JEAN LOUIS DE SAVOIE
(au moins de ^k^0 à 1482.)
Etait fils du Duc Louis et d'Anne de Lusignan Princesse de Chypre *^. — Bien connu comme administrateur de TEvêché de Genève à l'époque des guerres de Bourgogne , Jean Louis de Savoie était aussi Archevêque de Tarantaise , Evêque de JÀdiurienne et Commendataire des Prieurés de Nantua, Payerne, Rtmainmotier, etc. -r- Un nouveau malheur vient donc se joindre à la détresse qui sévissait encore sur le Prieuré, et lui survivra. Le Monastère romain tombe en Commende. Le crédit de la maison de Savoie, sut fixer ce haut bénéfice chez elle pendant 70 années, presque sans interruption.
Jean Louis de Savoie étant en bas âge à la mort de Jean de Juys, l'administration du Prieuré fut confiée quelque temps par le Pape au Cardinal Légat Amédée, Evêque de Sabine. Sous lui (1452) , s'accomplit , non sans opposition, l'incorporation de la Cure de Romainmotier et de ses biens à la pitance du Couvent : car après avoir traversé des années désastreuses , non seulement il avait perdu son ancienne abondance mais manquait même du nécessaire. Cette incorporation ; les donations de Jean de Juys , et une autre encore (1453) de Jean Luce Grand Cellérier à la pitance du Couvent ^^^/ faite autant, ditil avec bonhomie, pour la prospérité de son corps pendant sa ▼ie, que pour son salut et celui de ses parens après sa mort;
'M Le Dac Louis eut i 5 enfans d*Anne de Lusignau. *^* Un pré à Wafflens-la-ville, du terrain à Croy ; enfin 8 sols et un chapon de oense.
tout cela , disons-noi^s » contribua beaucoup au relàcbeiaetit : Lesannéesde détresse passèrent; Tancienne abondance rqNtrut; et ces revenus de date récente devinrent de pur luxe.
Jean Louis de Savoie était trop baut dignitaire pour résider dans le Prieuré , aussi eut-il plusieurs Vicaires généraux spirituels et temporels.
En 1454 , par exemple, Jean de Greilly» Prieur de Yillars les Moines.
En 1458, Pierre de Sauvernier, Prieur de Corcelles, Camérier de notre Couvent , et admodiateur du Prieuré aussi bien que Vicaire.
En 1468, Pbilippe de Compois.
En 1478, Glaude de Livron, Prieur de Bevex, etc.
Citons de notre commendataire : la supplication (1453) dans laquelle il réclame , de la Savoie , au nom des franchises du Prieuré, une exemption de subside qui eut un demi succès.
Puis (1457), cette contestation bizarre sur la construction de la Chapelle de Sain te- Anne , au lieu où Saint-Vincent avaU prêché !
Et le différend (1466) avec les villages Franc-Comtois de Bannens et Sainte- Colombe , qui prétendaient ressortir ^sans moyen » au Duché de Bourgoigne , et qui furent déboutés de leur prétention par les tribunaux du pays.
Enfin, la longue affaire (1454 à 1478) de Téchûte par mainmorte de la franchise de Portier, qui met bien en relief la nature de ces offices *^.
Puis paraissent de nombreuses donations pieuses : la grande dévotion du siècle.
Le Camérier Jaques de Dyvone (Gingins) , pour le salut de son âme et l'embeUissement de l'Eglise de Romainmotier *^*, fonde (1453) à Tautel du glorieux confesseur Saint-Anthoine,
*^^ Acte (4479) de Girarde infectée de lèpre (morbo Icprœ percussse.) 4477. Reconnaissance du patronage de MoUens en faveur du Prieuré. <94 decorem ecclesi» Romani monasterii.
une Chapelle avec dotation de 33 livres de rereim^^. Il nomme trois recteurs pour la desservir : le Sacristain , le Doyen et le Camérier du Couvent *®'. Chaque jour la messe devra y être célébrée **^. Il choisit enfin sa sépulture sous une pierre sculptée à son image , placée devant la croix. — Notons cette fondation pieuse d'une famille existante.
Vient encore (1458) celle de la famille Âymonod (de Romainmotier), « reconnaissante des innombrables dons de la grâce, de la nature et de la fortune que le Souverain auteur de tootes choses leur a départis » ^^^«
Et celles de Pierre de Sauvernier , Camérier de Romainmotier et Prieur de Cossonay (1477) , pour lesquelles il obtient une permission du Pape Paul ^^^. Il choisit sa sépulture devant Tautel de la Chapelle de la Vierge , voulant qu'on la recouvre d'une pierre de sa grandeur pour le moins , en marbre , avec figure et inscription. Et s'il venait à mourir hors de Romainmotier, ce qu'il ne désire point» son corps devrait y être transporté par six religieux.
*" Soit 660 livres de capital.
^'3 £1 iQQpg successeurs en ces offices.
*^^ Outre 30 messes annuelles célébrables par le Couvent en corps.
1454. Fondation de Tautel de Saint-Sébastien à Agiez par Anthoxne Cosson : nous le retrouverons plus tard.
'9B i^g Aymonod obtiennent le déplacement d'une tombe de famille à Romainmotier,à eux concédée en 1434. — fls veulent quMle soit placée devant l'autel de Saint-Sébastien^ à l'entrée de la chapelle des saints Jean- Baptiste^ Jaque» apûife et George, près delà pierre tnmulaire du frère Aymon de la Molière. Puis ils fondent à cet autel (de Saint-Sébastien) une Chapelle soit Chapellenie sous le vocable des Saints Sébastien , Fabien et Sigismond, martyrs ^ sous charge de denx messes, par semaine; se réservant le droit de patronat et la présentation -d'un recteur pria dans le Couvent; avec dotation de 150 livres* — On voit que plutieors Chapelles se cumulaient sur le même autel,
*^* Un anniversaire avec vigiles et messe, à la Chapelle de la Sainte Vierge itarie,avec dot de 30 sels annuels, distribuables entre les religieux présens. — It. k messes conventuelles à célébrer chaque semaioe au dit aalel) dotée chacune de 4 livres , soit en capital de 320 livres.
Tous ces dons considérables étaient placés solidement; mais les actes étaient toujours stipulés sous forme d'une lettre de rente , car les lois canoniques proscrivaient sévèrement le prêt à intérêts. On vendait, par exemple , à Tusage de la Chapelle fondée par Pierre de Sauvernier, 30 sols annuels payables au Procureur du Couvent, et ce, pour le prix de 30 livres : puis -venaient les noms des fidejusseurs, etc.
Peu de traces sontdemeurées des tribulations des guerres de Bourgogne **', dont pourtant le Prieuré ne fut point entièrement à Tabri. En eifet, le bruit de l'assaut d'Orbe et de celui des Clées , chargé d'antiquité de protéger la Terre , devaient retentir jusqu'au Couvent.
On connaît, du reste « le caractère de Jean Louis de Savoie. Prélat guerrier il revêtait plus volontiers le casque et la cuirasse que la Crosse et la Mitre. Par fois son penchant à la galanterie lui faisait oublier sa dignité ^^^. Mais les Genevois lui rendent le témoignage d'avoir été fidèle observateur de leurs franchises.
II mourut de la peste (en 1482) à l'âge de 40 ans.