‹ Recherches sur le couvent de Romainmotier et ses possessionsChapitre 7 sur 47 · BOUGIE-MILLON ET CHANOZ · texte numérisé non relu

BOUGIE-MILLON ET CHANOZ

Fief et directe seigneurie sur quelques vignes, tenues à censé d'argent et à tiers vendange'^*.

ALLAMAND.

Environ huit poses champs et bois, du fief et de la directe seigneurie de Romainmotier, tenues à censé.

'^' Cinq poses environ.

PERRUEYS (PERROY).

Un hommage lige , dû en commun par dei^ personnes pour un assez grand nombre de possessions , maisons , prés, odiies, pensions, vignes et aussi pour le terrage^^^ de 14 à 15 poses de vigne. — Le tout du fief et de la directe seigneurie de Komainmotier.

GERMAGNYE.

(près rolle.)

En 1278 , Jaques de Chabye , outre diverses possessions à Vufflens-la- ville (v. s.), avait reconnu tenir des religieux 12 poses à Chabye, promettant que s*ils étaient inquiétés au sujet de ce fief, il donnerait ailleurs des possessions équivalentes. Bientôt après , en effet , il leur céda tous ses droits à

"' Jean Ckallet donzel , et Jaquemaz fille de Nicod du Clôs femme de noble GuUlerme Monestier , qui reconnaît à sa place , attendu qu'elle ne poavait « ad prsesens comode ambulare ». — Ils devaient en commun payer le gardien du clos de TÎgnes de Bougel,

Il y avait à Perrueys un fief du sire de Coudrée.

'*' Impôt en nature assez semblable à la dixme.

Germagny^^, Or, en 1498, Romainmotier avait encore le fief, la directe seigneurie, voire Tomnimode jurisdiction, sur quelque terrain de ce hameau ^^^,

A BRUSSINEL.

Quelques terres étaient du fief, de la directe seigneurie et de l*omnimode jurisiiciio» du prieuré , outre la dixme et l'Eglise.

CHENGIN (CHANGINS).

Enfin Romainmotier avait même à Chengin (près Nyon), censés, fief et directe seigneurie sur quelque terrain, à cause du Château de Brussins, dont le patronage s'étendait au loin'^ comme oa le voit.

Sur toutes ces possessions éparses , énumérées , le Prieuré,

'^^Deax poses de vignes, devant terrage (v. s.), étaient en 4490, tenues par les enfans de Guerric de Germagnie et du Seigneur Girard de Chabbie,

'^ Glavdê /aillel, de Givrin tenait de Romainmotier des vignes à censé, d'autres à mt-pin. — Ificod dou Crest en tenait à tiers çin, — Noble Cruillerme dé Àlinge, bourgeois de RoUe, tenait de Romainmotier une oche et un cheseau de maison, etc.

'96 Environ 6 poses. — Tout ce que dessus d*après la Grosse Pollens Arck, de Bursins

outre des ceti^es, deYàit avoir les lods en cas de vente , à cause ^e la directe seigneurie.

Et il est bien entendu que toutes ces possessions sont entièrement distinctes de celles pour lesquelles les sires de Mont «taient vassaux et qui étaient non du fief, mais de l'arrière fief de Romainmotier.

Par fois le Prieuré sentait le besoin d'une protection efficace pour ses possessions de la Côte ; aussi trouvon&-nous en 1284, une charte d'Âymon, siredePrangins, qui reçoit dans sa garde^^'' les religieux de Romainmotier et tous leurs biens où qu'ils soient ; et promet de les défendre avec bonne foi , envers et «ontretous, pendant quatre années consécutives. Et, en échange, les religieux s'engagent de lui donner chaque année un char (carratam) (ft vin aux vendanges ^^.

U est remarquable que cette protection fut demandée aux Prangins plutôt qu'aux sires de Mont. Les Prangins qui appar-^ tenaient à la famille des Rarons de Cossonay étaient , du reste, de hauts et puissants Seigneurs. Nous ignorons si Taccord fut renouvelle.

Disons encore que le Prieuré de Romainmotier possédait un vignoble à la Côte de près de 70 poses^'^, quil tenait en domaine,

"^ Rccipio in guarda mea et tulela, salva garda Comitîs Sabendiœ, '*^ Aymon reconnaît en avoir déjà reçu an pour la première année. Sceau de ins. — CarluL

'** En i489, et quatre pressoirs. — Le clos de Brussins, 3i poses, le clos de Combes 9 poses, — en Milluen 5 poses — de la domp "Wiinemaz 2 poses. — En la Jonchieriz 4 poses — à Dullict 2 poses — le clos de Brussinel 7 poses le elos de Bougel 7 poses , etc. Quelques unes cultivées au tiers m , d'autres à mt-çt».

Le domaine du prieuré à U C6te oomprenail eneore : i9 seyturées de pré. — Treize poses de bois. — L*affouage de la maison de Brussiui dans les bois de Mont» le-grand, que le sire de Mont tenait en fief de Romainmotier. Les dixmes, les patronages d'Eglises, etc.

soit à ses mains; et de plus la dixme du vin en divers lieux , qui rapportait environ quarante setiers par an.

« Notez ces deux points-cy » *^.

Nous ne quitterons pas la Côte, sans rechercher quelle était la culture de la vigne, au moyen âge.

Enr 1413, TAbbé de Filly*^* et son Couvent, donnent en fief et emphitéose perpétuelle une pose de vigne à Brussinel. L*Abbergataire devait la cultiver convenablement, c'est-à-dire /a tot//er (putare) chaque année; faire suffisamment de provîgnures (propaganos facere condecenter) ; de deux ans l'un , la fossoyer (fodere) trois fois et l'année suivante deux fois seulement ; l'effeuiller (effoliare) chaque année selon l'usage du pays. — Il devait aussi vendanger fidèlement dans la saison et placer la vendange dans une cuve (in una tina)^ dans la vigne. Enfin il devait avertir les religieux de Filly quatre jours avant la vendange, afin, qu'ils pussent y envoyer quelqu'un. Or TAbbergataire avait pour sa peine les deux tiers du vin, et les religieux l'autre tiers à cause de leur droit de propriété. L'Abbergataire devait livrer un setier de vin d'entrage. Puis l'Abbé lui donna l'investiture corporelle de cette vigne, par /a tradition d'tmroseau manuel, selon la coutume'*^.

C'était un abbergement emphithéotique héréditaire, une demipossession , ce n'était pas , à proprement parler, une ferme, comme de nos jours.

En 1492 , une vigne existait au clos de Brussins du nom

*oo p(oiis verrons pourquoi.

*®' « Berthelus de Charreriis». Ces actes concernant le Couvent de Ft'% (en Chablais) et ses possessions à Bursinel , se trouvent on ne sait pourquoi dans les Registres Copies des actes du ei-devant Balliage de Romainmotier,

*^ Per tradicionem unius calami manualis ut moris est. — On peut aussi traduire une plume à écrire.

expressif de \ide grenier , qui, dès longtemps délaissée, tant à

cause de la froideur du terrain (propter frigiditatem fondi], que

de sa stérilité , ne permettait que difficilement de rentrer dans

les avances de sa culture. — Or ces trois poses ne pouvant être

remises en bon état sans grand labeur et dépenses , Michel de

Savoie et le Couvent les abbergent , ou plutôt les donnent en V>

empUtéose et en culture perpétuelle, au tiers vin , au Curé;

sous condition d*y faire des provignures , de les peupler

de ehappons , ou autrement , le mieux et le plus promp«

tement que faire se pourra (advineare eandem de capponibus

seu alias, etc.), de les cultiver delà main et de la bêche (ligone

et manu). Or le cultivateur (colonus) aura , pour sa peine , les

deux tiers de la vendange , et devra faire transporter la part du

Seigneur à son pressoir.

Conmie dès longtemps , est-il dit encore en 1496, le haut du clos de Brussins est inculte , en sorte que buissons et arbres y ont crû déjà , qui gagnant toujours du terrain , augmentent le sol improductif; coI^me aussi les eaux descendant des bois et de la Côte (costa) lui causent de grands dommages: on proclame, à diverses reprises , dans le Temple de Brussins ce terrain couvert de broussailles , où Ton n'a rien récolté depuis 50 ans. Et on Tabberge au plus offrant à tiers fruit, mais, des deux tiers, à lui restant , il payera la dixmc comme de coutume. — La censé sera de 12 deniers annuels. — Et si ce terrain se vendait « le Prieur en aurait les lods (laudes). Enfin on réserve le passage et la faculté de conduire Vengrais (fimum) dans le reste du clos.

Il n'y a guères qu*un mot technique qui ne se rencontre pas dans les actes cités, c'est celui d'échallats ; et la culture de la vigne au 15" siècle se rapprochait assez, on le voit, de la culture actuelle. Mais le vin était jadis plus cher qu'aujourd'hui parce qu'il était moins abondant; c'était un frein salutaire. Au reste, il ne paiait pas que l'on doive prendre en pitié le vin du moyen

âge'^^^; et nous nous tromperions beaucoup en pensant qu'on ne tenait pas alors à sa qualité ^^.

On employait, selon toute apparence, beanconp moins d*engrais qu'aajonrd'huiy et l'on connaît son e£fet.

*^^ Deux hommes tenaient en emphitéose, en 4&29 , de TAbbé de Jonx 2 poses de vigne à Gillie, sous censé de six setiers de vin de la dite vigne , ou autre d'égale çaleur (aut alio œquipollente). Si la teneur de cette emphitéose état la même que de celle de Brussinel, les 2 poses de Gillie auraient dû produire, en moyenne , 18 setters de çin par an. — L'Abbaye de Joux avait une maison et des vignes à Tertignyn,

Page 1