‹ Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force ..., Volume 3Chapitre 9 sur 39 · III. Mythologie de Bacchus ou Dionysius dans la Lybie · texte numérisé non relu

III. Mythologie de Bacchus ou Dionysius dans la Lybie

Ce n'est pas seulement de l'Inde , c'est de tout le monde connu que Bacchus fît la conquête, suivant les traditions rapportées par une foule d'écrivains ^^^ Hermippe cité par Hygin ^^^ , raconte que lors de

^^ Lacroze , Hist, du Christianisme dans les Indes. = ^2) La^. glès , Discours sur les monumens de VIndostan, == ^^ SchoL ÂpoU. Rhod. , cap. II , v. 906. — Eustath. , in Dionys, Perieg, Y. ii53.— Hyg., Astron. II. = ^*^ Hyg. , .4slron,Ti%.

j6 hhccBVs

l'expédition de Bacchus en Afrique y il arriva avec son armée dans un lieu appelé Ammodes à cause de la poussière dont ce lieu étoit obscurci ^^^ : il naanquoit absolument d'eau et son armée étoit dans le plus grand danger; tandis qu'il délibéroit sur le parti qu'il devoit prendre, le hasard amena à la vue de Tarmée un bélier errant ; les .soldats quoiqu'en proie aux horreurs de là soif, et accablés de la poussière, se mirent à la poursuite du bélier et le suivirent jusqu'au lieu où fut bâti dans la suiie le temple de Jupiter Anunon: étant psu^venus là, le bélier leur échappa, mais ils y trouvèrent , ce qui étoit bien plus précieux, une grande quantité d'eau ^^. Us allèreût annoncer cette heureuse nouvelle à Bacchùs, qu'elle combla de joiej il y conduisit aussitôt SQ$ soldats, y bâtit un temple à Jupiter Ammon , et y fit élever une statue avec des cornes de beliei*. Le bélier fut placé parmi les astres , de telle sorte que lorsque le soleil seroit dans ce signe , tout reprît une nouvelle vie , ce qui arrive au printemps^ parce que la fuite di;i bélier donna

^'^ Flîne donne la m^me ëtymologîe att mot Ammon ( Fini. , Sist. Nai. , lib. XII.).SextiisPQaipeius Festus (Itb. YilL.) cd»firme cette ëtyinologie.

^ Il 3f avoit près dy. templ« de Jupiter Aminoo une fiônlaiod que l'on appeloit la Fontaine du Soleil , c'est la même que le bélier envoya par Jupiter > &t eatuioîlre à Baieeliufi , et d'ob il aofflit une geande aboadaace d'eau» Tous ks> anciens ont parle de cette loaiaiiie et de ses phënomènes extraordinaires. ( Poin-* ponius Mêla, lib. I^ cap. 8.'<-LQcret.,iife r^/'viiit /lotom, lib. VI. )

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une vie nouvelle à Bacchus. Le dieu voulut qu'il fût le premier de» douze signes , parce qu'il fut le meilleur conducteur de son armëej Hjrgin cite encore sur la statue de Jupiter Ammon^ ce passage deLëon qui écrivit surTEgypte. ce Lorsque Bacchus rëgnoit sur l'Egypte, dit Lëon, il enseigna aux premiers hommes les arts nécessaires à la vie; un ceHain Anunon arriva d'Afrique et lui amena un grand nombre de troupeaux : Bacclms fut teDement pé- Tiétré de reconnoissance ^ qu'il lui donna le pays i^îsin de la Thèbes égyptienne; les statues d'Ahuuon le représentèrent avec des cornes en mémonre de œ l^enfait. Ceux qui attribuent l'invention de Part d'élerrer des troupeaux à Bacchus et qui prétendent qu'il fut conduit par le hasard chez Ammon y ont représenté Bacchustavee des cornes^ et ont dit que le bélier avoit été placé parmi les astres en mémoire de ce fait. »

Les Africains qui faabitoienjt les c6tes de l'Océa»^ soulenoient aussi que Bacchus étoit né parmi eux*; ils prélendloient que leur pays avoit été le théâtre de tous les ^q>loits que l'on raconte de Bacchus. ils avoiettt ra^me mie vilie appelée Nyse a laquelle ils appliquoicnt l'histoire de la naissance de ce dieu ^^K SiHvant une tradition rîq)portéepaTDiodore de &cile ^*^ , les habitans de la ville de Kyse en Afrique apprirent une grande partie des actions de Bacdms aa po^ Thymœlès qui.vivoit dm tempe

<*> Piod, Sic, Ub. lU, 5 65. = ** Diod. Sic., lib. § 66.

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d^Orphée : ce poète en fit le sujet d'un poëme intitulé la Plirygie , ouvrage recommandable par son dialecte et Fancienneté de son écriture. Il racontoit qu'Ammon roi d'une partie de FAfrique, et mari de Rhéa, sœur de Saturne et des autres Titans, étant devenu amoureux d'une belle fille nommée Amalthée^ en eut un fils dhine beauté et d'une force admirables , ce fut Bacchus que Jupiter fit élever secrètement dans la ville de Nysej craignant la jalousie de Rhéa , il lui donna Aristée pour gouverneur. Comme tojis les autres Bacchus, il découvrit aux hommes plusieurs inventions et surtout celles relatives à l'agriculture, il défit les Titans qui vinrent l'attaquer 3 son armée étoit composée comme celle du vainqueur de l'Inde, il fit avec elle plusieurs conquêtes en Afrique ; il bâtit le temple et la ville d'Ammon, y établit l'oracle de son père, et lui éleva une statue avec une tête de beUer , parce que ce prince portoit au combat un casque orné de cette figure. Bacchus entra en Egypte avec son armée ^ et parcourut ensuite toute la terre qu'il combla de bienfaits, donnant partout de nouvelles plantations et la civiUsation. Après avoir porté ses armes dans les Indes, il revint sur les bords de la Méditerranée, combattit les Titans dans l'île de Crète \ ensuite il fut placé au séjour des dieux : tels furent les exploits du premier Bacchus des Libyens. Le deuxième fut, suivant eux, fils de Jupiter et d'Io ; il fut roi d'Egypte et enseigna aux hommes les sacrés mystères ; le troisième naquit en Grèce

de Jupiter et de Sémélé; il fut zélé imitateur des vertus des deux premiers : ce dernier Ba échus recueillit la gloire des deux Bacchus précédents que le temps avoit effacés de la mémoire des hommes.

Le recueil des traditions Libyennes ou atlantiques, espèce de roman qui avoit été composé sur le modèle de celui d'Evhemère, et d'après le même système, donne encore d'aYitres détails sur niistoire de Bacchus en Afrique. Amalthée étoit une jeune nymphe quihabitoit près des montagnes Cérauniennes dans la Libye 5 Jupiter, après la naissance de Bacchus , fit la mère de ce jeune prince, reine d'un pays voisin qui avoit la forme d'une corne de bœuf et qui «toit un séjour enchanté. La terre étoit couverte de vignes et d'arbres et produisoit des fruits délicieux; on l'appela la corne d' Amalthée. Le* jeune Bacchus élevé par Aristée sous la surveillance de Minerve , montroit le germe des plus grands talents j bientôt son génie se développa. Il étoit encore enfant que déjà il exatninoit la nature du vin et l'usage qu'on pouvoit en faire , en exprimant le jus des raisins qui croissoient naturellement ; peu à peu il trouva le moyen de perfectionner la vigne par la culture et il répandit ses découvertes , persuadé qu'il obtiendroit l'immortalité par l'importance d'un tel bienfait. Le bruit de sa gloire parvint à Rhéa qui voulut s'emparer de sa personne : ayatit échoué dans son projet, elle quitta son époux infidèle et alla rejoindre les Titans ses frères j elle épousa Saturne l'un d'eux, et elle le détermina à déclarer la guerre à spn pre-

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mier époux Ammon qui fiât vaiûdu ^ et (^rchft un asyle en Crète où il épousa ,une des filles des Curetés dont le nom fiit donné à cette île aupamvaut nommée Idsea^ Saturne maître du rojaume d' Ammon ^ se disposa A conduire son armée contre Bacchus qui étoit à Nyse } celui-oi rassembla ses forces y et secondé de Minerve ^ il vainquit Saturne qui reçut une blessure dans le combat, de héros traita avec la plus grande humanité les prisonniers et les attacha à son armée ^ ils virent un dieu dans leur libérateur. Aristée son gouverneur donna le premier Texemple de lui sacrifier comme à une nour^ velle divinité.

Outre ses conquêtes^ il parcourut des déserts arides et infestés par des bétes féroces; car la destruction des monstres entrûit aussi dans son plan de bienfaisance envers l'humanité^ il en tua un terrible né de la terre , qui s-appeloit Kampé. Il marcha ensuite contre les Titans et contre Saturne sur qui il remporta une nouvelle victoire ; Bacchus donna de nouvelles preuves d'humanité envers les Titans vaincus, ce qui lui mérita enfin l'afiection de Rhéa et de Saturne. Après cette victoire il bâtit le temple d' Ammon, et il établit l'oracle de Jupiter Ammon j c'est à cet oracle que Bacdius s'adressa pour consulter son père sur la marche qu^l devoît tenir, et sur le plan de conduite qu'il devoit se faire, et c'est de cet orade qu'il reçut cette belle réponse, (fu'il ne pouvait prétendre, à FimmortaUté qiien devenant le bienfaiteur des hommes^ Animé par

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celte réponse , Bacchus s'empara de TEgypte où il laissa le jeune Jupiter à qui il donna Olympe pour précepteur. L'Egypte instruite par Bacchus apprit Parti de planter la vigne, de la cultiver , d'exprimer le jus de son fruit , et le secret de mettre en réserve et de garder les autres productions de la terre. Sa réputation de bienfaisance lui prépara le cœur de tous les peuples qui s'empressèrent d'aller au-devant de luij fidèle à ses principes, il parcourut tout l'univers , qu'il enrichit de nouvelles plantations ,• il s'attacha tous les hommes par des services signalés, et tons les peuples s'accordèrent à reconnoître son immortalité. Les Grecs, comme les barbares , tous éprouvèrent également ses bienfaits : à son retour sur les bords de la Méditerranée, il trouva les Titans qui se préparoient à attaquer Ammon j il vola à son secours accompagné de Minerve et des autres dieux. Il livra dans l'île de Crète un grand combat dans lequel périrent tous les Titans ; Jupiter alors Ubre et •tranquille s'empara de l'empire du monde , tandis qu' Ammon et son fils vinrent prendre leur rang aux cieux parmi les immortels. ^«

Cette fable appartenoit à la Libye qui étoit au midi de la Crète et au nord du temple d'Ammon : c'est du moins une conjecture que rendent très vraisemblable les rapports qui se trouvent entre cette fable libyenne et celles de la Crète; du

^*^ Diod. sic. , lib. I , p. 237 , ^^*l.

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