Tome II. 3o
dans les qualités et l'ess^tticiie de la matière, le priacàfie des lois qvi régissent ses foniies et ikf^rmixxexA aea isolations.
n est certain que les véijttés pnwûtivQS fiwt rdes Tentés véelles, et que si nod connraflsanoes «sut .quelqi«e isssàùlk ^jcette réalité doit se trouver à teur «ource mèiue : les coxmobsaBoes déduites ne peu^vent aoquénr uue réalité que n'aoroifiiit pas leurs principes ^léinejiKtaîi»^. C««x: qui admetikot l'^aôatemoe réelle des iibydis , doivent placer cette vérité iosl rang (Aes «con* noissances prinûtiyes^ i|iu»édial^ t filt .qui n!oiii auqwii feesoîn , 4e démcHisiration. Cwxg. qui «ve (consentent f«8 à jadknettie ioette connoissanoe pnmitispe des «xistenoes y xt qui cnÀ&A Revoir se ren&nner .dams les seules combinaiaeBS 4e l'-espnt, tombent 4ans l'idédiame le plus absolu. Ot, 4outes tes opérations de l'esprit se réduisent à deux choses , analyser et g^owposer : en jinal j»aiit , îà ne peut trouver ^ane un lésidtat ^[ue ce quiapyuotient à s^iélémens; là. ne peut, en ornuposant, ajouter un seul élément de sa «réaction , aasais ^leiéesMut asson- :bler et comluner loeux jqvi'ii possède ^ qui composeut sa dcliesse pdunitive. Que iFcm observe le pretnîer ^lé^vEc^^j^pem^iit -de rintelligence^ .ctt remasquera que les enfans «umneacent par 1^ danslaauppoaâtioa d« la véedité dea-c^eCs, que oette mipposition précède de long^temps en eux la plus ancienBe-de toutes. €e ^qu'il yade réfl <f«at l'exiatenoe ^ vau^deià-âe l'^adstence il n'y a lîen; la-cowioisaaiiiGe^de reaûsteaoe «rt 'âoac use oounoissanoe priaûtive «t immédiate : ainsi ia «kdité «éaâde k l^oiôgine mènede nés «omioisaanoes. LorsqM le aent i ma t de l'existence a cessé, f espiôt «n joanserue fidiéc^ ïkakîàmè» asaoGÎe étroitement la sensatien intérieuDe à la^préaeaoad» l'^eb- ^eC .externe 9 elle étiendla jKriioajdelaTéidité/mM etteneâa ^Goée pas. Ua raison .en déduit les lois fénénfles de la oatusalilé , maâs elle n'acquiert point pour .cda une eanaoîssenoe 4ivuote^ la pra^éié'en vertu .^laqiudie f<jb^ produit ^t ^dfet, ni .du mode )de sa produotion; €^e associe seukmeivt à f idée de l^oibjet la jiotion gémérale de puissance dofft Feffet produit
tit pour elle un témoignage. Les peixseptions intérieures^ telles que la feim , et cette variété infinie de manières d'être agréables ou douloureuses, qui ne se lient point à la présence d'objets externes, demeurent entièrement intérieures ^ et n'ont d'autre réalité, que celle du moi qu'elles modifient.
Enfin , la réalité de nos eonnoissances ne se démontre pas , eliie se rec(mnoît; elle se reconnoit par l'efiet de cette même conscience qui nous révèle notre connoissance elle-nvême. Tel est le privilège de rintelligcnce humaine : elle aperçoit les objets, elle s'aperçoit elle-même, elle aperçoit qu'elle a aperçu.
Si on étoit en droit de mettre en question toute proposition quelle qu'elle fàt, on ne pourroit établir aucun résultat, et il n'yauroit pas de vérités s'il n'esdstpit pâs certaines vérités primitives qui n'eussent pas besoin de démonstration.
S'il n'y avoit pas d» vérité» absolues, il n?y auroit point de ][^?obabâités, de vrmsemblances , qui n'en sont qifune déri-. vfttion.
ai Ton n'admet de^ proportions- positives comme certaines, on ne peut admettre smcune proposition négative *, car on ne peut asswer qu^mie cbose n'est pas, si ce n'est parce qu'on la trouve dontradictoiiM avec une chose qui existe.
S'il nVxistoit pas certaine» vérités également reconnues de tousT les hommes , sans le secours de la démonstration', il seroit impossible qu^il se iùt établi entre les hommes des communia cations réciproques ,^ qu'ou^ eût ns^ne institué im langage ^ car ^1 ne peut parvenirà s'eittend<re si on ne convient de quelque chose ', il seroit impossible de parler et d'être compris eu pafrlant, si xxa»' cotinoissanoe semblable ne se retrouvoit dans l'esprk des^ aut^^é». Si l'esprit est privé de toute connoissance certaine ,^ k' volonté doit demeurer éternellement immobile et mésolue ; car il ne peut y avoir de volonté sans desseiji , et de dtesstôw sons coniA^sonee. Cette connoissance ou cette faculté de connoitre est un fait présent , intime : je connois , je le sens, tout en moi Tatteste. Je connois, et à cet acte tout
commence pour mon esprit ; au-delà de cet acte il n'est plus pour moi, ni preuve , ni idée, comme en avant de l'existence, il n'y a que le néant. Cette faculté de mon être me donne la connoissance immédiate des vérités primitives que je cherche, cett^ connoissance n'est pas soimûse au doute , c^e est simple, elle est perception et jugement, telle est la connoissance de son existence et de ses modifications. <( H subsiste, dit Epielète ^^, un ordre de sentimens et d'expressions qui sont communs à tous les individus. Ces notions communes , universelles, sont la base de nos connoissances. )>
« La voix de la nature, plus forte que celle de tous les systèmes, dit Cicéron ^\ vous crie : Obéis à l'évidence, et vous obéissez nécessairement; car il n'est pas en votre pouvoir de vous refuser aux idées parfaitement claires. »
Ces principes ont été développés avec beaucoup de ^ent, non-seulement par M. Degerando , mais encore par plusieurs autres écrivains de notre temps, et particuHèi^ment par M. de La Romiguière, dans ses Leçons de philosophie; il a fait surtout une juste application du phénomène de la conscience à l'idée de la divinité : m L'idée de Dieu, dit-il ^^, sera à l'épreuve de toutes les attaques , si elle s'appuie sur le sentiment. Or, là est son appui, qui pourrpit le nier? qui pourroit en douter ? Du sentiment de sa foiblesse et de sa dépendance , l'homme , par vn raisonnement naturel , ne s'élèvera-t-il pas à l'idée de la souveraine indépendance et de la souveraine puissance? du sentiment que produit en lui la régularité des lois de la nature, à l'idée d'un Ordonnateur suprême , du sentiment de ce qu'il fait lui-même , quand il dispose ses actions pour le conduire vers un but, à Vidée d'une intelligence infinie ? Vous arriverez encore à l'idée de Dieu par le sentiment du juste et de l'injuste, par la conscience du bien et du mal moral , qui nous révèle un juge suprême. Ainsi
0) Epict. , Dissert. lU , 26. « ^«) Cicer. , Acad. IV, 8, 9. « «^ La Romig. , T. U, p. 4i3.
la sensibilité humaine toute entière tend yers la divinité ^ et l'idée de Dieu est une yérité primitive qui a sa source dans la conscience ou le sentiment^ comme l'idée des corps a sa source dans le sentiment appelé sensation , et l'idée de l'ame dans le sentiment de l'action de ses facultés ; car la connoissance de la spiritualité de l'ame est une suite de celle de son activité et de sa sensibilité.
(c) Pag. 3o5-
Timée de Locres et Platon ont adopté absolument le même système pour la composition du monde ^ que le premier principe a faite en mêlant ime partie de sa raison étemelle^ toujours pure y toujours sainte^ dans une portion de l'ame brute du second principe.
(( Les effets de ce mélange ^ dit Plutarque^ sont sensibles » dans toute la nature ^ et surtout dans l'homme. On voit dans » sa partie brute des mouvemens désordonnés, et dans sa » partie raisonnable des mouvemens réguliers , dans sa partie » sensitive la nécessité y dans sa partie intelligente la liberté.. » On y voit les combats du vice contre la vertu, du plaisir » contre la douleur , les contrariétés du penchant et de la rai- »^ son, toutes pretnres que notre ame est un mélange d'un )> principe divin, supérieur aux passicms, et d'un principe » mortel qui en est l'esclave. )v
Ainsi , toutes les qualité» qui font 1» beauté de l'imivers viennent de la portion divine et substantielle que la divinité a versées dans le monde, et ce fut d'après ce modèle que furent formé» tous les individus primitifs- qui dévoient commencer la série de chacune des espèces mortelles. Yoilà à quoi se réduit tout le système de Platon , qui n'est pas sorti, sur ce sujet du cercle de ses prédécesseurs, et qui s'est fixé, comme eux, à deux principes. Le reste n'est qu'un échafaudage inintelli-' giUe de son imagination.
47<^ HOtBS.
if} Pag. 3i5-
Le ttjprte tELema, le lotos d'Egypte^ le rameau d'or de Tîigîlfl, déaignoieiit Fautonme ou la récolte. Quand on le formoit d'un métal psédenx, il étoit encore le sjmbolede la richesse et de l'abondance 9 d'une saison où l'homme recueille toutes les productions de la terre. Malgré cette richesse ^ cette saison étant un indice de la m&si dtt dieu producteur ^ le rameau ; son emblème; fut consacré à la tristesse et considéré comme funèbre^ chez les Arabes le même mot sigmfie jr^rte et sépulcre* Il étoit l'attribut de Yémis <»ientale^ la même q^u'Isis : les jpoètea grecs le doanèreiit à leur Y éausy et leur imagination y attacha des idées riantes qu'U u'avoit pas dans son origine.
(^ Pag. 334.
La: éBiitxilctioii: de la doctrine pttbKque et éfe la dbi^triné secrète étoxt essentielle au dogi^àtisilie liijrstîqtié^, dont TiSke fondettiettlaleicoiisietoità {liaeerdâiis um qf^tàred^nteU^ences gofbmvifftB et hmnftles^ soit les oàiaSBe» 0Tdii»âre6 et subordemiiés^ de ton» les corpb de la itaCuaNi); soit Icfl» mini^t«» de la diviaité (foi tomsmettent à llBq>r^ de liiomme les ebniK»8saaces'de tMile espèce'^ par tei^Toié^de FiMspiyaiCïou. Ce dogme prit naissance en orient y toutett kd^ hn^itudes de ce» plaies étoient favoTSMes amc dispétttii^ns âcmteaifÂati^s. La* vie flUêndeuse et soiîtaire des prêtre», seulÀ eonservtitetâs des d6p5ts de le science, la doueeur dà dlmat, \at ^TÎdLetï dies castes qui fermoit la rofrte à l'ambitiott) les ciréitiiMiies religieuses qui, ehez ces peuples, étsient étroitenïNit Mées à toiB les genres d'instruction , une foule de oiieonstaiiees éteignoieiA pourenx les div^s genres d^intérét qui sftirent ll8i»âme af«dehors de lui^mèue. Le merveilleux devint di^e fefér eès peuples la source principale de la philosi^Me : ks ûlstiiteftioM>
QUATRIÈflfE SECTION. J^l
les tradiUoliA sâcrètet, krâgneB m^MirteUft^ Is yie i!ii<M!ia&^ ti^e, k» epëittfeMHis mmgîqpieb etddfodïii^î^a^ dotinèyent Hit nouyeati ébmask oe geine dfèpinidiifii Eftéd furent t^rstiisportéësea Grèee par I^jÛSBLgoit f dent Fiitftittit éf^it pàifaiteUieMi combiné poux assurer le AittM3è& êf^ie f eAe ptdlosopBie. Elle exerça une grsâide inftneinee MAr réb]^ ^ Pktott et sur Fen^ seigneBïeiit de la première tfea^nhiieh L^ééolé â^Âlé:iàndrie ras-^ s^nbla toutes les parties éparsell de ceë syatèni^ff d'HltuHitia^ tion^ et leùrdonaa tme {>^dd^éiWe éslension. H est de l'essence du dognutismé mystiqtie de ft)]l!ne)r des sectes'^ rien nfengeàdve une sympaâié pim prônn)^ éniire Bes^ hommes qùA FentlieiisiaEBaae^seft^diseipleé^ fbrmeat^une' étroite alliance pour se ëovtemr et s^e^tër récipr^Mmeilt ,■ ils ont dea ini^tiafions eonumteiès, déS'j^atîqùës^bitaj^res, propres à entretenir cette eicaitatSoïi > ils ée regà^^nl comme dea éttes' privilégiés; ils ^i8ol(Mt dtt im^re par les Êivenr» dont as se croient comblés*, etpar leiâM hi^itudesi tje do gm atisme mystique n& ndednne pWB , ilcdtftëtÈfpIe, sont Bmgage ne présente qufobscnritési II a pistu^ les éiena et pbttr les nléthoéfiss d'db^rvatioli un profond dédisiA ^ ^ prësqtie nne sorte dliorreirr. L^extaee et Ifiilq^iralien M sttfifiseM ; il s^oceupe peu âea phênomènes du nioAde sensîil^v et dt Feftcbaîneitfent qni règne ^itreeox. Bj^bne dams wê tide îMfiki, il se tratedes tableanx puisés dans) isfe ordM idéal i il méconnofl Féténdùe dea forces de la raisen famMune y en^ lâi àftribtnfiït le pmilégé de corres* jpondre directement avee kài^g^w sumatttreb y et en lui dominant le* dboit de pénélKBt d^ms le médMiissmef inférieur dtes causes natuiienes* ^
(A) Pag. 558.
Les Egyptiens, comme ks stoiciens, £roy<»ent que dans le cliaos même, la matière ou le principe passif avoit été uni au
(>) D^erando, Hist, des Systèmes comparés de lapkUosopkie , T. m*
principe actif ou k Fintelligence, qui sépara d'abord toutes les choses qui y ayoient été confondues, qui forma ensuite les corps y qui conunande à toute la nature y qui gouverne tout et qui pourvoit à tout. Ils représentoient le chaos comme éternel, immense, dont tout a été îaàt:£x quo omniafacta sunt, omnia simul mista , et semper unum informe. Ainsi de toute éternité , le principe actif, l'intelligence, mens, avoit été réunie à cette masse, qui avoit en elle les germes dç tout ce qui existe , qui renfermoit toute la nature, et quœ agit e( quœ pa^ titur. C'est ainsi que dans la religion persane, Orsmud ne fut d'abord qu'en lui-même , et que par la production du ciel * et de la terre , il sortit comme de son être. Après avoir établi son tr6ne dans le gorotman, Orsmud se trouva autant éloigné du soleil. pl^^cé dans le ciel, que cet astre l'est de la terre. Ce principe intelligent, par lequel tout avoit été arrangé et ordonné, ce principe qui le premier sortit de l'œuf , les Egyptiens l'appelèrent Phta, lorsqu'ils le considérèrent sous le rapport seul de l'art de l'ouvrier universel : Solam artem mentis opificis in eo considérantes ^^\ Aussi les Anciens l'ontils tous appelé le père des dieux et des hommes : Quem, Kidcanus {Phtas) pater deorum prœtulit\ c'est l'inscription d'un très ancien obélisque d'Héliopolis , qui fut dans la suite transporté à Rome : elle étoit écrite en caractères hiéroglyphiques, dont Hermapion a donné ime interprétation grecque qu'Ammien MarcelHn a insérée dans son Histoire^. Les prêtres égyptiens, dans leurs Annales sacrées, disoient que Vulcain fut le premier dieu qui régna en Egypte, et en^te le soleil son fils. Manéthon avoit réduit en dynasties le r^ne de ces dieux , allégorie qui n'avoit de rapport qu'aux cycles dont les Egyptiens se servoient dans les calculs astronomiques et chronologiques. Il avoit donné à chaque dieu les années de son règne ; mais il est remarquable qu'il avoit passé sous silence la
<i) Jamblic, de Myst.JEgypt,^ scct. VDI, cap, 8.— ^Am. Marcellin» Bist., lib.XVin.
durée du règne de Phta ou Vulcain. Voici la raison qu'il en donne : Pulcano nullum iempus definitum aasignari potestj, eo quod ille et noctu et interdiu luceat ^^^ Tous les autres dieux avoient leurs périodes et leurs vicissitudes ^ tandis que l'empire de Ytdcain, dieu suprême^ est toujours le même^ immutabile imperium.
(y) Pag. 384.
La plus ancienne colonie grecque qui ait passé en Sicile est celle qui fonda Naxos, l'an 739 avant J.-C. Thucydide ^ nous apprend que les Sicules , qui habitoient cette île d'où ils ètoient allés s'établir depuis en Italie , étoient des barbares y et qu'ils étoient regardés comme tels par les colonies grecques. Le témoignage de Thucydide est confirmé par celui de Strabon , qui s'exprime ainsi : « L'Athénien Théoclès , jeté sur les » c6tes de la Sicile par les vents , remarqua la foiblessé des » habit^ms , ainsi que la bonté du pays. A son retour il ne » put persuader à sts compatriotes qu'il seroit facile d'y for- » mer un établissement avantageux : mais ayant rassemblé m Mn grand nombre de Ghalcidiens d'Eubée ^ avec quelques » Ioniens et aussi quelques Doriens , presque tous de Mégare » en Grèce ^ il les mena en Sicile, où les Ghalcidiens fondèrent » Naxos , tandis que les Doriens fondèrent Mégare , ncan- » méc d'abord Hyhla^^. Ces Grecs, ajoute Strabon, réus- » sirent à chasser de la c6te tous les Barbares , tant ceux qui » étoient fixés de toute ancienneté en Sicile , que ceux qui » étoient venus du continent opposé y faire des invasions -, » mais ils n'avoient pu les expulser entièrement de l'inté- J> rieur des terres, une portion de l'île restoit toujours occu- » pée par des Siceli, des Sicani , des Morgètes, et par d'au- » très encore. )>
^»> Manetho, apud Synceh , p. 5i. — ^^ Thucyd., lib. VI. =- <«Strab., lib. Vi,c^.3.
L'ofinion de Tkucydide et die Stra^n sur la Barbarie des bilMtaiis de la Sicile est oonfirmée par ce fait ivrécusable que tontes les' Tilles situées sur les cfttes de File oât eu lesGvecs pour Bnidateurs , et qme celles des TiUe^ die IfinÉ^eur qui n'ont pas été: fondées par les Grecs ,. paroissent Pavoir été par les anciens habitans de la Sicile^ qui furent repoussés dans Fin^ térieur de l'ile par les Grecs , telles furent Morgatium par les Morgètes , ^geste , Eryx et ËnteïLe par les Elymes. JX n'y avoit donc aucime ville en Sicile avant l'arrivée des Grecs , elfes ont toutes été fondées par eux^ ou par les anciens habitans après qu'ils se fuïent retirés dans l'intérieur des tewes. Mais 9 dita-t-on, les Phéniciens qtd templïssoient l'ancien monde de leur conuneree et de feuïs colonies , ont du former dés établrïsemens en îSiciie avant fatrivée des Grecs , et tes Phénidens n'étoient pW dans un état de barbarie ; fhucy^de lui-même Và ^rendfce te soin de répoudre à cette objection : « ths Phéniciens, dit-fl, pareillement rêpandns autour de » toute la Sicâe*, se sont empaïés' dés prôûiontoires et àés )> flots adjacens pour commercer dvec les SicUles. Mais quand » ils virent les Grecs aborder en grand nombre, ils se réu- » nirent à Motye, Solois et Pànorme, dans le vbisiùage dei » Èlymes ; ils se confîoient en l'alliance dW ces derniers , et sur » ce qu'un trajet fort court sépare en cet endroit la Sidïe de » Garthage. ^'^ )>
Ainsi les Phéniciens, avant l'arrivée des Grecs, n'avoient fonde aucune ville ni formé aucun établissement en Sicile , il» s'étoient seulement emparés àés promontoires et des îlots adjacens, d'où ils cottimerçoient aVéc les Sicules, comme nos négocians européens Commercent âVeC les Barbares de FAmêrique. Ce ne fut, ^u*après Parrîvée des Grecs qu'ils fondèrent îtfotye, Solois et Panorme ; encore, un savant moderne, M. de Saint-Non, observe-t-il avec justesse que lé moipanormos indiqUeroit bien plut&t une ori^e- grecque qne- toute
(^) f hucyd. , lib. VI, cap. 2.
QUATRIjfeMf: «ECTION. , 47^
fUita^; piôs^fUe 7C9L¥, ^i (Bn^gKec signifie ^iout, H ipiios, ataiio uçtufiwn f sfimUmt faire -m» ailluaio» tcmle «latiuxUe à la feeaufcé.€kt à hsùga^è^ ms^ipint , id jqu'fl étoit oIimjs. <^
1^8 Uflitoiiie» ^'fi^roide ^ id'&ys «9ast âbulevaes , «imi q»e celle âe Minoe ^t de Ceqflile. Les toi^cais aur l'iUlitbseinent des Troyeas icai SÂoil^ ««H: égd(ei»ent incîertiane».
l^s |)]«imei» îbabiteis 4e la jSidle forent les Cydopei cit les Lestrygons, pw Jes fiiqawtens^ ^'EfdioKe , Philiatus^ Tlwicydide et Denys d'Halicarnasse disoient être originaires de l'Espagne , tandis que les Siciliens, dont l'opinion étoit partagée par Timêe, Diodore de Sicile^ et Démétrius Galatianusy disoient au contraire que les Sicaniens n'étoient que les fils des Lestrygons. ,
Il y a une grande diversité de récits sur le passage des Sicules d'Italie en Sicile , mais tous ces récits s'accordent en ce point, qu'un peuple entier est passé d'Italie en cette ile, et qu'il lui a donné un nouveau nom. Cet événement , selon Thucydide, est antérieur de trois cents ans à la première colonie grecque qui fonda Naxos -, il seroit donc de mille cinquante-neuf ans avant J.-C. Ce récit paroît le plus vraisemblable , car cette époque s'accorde avec l'époque des révolutions qui anivèrent en Italie chez les Ombri , les Etrusques et les Œnotriens.
Qu<»qu'il en soit , tous ces peuples de la Sicile étoient plongés dans un état de barbarie d'où ils ne furent tirés que par les Grecs ; car le premier établissement des Carthaginois en Sicile ne peut dater que de l'an cinq cent cinquante avant J.-C. J'ai donc eu raison de dire que les habitans de la Sicile ne furent retirés de la barbarie dans laquelle ils étoient plongés qu'un siècle avant Cjtus. Et en eflfet, tous les anciens historiens et chronologistes placent le commencement du
Voyage pittoresque dans la Grande Grèce.
règne de Cyrus sur les Mèdes j à Fan dnq cent soixante avant J.-C, et lai fondation de Naxos à l'an sept cent trenteneuf. Un de mes juges a élevé des doutes sur cette assertion , dans une note placée à la marge de mon Mémoire*, ces doutes m'ont fait examiner de nouveau l'histoire de Sicile, et tous les documens dont je ne donne ici qu'im léger extrait , m'ont confirmé dans l'opinion où j'étois^ que les liabitans de la Sicile n'ont dû leur civilisation qu'aux colonies grecques.