LOUIS DE SAVOIE
Paraît ayoir été Prieur *'®, d'après un acte qui reconnaît pour gratuit un don de dix livres des sujets du Prieuré demeurant dans la paroisse de Bursins.
WILLERME DE MONTRICHER.
(au moins de 1315 à 1537.)
Issu d'une branche de la maison de Grandson; avait été Sacristain de Romainmotier sous le Prieur Jaques (1307).
Plusieurs actes importans se rencontrent sous son gouvernement.
De 1315 à 1322 d'abord, le rachat par le Couvent des droits de la Maréchallerie, de divers membres de la famille Maréchal.
Puis l'union du Prieuré de Fallorbes à la mense de Romainmotier (en 1321), à cause de son indigence, par l'Abbé de Cluny Raymond de Bonne **'.
**^ Noas n'avons pas cependant une pai'faite certitude à ce sujet. — Arch. de Romainmotier,
*^'' La même année cependant (1324) le tiers de la dixme de la paroisse de Jougne avait été confirmé au Prieuré de Yallorbes.
L'union analogue, enl329,du revenu du Prieuré de BtussinSy. par l'Abbé Pierre de Chastelux, sous prétexte de pauTreté aYancé par nos moines, et après une longue enquête du Prieur de Saint-Victor.
La concession originale dans sa forme et rappefôntle oooAat judiciaire , faite à Romainmotier par Louis de Savoie , d'avoir foires et marchés (1323).
En 1318, reconnaissance des hommes libres de Jolens en faveur de Romainmotier.
En 1321, éclata un différend bizarre entre Aymon Seignenr de La Serrée et les religieux de Romainmotier. Une Maladerie^ (léproserie) existait à la limite de leurs possessions, et Lassarrax et Romainmotier réclamaient tous deux le triste droit de punir les lépreux qui auraient méfait. Des deux parts on demanda à «Lois de Savoie sires de Wauz de faire enquerre par gen& » dignes de foi en quelle ségnourie la Maladerie était assise v^^. Lois après audition de témoins et sur le conseil de divers nobles et « de saiges clercs » donna gain de cause à Romain-t motier. — Il ordonna toutefois au Châtelain des Clées de faire relever les /bt^rc^e^ (patibulaires) du sire deLassaraz induement abattues.
En 1330 , Guillerme de Ferlens , habitant de Romainmotier,. n'ayant que Dieu devant les yeux, et aspirant (anhelans) à faire choix d'une vie plus assurée; donne au Couvent, pour le bien de son âme et de ses prédécesseurs , un grand pré non loin de VauUyon *^^ ; et ce, en échange d'une agréable et légitime rémunération , que les moines lui ont pieusement accordée,, savoir une prébende de frère, en habit laïque, sa vie durant *^.
''^ Celte enquête fut faite par le chevalier Guillaume de BossoAens f%|tHw" des Clées.
"^^ Lien dit en la chava»
^^^ Les-deux actes ci-dessus se trouvent aux archives cantonales.
1315. Vente par le Govvent de 50 muids aaaueU de dixnes à Tordeos^ MoUens, Ballens et Apples.
Citons encore :
L'entrée originale de la femille féodale de Dulllct dans Thommage du Prieuré (1331 ) .
Puis, rhommage du donzel Fermon de Apples au Prieur, de son franc alleu (1337).
Enfin, un différend avec les Fore^^^d 'Apples, qui renferme de curieux détails sur cette franchise (1331).
En 1339, Willerme de Montricher était mort.
Notre Prieuré va entrer dans une ère de prospérité assez soutenue, où cependant commencent à poindre quelques avantcoureurs du relâchement : c'est Tâge mûr du Monastère.
ARTHAUD ALLAMAND.
(au moins de 1359 à 1371.)
Etait issu d'une grande famille Dauphinoise , qui posséda diveif^es Terres dans la Patrie de Yaud et entr'autres la Baronnie d'Âubonne.
Arthaud AUamand se montra: — Soigneux défenseur des possessions du Prieuré, par le rachat de Wufflens-la-ville qui avait été aliéné longtemps (1339) : —
Protecteur de ses lois et usages, par la tenue du Plaid général d' Apples, assez analogue à celui de la Terre de Romainmotier, mais avec une classe de francs différente : —
Puis, par le règlement fait avec les preud'hommes de Romainmotier sur le Marché de la Terre (1356), sorte de témoi-
Hommages liges à Crissier.
i 3i 6. Reconnaissances à Goumoêns en faveur de Romaiamotier* 4350. Différend avec le cucé de Gimel et Saint-Oyens sur le partage des revenus.
4333. Différend avec les Sivirier sur Tusage d'un bois près Apples.
giiage de son régime constitutionel , mais bien étranger aux principes de Téconomie politique : —
Puis encore, par un accord sur la Mayorie de Romainmotier qui précise la nature de cet office (1356).
L'équipée de TÂbbaye de Joux (1556), pour laquelle il fallut payer 80 florins à FAbbé Louis de Sinarclens et 200 à Amedée de Savoie, arriva sous Arthaud Allamand, et dut être une grande épine pour lui bien que son nom ne parût point dans les transacts.
Arthaud Allamand était encore Prieur en 1571, mais non en 1574 *6i.
En 1365, les preud'hommes de la Terre , après avoir rappelé la garde et la censé des Clées , supplient le Comte Amédée , de confirmer la lettre de feu Tillustre prince Louis de Savoie *®*, qui défendait au Bailli de Vaud , au Châtelain des Clées et à tous ses autres officiers, de permettre que les preud'hommes
*^^ Louis de Savoie, seigneur de Vaud, donne par son testament faità YverdoD, en 1340,100 sols « grossorum luronensium » à Romainmotier, pour célébrer toujours l'anniversaire de sa mort, pour le bien de son âme et de ses parens. — Le même acte contient des dous analogues à tous les établissemens religieux et de sa Baronnie , et du voisinage. — Guichenon, preuves.
1340. Acte de non préjudice d'Isabelle de €hâlons, dame de Vaud, poar 50 charrois de pierre.
1342. Lettre de non préjudice de Loys de Savoie à Romainmotier, pour an don gratuit de 1 00 livres.
1344. Ordre du même au Châtelain des Clées de rendre justice au (auvent «de piano sine strepitu judicii et figura prout eorum judicibus ecclesiasticis fieret.... et hoc sine oblatione libelli et dilacionibus superflu is resecatis ».
1347. Hommage Dorenlot à Apples.
1350. Hommage Chabie à Yuflens la ville.
1350. Le Prieur échange des dixmes à Apples avec dom Jean des Clées curé de Youflens le Chastel.
1371 . Hommage de Jean de Ornans, donzel, Châtelain de la Rivière, à Arthaud Allamand. Hommage fait, non pour La Rivière on Romainmotiern'avait plus de droits, mais pour d'autres possessions.
*^* Il y a deux lettres de Loais de Savoie sur ce sujet de 1339 et de 1344.
fussent gagés pour quelque dette des religieux de Romainmotier, si ce u*est pour les censés par eux dues aux religieux. — Et Amédée fait droit à cette demande. — On rendait donc les preud'hommes solidaires des religieux , dans la Baronnie de Vaud.
HENRY DE SIVIRIER.
(au moins de 1373 à 1379.)
La famille de Sivirier paraît avoir été une branche de la grande famille féodale de Cossonay. Elle s'éteignit à Cossonay à la fin du 16" siècle, dans la plus grande pauvreté *^'.
La phase la plus remarquable de l'administration du Prieur Henry, est le grand conflit de jurisdiction accompagné de voies de fait, qui eut lieu entre lui et Luque de la Baume, dame de Mont. Celle-ci prétendait que Brussins et Vemey faisaient partie du mandement de Mont (1574). Des médiations princières intervinrent, et Brussins et ^erney furent rendus absolument indépendans du mandement de Mont^ et soumis uniquement au Prieur de Romainmotier, qui dès lors eut sur ces deux villages, mère et mixte impère et omnimode jurisdiction. — L'Abbé de Cluny , Jaques de Damas-Cosan , confirma cette transaction *^.
'^' La Terre de Sivirier ou Sévery , passa par mariage à la fin du 15^ siècle, des nobles de Sivirie aux nobles de Mont, de Cossonay ; de ceux-ci par succession aux n. Chàllon, de Cully ; d'eux aux n. de Gruyère d'Aigremont ; et damoiselie Elisabeth, dernièrede sa famille, la fît entrer par mariage, en 1667, dans la famille qui en a porté le nom jusqu'à la révolution.
*^ En 1377. Lettre de non préjudice sur ce que, dans un cas pressant, le hommes delà terre de Romainmotier allèrent fossoyer les vignes de Brussins, parce qu'on ne trouvait pas d'ouvriers ailleurs.
L'habileté du Prieur Henry dans les affaires était notoire , car il fut du nombre des Ambassadeurs chargés, en février 1373 (vieux style), par le Comte Verd, de conclure une alliance avec Albert et Léopold d'autriche ***.
Devenu, après 1379, Evêque de Maurienne puis de Rhodez, et en grande faveur à la cour Pontificale , il dut résigner sa dignité de Prieur. Il voulut toutefois être enseveli dans le Monastère romain , et sa Pierre tumulaire y a été naguères retrouvée *^^.
Ses armoiries , souvenir des croisades : cinq coquilles de pèlerin , remplacées quelquefois par cinq tètes de Maures ; se voient encore, surmontées de la Crosse d'Evêque, sculptées sur Textérieur du temple de Romainmotier.