Tome III
On lit dans le Gorgias de Platon , que Micias fils de Nicératus et ses frères ^ àvoient donné les trépieds qu'on voyoit rangés de suite dans lu temple de Bacchus ; Nicias gagna la faveur populaire en donnant d^ spectacles et des jeux dans lesquels il sur* passoit en magnificence et en bon goût tous ceux qui l'avoient précédé et tous ses contemporains. n consacra aux dieux de nombreuses offrandes y et il plaça particulièrement dans le temple de Bacchus un petit temple ( Megarà ) et tdus les trépieds qu'il dédîa comme vainqueur dans les jeux ; car il fut souvent couronné et jamais vaincu. On raconte que danîs un chœur de tragédie dont Nicias faisoit les frais , il passa sur le théâtre un de ses esclaves habillé en Bacchus qui, encore dans la fleur de l'âge, «toit d'une taille et d'une beauté singulières. Les Alhéniens charmés de sa figure battirent long-temps des mains; iNicias s'étant levé, dit au peuple qu'il se croiroit coupable d'impiété , s'il retenoit dans la servitude un esclave que la voix publiqtie venoit de consacrer comme un dieu , ^ sur le champ il le mit en liberté. ^*^
Les Grecs portoient partout cet esprit de magnificence et de goût pour les combats dramatiques et les fêtes de Bacchus j à son retour d'E{(ypté en Phémcie , Alexandre fit des sacrifices et donnd ^es fêtes solennelles ^ où des diœurs dis-putérent le prix de la musique et de la danse, et où l'on combattit
**> Plm., Fit. Nie. , cap. 5.
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pour le prix de la tragédie. Ces fôtes fiirent remarquables non^seulementpar la magnificence de leur appareil y mais encore par l'émulation de ceux qui en firent les préparatifs. Les rois de Chypre avoient fourni à cette dépense^ omime le faisoient à Athèâ)ËS| c^ix qui y dans chaque tribu y étoient désignés par le sort ; et il y eut entr'eux une ardeur extraoridi^ naîre a se surpasser y mais personne ne se piqua de plus de magnificence que Micocréon y roi de Salamine^ et Pasicratés y roi de Soli. Le premier se chargea des fraies de Thessalus^ le second de ceux d'Athénodore^ les deux acteurs qui avoient le plus de célébmté à cette époque. Alexandre favorisoit Thessalns y mais il ne montra ^oh intérêt ^our lui^ qu'après qu'Athénodoré eut été prodamé vaiiiqueur4 Athénodbre ayant été condamné' à ràmëtide par les Athéniens^ pour ne s'être pas trouvé fiux fêtes de Bacchus^ pria Alexandre d'écrire en sa faveur; Alexandre n'écrivit pas, mais il paya l'a^ mende pour lui. Un autre acteur nommé Lycojq ^ de la ville de Scarphium, ayant eu le plusi. gvand succès sur le théâtre y inséra dans son rèle un ' vèm', par lequel il demandoit à Alexandre dix tàléhts : 'ëë prince sourit et les lui fit donner. ^*^
La fête des Dionysiaques exigeoit de grsinds irais^ les chœurs isolés surtout étoient très (jtUpi^QiUeupç^ ils coùtoient beaucoup plus que les choeurs de tr£hgédie ou de comédjLe* Testes ces dépenses étoient déterminées par une loi; chacun savbit" dWahlce
^•> Plut., nu Jlex., cap. 14.
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dans sa tribu ce qu'il avoit à faire. On ne négligeoît rien dans ces . fêtes ^ tout ëtoit prévu, tout étoit réglé. ^^>
. Pour. soutenir ces frais, on prenoit le»pius riche citoyen de chaque tribu ; et pour le dédommager de ses dépenses, on avoit statué que soh i^om^ avec celui de la tribu victorieu/s^ , s^joit gravé sur le vase à trois pieds qui demeuroit attaché à la voûte du temple de Bacchus(c^). Void une -de «es ànçcriptions tirée de Plutarque : La tribu, Antiochide remn porta le prix y Aristide Chorège Jit les frais. du chasur^ et le poète Anstarque composa hstàa^é-^ dies. ^^ . . / •
Dans le premier mois qui suivait la célélH*atîoii è^e& Dionysiaques, on nommoit ceux qui dévoient {pourvoir aux £rais de la fête pour l'année suivante;
^^ BémosÙÈ* y première PhiUpp^ ' ^ Cet Aristide consacra « ainsi que le fit Nicias , des trjépied» Sans lé temple de Bacchus , comme un titre de sa victoire. On a* donnée ce fait comme uhe preuve qu'Aristide étoit riche ^ mais il st.éVé dMoidtrë qde depuis la guerre des Mèdes, jusqu'à la ^i4^1a gperre du Péloponnèse , il n'y avoit dans les registres .^Q d^rax ^stides qui émissent remporté la victoire dans- les jeux qu'ils donnoient à leurs dépens , et Tun; et l'autre n'étoient pas le même que le fils de Lysimachus« Les Grecs disoient : Cet fiomme parle du trépied y lorsqu'on disoit la vérité; ce proverbe «A le "même que cet autre qui appartient également aux Grec^ : ^yin vérité: Ce ttépîed étoit proprement le trépied de la vérité ; jc'^tbi^ une e^ce de cratère qu'on appeloit £eMa5 : il étoit propr^ k Paççhu^^ cause 4^ la vérité qoi suit l'ivresse. ( Atheni^ Ûb. II.» cap. 2.
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c'etoit alors qu'on nommoit aussi les édile^ de chaque tribu. Sous l'archonte Callias^ on régla que ces frais seroient supportés par deux chorèges au lieu d'un; ce qui donna à ces jeux plus d'appareil et plus d'éclat, en donnant les moyens d'en augmenter les dépenses.
Les hymnes et les chœurs avoiént été établis pour les fêtes de Bacchus^ non-seulement d'après les lois relatives aux Dionysiaques, où l'on avoit consacré les rites antiques , mais d'après l'ordre àes oracles qw tous enjoignoient aux Athéniens de former des chœurs , suivant leurs anciens usagés , d'immoler des victimes dans les carrefours. Démosthène ^^^ nous a transmis deux de ces oracles; le premier étoit ^n oracle de Delphes :
« J'ordonne aux descendans d'Erechthée , habi- » tans de la ville de Pandion, qui sont fidèles a » observer dans les (êtes, les rites antiques; je » leur ordonne de ne pas oubUer le dieu Bacchus^ » de lui rendre tous ensemble, dans les carre- )) fi>urs^ les- honneurs accoutumés, d'inmioler les » victimes sur les autels, la tête ornée de fleurs.»
Le second étoit un oracle de Dodonç.
« Le prêtre de Jupiter annonce qu'il faut » immoler à Bacchus, protecteur du peuple, une » victime sans tache , l'honorer par des libations » et par des chœurs , faire porter des couronnes >^ aux hommes Ubres et aux esclaves qui s'abstîe»-
^*^ Bémosih, , in JYecr.
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>i droat de tout travail pendant un )our. » Divers autres oracles qui n'ont pas été cités par Démoathène, avaient été rendus sur le même objet.
i IX. Des divers combats littéraires en l'honneur de Bacchus.-^ Prix de ées combats.
Il y avoit en Thonneur de Bacchus des combats pour tous les âges , pour les enfans , pour les hommes faits et pour les vieillards. Chacune de ces parties avoit son organisation particulière, et cette organisation étoit la même pour cbadâne de ces classes j il y avoit le Prœbitor des enfans, comme celui des hommes faits et des vieillards : ce dernier chœur étoit composé de ceux qui étoient au-dessus de quarante ans jusqu'à soixante ^*\ Ainsi outre les chœurs de la comédie , de la tragédie et du drame gatyrique, on distinguoit dans les chœurs isolkés, les chœurs des enfans, ceux des jeunes gens, et ceux des hommes faits. Julius Pollux a prétendu que Tyrtée avoit établi chez les Lacédémoniens ces trois chœurs. Ce que J. Pollux attribue à Tyrtée , qudques-uns ont cru que Plutarque en faisoit honneur à Lycurgue j Ton sait qu'il entrait dans l'esprit des institutions de Lycurgue de favoriser l'art de la poésie , mais de cette poésie qui excitoit le courage , inspitoit un véritable enthousiasme^ et enflammoit pour les belles actions : le style en étoit simple et mâle , dit Plutarque ^^^ j les sujets graves
<*> Lois de Plat. , lib. I. = ^> Plut., Vit. Lycurg.
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et propres à former les mœurs... Dans les fêtes publiques^ ajoute cet auteur^ tous les citoyens étoient divisés en trois choeurs suivant les. trois âges difie-*rents ; mais Plutarque ne dit pas que cette division fût due à Lycurgue^ètMeursios ^*^ a très bien prouvé que ce n'étoit ni Tyrtée ni Lycurgue qui avoit inventé les trois chœurs des enfans^ des hommes faits et des vieillards , mais que cet usage étoit ancien à Sparte comme à Athènes : du reste chez ces deux peuples^ ces chœurs n'avoient ni la même origine , ni le même objet; chez les Athéniens c'étoit les rites perfectionnés de l'ancienne joie reUgieuse des premiers â^ges; chez les Lacédémoniens , c'étoit une ii^ ^tution politique au but de laquelle le législateur vouloit faire concourir la religion.
Les législateurs de la Grèce , voulant détruire les resjtes de l'ancienne barbarie et calmer une multitude inconstante et passionnée^ noa-seulement se servirent des moyens toujours puissans des fêtes et des réunions pubUques, mais encore ils encouragèrent la culture des arts y et les combats sur les ouvrages d'esprit entrèrent dans leurs moyens ; ils en firent une des principales parties defeurs solennités. U n'y a rien de si incertain que l'époque à laquelle ces combats furent établis : quelques-uns en font remonter l'origine jusqu'aux temps héroïques. Acésandre y auteur d'une lustoire de Cyrène, cité par
^^^ lUeursinSy MisceU, Lacon. flih, II, cap. lo.
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Plutarque**^, avoit écrit qu'A caste ^ aux funérailles <le Pélias son père , proposa un prix de poésie , et que Sybilla y remporta la victoire. L'on connoît le ^combat très douteux d'Homère et d'Hésiode aux funérailles d'GËlicus de Thessalie et d'Ampliidamas -dé Chalciis. Tous ces faits sont peu croyables sans doute j ce qu'il y a de certain > c'est que ces com- 'hatSy sans qu'on puisse déterminer l'époque de leur création , avoient lieu dans la plupart des jeux de la -Grèce. Dans le trésor des Sicyoniens^ à Delphes, il y avoit un livre d'or consacré par Aristomaché > -qui avoit remporté le prix aux jeux pythiques. Terpandre y remporta trois fois le prix de la lyre , qui consistoit à exécuter des odes et des élégies mises en musique par les auteurs eux-mêmes. Suivant une : tradition rapportée par Pausanias , les jeux pythiques consistoient anciennement en un combat de poésie et de musique , dont le prix se donnoità celui qui avoit fait et chanté le plus bel hymne en l'honneur du dieu . L'on connoit les victoires ranportées par Corinne <6ur Pindare à Tanagre. Il y avoit près d'Olympie un gymnase appelé Lalichmion , du nom de celui qiri l'avoit institué, et dans lequel pouvoient se présenter tous ceux qui vouloient s'exercer dans les combats littéraires de tout genre; mais les plus célèbres de ces cpmbats étoient ceux des fêtes de Bacchus. Suivant Plutarque, les poètes tragiques ne connoissoient pas encore ces combats littéraires du ^*^ plut. , Sjmpos. , lib. V, cap. 2.
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temps de Thespis, qui vivoil vers la soixantième olympiade^*^ Ce fat à peu près vers le retour de Solon à Athènes , de son voyage de l'Egypte ôt de FAsie , que Thespis donna une forme différente à la tragédie. UAlceste , une des premières pièces qu'il fit jouer, est placée par la chronique de Paros à la première année de la soixante-unième olympiade. On à prétendu que les marbres d'Oxford étoient en opposition avec l'opinion de Plutarque, qui dit que l'usage des combats littéraires dans les fêtes de Bacchus ne s'établit que du temps d'Eschyle et dePhrynichus. Alavérité cette chrbnique parle ^^^ de la première représentation d'une comédie dont Susarioi^ et Dolon Icariens étoient les auteurs : ils eurent pour prix un panier de figues et une barrique devin qu'ils emportèrent sur un char. Les marbres sont mutilés dans cette partie, la date de l'année et le nom de l'archonte sont eflFacés; cependant on peut placer cette comédie à l'époque de la premièi'e usurpation de Pisistrate à Athènes, c'est-à-dire, dans l'intervalle des années 610 et SSg avant J.-C, longtemps avant que Thespis eut ^ donné son Alceste, dont les mêmes marbres placent la représentation à Tannée 5o8 avant l'ère chrétienne ^^^ : on y voit aussi qu'il reçut un bouc pour prix. Ces passages de la Chronique ne disent pas qu'il y eut concours : il est certain que Thespis fit jouer seul sa tragédie d'Al-
^*> Plut. , VU. Sol. , J 4o. = <2> Chron. , Ep. 4o. = ^> Chron., Ep. 44.
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cesie ^ et cela peut d'autant moins être révoqué en doute , que c'est la première pièce qui ait paru , et que jusqu'alors il n-y avoit eu que des chœurs , et cependant la Chronique dit qu'il reçut un bouc pour prix : ce prix n'étoit donc que la récompense de son travail, et non le prix d'un combat. On peut en dire autant de Suirarion et de Dolon, pomme le prouvent les termes mêmes de la Chronique : Aihe-^ nis comœdia primum acta est in scena tabidata inventoribus Susarione et Dolone; il ne s'agit là que d'une seule comédie , dont Susarion et Dolon étoient les auteurs ^*^ L'opinion de Plutarque , d'ailleurs A vraisemblable, conserve donc toute son autorité. Les combats entre les poètes tragiques ne devinrent célèbres que vers^la soixante-dixième olympiade^ lorsqu'ils commencèrent à se disputer le prix par quatre pièces dramatiques , qui étoient comprises sous le nom général de tétralogies. Les pièces dont se composoit la tétralogie étoient trois tragédies et une quatrième appelée -satyre, telle que le Cyclope d'Euripide , la seule de ce genre qui nous soit restée. Plusieurs critiques ^^ prétendent que le sujet des trois différentes tragédies qui entroient dans la tétralogie avoient ordinaireïpei^t quelque chose qui leur étoit commun. Ainsi , la tétralogie d'EscI^yle ^
^'^ Il est naturel de penser qae les prix ne furent <^ablîs que lorsque ^émulation eut multiplie les poètes , et que leur nombre eut amène une foule de prétentions opposées , et consé- . quemraent des combats littéraires^
^ SchoL Âristopb. , in Nub.
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connue sous le nom d'Orestia^ a été ainsi ncMumce, parce que la première de ses trois tragédies étoit Agamenmon^ la seconde les Gœphores ^ la troisième k& Euménides; une tétralogie d'Euripide roula sur les afl&ires de Troie : ces tragédies furent Alexandre , c'est-à-dire Paris, Palamède et lesTroyennes : nous n'avons plus le drame satyrique intitulé Protée, qui étoit la quatrième pièce de cette tétralogie; ou bien ces trois pièces, quoique tirées d'histoires différentes , rouloient sur des faits d'à peu prés même nature, telles ^ont celles du poète Xénoclès qui, dans la quatre-vingt-onzième olympiade, obtint le prix de la tétralogie contre Euripide : il donna Œdipe qui tua son père, Lycaon et les Bacchantes qui égorgèrent leurs enfans, suivies d'Athamas, drame satyrique ^^\ Cependant cette règle n'étoit pas générale , car nous avons des tétralogies dont les sujets paroissent n'avoir rien de commun : par exemple*, on cite une tétralogie d'Euripide qui comprenoit Médée, Philoctète, Dictys et les Moissonneurs j un autre d'Eschyle comprenoit Phynée, les Perses, Glaucus et Prométhée ^*\ Sophocle fut le
^'> JËlian. , Hisl. Vâriœ., lib. II , cap. 8,
^ Celles qui étoient snr le même sujet ëtoient les plus eslimées ; on les regardoit comme plus diiEciles. On domioit h ces sortes de tétralogies un seul nom , celui du héros qui en étoit Tobjet ; c'est ainsi que Ton disoit 4a Pandionide de Philoclès , rOrestiade d'Eschyle. Les Romains n'imitèrent ])as les tétralogies , ils se contentèrent de fiiire sur un même héros une tragédie et une atellane* Ainsi on voçjroit le même personnage
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premier qai/dans ces dombats, commença^ à opposer tragédie à tragédie, sans faire de tétralogie : du reste ces combats entre les poètes tragiques devinrent si célèbres , que Thémistocle îmii:^ortalisa la mémoire de celui dans lequel Phrynichus et lui furent couronnés , par une inscription qui est venue jusqu'à nous ^^. Dans la suite, soit que les génies se fussent épuisés , soît que les Athéniens eussent conservé un goût exclusif pour les anciens poètes , on permit aux auteurs de porter au combat les pièces des anciens auteurs corrigées, et Quintiben assure que quelques modernes avoient été jugés par cette seule raison dignes de la couronne.
On ne connoît pas très bien les lois et les juges de ces combats, qui ont subi divers changemens, suivant Fusage et encore plus suivant la diversité des lieux et des temps. D'après Hésychius il y avoit cinq juges pour les pièc^ de théâtre , d'après Ludans les deux pièces; c'est ce. qui a fait dire à Horace : Verum lia risores , ita commendare dicaces Conveniet saiyros ^ Ha vertere set la ludo^ JVe quicumque Deus , quicumque adhibebitur héros , Regali conspectus in auro nuper et ostro , Migret in obscuras humili sermone tahernas , Aut dwn vital humum , nubes et inania captet. ( Ho rat., jért, Poetic, V, ii5*)
^*^ Plut. , in Themist, -7- Voici cette inscription : Thémistocle , du bourg de Phrear, éioit chorège : Phtyntchus avoit composé la pièce , Adimante éioit archonte.
Cette inscription ëtoit placée sur une table consacrée par Thémistocle , à Foccasion da prix même qu'il ayoit obtenu.
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cietiil y en avoit sept ^*^', d'après Plutarque dix (x) : ilséèoient tous tires au sort ^^^ ; il paroit même que dans les t^npâ anciens , le jugement des ouvrages de poésiis, de musique, .et même de peidture et de sculptiure, étoit abandonné à la multitude : celui des Qoncurrens pour qui plus de mains s'étoient levées en signe d'approbation étoit déclaré vainqueur. Cet usage fut sagement réformé >: on nomma des juge^, et il ne. resla.de l'ancienne coutume que ce qu'il étoit. bon d'en conserver , la présence du peuple à l'examen des ouvrages et a la proclamation des jugemens; ces juges étoient clioisis dstns chaque tribu ,^ ils avoient des places distinguées y ils étoient assis sur le premier banc, ils prétoiént serment de juger Sillon le droit et équité, san^ cabale ni sans aucune &veur. On prenoit toutes les mesures nécessaires pour mettre le jugement au-dessus de tout soupçon,, et en général on y. avoit grande confiance. « La foule, dit; Timotliçe à Harmonide ^^\ suit tou- » jouifsle suffrage de ceux qu'elle regarde comme » d'e^^cellens juges; c'est à ce petit nombre que » vous devez plaire. Dans les jeux publics^ le grand » nombre de^ spectateurs peut bien applaudir ou » siffler, mais ceux qui décernent le prix ne sont » qu'au nombre de sept ou de cinq, plus ou moius.» Dans certaines occasions ces juges montroient la plus grande sévérité; on voit par l'exemple d'Evangelus, cité par Lucien, qu'ils étoient en droit de
^^ Lucian.» Harmost. =: ^ Plur., in Cimon. = ^> Lucian. , Harmonid.
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punir et même de faire battre de verges^ ceux qui étoient assez tânéraires pour se présenter au combat sans avoir le^ qualités requises* ^^^
U y avoit ordinairement plusieurs prix dans les combats entre les poètes tragiques ou comiques , comme le prouve l'argument de la Médée d'Euripide > donné par Aristophane le grammairien^ ou il dit que cette pièce fut repr^ntée sous l'archonte Pythiodore , vers la quatre-vingt-septième olympiade: Euphorion obtint le premier prix^ SoplK>cle le second y et Euripide le troisième. Médée^ Philotecte^ Dictys et les Moissonneurs^ drame satyrique^ formoient la tétralogie que fit jouer Euripide. On voit aussi dans le seccmd argument des Grenouilles d'Aristophane 9 que cette comédie fut jouée sous l'archonte Gallias , lors des fêtes lénoennes ^ et que cette pièce fit donner à Aristophane le premier prix, Phrynichus obtint le second pour sa comédie intitulée les Muses ^ et Platon le troisième pour sa comédie de Gléophon. D'après les lois de l'Athénien Xiycurgue, on inscrivoit sur le tableau des citoyens ceux qui avoîent remporté la victoire.
Dans les jeux publics de laGrèce> on ne combat-
<*^ Il paroit que le jugemeat des pièces dramatîqaes étoit prononcé devant tout le peuple y et pendant les fêtes pour lesquelles ces pièces avoient été composées. Ce qui arriva à la représentation des Nuées en donne la preuve, le peuple applaudit avec transport , et voulut forcer les juges à prononcer en faveur d'Aristophane, cependant Cratinus et Amipsias eurent les deux premiers prix. ( Arg., Ifidf. , p. 5o , 5 1. )
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toit que pour la gloire; l'esprit d'émulation étoit un des traits distinctifs du caractère des Grecs. Du temps de Pindarc les prix des vainqueurs^ tant dans les exercices du corps que dans ceux de l'esprit^ ne consistoient que dans une simple couronne( j^) d'olivier sauvage aiux jeux olympiques , de laurier aux jeux pjtlMLques^ d'ache vert aux jeux nëmëens ^ et d'adie sec ou de pin aux jeux isthmiques (aa). Les poètes qui ëtoient vainqueurs aux panathénées^ outre une couronne d'olivier de ceux qu'on appeloit sacrés ou yioptat , recevoient encore un vase plein d'huile j et quoique la loi défendit le transport de l'huile hors de l'Attique, il étoit perniis à ceux' d'un autre pays d'emporter celle qu'ils avoient reçue pour prix. Dans les fêtes de Bacchus on donnoit aux poètes vainqueurs^ du vin nouveau ; mais ces dons, étoient d'un prix si mince qu'ils n'avoient pour objet que le dieu sous les auspices duquel ils avoient vaincu , c'étoit une distinction qui pou voit seulement flatter le vainqueur : ils recevoient une couronne de lierre , plante consacrée à Bacchus , que les poètes reconnoissoient aussi pour une des divinités qui les insptroient ^^K Ces prix étoient accompagnés de tout ce qui pouvoit flatter l'amour-propre des gens de lettres et exciter leur émulation j aussi les recherchoient^ib avec une ardeur incroyable , et lorsqu'ils les avoient obtenues y il donnoient à leurs amis un grand festin qu'on appeloit crnivUia.
^*^ Me doctarum hederœ prœmia froniium
Dis miscent superis, ( Horat. , Carm* , lib. I , Od, I , v. ag.)
igs BACCHUS
Les <;itoyens qui avoient bien miérité de la patrie, qui avoient fait une action courageuse y ou dont on yquloit ï^compenseï: Ja vertii , recevoient une couronne qui ieur jétoit décernée y soit par le sénat, soit par :1e peuple , soit par leurs, bourgs en particulier. Une, loi citée par JDémosthène régloit la manière ^ontces couronnes dévoient être prodapées. Voici le texte de cette loi : « Le^ couronnes que décerne- » ront les bourgs, seront proclamées dans. chaque I) bourg particulier , mais si le peuple • ou le sénat ^), décernent des couronnés, on pourra proclamer » celles-ci sur le théâtre aux fêtes de Bacchus ^^\ » Eschine prétendoit au contraire que les couronnes décernées par le sénat dévoient être proclamées dans le lieu de rassemblée du sénat, que ceux couronnée par le peuple dévoient Têtrc ^eulemçnt dans le' PnyXy lieu de rassemblée du peuple, et qu'il étoit défendu de les couronner ailleurs. L'infraction à cetjte loi a été un des motifs de raccusàlion <l'£sçhine contre Ctésiphon, qui avoit proposé de procla^ mer sur le tliéâtre pendant les grandes Bacchanales , au jour des nouvelles tragédies, la couronne décernée à Démosthène, à cause de sa vertu et de sa fermeté courageuse , k cause du zèle dont il étoit animé pour le peuple d'Athènes, et des services qu'il avoit rendus à la patrie. « Quant à la proclamation sur le M théâtre, réplique Démosthène , mille couronnes » furent mille fois proclamées , et moi-même j'y fus
^*^ Déniosth., OraL in Coron,
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» couronné plusieurs fois. » H cite particulièrement l'exemple des généraux Nausiclès, Charidème et Diotime , dont la couronne d'or fut proclamée aux fêles de Bacchus et aux grandes Panathénées.
Parmi les motifs que donne ce décret , de Thonneur rendu à Démosthéne, Ton voit que lorsqu'il présidoit aux dépenses du théâtre, il avoit ajouté généreuseruent cent mines pour les sacrifices , à la sonube tirée de toutes les tribus j il paroît que chaque tribu contribuoit à l'instant même pour les frais des sacrifices.
Non-seulement on décernoit sur le théâtre des couronnes d'or à des citoyens pour récompenser leurs services, mais un peuple décernoit des couronnes à un autre peuple par reconnoissance des services qu'il en recevoit j c'est ce qvie prouve un passage d'Eschine, dans sa harangue sur la couronne. « Ne » seroit-il pas bien triste, que dans un jour qui étoit » consacré aux couronnes étrangères , où le théâtre » étoit rempli de couronnes , on couronnât dans ce » même jour , et sur ce même autel , Démosthène n qui est cause , par son administration , que vous » n'êtes plus couronnés ^*^ ?» Démosthène rapporte le décret par lequel les Byzantins, les Périnthiens et les peuples de la Chersonèse , décernèrent des couronnes au peuple d'Athènes , qui les avoit secourus contre Philippe ^^\ Le peuple récompensoit le sénat d'une couronne d'or , loi'squ'il l'en jugebit
^*^ Eschin.^ Orat. in Coron, = ^ Démosth. , in Coron.