LE PRIEURÉ DU LAY DAMP WAULTIER
(de LACU ]>0MPIII WALTERil)
Est aussi nonuné en 1272; et en 1321, il avait encore, sous
'^ On se rappelle qtié ce fiit dans TEglisé dti Prieuré de Coreèlleft , qu.*Ar« thattd sire de Mont fit hommage lige au Priear , Jean dé Seysscil , en SOS i après le prononeé d' YiobeUe de IVewshâteL
" Le notaire qui, en 46S6, rappelle ces redevaneés, ajoute qu'il s'est adressé^ mais sans résultat, pour les faire reconnaître, au lieutenant de son altesse de Neuch&teh
5« CarttU, ^ Arch, Cmton,
le patronage de RomainmoUer, une existence prq>re : msàn plm tard ng«8 le iroKYons simple propriété de notre Couvent » ^ annexé à loffice du Grand CeUérier» de telle Hianiére igm celui-ci était Prieur du Lay damp WauUier en vertu de sa charge". Tel était Aymon Mayor en 1465 **. Tel encore messire Claude Michault en 1490. — Le Lay damp Waultier est à présent le lac Saint Point, au Département du Jura.
Le Monastère romain possédait de nombreuses Eglises.
D'abord , en 1096 , dans un acte remarquable , Uldric de Cossoaay , du Imi de aa (emaQ » de se» 6te , et de ses bms, donne, ou ç^nfimie» à Dieu et aux bkiikettreux Apdlreft Pierre et Paul, et aux moines de Rowaismotier». ï Eglise de Case ei m^ , liNidée 4aiMf son propre aUeu. el tout ce quicat aanexé à Tuitel , soit dixmes , champs , prés , bois , etc.» et cela pour le nlol et soix âme et de ses piurens.
Il do^Qie efteore à la dite Eglise (dftCossoaay) et à l'usafade Romainmotierjes dixmes de toute sa Terre (potestatis sum) qâ lui appartiennent en propre , et celles de son propre labeur'', sauf celles que ses chevaliers (inilites) ont reçues en fief; et Tusage des forêts , et de Teau de la Venoge. Et si quelqu'un, serf ou homme libre, tenant son fief, ou son alleu, ou ses dixmes, veut, pour le salut de son ame, en donner quelque chose, IHdric ' V consent de tout son cœur.
C'était on le voit une donation immense , qui transférait à
" « Qaî prîoraius > est il dit en 1482, « eidem officio (de Gd &) est adtmatus, * avec diverses choses en Bourgogne^ les terres de Saint-Pierre de Romain* motîer k E8ftbagiie98t, etc. 4rok, Qmim'
s» En 14^$, Jean $o«j<M^ <^ \^^ ànvof WaHU»«f r«QMiia|t, apw» i»% îMvtdMi que Aymon Matoris , Grand Cellérter de RoinaiQJVHktier et. Wtlmt àik Ugs «10.» lui a UÀK i]|iL,ooa\el aU^geini^ 4^ ches^îs^ d^ sa maom:^ de iMHJ^imiwtilx de terre « /«xta Qùtnmuue, dkUB villœ.f > etc.. Vr«A«, Çm¥ff^'
'' Faiit-t-il entendre^ celles des terres qn^il avait fait défricher ? Cette elirti remarqtiable mériterait dVtre traitée avec plus di> détail».
Ronudiimolier comme un réseau de possessions dailB toute la grande Baronuie de Cossonay.
On en retrottye des débfis jusqu'à la réforme.
Jean Ckfc^ bourgeois de Cossonay , par ex. , se donne » eu 1278» sans déception et sans contrainte hd eises héritiers, au Monastère romain ; il se recoilnait homme justiciable de cette Eglise , en renonçant à choisir aucun autre sire » ou à faire qoelqae serment dans quel<{ue château ou bonne yille. Et si Itii ou ses hoirs faisaient acte opposé à cette donation » ils 8'exposeraient à perdre tous les biens qu'ils tiennent du Couvent* -^ C'était un homme /t^re, qui foulait être justiciable du Prieuré dont il possédait des biens , et se donnait lui-même pour cdytenir protection.
En 1406» nous troutons encore , à Cossonay , une reconnaissais de dixme en fareur de Romainmotier'^^
Dé même (en 1274)» Pierre dit Pans, de Grancie, donzel» rec^Énait avoir mis à tort la maân sur ta dixme de l'Eglise de HÀmainmotier , à Si»u^ckns'^\ et l'abandonne à son propriétaire.
Efl 1289, Jean de Senarclens, chevafier, reconnaît aussi UHifar «n emphitéose perpétadle, et sous censé annuelle de ^kiq muids de blè ^^, les dixmes des religieu^t danà le territoire de mnù^ Mdi» -^ Et an 15" siècle nous retrouvons ces mêmes dilttië» entre les mains de Fierre de Yens, donzet ^ et A*Apfnoti
*^ Carhd, — Sceau de l*Abbé de Joux.
^* Bwlete femme de Jean Papouz bourgieots de Cossonay» reconnait tenir à censé de Jean de Seyssel, toute sa dixnwde forestalaz , qui s'étend jusqu'au chemin de CoaaoMyà Luxurie décrient, et au chemin de Lassaraz d'occident» et ce pour 6 coupes annudles de froment. Ârch, Cantùn^
^'^Yillage de la même paroisse. — Corfn^.
*' Mesure de Cossonay, 3 quarterons à la coupe.
** Ce dernier comme usufruitier des biens de sa femme Marguerite d'une branche bâtarde de Grandson. Il y a plusieurs reconnaissances d'Aynion et de
Uldric de Cossonay avait donne à Romainmoiier ses dixmes/ non seulement dans la paroisse de Cossonay, mais dans toute sa Baronnie, sauf celles qu'il avait inféodées à ses chevaliers.
Aussi trouvons^nous, en 1358, un accensement fait par Romainmotier, de toutes les gerbes à lui dues à Soulens (Sull^is), pour 16 sols 6 deniers annuels , payables au Pitancieip du Couvent.
Puis encore, en 1479 et en 1508, des droits assez considérables de Romainmotier sur la dixme et quelques terres à Bru- 7iens ou Brugnens (Bournens) **. >
Néanmoins la principale de ses donations , l'EgUse de (7iMsonay, passa bientôt au Prieuré de cette ville ^.
Aussi cette Eglise ne se trouve point mentionnée dans une bulle dlnnocentll, de 1159'^'', q«i annvant à la requête de Pontius Prieur de Romainmotier, et sur l'intervention de Pierre (le vénérable) Abbé de Cluny, confirme au Monastère romain ^ toutes ses possessions justes et canoniques , savoir : Dans l'Archevêché de Besançon , l'Eglise de Bannens et la ChapeUe de Sainte- Colombe,
Dans l'Evêché de Lausanne, l'Eglise •Betuaci* (Bethusi?) et ses possessions; l'église de LiMy avec ses possessions; ki Chapelle de l'hôpital d'Orbe ; la Chapelle de Gumoëns / et « obedientiam » (le patronage?) de Vallorbes avec sa Chapelier l'Eglise de Mor/efi«(Mollens) ,avec ses Chapelles fior/ens (Ballens), et. Turquens (Torclens) ; l'Egliçe d'Applesavec ses accesscHres.
S3S descendants, en 4446, 4452, 1470, 1476, en faveur de nomaininotier. — jérch. Cant»
*' 6 coupes de blé d'une part ; i coupes de blé et 20 sols annuels de Tautre. Ces divers titres sur Cossonay sont BUxArch, Cant,
*' A sa fondation , peut-être , et en vertu d*nn don , où d'un arrangement encore inconnu.
*^ Signée par douze Cardinaux et trois Evéques, « 2Ka1endas maii^ Vnn 1439| Indict. Ily la 10" année du Pontificat d'Innocent.
*^ Romanum monaêierium, un exemple entre mille que Tétymologie de Rachat i romani monasterium est erronée.
srs
Enfin dans rEvêché de Genève, TEglise de Brucins (Bursins), avec ses Chapelles Brucines (Bursînel) et Gemes (Gîmel) ; et l'Eglise de Saint-Oyens (sancti Eugendi).
Innocent confirme encore au Monastère romain tout ce qu'il pourrait acquérir dans la suite : t)ar concession des Pontifes, par don des Rois et des Princes > par oblation des fidèles, ou autres raisonnables moyens '^.
Trois des Eglises mentionnées par Innocent , avaient été données à RomainmoUer par le dernier des Rodolphiens : celle à'Apples en 1009 , et celles de Lully (près Estavayer) et de Bruzinges (Brussins) en lOii.
Une autre , l'Eglise paroissiale de Bannens, fut donnée , sauf le droit épiscopal, en 1126, par Anseric Archevêque de Besauçon,sur la prière de Narduin Prieur, et des moines de Romainmotier. — De Bannens dépendait la Chapelle de Sainte" Colombe.
La même année, Humbert de Salins, considérant les péchés qu'il avait commis dans les Terres du Couvent , renonça à quelques débats, et lauda, à Orbe, le don d*Anseric ^.
Lambert de Châtillon (de Castellione) abandonna , de son coté, toute prétention sur cette Eglise, pour la guérison de son ame et de celles de ses antécesseurs , attendu qu'il est écrit dans la Sapience qu'il n'est pas bon de demeurer toujours dans le mal» et de ne point faire d'aumône ^^
L'origine de la possession d'autres Eglises nous est inconnue *•.
** Avec menace d'exoommnnicati^n et de condannation éternelle, à toute personne teclétiaitiqtM ou séculière qui témérairement violerait cet écrit, avec aussi promesses de la paix présente et éternelle à ceux qui l'observeront.
^ In manu Narduini prioris , per manum dominorum Cono de Grantionc et Philippi ejus fratris et Girardide LongaviUa^ Tan de Tincarn. 1126. < 18 KaU Julii. »
" Non est bene hominî in malis assidue commoranti et elemosinam non facîenti. — Cartul,
** Que faut il entendre par l'Eglise « Beluaci > dans révéché de Lausanne ? Probablement Be/Aun (près Lausanne), ou se trouvait jadis un Couvent.
A cdles menUoiméas par Innocent, il fiini ajouler, cdlfide Romammatier même, et les antres de la Terre proprement 4he; savoir celles de Brethomàres , d^Àrnex ei d^Agiez^. Cette der« oiére ne se tronre pas mentionnée dans le Cartolaire de Lau-> sanoe; elle est donc d'orî^pe plus repente qne tSfiS, Antant an. dirons^nous de la CtiapeUe paroissiale de Bu$9y , près Apfkê^ f|ui au 15* siècle, au moins, dépendait de lU^mailinaotief .
Enfin en iWi, eut lien une transaction entre TAbbé du Mont 8ainte-|f arie et Hiohel de Saroie , Prieur eonnnendatairé de Romainmotier , portant ^ que la Chapelle de Yaux (ou Wàut) serait sous la garde et seigneurie du dit Prieur, et derienêrait paroissiale pour les (labitan^ de Yaux et Cliantegrue. Qae la inesse y serait célébrée chaque dimanche , et les ^aints-Saere* pens administrés par le curé de SaintrTbéodule, Que la dite Chapelle, de niêine que le CJinietièf e à l'entour, dont le terrain est fourni paf Romainn^otier , seroqt de plus consacrés aux frais de la population de ees deui^ localités , qui sera tçnne d'obtenir le ç(Hi|ientemept de Tordinaire, et du curé de Saint? Théodule ; et de payer le Cjhapelain chargé de la desserte de pet édifice sacrée Lies armoiries de Romainmotier et ^n Montr (SaintOrMarie seront p^iptes ds^ns ^p intérieur, au lieu le phi^ convenable ^ etc.
Qr de ces possession^ d'Eglises , c|eu^ sortes d'ayantages re^ yenaiept au Couyent : un reyepii matériel considérable, et une potable ipQuence morale.
D'abord les, dixmes. Rappelons seulement les deux cent^ muids (le graines ^ de dixme de la Terre de Roniainn|Otier; et les dixn
^ Innocent BieaUoi^ne celle c|« VaUorh^s, aussi de la Tîprre dt AoMammofiV, ytUÊllyn dépenduîl elofs de k parpisse de I^omainii^tier.
'* Viennent encore des détails , ^ur les oblations, \ti luniînaire , )e nombre de^ portes à établir, etc. -r- 4 mars i 504 (y. s.) Ii^ventaire de l'Abbaye S^-M«rie, liasse IX coté 170, communiqué par M^ Duvernois.
^^ Grande ifie^ure ; 4 c|i|jirterQqs à )a coupe et 1 ^ coupes au muids*
huit Hmids, «sviron^ de la ditmê 4e VMorbeê,^ni se levait aussi sur le tiers de la paroisse de lougne ^^.
Au relie boa nombre de ditmee étaient derennes utt moyen d'échange » un objet de eommerce ; et» détournées de leur éeati&ation primitive » n'étaient plus Uées à là pd^es$ion des EgliicB <",
La dixme de Brussinet en blé et vin valait 80 iorins petit poids, environ, par an. ^ Or en 069» lee religieux d'Oujon (àlgionia), de Tordre des Chartreux (Cartusiani), eurent un diffétend avec Romainmotier au ^jet de la dixme de trente* tro» foees de terres arablea» situées auprès de leur maison de Oi^#Nel dans la paroisse de Brossinel ^ et dépendant de la aaigneitrie (de domkuo) d'Ûu^on. ^ Ce Couvent alléguait une dliarte du Pape Clément, qui lui donnait le privilège de ne point payer de dixmeê. Un arbritrago i'ecournt à un meaze termine ;
>f éirek. CoMiL y«yes ci de^suft y. 66).iiot< 1^4*
" ^um ff» avonê nou8 indigné quelijutt uue$ dans la première partie de eeg rêtherdie».
En 1265 , les religiem avaient par exemple , vendn aux Montricher toutes lesrs.possessioiia à Tordent ^ gauf VE§liêe et la dixme, encore sur ceUe-Hïi let Meotmber ^eTaient-^ils percevoir Auit muids de- bléaooueUemeBt. Puis en iâ77, ceux-ci vendent à lear tour à Romainmotler posr 80 livrée, dix. muids annuels, ^T«fdeD9(y dont les hint ci-dessus, et les deux autres étaient perçus par les receveurs posr salaire. Ainsi la dixme entière de ce village était retournée aux rdifieux» Derechef > en 1315, W religieux vendent & Etienne Doyen d*oultre Yenoge, el à domp Jaques IMUrcliiaiii son frère bourgeois d' Aubonne , cinquante MMsd» «Hiuels de bon froment à prendre sur les <Hxmes de Bomainmotier à MMem, BaUent, Torcleneel Apples^ et ee, pour 500 livres geoeveiaes. Cautions Jteqoes deMontricber Seigneur du dit lieu, sire Jean de SLont Coseignenr du dit lieu, chevaliers rWillierrae de Lussyez et Firraosais^ de Columbier. — Par grâce SjpécJftk on. aeeorde aux vendeurs , de pouvoir racheter le tout pour la somme entière^ o«r 20 muids pour 209 llvres^, ou dix omids pour 100 Uvrea, mais seulement entre la Tbussaint et la Saint- Jean Baptiste suivante.
La dixme de Brussins en graine était de 22- muids petits (de 24 (fnarleroBs ehacun)^ ci cellis en viiL de iMaraniBsef sers.
lioniainiaotier accensA cette dixine à Oojon soitô renta annuelle ide onze coupes de blé ^.
Le curé des Eglises parotesiales de Gini$l et Saint-Oyen», eut aussi un diffaFend, en 1530 « avec Romainmotier , au sujet d^s revenus de ce patronage , dnnt il revendiquait la moitié. -^ Un arbitrage ^décida : que le curé aurait les offrandes, et lesdîxnies du bétail n^ssant, en entier; la moitié de la dixme des petits blés à Gimel ; 3 prés, et 14 poses arables.
]Les religieux, en échange, devaient percevoir la grande dixme, qui , outre la réserve ci-dessus, rapportait annuellement de SU à 32 muids de blé^. Item, toutes les autres censés; et les terres affectées à cette Eglise de tout temps (ab aeterno). Enfin 40 sols de censé , dus par le .curé au Prieur à cause de son droit de patronage.
Ce droit était une séccmde source de revenus^^.
Le curé d'Apples et de son annexe la Chapelle paroissiale de Bussy , reconnaît, par ex. ®^ : qu*en vertu de ce droit Tinsigne Prieuré de Romainmotier doit percevoir les deux tiers de toutes )es offrandes et revenus de ces Eglises, sauf quelques réserves^.
'* Et de 4 sols de Genève pour dixnies d'autres terres diaprés un traité de l'an i 251 . — Ces 4 sols de Génère valaient 4 ioU et 8 denien Lausannois. Car/ttf., et Groêse Polleni à Bursins.
" Domp. Etienne de Aubonne^ Chanoine de Lausanne , frère Girard deDdlit et domp. Pierre curé d*Aubonne.
*^ Petite mesufe.
** Le curé de Brussins devait pour lui 6 florins par an à Romainmotier ; eeltfi de Brussincl 20 sols et de plus on se souvient que le Prieur , dans son différend avec Arthaud de Mont sur Thommage , dut, par le prononcé d'Isabelle de Neuchâte]> lui donner, en augmentation de fief , dix livréeB de terres (libratas terrs) sur le penùnnat (ou patronage) de Brussînel,
Le curé paroissial deMoHçns devait, pour le même patronage, payer 100 sols par an à la pitance de Romainmotier et 40 sols à Tinfirmier. — Recormaiis» it
"En 1490.
^' Tricenariis , les 4 deniers des petits enfans , le denier du pain béni , les
Et que ces deux tiers ont été donnés à ferme , à vie , à ses prédécesseurs , pour huit livres et huit sols annuels ; ce qu'il s'engage à observer, sauf s'il peut obtenir de la grâce du Prieur un prix- moindre.
Le curé d'Apples promet aussi d'être fidèle et d'obéir au Seigneur de Rotnainmotier, et nous fait comjprendre , par là , Fin* fluence 'morale, la prépondérance de la volonté du Prieur dans ces diverses Eglises.
En effet, toutes étaient inpatronage, ou patronat (patronatUs)^ ou personnage (personnagii) , ou personat (personatus) ; et de la présentation (presentationis) soit collation (coUacionis] ou provision (provisionis) **, de Romainmotier. En d'autres termes, le Prieur et son Couvent, avaient la charge d'en choisir le curé en cas de vacance, et de le présenter à TEvêque diocésain^ pour rétablir et lui donner la cure d'âme.
Si maintenant nous nous rappelons les concessions des Papes à Cluny, nous comprendrons que dans toutes ces Eglises les liens de Fépiscopat fussent singulièrement relâchés, et que la volonté du Prieur eût un très-grand retentissement. De fait , il réunissait le pouvoir ecclésiastique et spirituel au pouvoir temporel, dans la Terre de Romainmotier et dans la plupart de ses antres possessions®^; jouissant ainsi d'une singulière indépen-^
TÎsites des infirmesjles deniers du baptême, de rextréme-onetion(8acrse onctronis) el les confessions de carême.
'* Pertamn^tÊm sen paironagium cnrœ Brussini. — Pro pertonnaiu stçe per^ ionnagio (de Hollens). — Jus paironatus vel patrùnagii (Gimel) ad dominum (Priorem) • . . periinet jus patronatus et proçistonts > sive collacionii ambarum ecclesiarum (Gimel et Saint-Oyens) quando Tacare contingit .... et medio dictœ presenlacionis per reverendum Episcopum (Gebenn.) institnitnr cnratus. — Ad ipsum priorem incombit providere de cnrato (à Brussins) quando vacat et presentare Episcopo ... ad instituendum , et m signum dicti patronagii débet religiosis sex florenos (v. s.). Àrch, de Bursins, — Qrosse Pollem 1489.
".A Apples, MoUens, Ballens , Torclens, Bursins , Gimel , Bannens , Saii\lc- Colombe, etc., etc.
dance, qui, en droit, n'avait de limites que le Pape et rEmpttreur ; sauf l'Abbé de Clany^.
On comprend que les Eréques ne vissent pas de Wa œil leur autorité ainsi amoindrie.
Peut-être, est-ce là déjà, la clef de l'absence de l'ETêque de Lausanne, Burchard d'Oltingen , lors delà visite du pape Léon à Romaimnotier, en 1049. L' antique aiU9rité de notre Ckmvmit déplaisait à ce prélat, qui se montra plus tard grand parUsaii de l'Elmpereur Henry dans ses différends avec Hildebrand»
Nous ne serons point surpris non plus» que neuf ans mpré» h confirmation d'Innocent (en 1148), l'Evêque de Lftttaanne, Amédée, rappelât au Prieur de Romainmotiet Humbert, qm l'oifice pastoral engage, suivantla parole du Seigneur» à planler et édifier ce qui r^rde le culte divin» et à arracher et d^mife ce qui lui e^t contraire : que donc à son arrivée à l'EptstOpAt» trouvant une ancienne querelle entre Lausanne et Romalioaotier« il s'efforça de la terminer par la déposition do certiAiei personnes , prêtes à prouver la possession durant ^ lâméedi de quelques Eglises , sujet du différend. •-* Il confirne ensiittt à Romainmotier ce que celui-ci possédait canoniquenw^ dam l'Eglise d'Apples, et dans celles de Moriens, Barlons etTo^ clens; cédant aussi ce que Romainmotier avait jusqufsli possédé moins canoniquement dans ces mêmes Eglises ; mai$ en retenant sur le tout les droits de l'Episeopat. Il donne aussi à Romainmotier l'Eglise de Valloribes (de Valle Oerbe)^, et consent à ce qu'il ait des lieux de prières, ou Oratoires (orsrtcH ria) à Goumoëns et à Orbe (apud Oerbam) : retenant^^r le fout, et pour tout, le droit Episcopat, celui des Eglises paroissiales, et même des autres Eglises voisines ••.
** Celui-ci qui réunissait dans son ordre an grand nombre de Provineei coomé le Prieuré de Romainmotier était une véritable et grande puiêsance»
'^ Que Romainmotier lui-même reconnaissait être « de jure nogtro > dit l*£véque.
'* « Constituentes in ecdesia Taflss Oerbse, quatuor denariomiti eulogtas in singuHs sinodis. — Et in oiratoriU vivos, scu mortuos contra synodaKa preoept»,
Bans cette diarte qui témoigne du croisement de tous les droits au moyen ige, et de la résistance des Evéques aux en- ▼ahissemens de Rome , il est curieux de ?oir les précautions dont on entoure la concession à* Oratoires ^ qui ne sont autres cpie le» CHapelles de Y hôpital d'Orbê et de Gmmoèns, de la bulle d'Innocent, Et ces précautions n'étaient pas sans sujet» car ces Oratoires étaient, au dire de M. Guizot» une des ouyer* tupw cpii permirent à Tinfluenee laïque de s'introduire au cœur du pouTOÛr ecclésiastique^ -^ Les grandes familles féodales avaient, en efiPet» de ces Oratoires; et les ecclésiastiques qui }es desservaient , forts de leur patronage, secouaient assez le frein de TEpiscopat,
Or c'était bien là la nature de ces Oratoires, car, en 1265, pous voyons EM coseigneur (condominus) de Gumuens, recevoir à ferme (9d flrmam) . à vie. des religieux de Romainmotier, la Cbapelle de Saint Bpjrlhélemi de Gumuens , avec toutes ses possession3 et les hommes de Clanens (Eclagnens) qui en déo pendent; et ce, pour 60 sols annuels. Promettant de la maintenir, de la défendre et de la foire desservir par un chapelain îdoiliOt Depliis, de 1^ faire couvrir (coperire), et de construire' innr son terrain , une maison habitable pour le desservant. Le tout devait 9prè^ Sbal retourner de plein droit à Romainmo-' Mer ••,
Voici quelles détails sur la paroisse de Romainmotier, dont YaoUyon faîaait autrefois partie '^^,
Mqoe dUaAiMMSt mv9 tieBMsinat ad baptismales ecdesias pertinentes rectpere pgeswwitîs EA ipiando eedesi» natriees ad rigerem jastîcis eessdïant et prisCaii oratoria c|pi|S(iiit. > -^ Grande avait été b quereUe , importante fut eette Mw^BMliMi sîgntft par Ardocius Evcqne de Genèye , Moïse Abbé de Bonasont et p mitan d^it«lre«.
** Et sa, par sa linte , le droit de l'Eglise était en <pielqoe manière treubté, il
pourrait > kû. ou ses héritiers , étre4oreé à rétonne, àvee son sceau se tronve pelui de Willelm ion frère « sacristalausapnensis.p — En 12i9, accenscment de ^He]qpie«<Hine8 d« ces terres à des don FUin de Uaignens et à des BoitêL
^® Y<^ 110 fnventaimi d» mobilier de çett^ £|lisis (en i5H)< EUe n'était pas
En 1436, le Prieur Jean de Juys rappelle que ses sujets ,ies preud'hommes (boni et probi homines) de Vaullyon, unanime* ment préoccupés de leur salut éterpel^ lui ont exposé : qu'autrefois ^^ il existait à Vaullyon une Chapelle à l'honneur de Saint-Julien; mais que tombée en ruine, soit par la pauvreté du village, soit par suite d'une mortalité extraordinaire, ils veulent en élever une nouvelle , où ils puissent célébrer le s^rrice divin a la louange de Dieu tout puissant, de la Vierge sa mère et de toute la cour céleste (curia), et supplient que permission
riche, -w Pluiieun çolumei en parehemin : 2 missels par exemple , 2 brérittreSy un Psautier , un sioodal, un graduel , deux pelits livres pour visiter les malades: un quernet ou sont notées toutes les messes des solemnités, un antre pour la bénédiction « foncium », un autre de l'office des mercredi , jeudi et vendredi saints , et un petit livre pour les baptêmes. £nfin , un petit livre de pardi^ia, bme anticum, où sont les Evangiles et les Epîtres ; qui toutefois n*est pas dans l'Eglise , mais dans le Prieuré , et plusieurs affirment qa'il appartient a« Prieuré.
Parmi les çêtemetu : 1 i aalbes , plusieurs Chamblei données par des fiamBei existantes : I de toile noire et mantil pour l'office des morts, une de sei^ rouge avec étole et manipule donnée par Aym. Besson le Cuisinier héréditaire da Couvent, une verte avec étole et manipule donnée par. JVi^lo», une de pagne rouge avec croix verte donnée par Curfet ^ vine de pi^ne verte avec eroix.ci futaine blanc donnée par Chre, une en dama» blanc , une en toile de Perse: huit en tout. En 1527, la pi^oisse.en avait acheté une qui coûta 32 flor. 6 çolS} y compris 1 1 flor. pour faire la croix. — Puis, des couvertures d'autel; 22 tumcd; 24 mantih ; 4 nappes de limoge» poar placer aiix cadres de l'autel ; des couvert turcs de toile peinte pour placer devant l'autel ; des Tenlure» (Cortinas) poor placer pendant le carême; un (^nporal ; deux JBanm'èref , rouge et Maoehe. — Parmi le» va»»» : un setiion de métal pour préserver du gel «aquam fonctimi •.•-^ Une petite , ampoule pour porter l'huile sainte aux malades ; trois ampooles pour apporter le saint chrême et l'huile consacrée depuis Lausanne; deux caadélabres; an encensoir, etc. — Enfin parmi les objet» précUux (insignia): ttn «alice d'argent doré avec sa chûne , un autre calice- d'argent , un reliquaire en cuivre doré ^ uoei croix de loton, ancienne , un ciboire pour conserver la Sainte* Eucharistie, etc.
^' Parmi eux les noms suivans Maruglier autrement Tachei , Martigniei, Magnynat , Devellier, Yuichoux, Bigniens, Dupra, Goez, Pollent, Michoz.
leur en soit donnée ; attendu que VauUyon est éloigné de sa paroissiale d'une grande lieue , et qu'en hiver il est si difficile pour les infirmes et les vieillards sur tout, d'y venir chaque dimanche» quelquefois au péril de leur vie, au travers de vastes inondations, ou de neiges et glaces accumulées^ ce qu'ils doi^ vent faire cependant à moins d'un grand péché« • Le Prieur, après mûre délibération "^'y fait droit à cette requête , la trouvant raisonnable. Les preud'hommes bâtiront donc cette chapelle à leurs frais; et pour sa dotation, ils payeront chaque année au curé de Romainmotier 7 florins d'or '^^, Puis la chapelle construite, dédiée et munie de missel, calice^ cloche; de vétemens et des ornemens de l'autel , et après achat des osties et du vin; le curé de Romainmotier, devra chaque semaine y célébrer ou y faire célébrer une messe, le jour qu'il loi plaira , mais de deux fois l'une un Dimanche; et ce jour là^ celui qui fera la charité (caritatem), soit le pain béni, à VauUyon^ dev^ donner à diner au curé , suivant ses facultés. — Le curé sera tenu encore d'aller recevoir les accouchées dans cette Chapelle ^\ et d'y célébrer la messe de cette semaine là; et recevra de l'accouchée 16 deniers et le dîner , au lieu d'une miche de pain, d'ime chandelle de cire, et d'une pieuse reeom" maniêUon'^^Ae a deniers, qu'on lui ofi'rait auparavant. — Le enré devra aussi aller faire les épousailles, et soUemnisér les mariages en face de cette Chapelle , selon la coutume ''^. Et les époux devront nourrir lé curé et son cheval, le soir des noces et le lendemain , suivant leurs facultés. Et comme ils offraient selon la coutume au curé du pain , une chandelle et du vin ; ils
^'Avec le Couvent et le curé de Romainmotier.
" De là sols chacun.
'* « Hoc sibi prius notificato die dominiea ante > , et on ne pourra forcer le curé à célébrer, cette semaine, une seconde messe.
'" Piam recommendaeionem.
'* Prius tamen factis bannis in ecclesia perrochiali Romani monasterii et in crastinum ibidem missam suam celebrare, nisi in easu neoessitatis.
les rémplâeetroni par 12 deniers ^^ Ceci sans bire tort à leurs oMatioiis accoutumées dans la paroissiale , en animaux , viû, el^ndelles, etc.
Dix ans après cet accord (en 1446), un différend s'éleva estri les preud*hommes de Vaullyon qui en réclamaient raccomplis*' sèment , et le curé qui trouvait trop onéreux de prendre m vicaire» pour suivre à sa teneur. Le Prieur^ chargé, après beaueoup de discussions» de prononcer, dwida^* : que* les honuMS de VauUyon pa jetaient, en augmentaticm de dotatioD, 90 tivrctr pour acquérir 20 sols de revenu annuel ; ce qui fut accepté itê deux parts^
Jusqu'au milieu du quinâsiàne siècle» l'ËgUse paroîssial&dSs ttomainmolier avait été régie par un curé séculier» à la colla* tioft et à l'otnnimode disposition du Prieur , cmnne dans k» antres Elises ; usais à cette époque» la ottre d'ives fut trani^ férée direeténient au Couvent , (pâ devint le vrai aoÊé de Mo^ mainmotier ; et ce , par l'aïUêriié apostoliqut dm L6§ët èè
Longue fut cette attire. -^ Déjà en 1450^ Amédée Et èqoff de Sèbine; Cardinal Légat , et Yièaire perpétuel de la SrinMM Eglise romaine en diverses parties d'Italie , de la (îettntnie^él des Gaules» £ait savoir & l'Abbé de loux : que diargé êa ffm» vernesQleBt du Prieuré de Romainrmotiar ^^ on lui a représiiilA qtte » jadis, ce Prieuré avait abondance de revenus^ ^ mais^ 4fâë soit par années stériles et temps oakniÉeiafX, soit par aiHtyw événemens sinistres qui ont hélas l fr;^ppé ce pa}« , se# fes' sources ont diminué de telte sorte, qtte les moînès et autM
^ Tousses profits, dons et oblartioit», offert» thtns cette cbapelfe flpparfieiidront de plein droit au coré. — De plus on devra an cnré toutes les fois cfft'tl viendra, eo wwert» a» village , dit font et tme élabie (stabnhmk sen aectam). — 2S êepiemhre 1433 approuvé en 1436.
^^ Primo : quod bona pax , paternalisque amor et fiHsflîs , tt stnc^tas, perpetvo inttr «mmlani et ^wm perrocfiianos remaneant, ete.
'' Le Commeiidlitaif» lerni Leuis de Savoie était en lia^ige.
personne» résidant au Courent, ne sont plus contenabiement entretenues, et que les édifices tombent en ruine irrémédiable^ Mais , que si FEglise paroissiale de Romainmotier était ineor* porée pM*pétneUement à l'office de la pitance du Couvent , ce ne derail pas un soulagement médiocre à son indigence. Le L^t, manquant de lumières suffisantes^ donne à F Abbé de Jmoi plein pouvoir d*unir , s'il le trouve convenable ce qu'il kdflse peser sur sa conscience, cette Eglise dont le revenu amnd est estimé quime Ikfes townma^ k l'office de la pitan^ eeriê^, ensorte que les religieux puissent la gouverner et avOHT la cure d*âmes des paroissien» ^^ *- Mais ce mandai du CarriKiHtl Légat Amédée n'eut aucun résultat — Le difierend fut porté ensuite devant TOfficial de Lausanne , sans plus de suc-* oèl. Soit attacliement aveugle à l'ordre de choses existant^ sait «rerédulité sur la nécessité de cette incorpooration , le mandat du Saint-Siège ne s'exécuta pas sans une oppositioa persistùiKe. Mshs le moyen pour une simple paroisse , de rénster au Pape longtemps? On en vint à un arbitrage qui usa de quelques ménagements , et le curé paroissial , protestant qtt'H ne vtolait en rien léser les intérêts dé ses ouailles, déclara que pour lui it s^en remettait à la conscience de ses Seigneur» dû Couvent, pour opérer ou non cette incorporation ^K
Dès lora le Couvent ne fut |4u» seulement joalrtNi , mais euxé de lu paroisse de Romainmotier.
Noue le ^wcms bientôt agissant comme tel.
lift aneien différend existait ^itre le saerislain et le duré de Romainmotier : lous deux prétendaient au droit d'édifier solidement, en lieu et place d'une chapelle en feuillage (ou en bois) soit loge (capella nemorea seu logez), où Saint-Vincent de hienbeureu^e mémoire avait prêché jadis ^^. Or les religieux d'une
^ Qui^Btf éuift le P^oné, une charge (eua^ rév4>aaUeà Yolonté (ad natam). •* GMMveiO Kaleaéee de jenTÎer ^kdO.
■• Aivlin'M àe Kemainmoiter. Pttpyrm eommumiaHê* — /àr€h. C««/Ati. ** Sermonhavît,
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part, comme chargés du régime de la cure, et le sacristain de Tautre , au nom de son office , avec consentement du Vicaire général du Prieur ^, conyiennent (en 1457) : que le sacristain sera tenu dé construire au lieu de cette loge en branchages (nemorea), une chapelle en maçonnerie à l'honneur de Sainte* Anne mère de la glorieuse vierge Marie , et de Saint-FinomUi Les offrandes lui appartiendront , sa vie durant < mais après sa mort ou sa promotion à un autre bénéfice, ces offrandes seront partagées entre le Sacristain et le curé^ c'est-à-dire le Couvents -^ Ces oblations rappellent la loi des Juifs , et la parole de TEternel sur les Lévites ^» Mais que penser de cette tradition surla prédication de Saint«Vincent ?-^ Cette chapelle de Çainte- Anne , située à l'entrée du village de Croy^ était en ^and crédit ; en 1505, par exemple , dans une peste, le bourg de Romainmotier donna 13 sols pour une ceinture de dre dont on l'entoura, et 2 sols pour y célébrer la messe.
Une bonne partie du revenu fixe des curés provenait dif donations pieuses , vraie épidémie du moyen âge. ->- Prenons comme échantillon celui de Brethonières. 11 possédait d«8 censés , non-seulement dans sa paroisse ^ mais encore à Vaullyon» Premier, Arnex, Bof&ens, Agiez, Croy, Envy, Champvent^ Pampigny , ayant pour origine la guérison de l'âme des dona** teurs. — 11 possédait aussi plusieurs pièces de terres provenait de dons, comme il conste, est-il dit de. plusieurs , par une^nok écrite dans lemi$sel{iAii, 1422^ etc.].-^ U retirait de plus dans sa paroisse la moitié de la dixme du bétail naissant, et la moitié de l'impôt nommé gerbe de la moisson ; enfin une corvée de
*^ Jean de Greilly, Prieur de Villars-les-moines.
^^ Ezéehiel ch. 44 , Y. 2S , 29 et 30. « Ce Aéra ttiôi qui serai leur héritage » (aux Sacrificateurs). Us mangeront donc les gâteaux ^ ce qui s'offrira pour le » péché et le délit ... et les prémices de tout ce qui est produit , en toutes
> choses , et de tout ce qui sera présenté en offrande élevée . . vous donneiei » aussi les prémices de vos pâtes aux sacrificateurs, afin qu'ils Cassent reposer la
> bénédiction sur la maison de chacun de vous. »
diaque charrue entière, remplacée d'ancienneté par S «o/« G cfemer^. En revanche le Curé devait à tout possesseur de charrue une chandelle de cyre estimée 12 deniers. — Le même genre de reveous , et la même déduction de la « chandelle de cyre » se retrouvent chez le Curé d'Agiez ; qui , en retour de la dixme du bétail naissant , devait entretenir le bosehel , le verrat et le imiiof», etc. ^^
' Les donations pieuses n'étaient pas toujours au profit des Curés, mais souvent aussi en faveur des Chapelains, ou desserii|iBs des Chapelles: autre fruit de la religiosité du moyen âge. —On ne peutleur refuser quelque attention, vu la grande place qu'elles occupaient dans les mœurs du temps.
Un grand nombre de ces Chapelles furent fondées dans l'Eglise du Prieuré *'.
Voici , comme exemple , la fondation pieuse de Henry de Sivirier en 1390.
Le Prieur Jean de Seyssel rappelle : que.Henry, Evêque de Rhodes , a fait don de 500 livres à la Chapelle de Saint*- Jean Baptiste , ou les membres de sa famille ^^ sont ensevelis, et où il désire être placé lui-même ; voulant que les revenus de cette somme soient distribués entre les religieux. — Et ceux-ci touchés de cette preuve d'affection de l'Evêque Henry , et se rappelant ses bienfaits au Prieuré lorsqu'il en était le titulaire, et ceux qu'il lui fait encore sans interruption , s'offrent spontanément à célébrer chaque dimanche après vêpres , Toffice entier des morts dans cette Chapelle ; et chaque lundi, une messe conventuelle ®^ avec solemnité et tristesse (morose) , et avec station sur la tombe de sa famille ^.
«• On trouve Domp Claude scutiffer (EscOycr) euro des Eglises paroissiales de Àfjie et de Vnllorhesl — Voyez pour le curé de Vallorbes, p. 61 et 67. *' Nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet. ^^ De suo génère et cognomiue.
^^ Per uuum monachum dumiaxat.
»® A défaut d'exécution , l'Evêque susdit , et après lui, ses neveux et héritiers
Quant à la distribution : le pitancier du Couvent devra don^ ner au Prieur et aux moines des chairs fraîches (récentes) chaque lundi où Ton doit manger de la chair ; et ce , comme les autres jours, et en même temps que les chairs salées que le pitancier fournira selon Tusage. Mais, aux autres lundis 'S la rate part de ces revenus doit être distribuée, en argent » aa Prieur et aux moines ; bien entendu à ceux-là. seulement qui seront présens aux offices mentionnés. Et n'est point ré{mté présent à l'office pour les morts, celui qui ne viendra pas avai^t la fin du premier psaume ; ni à la messe , le moine qui ne viendra point avant la première collecte ; non plus que cess qui se retireront avant la fin des services. Et afin que nul ne puisse prétexter ignorance, les cloches sonneront à toute volée, avant leur célébration , comme dans les grands anniversai* res ^*,
De plus TEvêque Henry a fondé pour la guérison et le salut de son âme, de ses parents , et de ses bienfaiteurs, deux Chapellenies , à Tautel de Saint-Jean Baptiste ; sur lesquelles il a retenu perpétuellement le droit de patronat soit de présentation en cas de vacance , pour lui d'abord , puis pour les deux membres les plus âgés de sa famille ^^. Toutefois ces présenta* tiens devront toujours être faites d'un moine du Prieuré» prêtre (sacerdos) , ou pouvant être promu au sacerdoce dans l'année ^^, et non pourvu d'autre bénéfice ^^. — Ces moines,
Jean, Guillerme (major), et Gtiillerme (junior) de Siyirier, pourront ^ an moyen de ses supérieurs, contraindre le Couvent à accomplir le tout.
" Quand on ne doit p^s manger de chair dans le Couvent, et quand (le laodi) le pitancier doit donner de la chair fraîche.
'' Sur ces revenus seront fournis perpétuellement 8 cierges (cerei) , et une torche pour la célébration.
'' Dnobus antiqttioribas de génère et cognomine suo de Sivirier.
^'^ « De mouachis dicti prioratus et non alium, et talem qui sit salserdos vel possit , infra annum , ad sacerdocium promoveri >• Ceci sans doute en regard des novices.
'* A moins qu'il ne l'abandonne. — Exception est faite en faveur du Chapitre
admis par le Prieur après serment de bonne gestion , devront alternativement célébrer chaque jour une messe à Tautel de la Chapelle, au lever du sqleil, sans varier, après quelques coups de cloche , afin que les voyageurs et autres à qui il plaira , viennent l'entendre.
L'Evêque dote ces Chapellenies de 500 livres , dont les Chapelains auront la libre administration^ mais sous Tœil du Prieur et sans pouvoir aliéner ®^.
Cette fondation pieuse s'élevant à mille livres, est, pour le temps, bien considérable, car dans le même siècle François de Lassaraz vendit, pour une somme pareille, la Vallée de Joux à Louis de Savoie.
Il est digne de remarque que les prêtres séculiers soit Curés ^ soit Chapelains ou Altaristes de la Terre de Romainmotier proprement dite , placés en regard du Couvent , de ce corps compact et organisé , de cette phalange monastique , sentirent le besoin de s'unir étroitement en faisceau pour se prêter un mutuel appui , et qu'ils formèrent une Commune ^'^ nommée encore Congrégation on Convocation, Des dons étaient faits à celle-ci , à charge de célébrer messes ou anniversaires , et ces offices communs s'appelaient ^ preshyterata. » Cette Commune avait même un Chargé d'affaires ou Procureur du Clergé (procuratorCleri), ce qui semble indiquer des possessions collectives assez considérables ^^.
et dn Maître des enfans (cantor vel magister pnerorum] c*est>à-dîre des nooteet, à cause de l*exiguité de leurs bénéfices.
^Sar le revenu sera fourme la lumière nécessaire, sanschargepourle sacristain, à qui appartiendront toutes les oblations de cire, torches ou chandelles , faites durant ces messes.
'^ CommunitoA seu congregatio curatorum, etc. (1545).
'B Jean de Mont se reconnaît débiteur (1519) de la Commune des Curés de Romainmotier y Bretonières , Agie et Arnex, et des Chapelains de Saint-Biaise^ Saint-Nicolas , Sainte-Cathérine et des autres prêtres séculiers ... en présence de Gui Nibon Chapelain de Saint-Nicolas procureur de cette Commune y etc.
Combien Tesprit d'association avait de vie au moyen
âge !
En 1502) Fondation par la famille Eseuyer d'un anniversaire à célébrer par cette Commune, avec station sur leur tombe. Dix sols devaient se partager entre les eodésîastiqnes présens. Or Pierre Rosset, curé de Bréthonières , procureur du clergé soit de la conçocation des curés , chapelains et altaristes de la Terre de /lofnatntno(ter(procurator cleri «eu concocattonts curatorum,etc.) ^ accepte au nom des absens c*est-à-dire tolius cleri etc. êom obligation de tous et singuliers Us biens • cleri • meubles et immeubles 1515. — Fondation d'un anniversaire soit d^une 11 presbyterata 9 k faire par celte Commune le lendemain de la translation de Saints-Nicolas, etc.