‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 16 sur 36 · ToME IL i · texte numérisé non relu

ToME IL i

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Les fêtes d'Adonis et d'Osiris se cëlëbroient en même temps et avec les mêmes cérémonies , dans la Plîénicie^ en Assyrie et dans TEgypte ^^K La fête d'Adonis, comme celle d'Osiris et d'Atys, étoit composée de trois parties: i® De la perte ou disparition, ce premier jour étoit consacré au deuil et aux larmes^ 2<* De la recherche, ce deuxième jour on sonnoit les trompettes pour réveiller le lichnyte Atys ou Adonis, et le rappeler à la vie; 3<> De la renaissance, ce troisième jour étoit celui des Hilaries ou fêtes de joie, où Ton célébroitle retour du dieuàla vie. Adonis étoit conduit à la mer comme Qsiris , lorsque les Egyptiens Tavoient retrouvé ^^^ ; dan« les fêtes d'Adonis célébrées dans la Grèce comme dans celles de Bacchus , on portoit les produits àe l'agriculture , du bled, des fleurs, de l'herbe naissante, des fruits^ de jeunes arbres, des plantes, des gâteaux faits avec de la fafine, du miel et de l'huile, des oiseaux, des animaux , toutes les productions terrestre^ , et tout ce qu'on portoit dans les fêtes d'Eleusis , dans

chus des Grecs et TAdonis des Arabes : Ogygia me Bacchum vocat, Osirim Mgyptus putat^ Arabia gens Adoneum ( Ep. XXIX.) — Martianus Capella dontie à Osirîs le nom d'Adonis.

^*^ Plut. , de his qui sero à numinibus puniuntur» — Théocrit.e ( Idylle XV. ) donne la description de la fête d^Adonis , et elle est entièrement la même que celle d'Osirîs.

^ Les fêtes d'Adonis ont lieu tous les ans : elles se célébroient encore à Alexandrie du temps de S. Cyrille, -i^ Qvid. , Met. lo.— Art. Amandi, lib.lll.'— Thëocr. , v. i43.-^Cyrillus, m Isaim, lib. II , cap. 18.

les Dionysiaques et dans les fêtes d'Osiris , Homs et Isis en Egypte. ^^>

$ II. Homs considéré comme emblème de toutes les productions , comme symbole du monde produit pur le principe actif et par le principe passif, tiarpocraie , nouvelle divinité appartenant au règne des Ptolémées , est le même qu*Horus,

, Horus, comme emblème diBvcœ productions^ ou plutôt comme symbole du monde qui a été pro**duit par le premier principe^ est peint enfant. Il est souvent assis sur la fleur de lotos , et quelquefois il est placé sur un cul^e^ emblème de la solidité et de la stabilité du monde ; il a le doigt sur la bouche ,. symbole du silence qu'exigent les opérations de la nature et du secret ineflFable des mystères ^ il tient en main la corne d'abondance ^ comme emblème de la variété et de l'abondance des productions qui composent l'univers. Le triangle grav^ sur le cube indique la triade mystique dont il est un des membres.

Ce cube présente un bâton surmonté de la tête d'une huppe et d'un gnomon^ que les anciens regardoient comme les emblèmes de l'harmonie universelle , de l'ordre et de la variété de toutes les choses qui composent l'univers, et de leur admirable disposition. On allai toit Horus à tous les âges, depuis l'enfance jusqu'à la puberté ^*^ : les Grecs l'appeloient

^*^Plut.,iitf Isid. et Osir, — Suidas^ Aâmi^oç. — Hesych. Ihid. — Théophr. , Hist. plantarum , lib. VI , cap. 7. = ^ Anliq, de Dendérah, p. 49»

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Gaimin^ moi qui signifie ce qui est vu^ parce que le monde est sensible et visible. ^*^

L'éducation d'Horus est fréquemment représentée sur les monumens égyptiens. Le temple de Fouest, dans File de Philé, étoit consacré à Isis et à Horus : c^est en quelque sorte l'éducation d^'Horus qui est peinte dans cette suite de tableaux sculptés.sur les murs du temple. Tantôt on le voit à la mamelle et sur les genoux de sa mèife ^^^, Osiris ayant une tête d'épervier est placé près d'eux ^ . ailleurs, Horus plus grande quoiqu'encore à la mamelle , tient d'une main un instrument ayant la forme d'un sipbon y qui se voit très fréquemment parmi les signes hiéroglyphiques. ^^^

Le tableau où l'on aUaite Horus ^ est le plus répété parmi les sculptures du temple d'Hermonthis : on voit aussi Horus debout sur les genoux d'Osiris qui 1|^ tient de la main droite; ailleui^ il est embrassé par Isis. Dans le tableau placé au-dessous de la porte du sanctuaire , Isis allaite Horus ^ soit sous une figure humaine , soit avec la tête d'une génisse; au-dessous du lit qu'on voit dans ce tableau , est une autre génisse dont un jeune enfant suce les mamelles : en face de cette scène est celle d'Isis qui accouche d'Horus ^ environnée de plu-

^*^ plut., de Isid, et Oslrid.

^ presque toutes les Isis qui sont représentées avec Horus enfant sur leurs genoux ,. le soutiennent de la main gauche /et de l'autre main elles prennent leur sein pour l'allaiter .

^ DescripL d^Egypt, , Ant, , T. I , p. 4i.

sieurs femmes qui lui offrent leur secours. Ua scarabée^ les ailes déployées^ avec un globe devant lui , paroît s'élever au-dessus de Tenfant j Faccou*chement d'Isis est encore figuré dans^ ua autre tableau qui estdans le fond du sanctuaire : le sca-» rabée roulant sa» boule qeà désigne la génération^ est une nouvelle- preuve qu'Horus est le symbole de raf>paritioH ou de la naissance des productions terresU*es. L'allaitement d'Horus représenté en iace de L'accouchement d'Isis^ est la. peinture de l'accrois-* sèment de ces productions : ce tableau présente Horus d'abord extrêmement petit et allaité par des génisses , ensuite plus grand et sur les genoux d'Isis qui lui donne le sein , enfin sur les genoux de quatre fenmies , déjà plus grand y ayant le doigt sur la bouche et un collier sur la poitrine , c'est-à-dire, qu'on- le voit passer par les divers degrés de l'enfance. ^*^ j

Les Egyptiens disoient qu'Horus avoit été nourri par Isis ou , ce qui est la même chose ^ par Buto ou Latone^ dans des marais auprès de la ville de Butos^ car une terre humectée produit des exhalaisons qui tempèrent l'excès de la chaleur et de la sécheresse "^^ ^ c'est ce que désigne la fable égyptienne où l'on dit que Typhon fut vaincu par Horus^ mais Horus ne put le détruire , il l'enchaîna et lui. ôla seulement sa force et son activité : c'est ce que

• ^*^ DescripL d*Egy^pt. , Antif, d'Hermonihis, p. 1 1 , ^ Plut. , de Isid. et Osir.

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signifie une statue d^Horus qu'on avoit à Coptos et qui tieut dans une de ses mains le phallus de Typhon. ^*>

Horus enfant représentoit encore le soleil au solstice d'hiver dans l'instant de «a plus ^ande ibiblesse , lorsqu'il commence II peine k ahandonner l'héittisphière inférieur et à remonter lentement vers l'hémisphère supérieur ; il avoit la foiblesse de cet âge. Il mdssoit au miUeu des plantes et dçs fleurs qui^ à cette époque de l'année^ commencent à éclojre du sein de la terre : en effet ^ la végétation en Egypte se développe après la retraite des eaux du Nil, aux approches du solstice d'hiver; aussi on lui offroit les prémices des fèves qui naissoient alors ^\ Les Egyptiens représentoient le soleil levant comme un enfant nouveau-né sortant du milieu d'un lotos, plante qui naissoit dans les Ueux humides fertilisés par les eaux du Nil , dans les lacs et les marais , vers le solstice d'hiver , époque de la naissance d'Horus ; le lotos croissoit surtout en très grande abondance dans les marais de Butos où Horus fut nourri : les Indiens représentoient aussi Vichnou enfant , pose sur une fleur* Les Egyptiens avoieht encore un autre symbole pour peindre le soleil levant qui semble naître de l'élément humide , c'étoit la grenouille qui se forme aussi dans le limon du Nil. ^^>

<»> Plut. , de Isid. et Osir.^ ^ Plut.> ihid.=:^^^ Plut, de Pylh. orac, — De Isid, et Oslf, '

Horus^ représentant le soleil dans son état d'enfance^ au solstice d'hiver , a tous les traits qui caractérisent rafFoihlissement ; sa marche semble entravée dans les liens qui resserrent l'enfant nouveau-né ^^^ , il est foible, débile , mal placé sur ses jambes , marchant d'un pas embarrassé et tardif ^^^ : on le représente imberbe, nud, ayant la bouche ctesé avec l'index de la main droite ^K Sa langue n'étoit pas déliée et il ne pouvoit pas articuler de sons, c'est ce qu'annonçoit le doigt qu'Horus tenoit posé sur sa bouche , et c'est dans ce sens surtout qu'il étoit regardé comme le dieu du silence j car les Egyptiens représentoient le silence par l'état de l'enfance jusqu'à trois ans, et ils le figuroiènt par un nombre mystiti(|ue^ égal à celui de trois années, évaluées en jours à raison de 365 jours par an. Ils prétendoicnt que l'enfant qui , dans l'espace de 1095 jours ou de trois ans ne parle pas, est censé muet ^^ : ainsi l'enfance représente le silence, et réciproquement l'embarras dans les organes du langage , désigne Ten-

*** Horus Apoll.., lib. I, cap. 17.

^^ Duo pedes ita conjunctif tanquam non duo essent , sed unus, et sic gradum promoventes , salis cursum, in solstilio hiberno signi/îcant {Kor, ApolL, JIierogL,}i^» II, cap. i3. ). On en a dit autant de Jupiter Ànimon, considère comme le soleil; suivant la fable, ce fut Isi's qui* lui sdpara les jambes et qui lui donna la faculté de marcher : c'est ainsi que doit s'expliquer la tradition du boiteuse Harpocrate.

^ Gyrald.', Deor. hist. , T. I , p. 37.=!^ Horus Aj^ll. , Kb. I , cap. a8.

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fanée; les Latins ont appliqué le mot infans par extension à l'orateur qui s'exprime mal.

Sous le règne des J^tolëmëes, on créa la divinité et le culte d'Harpocrate ,^ qui étoit le même dieu qu'Horus. Ce qu'Horus esta Osiris, Harpocrate l'est à Sérapis : le ^om et la théologie d'Harpocrate , ainsi que de Sérapis ^ étoient entièrement incontius aux Grecs avant le siècle des successeurs d'Alexandre , et je ne a*ois pas qu'il y ait un seul écrivain antérieur à cette époque qui ait prononcé le nom d'Harpocrate. Hérodote qui a recherché avec tant d'avidité en Egypte tout ce qui concernbit les dieux^ leurs cultes et leurs temples , ne parle pas d'Harpocrate ; et cependant il parle des Ueux que l'on sait avoir été le siège- de son culte, de Buto, par exemple, où saint Epiphane et Plutarque nous apprennent que l'on célébroit tous les ans des fêtes fameuses en l'honneur de ce dieu. Le premier auteur qui ait parlé d'Harpocrate est Eratosthènes bihhothéc^ire d'Alexandrie-, qui -vivpit sous le règne de Ptolémée Évergète, le troisième des Ptoléméesj depuis ce temps le culte d'Harpocrate fit de grands progrès non-seulement en Egypte, mais dans plusieurs contrées de la Grèce et à Rome même où il fut reçu à la même époque que celui de Sérapis. Harpocrate semble donc appartenir à la religion des Grecs qui habitoient l'Egypte du temps des Ptolémées , ^ les détails que nous en donne Guper confirmant cette opinion ; car ils sont plus dans le génie de la religion des Grecs , que dans l'ancienne

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