Tome III. i
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digjQo; mais s'il n'avoit pas fait construire de galères, il lui étoit défendu par là loi de demander cette récompense. La proclamation de toutes" ces couronnes se faisoit sur le théâtre par la voie du héraut: la loi ordonnoit de consacrer à Minerve la couronne d'or qui avoit été proclamée sur le théâtre. ^*^
§ X. Lacélébration des jeux scénù/ues avçitlieulejour de lafête des Chytres, — Duthédtre* — Les pièces dramatiques étaient particulièrement consacrées à Bacchus.'^ Des acteurs. — Ils étaient aussi consacrés^ à Bacchus,^ — De l*Odeunu
Il est certain, d'après le vers deux cent vingtunième de la comédie des Grenouilles , que les jeux scéniques qui avoient lieu le jour des Chy très , se célébrèrent au Lénseum , d'abord sur de simples planches que l'on dressoit pour cet usage, et ensuite sur le théâtre (AA), que l'on construisit en ce lieu après l'accident de Pratinas , ou plutôt lorsque la ville se fut embellie , car ce prétendu accident n'a d'autre garantque l'autorité de Suidas^. Ce théâtre, construit en pierre, étoit à Fangle sud-est de la citadelle : il étoit joint au temple de Bacchus^\ On ne connoît pas d'une manière précise l'époque où il a été construit; il étoit le plus ancien de tous, dit Pausanias ^^. Il y avoit dans la même enceinte deux petits temples et deux statues deBacchus; l'une étoit
^*^ Arlsloph., Ban. , v. 299. = ^Suidas, v. Oparcw = ^> Ulpian. Enar. , in Demasth, , Orat» C. Midiam. = ^^ Pausanias , lib. I y cap. 20.
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le Bacchus d'Eleuthère , l'autre, en ivoire et en or, étoit un ouvrage d'Alcamène. Les peintures qui ornoient ce lieu , représentoient divers traits de l'histoire de Bacchus.
On voyoit dans le théâtre d'Athènes les portraits de plusieurs poètes tragiques , et particulièrement ceux dTEschyle, de Sophocle et d'Euripide. La tragédie étoit uniquement consacrée à Bacchus; alors il étoit représenté sans la rohe syrmate , mais il étoit chaussé du cothurne, ainsi que les hacchantes^^\ La comédie étoit consacrée à Apollon ; c*est pourquoi les comédiens avoient coutume de dresser un autel en l'honneur d'Apollon au milieu du Pro^ce/znium^\ Ménandre appelle cet autel A>3Xtoçj néanmoins la comédie, chez les Athéniens , ne jouissoit pas de la même estime que la tragédie ; une loi défendoit à tout juge de Taréopage de faire des comédies, tandis que les auteurs de tragédies imprimoient une sorte de vénération qui tenoit du respect religieux. On les regardoit comme les favoris des dieux, on comparoit leurs poëmes et leurs discours au chant àes sirènes , on regardoit leurs vers comme une inspiration divine. On racontoit que^ les Lacédémoniens ayant fait une irruption dans l'Attique au' moment de la mort de Sophocle, Bacchus apparut' en songe à celui qui les comtnandoit , et lui ordonna* de rendre des honneurs àla nouvelle Sirène. Eschyle,
^^ SchoU Arist. , Ran. , v. 4o6.— Tacite , lib. II. = ^ Terent. , Andr,
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dans sa jeunesse^ s'ëtant endormi dans une vigne ^ Bacchus lui ordonna de composer une tragédie. La comédie ne fut pas d'abord admise y comme la'Jxagédie^ dans les fêtes publiques; les magistrats ne commencèrent à admettre des chœurs comiques que bien plus tard. Ceux qui jouoient la comédie étoient des acteurs libres et volontaires , qui donnoient ces représentations sans ordre du magistrat.
Le drame satyrique qui avoit un rapport plus immédiat avec le culte de Bacchus , tiroit son nom des «atyres qui en faisoient toujours l'ame et non de la satire qui a été bien postérieure aux poëmes satyriques, et qui, suivant Fexpression de Quintilien, étoit toute romaine. La matière ordinaire de ces pièces étoit Bacchus j comme la tragédie et ]a comédie informes, elle étoit née de la liberté des fêtes célébrées par les paysans. Les vendanges, le bouc immolé , les quolibets de villages , la licence des paysans assez conforme à celle des satyres, furent, dit le P. Brumoy , les sources des spectacles qui amusèrent a long-temps Athènes. ^^^
Le poëme satyrique n'a pris sa forme, comme la tragédie et la comédie , qu'à peu près dans le même temps et de la même manière , c'est-à-dire , au temps d'Eschyle et par ses soins. 'L'inventeur du dialogue est sans contredit l'inventeur de tous les spectacles de -son siècle. Les satyres et les silènes
^^ Carminé qui tragica vUem certavit ob hircum Mox^tiam agrestes satjrros nudavit. (Horat.)
composoient le chœur des pièces satyriques j Thespis, contemporain de Solon vers la soixantième olympiade, fut le premier qui fit paroitre des satyres dans son chariot , comme Horace semble le dire. La scène étoit conforme à celle des spectacles de cette nature, un rocher, un antre, des pâturages, des troupeaux. Les satyres se couvroient de peaux de chèvres j les satyres et les silènes vieux étoient distingués des jeunes par des masques grotesques , vraies têtes postiches ayant Tair de celles des chèvres. Ces espèces de casques les distinguoient par la coiffure à longs poils ; une peau de bete couvroit néghgemment les satyres. Les silènes étoient ornés de fleurs artistement. tissuesj les' uns et les autres étoient quelquefois représentés par des acteurs grimpés sur des échasses, afin de mieux imiter leurs jambes gréle^s comme celles des boucs. Le spectacle consistoit ainsi que les autres , dans la poésie , le chant et la danse ; mais tout étoit plus gai dans le genre satyrique, surtout la danse qui avoit été de tout temps affectée aux satyres. Leur danse particulière se nomlnoit Sicinnis, soit à cause de Sicinnus son inventeur , ou du mot grec xt'yyjaiç qui signifie mouvement : aussi étoît-elle vive, ainsi que la musique qui n'étoit nullen^ent gracieuse, comme cela convenoit à un spectacle qui devoit se ressentir * du genre grossier des paysans ^*^ {ce).
Tous les habitans de TAttique assistoient aux
^*^ Brumoy , Discours sur le spectacle satyrique, 1
représentations théâtrales, et la boufibnerie des drames satiriques étoit faite pour divertir les paysans, en leur présentant des farces dans le genre de la joie grossière et agreste des campagnes.
n y avoit deux autres espèces de poëmes qui étoient destinés uniquement au culte de Bacchus , les dithyrambes et les iobacchi. Les lobacclies étoient plus ^impies et plus naturels que les dithyrambes, on les nommoit ainsi du mot iobacche qui entroit à diflFérentes reprises dans la composition de ces hymnes. Les poètes conservèrent même dans la suite, le genre dithyrambique, dans les pièces dramatiques qu'ils donnoicnt lors des fêtes de Bàcçhus ; dans la comédie des Acharniennes par Aristophane, l'invocation à la muse, Achamienne est dans le genre dithyrambique, on y trouve tout le désordre attaché à cette sorte de poëme qui étoit consacré à Bacchus (dd).
L'usage des jeux scéni^^ues étoit tombé dans l'oubli, il fut rétabU par l'orateur Lycurgue qui fil aussi achever le temple . de Bacchus auquel il présida en personne. Il ordonna que tout ficteur qui auroit remporté le prix dans la fête des Chytres, auroit le droit de cité : cette concession qui étoit nouvelle remit en vigueur un talent qu'on avoit néghgé faute d'encouragement. Une autre loi de Lycurgue portoit qu'on éleveroit des statues de bronze aux poètes tragiques, Eschyle, Sophocle et Euripide j que leurs tragédies seroient transcrites aux dépens du public , et que le secrétaire
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de la ville les liroit aux acteurs : le but de cette lecture étoit d'exciter leurs talents en leur faisant entendre ces chefs-d'œuvre de Fart.
Les acteurs eux-mêmes étoient consacrés à Bacchus, et comme les anciens soldats avoiènt coutume de consacrer leurs armes à Mars, les gladiateurs à Hercule , les bergers leurs flûtes à Pan, les femmes surannées leurs peignes à Vénus, ainsi les artistes, lorsqu'ils quittoient le théâtre, consacroient leurs masques dans le temple dé Bacchus ^*^ : les acteurs appelés rsxvîtai ^lowataytoi , artistes ou oui^riers de Bacchus y fôrmoient à Athènes un corps nombreux et important. Lorsqu'Arîstion favori de Mithridate arriva à Athènes , au milieu des acclamations du pe\iple tout entier qui attendoit de grands bienfaits de ce prince , tes ouvriers de Bacchus allèrent audevant de lui , le prièrent comme envoyé d'un nouveau Bacchus^ de se rendre à leur foyer commun, et .d'y être présent aux prières et aux libations accoutumées. On fit des sacrifices dans le terrain consacré des ouvriers de Bacchus, en présence d'Arislion, et les libations furent annoncées par un héraut, dans l'assemblée générale qui eut lieu le lendemain. Aristion engagea les Athéniens à abandonner le parti des Romains : « Non , Athéniens , » leur dit^il, ne voyons pas avec indifférence la » voix de Bacchus réduite au silence, le vénérable
^*^ Aristid., Fragm, apud Pkrynich,--r-Quisnam. dixeritpuer? Quod Bacchi tempïum , ubi personœ adpenduntur.
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» temple des divinités Eleusiniennes ferme , et les » écoles des philosophes sans maîtres et sans audi- » teurs ^^^ ! » Nicomachus, dans son Uithyie^ produit sur la scène un cuisinier qui Feroporte par sa fierté et son arrogance , même sur le corps des artistes consacrés au culte de Bacchus. Ce corps avoit un grand crédit dès le temps même d'Alcibiade^ comme on en peut juger par la faveur qu'obtint Tacteur Hegemon. Un insulaire avoit dirigé une accusation contre lui : Hegemon réunit le corps des acteurs et alla avec eux prier Alcibiadè de le protéger. Âlcibiade leur ordonna à tous de le suivre , il se rendit au temple de Cybèle où. étoit le registre des causes^ et eflFaça Vaccusation dirigée contre Hegemon. Karchonte offensé garda le silence !!! On donnoit des gages considérables aux acteurs qui avoient acquis une grande célébrité ^^^ , leur salaire se régloit sur le nombre de pièces qu'ils jouoient j dès qu'ils se distinguoient sur le théâtre d'Athènes, ils étoient reclierchés des principales viUes de la Grèce j elles les appeloient pour concourir à l'ornement de leurs fêtes (ee).
Le théâtre s'ouvroit de très bonne heure : à la pointe du jour, dit Eschine, Démosthène conduisit au théâtre les ambassadeurs de PhiUppe; aussi donnoit-on par jour beaucoup de pièces dont on ne peut évaluer le nombre d'une manière précise.
Le prêtre de Bacchus , en raison de sa dignité ,
Alhen. , Deipnos, lib. i3. = ^ Plut., inXBheton
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occupoit dans le théâtre, la place la plus distinguée ^^^ : en général les ministres des dieux avoient un grand crédit et tenoient un rang considérable à Athènes ; quoiqu'ils n'eussent aucune juridiction , ils avoient des prérogatives qui les distinguoient , leurs ministères étoient sacrés^ et leurs personnes inviolables.
Dans le voisinage du temple et du théâtre de Bacchus étoit TOdéum. Andocide ^*^ étant sur le vestibule du temple de Bacchus, disoit avoir vu plusieurs personnes descendre de FOdéon. Vitruve démontre que le portique de Mercure, le temple de Bacchus et FOdéum étoient placés à la gauche de ceux qui sortoient du théâtre; FOdéum avoit la forme d'un théâtre ^^^ , il fut construit par Périclès. Tous les anciens écrivains ont célébré la grandeur et la magnificence de FOdéum. Avant la constructiqp du grand théâtre ou son rétabhssement par Ly curgue , les poètes et les musiciens s'assembloient dans FOdéum pour y jouer et y faire représenter leurs pièces : c'est ce qui le fit appeler Odéum, du mot oMÎrj ^ cantus. On avoit placé à l'entrée une belle statue de Bacchus : les Archontes y tenoient quelquefois leur tribunal , et l'on y faisoit au peuple la distribution des bleds et des farines, comme on les distribuoit dans le Long Portique à ceux qui habitoient le Pirée. Le comble de cet
^*^ Aristopho Aan.^ v. 299.= ^ Andocid.> Oraf* in Mjrslen == ^^ Schol Arisl., ad Fesj^.
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édifice étoit construit des antennes et des mats enlevés aux vaisseaux des Perses , et sa forme imitoit celle de la tente de Xerxès ^". Cet édifice fut brûlé Fan de Rome 6iS8, quatre-vingt-six ans avant Tère chrétienne , pendant le siège d^Athènesf par Sylla. Aristion qui « défendoit la ville pour Mithridate, craignant que le général romain se servît des matériaux de rOdéum pour attaquer T Acropole ^^, y fit mettre le feu. Le roi Ariobarzane^ deuxième du nom et surnommé Philopator, qui régna en Cappadoce depuis Tan 690 de Rome, jusqu'en 708 , fit rebâtir rOdéum j ce prince n'épargna rien pour rendre à l'édifice, sa première splendeur. Strabon, Plutarque , Pausanias , qui ont écrit depuis son rétablissement, le mettent au nombre des plus magnifiques monumens d'Athènes: Hérode Atticus qui vivoi^ sous les Antonins , ajouta de nouveaux ornemens à l'Odéumj du moins c'est l'opinion de Wheler ^^ ; naais Stuart pense que l'Odéum d'Hérode étoit distinct de celui de Périclès : les anciens disent qu'Hérode bâtit l'Odéum en l'honneur de sa femme Regilla^ et non qu'il en restaura un ancien ^^\ Wheler prouve d'après le témoignage de Pausanias et par les circonstance; locales, qu'on ne doit pas confondre l'Odéum avec le théâtre qui
^*^ Vîtruv. , Lib. 5. cap. 9. — Tliëoplir., Caract ,cap. 3. — Plut. = ^ Appîao., de BeUo MUhrid. = ^> Wheler , T. II , p. i65.
^^^ Dans la supposition de Wheler > Fancien Odeum anroit éié à droite du théâtre de Bacchus , tandis que y suivant Vitruve , il étoit à gauche. ( Vitruv., lib. V , cap. 9. )
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s'appelle encore le théâtre de Bacchus. Dans l'orchestre de rOdéum étoit placé l'autel de Bacchus (pie Ton appeloit Thyinelé. Dans la partie antérieure du Pulpitum ou Logeum que Ton appeloit aussi Thymelé étoient assis les musiciens et les choristes^ comme on peut le conjecturer d'après quelques restes de sièges placés dans le roc, que Ton voit encore à présent au fond du Thymelé. Ces musiciaoïs prenoient le nom de Thymélici du lieu où ils étoient placés. « Les Thymélici, dit » Isidore^ étoient des musiciens de théâtre, qui » s'accompagnoient avec dea^ instrumens , des lyres » et des cythares. On les appçloit ThyméUci , parce )) que placés autrefois dans l'orchestre , ils exécu- » toient leurs morceaux de n^usique de dessus le » Pulpitum qu'on appeloit Thymelé ^^K » D'après le passage, du scholiaste d'Aristophane ( ad vespas ) , rOdéum étoit le lieu où se faisoient les répétitions des pièces de poésie ou de musique qui dévoient être jouées sur le théâtre de Bacchus. ^^^
$ XI. Importance que les Athéniens attachoient à la fête des Dionysiaques. — Lois et ré^i^nens pour leur observation. — Les distributions d^ar^nt au peuple se faisoient au, théâtre pendant les Dionysiaques.
Les Dionysiaques étoient une chose si importante chez les Athéniens, qu'on étoit 4ans l'usage de
^^ Isidor. , lib. XVIII , cap. 48. = ^^ In quo soliti fuerunt pœmata pronunciare ante illam pronunciationem in theatro.
(Compter le temps à partir de cette féte^^^ G'étoitpour ce peuple Fobjet de ses désirs, et le terme de comparaison pour tout ce qui pouvoit lui arriver d'agréable et d'heureux. ^^^
Leur solennité attiroit des spectateurs de toutes les parties de la Grèce et répandoit un esprit de vertige parmi les habitans d'Athènes j pendant plusieurs jours on les voyoit abandonner leurs affaires^ se refuser au sommeil, passer une partie de la journée au théâtre , ne pouvant se rassasier des divers spectacles qu'on y donnoit : ce plaisir étoit d'autant plus vif pour eux, qu'ils le goûtoient rarement. ^^V
Le respect pour ces fêtes étoit tel qu'il n'étoit permis de les troubler en aucune manière j un créancier ne pouvoit pas même exiger de l'argent de son débiteur; les Athéniens ûe laissoient pas punir dans ces solennités les injustices qui avoient précédé ; ils abandonnoient pour ce temps aux débiteurs condamnés , les biens adjugés aux créanciers par une sentence. Voici le texte de la loi rapportée par Démosthène : » Lorsqu'on célébrera les » fêtes de Bacchus, il ne sera point permis, dans les » jours consacrés à ces fêtes, de prendre des gages,
^*^ Ex eoferh tanUan effluxit temporis , quantum à Dionysiis. =^* Sperans ^ si pax esset, spectacula Dionjsiis celehraiurum iri. — Fœdera jucundissima et Dionysiis digna. — Oh Dionysia ! hœc quidemfœdera amorosiam et nectar reddent. ( Suidas^ v. Dionysia. = ^^ Barlhélemj. , Fbyage du J. Anacharsis, T. II, p. 197 , chap. II.
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M de rien exiger deceux même qui seront en retard M pour l'exécution d'une sentence j quiconque en- » freindra cette loi, pourra être accusé par ceux » qu'il aura forcés ; on pourra porter des plaintes » contre lui dans l'assemblée du temple de Bac- » chuS; on l'accusera conmie ayant violé la fête^ » on le jugera comme on juge tout violateur de la 1} fête. <*> »
Les insultes faites à Athènes à un simple particulier étoient poursuivies par les voies ordinaires; mais si elles étoient dirigées contre un homme public et particulièrement contre ceux chargés des' solennités religieuses , l'action étoit pubUque : une insulte faite à un Thesmothète , à un chorège, étoit punie de l'infamie > elle, étoit considérée comme étant faite aux lois, à la religion elle-même , et au dieu dont on célébroit la fête.
Il paroît que les désordres occasionnés par le tumulte de ces fêtes et par la jalousie des tribus et des personnages qui y recevoient quelque distinction, y avoiènt été portés à un tel point qu'on avoit été obligé de faire cette loi , car elle étoit nouvelle du temps de Démosthène.
La loi pour les mystères d'Eleusis étoit la même que pour les Dionysiaques ; un certain Evandre de
^^ GeUe loi ajoute : « Lorsqu'on célèbre les fêtes de la lune » et du soleil , il ne sera point permis , etc. » Ulpien remarque à ceUe occasion , que la fête de la lune 8e célébroit après les Dionysiaques , parce que la lune étoit la sœur de Baccbns ; que Ton sait ayoir été considéré comme le soleil.
Thespies fut condamné pour avoir violé les mystères , parce qu'ayant obtenu une sentence contre Menippe de Carie'dans une affaire de commerce, et n'ayant pu jusqu'alors mettre la main sur sa personne, il le saisit aux mystères de Gérés: on vouloit le punir de mort , mais l'accusateur qui étoit M^iippe lui-même , s'étant laissé fléchir , l'accusé fut seulement condamné à perdre la somme de deux talents que lui devoit Menippe, et à dédommager celui-ci de tout lô temps qu'il avoit perdu à Athènes pour ce procès. Le père de l'archonte Ghariclès qui étoit l'assesseur de son fils, alloit être condamné pour avoir lui-même chassé du théâtre avec violence, pendant les fêtes de Bacchus^ un étranger qui s'y étoit emparé d'une place; il mourut avant que de paroître au tribunal. Un certain Ctésiclès fut condamné par tout le peuple" à la peine de moH , parce qu'il célébroit les Bacchanales armé d'un fouet, et qu'étant ivre, il en avoit frappé quelqu'un qui étoit son ennemi j on jugea qu'il avoit violé la fêtc^ qu'il avoit eu l'intention d'outrager son ennemi, et qu'il s'étoit servi du prétexte de la- fête et de l'ivresse pour traiter les hommes libres comme les esclaves ^^\ Il étoit défendu aux étrangers de paroître dans les chœurs j cependant si Je chorège les ciloit quand ils étoient sur le théâtre , on le condamnoit à une amende de cinquante drachmes. S'il les forçoit lui-m^e de ise
<*> Dëmosth.> in Mid.
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retirer, l'amende étoit de mille drachmes : la loi auforisoit seulement le cliorège à citer devant le juge , avant qu'il parut sur le théâtre , ou après qu'il y avoit paru , l'étranger qui se mettoit parmi les personnages du chœur. Cette loi a le même principe, le respect pour ces solennités.
Ulpien prétend que pendant lès Dionysiaques on ouvroit les prisons, et qu'on permettoit aux prisonniers de se promener librement dans la ville.
G'étoit l'usage que dans les querelles survenues au sujet des fêtes de Bacchus, le peuple assemblé tumultuairement dans le temple de ce dieu, prononçât d'abord sur les délits qui étoient ensuite portés à un tribunal plus tranquille , aux Pry tanes qui s'assembloient le lendemain des fêtes de Bacchus. Dans cette assemblée on traitoit d'abord des objets de la religion, ensuite on s'occupoit de juger les querelles qui étoient survenues dans les cérémonies de Bacchus* ^^^
G'étoit au spectacle , pendant les fêtes de Bacchus , que se Êdsoient les distributions d'argent au peuple. Isocrate, dans l'éloquent discours qu'il composa pour faire sentir à ses compatriotes la nécessité de faire la paix avec les villes de Chio , Gos, Rhodes et Byzance qui s'étoient soulevées contre Athènes , ( ce qu'on appela la guerre des alliés ) , Isocrate reproche aux Athéniens leur conduite envers les alliés. « Geux qui nous gouvernoient^ dit-il, sembloient
^^ Démosth. f in 3fidiam.
» ne s'occuper qu'à nous rendre odieux ^ en vertu » de leurs décrets , l'argent qui restoit 'des contri- » butions des alliés étoit distribué à chaque spec- » tacle^ pendant les fêtes de Bacchus; les alliés » étoient témoins de ces largesses du plus pur de » leurs biens par des orateurs mercenaires. ^*^ »
L'argent ainsi distribué portoit le nom de 7%eorica. Comme il arrivoit souvent que dans les jeux des Dionysiaques, il^s'élevoit des rixes violentes, et que les étrangers s'emparoient des places tandis que les citoyens en étoient privés , le peuple d'Athènes décréta que le spectacle ne seroit plus gratuit et que chaque citoyen payerait sa place ; mais comme les pauvres soufFroient de cette mesure y puisque les riches en y mettant un prix élevé eussent pu prétendre exclusivement à ces places, on régla que chaque citoyen ne payeroit qu'un drachme , et on appella aussi cette rétribution TTiéoricon: il y eut un magistrat chatgé de la recevoir et il en porta Je nom. Eubulus, à l'approche des Dionysiaques, ayant distribué de l'argent pour les sacrifices , afin que tous les citoyens pussent célébrer la fête, et que personne ne fût privé du spectacle à cause de son indigence , on étendit le nom de Théorica à l'argent que l'on distribuoit au peuple , pour les spectacles, pour les sacrifices, et pour les jour^de fête. ^^>
^^ Isocr.y OraU de Pace, ^ss> ^ Soidas, v. Théorica,
Dëmosthène ^*^ , Plutarque ^^^ et Justin ^^^ , se sont élevés contre Fabus et le luxe des spectacles et des Bacchanales à Athènes^ fêtes qui ^ dit Démosthène y absorbent plus d'argent que vous n'en dépensez pour aucune de vos flottes^ qui surpassent en pompe et en magnificence celles du reste de la Grèce. « Le Ibnds des armemens de terre et de » mer y dit Justin^ se dissipe en jeux et en Têtes. La » paie du soldat se distribue au citoyen oisif, les » représentations du théâtre l'emportent sur les » exercices du camp. La valeur et la science mili- » taire ne se comptent pour rien , on n'applaudit plus » aux grands capitaines ; il n'y a d'acclamations » que ppu,r les bons poètes et les excellens comé- )) diens. m Tel est le tableau que Justin fait des Athéniens après la mort d'Epaminondas ; mais le passage de Plutarque où il fait le parallèle des généraux et des poètes, est bien plus remarquable , surtout par les détads qu'il présente. Plutarque fait avancer les poètes avec leurs instrumens de musique, enchantant: «Qu'ils se présentent, dit-il, » avec tout leur attirail , leurs masques , leurs » autels , leurs machines tournantes ( pour faire » descendre et monter les dieux, dit Amy ot) , et leurs » trépieds récompenses de leurs victoires ; qu'ils y » joiguent leurs acteurs, décorateurs de la tragédie » qu'ils parent à la manière des Sommes somp-
«** Démoslh.,/>Ai/ijti;7. I. = W Plut, de Glor. Athen. = ^ Justin , lib. I , cap. 9.