‹ Recherches sur le culte de Bacchus, symbole de la force reproductive de laChapitre 35 sur 36 · partie , avant que d'avoir compare Tun à l'autre , et vérifié la · texte numérisé non relu

partie , avant que d'avoir compare Tun à l'autre , et vérifié la

proposition par le témcngnage de nos sens.

n y a des vérités primitives de fait , c'est l'expression de l'existence. Certains faits extérieurs servant d'objet à notre connoissance , et nous irévélant l'existence et les propriétés des êtres qui nous. sont étrangers ^ il s'ensuit que nous avons en nous non-seulement ime intelligence qui nous donne ces connoissances extérieures , mais encore des lumières immédiates qui nous instruisent de l'existence même de cette intelligence et de aea propriétés ; c'est ce phénomène de la conscienoe qui a été si complètement analysé par Locke ; et trop négligé par 8ea successeurs.

Il y a aussi des seutimens moraux primitifs , qu'on ne peut ni décomposer ni démontrer.

Ces vérités primitives sont inhérentes à notre être. L'intelligence de l'homme ne peut exister sans connoître y et par conséquent sans. la possession de quelques vérités.

Les facultés de l'esprit humain sont l'instrument qu'il applique à l'acqtdsition des connoissances , les idées sont les matériaux sur lesquels ces facultés s'exercent.

Nos idées sont dues à nos sensations, dont l'Ecole firançaise a perfectionné la théorie. On reconnoit généralement d'après elle cinq ordres de sensations , qui ont leur source dans nos cinq sens , mais il y a certainement en nous un sixième ordre de sensation très distinct des cinq premiers. Ce sixième ordre se compose de sensations toutes intérieures, comme les divers genres de douleurs , de bien-être , soit au physique, soit au moral, elles surpassent les autres dans l'influence qu'elles exercent sur nos Bacultés morales.

Les opérations de l'intelligence peuvent être un sujet d'observation,, aussi bien que les propriétés et les fonctions des corps organisés. L'expérience , la conscience et le sens intime , la connoissance des hommes, peuvent nous guider dans l'étude de ces phénomènes intérieurs , avec autant de sûreté que les

sens externes et les instrumens matésiels dans l'étude des phénomènes physiques > si d'aiUeurs on observe les mêmes règles f et si on suit les mêmes méthodes.

La philosophie spéculative refuse d'admettre les données de l'expérience , comme des vérités certaines par elles-mêmes , propres à servir de principes et de points de départ i elle donne au raisonnement et aux vérités générales un droit d'initiative ^ d'antériorité, et une préférence^ marquée sur les résultats dç l'observation et sur les vérités expérimentales.

Mais en refusant d'admettre .^u rang des principes les lumières de l'expérience , la philosophie spéculative ne peut recevoir comme des données les faits de l'existence , elle se place en avant de l'existence elle-même, c'est-à-dire, dans le vide et le néant.

Il en est de même du dogmatisme, à qui il ne suffit pas de savoir que les choses sont de telle ou telle mai^ère , mais qui veut enseigner comment elles sont ainsi : aussi il forme à son gré le monde et la matière , il ordonne le système des êtres ; les premières causes sont le seid objet de ses spéculations et de ses combinaisons. Â la vérité le dogmatisme, comme la véritable philosophie, cherche à lier entr'eux les phénomènes de la nature, mais il ne remarque pas que la seule manière pour nous de lier les phénomènes est l'expérience et l'observation ; un phénomène ne s'explique pas et ne se lie pas avec des idées, mais avec des faits. Le dogmatisme ne se contente pas d'être le témoin du grand spectacle de l'univers , il s'érige en interprète de la nature : voulant expliquer tout ce qu'il sait, il s'ensuit qu'il doit nier tout ce qu'il ne peut expliquer. C'est donc un e£Fet presque inévitable du dogmatisme de finir par établir des systèmes qui bannissent de la nature l'action d'ime intelligence supérieure. Il commence par établir le système delà nécessité , et l'intervention d'une cause intelligente dans un monde matériel étant ua mystère impénétrable pour la raison hiunaine, le dogmatisme qui veut tout expliquer, cherche

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