‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de la nature, considéré sous ses rapports généraux dans les mystères d'Éleusis, et sous ses rapports particuliers dans les Dionysiaques et les TriétériquesChapitre 40 sur 41 · Tome IL · texte numérisé non relu

Tome IL

514 NOTES, (ee) Pag. 200.

Si les acteurs d'Athènes manquoient aux engagemens qu’ils avoient souscrits envers les autres villes de la Grèce, ils étoient obligés de payer une somme stipulée dans le traité; d'un. autre côté la république les condamnoït à une sorte d’amende lorsqu'ils s’absentoient.

Il yavoit trois acteurs pour les troïs premiers rôles de chaque tragédie; le principal archonte les faisoit tirer au sort, et leur assignoït les pièces où ils devoient jouer. L'auteur avoit le privilège de les choisir , que lorsqu'il avoit mérité la couronne dans une des fêtes précédentes.

(ff) Pag. 256.

Les Tyriens adoroient Bacchus sous le nom de Protrygès , comme on le voit par ce passage d'Achille Tatius: Eu

« On célébroit alors la fête de Bacchus Protrygès que les » Tyriens regardent comme leur divinité tutélaire ; ils » chantent la. fable de Cadmus , et voici l’origine qu’ils donnent » à la célébrité de cette fête. Ils racontent que les mortels » m’avoient pas encore eu de vin d'aucune espèce, ni le vin » noir appelé Authosmias, ni le Biblinon, ni le vin de » Maronée, de Chio, ni lcarion, mais que ce sont ‘eux » ( Tyriens ) qui répandirent dans toute la terre cette bien- » faisante production; elle fut d’abord donnée à la Phénicie. » Les Tyriens racontent sur la découverte du vin une histoire à-peu-près semblable à celle d’Icarius dans l’Attique : il y avoit parmi eux un berger hospitalier chez lequel Bacchus stjourna pendant quelque temps; ce berger présenta au dieu

(1 Hesychius. — Suidas , in Mipns, — @) Achill. Tat.. Clitoph., et Leucip., Lib.IE, cap. 2.

PREMIÈRE SECTION. 519 tout ce que la terre peut produire ; mais il ne put lui offrir d'autre boisson que celle qui lui étoit commune avec ses bœufs. Bacchus donna d’abord de grands éloges à la générosité du pasteur, puis il linvita avec bonté à boire une coupe pleine de vin; le berger la vuida et sentit le plaisir pénétrer tout son être. O mon cher hôte, dit-il, d’où peut venir cette eau purpurée,? Où avez-vous trouvé un sang si doux ? car cette liqueur ne peut-être trouvée sur la terre, on la sent descendre avec délices dans l'estomac, à peine l’a-t-on placée sur ses livres qu’elle porte à l’odorat une douce volupté ; elle est fraîche au tact, et elle répand dans les entrailles une agréable chaleur. Cette liqueur est une liqueur d'automne, Jui répond le dieu; ce sang est produit par des rameaux ; alors il le transporta auprès d’une vigne , après lui avoir fait cueillir et presser des grappes de raisin, il lui dit: Telle est cette eau, telle en est la source. Cest ainsi, suivant les Tyriens , que le vin fut donné aux mortels.

Suivant l’auteur des parallèles d'histoires ARS et romaines , histoire d'Icarius dans l’Attique se retrouve encore en Italie, et elle étoit rapportée par Eratosthène dans son Erigone. Icarius en Italie fut lapidé comme il le fut dans V’'Attique et par le même motif. Ses quatre petits fils se pen-dirent de désespoir comme le fit Erigone. Saturne les plaça parmi les astres, trois d’entr'eux furent appelés Protrysétères , ils reçurent ce nom parce qu’ils se levoient peu avant le temps où se faisoient les vendanges. Hygin, au lieu de trois Protrygéières n’en nomme qu'un, et dit que c’est une étoile placée à l'aile droite de la vierge, auprès de son épaule. Cet astre se lève avant le temps de la vendange, il est appelé par Pline et par Columelle Vindemitor ou Vindemiator.

() Plin., Hist. nat., lib. XVILE, cap. 31.—Columel. , de Ra rusticé, Ub, XI, cap. 11.

(gg) Pag. 270.

L'erreur de Meursius a été partagée par Larcher dans ses notes sur Hérodote. Le père de l’histoire dit: Que ceux des Pélasges qui s’éloient établis à Lemnos, voulant se venger des Athéniens qui les avoient forcés d'abandonner lAttique, équipèrent des vaisseaux à cinquante rames, et enlevèrent un grand nombre d’Athéniennes qui célébroient la fète de Diane dans le bourg de Brauron ®. Larcher, après avoir cité Philochore suivant lequel les Pélasges enlevèrent les Canéphores, c’est-à-dire, les jeunes filles qui portoient les corbeilles sacrées à la fête de Diane, ajoute : « On immoloit à cette fête une » chèvre, et des Rhapsodes y chantoient l’Iliade. Cette fête » se faisoit tous les cinqg:ans, et des décemvirs nommés » ispéroror ?, en prenoient soin. C’est à cet espace de temps que ». fait allusion le valet de Trygeus dans Aristophane ; » Trygeus ayant personnifié cette fête, qu’il nomme théorie, » d’un nom commun à toutes les fêtes, dit : Voilà cette » théorie que nous menions autrefois à Brauron, et que » nous caressions lorsque nous étions pris de vin. J'ai eu » bien de la peine à m'en saisir, sois-en assuré : le valet » répond: guantam culus îsle quinto quoque anno volup- » tatem adfert! et Larcher ajoute : De jeunes filles consacrées » à Diane célébroïent cette fête avec un habit de couleur de » safran. Elles ne pouvoient avoir plus de dix ans, ni être » au-dessous de cinq. »

Larcher a confondu ce qui appartient à là fête décente de Diane, avec ce qui appartient à celle de Bacchus où on se livroit aux désordres de livresse et même de la débauche, et ebrii multas meretrices arripiebant. ®

.. © Herodot., LL. VI, cap. 138. — (® Scholia græca scriptoris anonymi, in Homert Iliad., lib. I, p. 128. = (@) Aristoph., Pax, v, 873 et seg. = 4) Suidas, soc. Baup.

Lttau du voyage du jeune Anacharsis a bien su distin-

guer ces deux fêtes , et les a très bien caractérisées. « Pen-

dant que nous approchions de Brauron, l'air retentissoit de cris de joie. On y célébroit la fête de Di , divinité de ce bourg... toutes les filles des Athéniens doivent être vouées à la déesse après qu’elles ont atteint leur cinquième année et avant qu’elles aient passé leur dixième. Un grand nombre d’entr’elles amenées par leurs parents, et ayant à leur tête la jeune prêtresse de Diane , assistèrent aux cérémonies qu’elles embellissoient de leur présence, et pendant lesquelles des Rhapsodes chantoient des fragmens de V’Iliade : par une suite de leur dévouement, elles viennent, avant que de se marier, offrir des sacrifices à cette déesse. On nous pressoit tendre encore quelques jours , pour être témoins d’une fête qui se renouvelle chaque cinquième année en l’honneur de Bacchus , et qui, attirant dans ces Heux la plupart des courtisanes d'Athènes, se célébroit avec autant d'éclat que de licence. Mais la description qu’on nous en fit ne servit qu’à nous en dégoûter, et nous allâmes voir les carrières du mont Pentelique W, » On voit dans

la collection d'Hamilton une scène de désordre représentant les fêtes de Bacchus à Brauron. (©?

( Barthelemy, Voy. dujeune Anacharsis ,T. IV, chap. 59, p.33.

= ® Hamilton, T. I, pl. 49.

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