celle de Du Castel, qui est de 347 gr. et à celle de Brousse qui est de 295 gr.; elle est supérieure cependant à la moyenne du poids du cœur chez la femme adulte, moyenne qui est de 230 gr. Mais le hasard avait fait que la plupart des vieilles femmes qui ont succombé cette année dans le service, mouraient à la suite de cachexies prolongées, et leurs organes étaient atrophiés, non seulement par le fait de la sénilité, mais aussi par celui de l’inanition, résultat de leurs longues maladies ; leurs cœurs, bien qu’un peu plus gros que ceux d’une femme adulte, l’étaient cependant bien moins que ceux des trois vieilles qui ont succombé en l’espace de quelques jours à une pneumonie, une méningite, une hémorragie protubérantielle, ainsi que. le montre notre tableau. La plupart des hommes, au contraire, sont morts en peu de temps, de maladies aigues ou d’hémiplégies survenues dans le cours d’une vieillesse normale ; leurs cœurs étaient donc bien le type de cœurs tels que les a fait la sénilité, et elle les à fait plus gros que dans l’âge adulte. L'augmentation de poids porte, d’après les recherches de Du Castel, sur les deux ventricules ; et comme dans l’âge adulte, le ventricule gauche pèse 2 fois 1/2 de plus que le droit. Comme épaisseur moyenne des parois au niveau de la base du cœur, nous avons trouvé chez les hommes 18 millimètres pour le ventricule gauche, 7 mill. pour le ventricule droit, 17 pour la cloison ; chez l’adulte, l’épais-
se
seur moyenne du ventricule gauche est de 8-11 mill., celle du ventricule droit de 3-4, d’après Morel.
Il est donc bien certain que dans la vieillesse normale, c'est-à-dire, dans celle qui caractérise un âge de la vie humaine, sans être défigurée par des maladies chroniques survenues avant son apparition ou pendant sa durée, le poids du cœur augmente, après être resté stationnaire dans l’âge adulte : cet accroissement de poids, d’après les staüistiques de Du Castel commence entre 50 et 60 ans.
Il existe donc dès le début de l’âge auquel apparaît ordinairement l’involution sénile, des conditions nouvelles qui déterminent l’hypertrophie du cœur; et ces conditions résultent des obstacles multiples qui, survenant à ce moment au cours du sang, obligent le cœur à se contracter plus énergiquement pour produire le même travail : ces obstacles se trouvent dans la perte de l’élasticité des grosses artères, dans la diminution de résistance des parois veineuses, dans la transformation fibreuse des artérioles , dans la sclérose des organes, l’emphysème sénile du poumon, etc.
Dans trois cas où il existait en outre un athérome des valves de la mitrale ayant déterminé un certain degré d’insuffisance, la moyenne du poids du cœur, était de 425 gr., chiffre un peu supérieur à la moyenne. que nous avons obtenue chez les vieillards où le cœur n'avait à lutter que contre les obstacles extra-cardiaques.
Nous avons donné, page 29, notre opinion sur la théorie de Letulle qui place la cause de l’hypertrophie dans les parois mêmes du cœur.
Nous considérons un certain degré d’hypertrophie du cœur dans la vieillesse comme normal et physiologique, tandis que l’atrophie est un état morbide; cette hypertrophie est physiologique parce qu’elle s'adapte au travail à s’accom-
als à pus
plir ; mais elle n’atteint jamais le degré que l’on observe dans la néphrite interstitielle ou l’artério-sclérose généralisée de l’adulte, parce que chez le vieillard, le cœur envoie le sang, dont la masse est diminuée à des organes dont la vie fonctionnelle s'éteint et à des muscles qui ne travaillent plus ; longtemps l’équilibre persiste et le cœur suffit à accomplir sa tâche.