Tome III
82 fifCÇHU^
reste, on reipfirque <Ja^s ce chaos de (9}^^^^ ^e njiélange de la mytbolpgie grecque ^yec la mjtjio- Ipgie orienlalç , et on y retroijive epqorç Iç/s iii,ée^ qp^e nous avpns déjà eu occasi,on ,de |»resjenter foxf le convnepcement 4^ la civilisation , ^^ rjétab^i^- «ement de ragriçultnre et du quljte, çt snf l<e^ prepiers progrès des firts. P est prp^ablc ,qu.e jia pli;ipart de ces failles, et surtoiat Iqi ,dpr»ière, n^fmf. été inventées par les precs qu'à répoque où i^ allèrent s'établir dans 1^ Gyréijaïque soui^ la icour tduitç àç Pattus ; ipais la source de ^ inytl]i,Q),ogie jj'AiRinQ» appartieijt à TEgypte, et tpjfs îçs ipppjir jpfïens dç ^'i^ntiqufté pfouvçi^t dai^ pette pçp^^ion cpff^e dajis tou|:es les autres , qup 1^ fibyç « été le pays ij^termédjaire qui a sefji à ét^WfT U conir ipunicatipn des cultes que l'J^gypte iqvQ^ta $t que l^ Grèce adopta. Hérodote ^^^ cit(ç ime fpjile d'y,s^gei5 qpi ttpipnt passps de VEgyptç da^s ^ I^bye et de là dans la fGrrèce^ pt qui soi}t d^s pr^mff?^ in- ^ntestajîles de lacpi:^p^i^nication ep)tpe ceg Jr<>fsp^** Jl î^e laisse aiffîiin dou|^^; surtout ^uif jL'prigine 4u culte de •[upitep 4pipon ; a ^jfts Ai^o^ppus, fiitril, » ont un temple avec des rites qu'ils ont empru^té^ )> dp celui de Jppjter de Tbçbps } il y ft pn pUfet à )) Thèbes, une s^ati^p ^e Jupitef fiyep ijbq Jpjp de }) bélier ^^^ » Parlait ^leuf^ ^^^ xl^ç §tajuç§ de Jf^^pit^r en î^gyp^p, qw ^ipprpspn^çR^ pp^ dieu ^w
<*>Hërod., lib. IV.= <^>/i/., lib. IV, cap. 1 8 1 .= <»> A/. , lib. II, cap. 4^*
une t^ de bélier y il dit que cette coutume la passé T^es Egyptiens QUK Ammonéens. u 'Geux-iài^ djout^ » t41, sont en~ effet une colonie d'E^gqptifans et » d'Ethiopiens^ et leur langue tient le mîMeu ent^e » celle de ^es dédsc peuples. Je-ci^^ màne'qiii'ils D s'appellent Alnmoniens ^ parce que les^ËgyptîMs » donnent le nom d'Ammon à Jupiter. Les habi- Vf Hskïs de Thèbes- regardent;, par ^ette vais<^^ li^ » béliers comme sacrés^ et ils ne les immolent poinl;^ i) BKceipté lé jour 'de la fête de Ju{)itet ; e'est le teul » jour de Tannée oùils 'en sacrifient un ^ après quoi n tm le dépouifle ^ l'on rêvât de sa peau la «tatue » de œ'dieniy tous cetDLqui sont autour du.ftemple » se fitippént «n déplorant la mdrt du bélier* » Platon ÊLÎt tenir à peu pites le même langage àtrx |Hrdtres d'Ëgjrpte dans son Timée. ^^^
ikamasm >â€Ît le dieu partiicnlier de Tbè^és daifs l'Egypte supérieure j cette idlie^ d^les Egyptiens et méniie dans la Sainte Ecriture^ avoit reçu ^on nom de sa divinité tutélaire; éâe étoit appelée Amun ^*^ ou Amon^No ^^^ ou même No-Amun ^^^, c^eslrà-dire^ suivant rétj^ologie àga, mot et c9on interprétation donnée par Jablonski ^*^, Pars^tp^s* sessio Atmnonis ^^. Les Grecs appdbi^jwt sai^i^ëite
<*> Pkt. , t. Hl ,' p. 44.= ^ fférétti. XLVI ^ 35. <«,<»> tejfcè^ XXX , 19. = ^ Nabom. HI , %. ^ ^^ Jablonski , iPéMk. agypt, , lib. II , p. i€a.sfe ^' DàUis les lffayi^olo||^ dei-Cdfite»^ Thèbes est appeléeiocitf Ainmonis. --^ ^uadra^nta noçem mar^ tjrres senes in deserUs^ çuos SarèaHirucÈdatUnt'iUl'hctini ^Mm^ id est propter urkem Amun vel Bio^pélm. • j '
• 84 BACCHtJS
viilç Diospolis p ville de Jupiter, ce qui a «téiraile -par les Septante ^*^ j Ammon avoit à Thèbes un 'temple njagnifique qui, si nous > en croyons Àrta- : pdHuÂ' ancien écrivain, cité par Eusèbe ^^^^îxxt con- --stri^it par Génëphrèsroi de Thèbes, au temps de Moï^., àVfec du marbre tiré de la moutagpe voisine-, et dont les ruines excitent encore à présent 4^admiration , quoiqu'il ait été détruit par Cam- .Bysé. ...*;..
» ' La statiïe du Jupiter de Thèbes ou Ammon étoit irevêtue d'une peau de bélier^ dans le temple même on nourrissoit un bélier , vivante image d' Ammon, 'aiiquol on -rendoit un culte religieux comme à ^A^mon lui-même ^^^ : lorsque de Thèbes le culte -d'Ammon- passa dans la Libye, le simulacre de Jupiter Libyen ne différa en rien de celui de Jupiter «lëi'Fhèbes, c'étoit éga:lement un bélier, comme nous î'apj)î'end Saint-^Atlianase. ^^^ i Un fait renuirquable rapporté par Eustathe ^*^^ et par Piodore de Sicile ^^^, prouve encore la liaison du
i' «> Èieoh. XXX, i6. = ^^ Euseb., Prœp. Ev., lib. IX, te^\iy> . ^ . . . , •
P Ç^esl ce qui a fiait dire à Strabon ( lib. XVU. ) et à S. Clément d'Alexandrie ( Prorept, , p. a5. ) , Saitœ ovem colunt et jrheb0ei.^V\ïsA\\xs a conserve un fragment du sixièipe livre de Fetta^^^^^t JAoàove de Tarse ^ qui a traita du cdte des Tbébaius; on,!libJ;e8!n*%|fijt Qf«^ g^«*^Mm. £Pgy;?tà<m compellity religiose ovem vertierari^id ^si^ Jùyem jirnmàn^in» \ ...
8?AS^vAlhw»*i6.» <^m^' <^V. <?ie?t^e^,.p^ 20. =?= ^^ Eustath. Iliad. A , p. 128. = ^?\Dâod. Sic. , lib. II, p. 88.
DIONTSIUS. 85
jculte d'Ammon à Thebes et dans la Libye : du grand temple <Je Jnpiter à Thèbes on ti*ansportoit , suivant Eustathe ^ la statue de ce dieu et de plu- * sieurs autres divinités dans ITEthiopie, d'où Fon' passoit dans la Libye où se célébroit une féte qui duroit douze jours. Diodo^c de Sicile^ne *parle pas de la statue d'Ammon ^ mais du petit temple ou chapelle (veùç^ sacellum) de ce di^u, quel l'on transportoit le; long du Nil dans «là Libye et que Ton rapportoit' en Egypte, dju bout de qudques' jou^s : ainsi Amimon étoit une divinité commune aux Egyptiens y am Ethiopiens et aux Ly biens.' Cette çommui&ttlë;dtiicnlte d'Anunon entrée trois^ peuplés subsistoit encore du^temps de* l'empereur' Théodose ïe jeune ,' comme l'atteste Priseus. ^^
Les Grecs avoient fait, suivant leur coutume ; de Thebes en Egypte^ iJne fille de Jupiter : Jupiter ,^ disoient-'ils', avoit donné en présent à ïhébé sa fille deux colonabes qui parloient à voii humaine -j- Tune des dieux s?erivola en Épire dans la foret' dé^ Do!done,.où s'étant perchée au faît^ d'un ^and chêne ^ eUe.ordcmna d'établir en cet endroit un* oracle de Jupiter Pélasgique : l'autre' colombe vint en Libye où felîe. se' posa sur la tête du bélier , donnant un .pareil ordre d'établir l'oracle de Jupiter Ammon ^^^ : Hérodote explique cette fable par l'établissement en Libye et à Dodonç de deu'x oracles? de Jupiter Ammon, qui avoient été portés de Thèbes
^'^ Priscus , in Eclogis legationum, = ^ Seryius , /EnsUi./lll, vers ^66*
86 BAocuirS)
en. Egypte 4ans ccis deux contrées ^*^ j c^étoit des. prêjtres3^ qui r^ndoiçnt ceis oradest^ on en. a fait d^^qolomiheai, parce que les, prêtresses de œ temple* s'^ppelç^ient Peliades, eti que œ mot, dans, la langue, des. Th§$saUens 9 signifie égalefaent prophë^ tçsse etîColombiç, ^^^
Les: nQQ^briËmx veistig^ des lois, et; descoutumea* égyptiçp^es qv^i» ont été ohseryës.danslaiLili^e par H^o4<^te ^^^ et pajTi le^ antreS) éo'ivainsi de Fantiquité^, QOnSrmenti les a^oiennes traditions sur les^ étal^lisscme^i égyptiens qui ontéléfdrniés), désle^f: temp^ les pl^reçulésicliezilè^ peuples de cette coqtjrpej^ Il estihprs de doute queies pasteurs, aatemps' de leur domination. en Egypte, ayoiebt fondé des établissen^ens dans: la Libye; le, culte de Neptune apporté dans li Grèce par la .colonie d^Inachus ou deil^horonée l'an de ces pasteurs j^ étoit* originaire 4e la. I4bye : or, l'époque de l'iarriv^e de cette colonie dan$ la Grèce, est fixée par. Fréret- à l'an ig7^, et parLarcber à l'an 1986 avant J^G. Apollodofe dit qdk dans. le partage des étals 'de Belus^ Dan^^s.obtint la Libye ^^^. Nonnus ^ patie fort au Ipng du séjour de«Gadniiiâ«t/d'Harmoniedans cette ci^^éet : . suivant d'anciennes traditions^ Cadttius
<**H^rod,*, libi II, cap. 54. = ^ Serrius , £c/. IX,. i3.— Quç4 id0ojingi(ur , guia » lingud thessalid, Peliadeset columbie et v4Ui((f\atr^çs vQicaninir, ^, ^'^ Hérod. ', lib. H^ cap. i8^ == ^*' Apollodor. , lib. II , cap. I , fi 4- = ^^^ Nonnus , Dionjr^. , |ibiXIII, V. 535.
avaht que de passet dans la Grèce, avoit formé quelques dolobiës sur les côtes de FAfrique, le souvenir de ces doloûié^ sùbsistoil encôi'e au temps de Pro— Cope et d'EuJsèbe, daiife les lieux ménle qui en avoient ëtë lé tbëâtre ^*^j à cette occâsîoii, Nonnus rapproche les' fables grecques sutBacchus, des fables libyennes et de celles d^Ammoh. U fait entrer les Libyens, et todè lès Africains dans l'expédition de Bacchus contre lès Indiens j la fable de Bacchus^ racoiltée par Diddbre de Sicile et par Servius^ c[ue nous venons de rapporter, a le m^e fondement que celle d'Hërciilé racontée par Hérodote. Cette dernière appartient aux prêtres égyptiens, et c'est sur elle que les mythologues grecs, et à leur imitation les Romains, ont calqué la première ^\ La statue d'Eléphantiné, décrite par Eusèbé ^^ qui représentoit les phénomènes naturels de l'Egypte au priatemps, eistla source où les Grecs ont puisé l'idée de leur fable du bélier faisant jaillir la source d'eau j: car le signe du bélier annonçoit les crues du JNil , comme il est , dans les autres clipiat^ , 1^ signe de l'humidité qui accompagne le printemps. Les Arabes, avoient auàsi adopté ces idées et créé une fable suc ce fondement. ^^^
De la Libye le culte de Jupiter passa, comme nous l'avons vu, dans la Crète où les Grecs placent la
^''^Frocop., de BelloyandaL^lih. II,cap. lo.— Euseb*, CArv/i., P* ï 1.=^ Jablonski , Panlh. œgypL , lib. II, cap. 2 , p. 169.= ^> Euseb. , Frœp. Ev. , lib. III , cap. 1 2. = ^*> Murladii , Liber de Mirah'dibus -^gJT'''» P- ^3, 23.
88 BÂ.CCHUS
naissance de Jupiter -, de cette île , et des autres îles de la mer Egée, il se propagea dans le continent de la Grèce ^^^ : quoique les Grecs eussent en général substitué leur Jupiter foudroyant à rAmmon des Egyptiens e% des Libyens , on retrouvoit encore ce nom et ces formes dans plusieurs parties de la^ Grèce ^ surtout dans la Laconie^ en Arcadie et en Elide. Les Lacédémoniens qui. avoient un temple d'Ammon A Sparte, paroissoient à Pausanias être ceux qui avoient le plus consulté Toracle d'Anunon établi en Libye; les Eléens, dès la plus haute antiquité, avoient eu recours à cet oracle, et dans le temple de ce dieu, en Libye, on conservoit de petits autels et des inscriptions qui rappeloient leurs différentes consultations et lés réponses qu'ils avoient reçues ^^^ : aussi cps peuples ne se bornoient pas au
^' Pasrpli^é , mère d'Amrnon^ avoit un temple dans la ville de Thalames en Laconie^ et un oracle qui ëtoit en grande ve'nërètion ( Plut. , in Agid. et Cléom, , p. 799 , 807. ). Cicdron parle d^ cet oracle dans son Traité de la Divination (lib. I, cap. 96. ). Dans ce temple on trouvoit deux statues , celiâ de Pasiphaë et celle du soleil : on y trouvoit aussi une fontaine sacrée.
^^^ C'est pourquoi la Haute-Egypte ou la Thëbaïde ëtoit mieux connue des Grecs que la Basse-Egypte, sui* laquelle ils n'ayoient que des notions fondées sur des rapports 1res incertains. L'Egypte ëtoit un pays fermé a tous les étrangers ; on ne leur permettoit pas de débarquer dans ses ports ^ si ce n'est dans^ceux au midi de l'île du Pbare , parce que cette côte ëtoit inhabitée : il n'y avoit qu'un mau\ais village nommé Rbacotis^ situé dans le lieu mémo où Alexandre fonda sa nouvelle ville. Psamméticus^ qui régnoit vers l'an 671 avant J.-C. , est le premier roi d'Egypte
culte des divinités grecques, ils sacrifioient aussi aux divinités des Libyens^ à Jupiter Ammon , à Junon Ammonienne , et à Paramnon le Cadniille Lybien.
On retrouve encore» dans ce culte le système théologique des Egyptiens , la triade mystique f Jupiter Ammon ^ Junon Ammoniennc et Paramnon sont les mêmes divinités qu'Osiris , Isis, Horus , ou Bacdius^ Gérés et lacchus: aussi Diodore de Sicile ^*^ dit-il qu'Osiris étoit- le même dieu qu'Ammon, aussi trouve-t-ron ces vers dans l'oracle de Glaros :
Die omnium deorum supremum esse lao y Quem, hiem^e orcum dicuntj ineunte autem Fere Jovem>^
Suivant Ëustathe, le mot Ammon signifie père^^, et suivant Hécatée , germe ou dieu caché qui se manifeste au-dehors. Hécatée d'Abdère dit que «les » Egyptiens se servent du mot Ammon y conome » d'un nom qui est de $a nature appellatif ^ que ce » peuple qui croit que le premier des dieux est un » dieu caché et inconnu , Finvoque et le prie de se » découvrir à lui , en lui disant Ammon ^^\ » Suivant Manethon y le mot Anunan signifioit secret y ^
qui ait ouvert aux Grecs l'entrée de ce pays. Tandis que dès les premiers temps , allant consulter Toracle de Jupiter Ammon , . les Ammonéens , colonie égyptienne ^ avoient conservé un grand commerce avec ceux de Tlièbes , et avoient donné aux Grecs la connoissance de la Thébaïde. (Plut. , delsid. et Osir., p. 354.) ^' Diod. Sic. , lib. I , p. 22,= ^ Eustàlh. , in Dionys, , p. 2 1 2. = ^^ Plut., Traité d'Isis et Osiris.
caché , ârcanum occidUimque. Jablonski ^*^ fait observer aU sujet de rinterprétàtion' qUfe Manethoû donne dh mot Amoun ou que ce prétté ëgyptîen s'est trompé ou que Plutarque n'a pas saisi- le vrai sens de son explication , que ce mot n'éxpriiné pas précisément Faction de se cacKer^ mais celle de passer des ténèbres à la lumière ; il ajdtltë que l'interprétation d'Hécatée est beaucoup pltis confSbrnie à la doctrine égypliennci Suivant Jatnbliijuê ^^^ , le nom et là forme du dieu Amilion» expriind là force intelligente et organisatrice qui se dév^oppé dkns la nature^ s'unit à la matière > laquelle unions a pour résultat Torganisation des êtres ^^^ Eosèîîe nous représente le bélier de* Bacchus s'unisfeàtft ait soleil pour faciliter raccoucbeinent de la natùre^*^ : ainsi le bélier passant à Féquinoxe du printeiîiiips étôit devenu Femblémè du soleil régén^rateui' ^^\ Le bélier lîguroit aussi dans> lès mystèi^es de Cérès , dans le seiû de laquelle Jurpiter j^te les testicules d'un bélier, pour donner' nais^aifïcéà'Proserpine.
^*^ Jablonski, 'FàJiîh, œgjrpU^ lib, II, cap. 2, p. 180.' = ^^Janiblic., de M/ster^^ ca^. 5g.
^'^ Per Amun Mgyptii intellexerunt vint occultant toti naiurœ insààm, ffœc igitur* illîs deus prînceps ac summus, nempe Pan y nomen aliudy sed idem^numem (Vossius-^ de Physiologia christiana etThéolàgia Gentili, lîb. "VII, cap. 2 , T. V, p. 720. )
^f^ Euseb., Prcep, Ev^ , lib. IV, cap* 9,- pi 58. = ^^ Jupiter Amun est symboUim salis efficientis œquinootium vemale. (Jabl., lib. II, cap. 2, p. 169. ^
DIONYSIUSw 91
le p. Kircker ^^ cite ce passage d'Abnephius au'teur Arabe: « hes Egyptiens ont divisé le oerde du* » zodiaque en. douze forts ou constellations , dont » le premier est occupé par le (felier ( Arîes )i Le » dieu bienfaisant qui y préside est Ammon qui est » chargé de toutes les choses d'ici^bas ^ telle» que n les éléniens9lesraiiimaux>. leurs propriétés^ leurs » opérations , eta » > Jupiter Anunon . étoit la même divinité que Bacchus^^et Osiris son prototype. Dans File de Crète ^ Jupiter est nourri par Amalthée^ comme Bacdius<]ans la>I4bya; suivant^Phurnutus, la corne d'AmalthéeétCÛt remplie des bienfaits de Pan,^^^ et' étoit un de ses attributs. Gomme mère de Bacchus^. dans la théologie «des lUbyens:^ la statue d'Amalthée était surmontée de la vigne, et on pratiquoit dans ses fêtes beaucoup de bboses relatives au culte de son fils^ Les femmes en célébrant cette fête, couronnoient leurs tentes de branches de vignes. Comme nourrice de Jiipiter, elle devoit donner du lait au dieu •enfant j c'est pourquoi le vin porté dans son temple^ chez les Romains, devoit s'appeler du lait. Pans les fêtes de la boiuie déesse y on permettoit des libations de vii»;. mais il falloit l'appeler' du ; lait' et couvrir» l^vase qui codtènoit cette liqueur ^^K Ainei, dit Mâcrobe , là liqueur avec
^*> Kireker , OBdip. Mgypt,,, Tl II, part/ a, p. 170.
^' Suivant d'autres tnaditioii», Amalthlée ëtdit femme dé Pan, dieu de la génération et un des compagnons de Bacchns ( H^g . lib.II, cap. 14.) = ^^ Plut.^ Qatest^rôm., Ti II, p. 268. — Arnob. , adçersus GenteSj lib. V ; p. i68.
ga BÀCCHUS
laquelle on faisoit des libations^ désignoit tout ensemble Baccfans dieu du vin, et sa mère dont le lait nourrit Bacdius et Jupiter. Çétoit du vin réellement et du lait nominativement, c'est-à-dire^ sous Texpression mystique,- on enveloppoit le vase qui le contenoit pour, déguiser sa nature ^*\
lia cjiévre, chez les Romains , étoit appelée bonum numen ^^^ le lever de Tétoile de la chèvre Amalthée, donpoit le signal de la célébration des fêles de la bonne déesse, ou la déesse de la fécondité, dont les mystères , dit Plutarque , avoient de nombreux rapports avec les cérémonies de Bacchus, dans lesquelles le bouc et la chèvre jouoient un grand rôle ^^ Les anciens avoient établi de grands rapports entre la canstellation de la chèvre Amalthée et la culture de la vigne; ils lui sacrifioient pour détourner ses fâcheuses influences sur les raisins. Sa statue étoit en consé-
^'^ Macrob. , Satum ^ , lib. I , cap, i2 , v» ^ i5« ^' CeUe idée du génie bienfaisant , appliquée à la chèvre y est consacrée dans les monumens des Indiens^ comme on peut le voir par un manuscrit de la Bibliothèque royale , où sont dessinés et enluminés des figures qui représentent les incarnations de Yichnou. On voit souvent ce dieu avec une petite chèvre sur le doigt : il est représenté dans la figure première sous le titre de dieu bienfaisant qui domine sur le monde ; il porte sur un de ses doigts une petite chèvre. A la table trente-deuxième on voit Isproun , dieu bienfaisant , descendre du ciel pour exterminer le rapustre Tiperant qui ravageoit la terre j \\ tient d'une n^aii^ la petite chèvre, et de l'autre il perce le monstre son ennemi. (Dupuis, Origine des cultes ^ T. Il, p. i4^, i4^.} ^> Plut., Vit. Cœsar. .
DÏONYSIUS. q3
quence élevée dans la place publique des Phliasiens^ qui Fhonoroient comme mère de Bacclius. ^*> La mythologie d'Aristée à qui Jupiter confia Féducation de Bacchus après sa naissance ^^> , appartient à la théologie libyenne. Cet homme , disent les mythologues , recommandable par son génie , sa sagesse, son intégrité et sa haute science , étoit né en Libye ^^K Nonnus le prtsente comme un des principaux chefs de Tarmée dans la guerre des Indes où il joue un grand rôle, et où il commande les Africains, Dans la Grèce son histoire se rattache à celle de Gadmus , et elle donne une preuve nouvelle de la communication des deux pays et de la haison de leurs traditions reUgieuses^ étant venu de la Libye dans la Béotie, Aristée épousa Autonoé ^*> fille de Gadmus de laquelle il eut Actéon si célèbre dans la mythologia grecque. G'est surtout dans l'histoire d' Aristée que Ton voit se développer d^une manière plus étendue ' et jplus marquée que dans aucune autre peut-être , le système des anciens sur l'union de3 cultes reUgieux , de rétabhssemént de
^*^ Pausan. , -Corinth, , p, 56.
^^ Suivant les traditions libyennes , Ammon , pour éviter la jalousie de Bhéa^ fit élever secrètement Bacchus^ par Njse fille d'Aristée , dans un antre près de la ville de Njse. Apollonius de Rhodes donne aussi pour nourrice à Bacchus la fille d' Aristée mais il la nomme Macris , et il dit qu'elle Talaita et Féleva dans l'île d'Eubée.
^^Diod.Sic, lib.111,.569. =<*'Dionys., lib. V, p. i53. — Servius, in G^a/Tgr. , lib. I, v. i4«— Pausan. , lib. X, cap, 17.
94 BACGHUS
l'agriculture et des arts ^ et des premiers bienfaits de la civilisation. Kfrès la mort de son Acteom ^ Aristée cédant k sa douleur quitta la Seotie^ «t les mythologues grecs lui font parcourir divearses coutréesj partout il civilise les hafadtàtistou id leur &àt faire de ttouvdyies découvertes, parfcCMft il forme 4es établissen»ens uitiles. Dans l'Ile de Géos où il se rendit d'abondé il iu^eitta l'art d'^ver les abeiOes et de taire le miel, de cuJiiTer Tolivier et d'en extraire l'builie^^^ 'U enseigna la maniée d'iélevelr des troupemix ^^ y jbkomdeur qu'il partagea avec les dieux ^ Jupiter lui-même ^eut le smrnoand'Aristée^ Af^oQon ^ Bacdbus reçurcart le surnom ^^jigresHs^ Pasho^ ralis. Il apprit aux habitans de c^Aeîle à.sacciâ^ àrla canicule 9 sacrifice qu'ils répetoient lous les ans, et par lequel ils croyoient obtenir les vents ébésidiK qui tempèrent les ardeurs àe la cameule^ fc''est pourquoi les poètes^ les mythologues dJfsoienftqtx'Aristée ramenoit les vents été^ôens et que c'est lui qui avoit procuré ce bienfait a^x mortes : il éleva un temple à Jupiter Pluvieux ^^ On disoit m^é d'Aristée qu'il avoit appris aux hommes à connoître le lever et le coucher des astres qui pouv^ûent les diriger dans les travaux de l'agrieiilture, à observer les solstices et le lever de Sirius ^^^ ; dans la Sardaigne et dans la Sicile, il enseigna Fart de cultiver^
<»> ApoU. Rhod. = ^ Pindar. = ^ ApoU. Rhod. , Argon. , cant. II , V. 55o.— Hygin , lib* Il , i« Boote. = ^ Justin , lib, XM I, cap. 7.
la terre et plusieurs autres choses utiles à la vie : il f i4 lu^s i^ji raipi^ .des die^^. U étoU hottOré à Syracuse daf^s le meioe I;^iif4e <fue Ba^chus ^^^ : daus la Tl^çe, i^ apprit 4e Baccbus ses myAètea et tou^s ses aujbre^ d^cojçiyertes; il avoit^ nourri par jleç xiy^h^ qui l^y^i^J^ in^^Uât daos toutes les part^ies d^ Y^gpimlUàv^ y et q:oi luî dûanèeept troi» nQius^ ]^iU>0Ûoçs^,Agriéus, Ari^bée ^^^Suiivaiijt d'autres traditions y 1^ M\u^ies ^^ \m enseignèrent l^agiicui^ ture^ la diviiM^Uju^i > et la méà%éu^ : aussi rempUsspit-i^ k l'af Dpié^ 4p Baçdxus les fonctions de Médecin ; il admi^if tTpi^ l^s remèdes poyur ks maladies et '}\ jg^érissoit les plaie^. Suivant Piadtre ^ Aristée civilisa ^^^ parfje de \^, jÀhfe jet lui d(Muia des lois; il fut le pre^nipr q^i ^nunala diss bœufs aux dieux ^ ce ({ïx} a jéte attribué k Gécrops et k VvoïoéXhée ^^ : entiii Afi^tée disparut a^^i^ yeux des hommes sur le mont Hé;^^s ^^^ , et à cause de ses bienfaits en^ vefs le genr|3 jbiumain et des comniodités de la vie qu'il lui avoit procurées y il fut placé au rang des dieux et il reçut les honneurs divins de toute la terre ^^\ Ce personnage mythologique ^st comme
^^ XiC^ apciens artistes, inapir^s par Pindare, ont fait plii« rieurs belles statues d'Aristée (Pindar., Pyih. i4*)* ^Ue qui ëtoit dans le temple de Bacchus à Syracuse avoit éié entera par Verres, et faisoit partie de sa galerie. ( Cicer., Ferr, 4» p. 279,280.) '
^ Apbll. Rhod. , Argon. , cant. II , v. Soi.. = ^^ Diod. Sic. = ^^ Euseb , in Chronic. = ^^ Diod. Sic.
^> Diod. Sic. — Virgil., Georg.^ lib, I. •— Id. , lib. IV. -r
gG BAGCHUS
tous ceux dont on a fait le symbole des premiers progrès de la civilisation : il parcourt toute la terre, il verse sur les hommes ses bienfaits , et il reçoit Fimmortalité pour tant de services rendus à l'huma- . nité. On a chargé le nom d'Aristée comme celui de tous les personnages de ce genre , d'une foule de fables quelquefois contradictoires qui appartiennent à des temps et à des lieux diffërens y c'est un chaos pu chaque peuple a jeté ses traditions : aussi distingue-t-on plusieurs Aristées.. Néanmoins toutes ces traditions et tous ces personnages ont le même caractère, l'établissement de la civilisation,* du reste la fable d'Aristée^et de Gyrène sa mère, me semble être une création des Grecs, qui allèrent s'établir sur le mont Gyra en Libye sous la conduite de Battus qui lui-même s'appeloit Aristée, et qui n'avoit le surnom de Battus que parce qu'il étoit bègue. L'imagination féconde des Grecs aura été facilement excitée par le nom du lieu qui leur avoit servi d'asyle et du chef qui les conduisoit.
Gormanicus ^in Phœnom. Arat. ) dit qu'Aristëe possëdpit tous lés arts , et que les Anciens le placèrent dans le ciel sous le signe du verseau , ce qui tient aux idëes des Egyptiens sur le Nil , qui commençoit'à déborder au lever de l'étoile Sîrius, qui fait partie de la canicule.
DIONTSIXJS. 97