‹ Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force ..., Volume 3Chapitre 19 sur 39 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

5 I. Des grandes Dionysiaques, l'une des plus grandes solennités de la Grèce. — Epoqpe de leur célébration, 5 a. Il n'y ayoit qne deux Dionysiaques , les petites, qui étoieiil

; annuelles , .et les grandes qui é^toient triennales. > / « • c , S 3. Dep différentes fêtes de Çacchus dans la Grèce. 5 4» Bacchus Eléuthère. — Mysès.

J i. D€f$* grandes Dionysiaques ^ Vune des plus grandes solennités de la Grèce, — Epoque de leur célébration.

Les rites, les cérémonies , les usages dont nous venons de donner le détail, étoien^t communs aux Anthestéries et aux «.grandes Dionysiaques. La seulç

Apudrhot., Cod, 242.

'diflPërence, c'est qne ces cérémonies après rétablissement des grandes Dionysies , étoient célébrées avec plus de pompe dans cette solennité que dans les Anthestéries.

• Les grandes Dionysiaques portoient le nom de àç-vyuxy fjLsyàOixy urbana et majora; souvent on les appeloit Dionjrsia^^ par excellence. Ainsi, lorsqu'on trouve dans les auteurs anciens le mot de Dionysia seulement^ cette dénomination indique toujours les grandes Dionysiaques.

Les étrangers étoient admis aux grandes Dionysiaques, et ils ne Tétoient pas aux Lénéennes. Cette a£&uence augnàentoit la solennité de la fête, et on devoit y mettre plus d'appareil en raison même de cette circonstance. Aussi les Dionysiaques étoient une des plus grandes solennités de la Grèce • on cherchoit par la beauté des spectacles , à fixer l'attention des étrangers qui y àffluoient de toutes parts ^*\ C'est à cette époque qu'on apportoit les tributs^ des villes soumises. '

Les grandes Dionysiaques se célébroient en automne; il y a eu une grande divergence à cet «gard^ je dois donc rapporter les preuves sur lesquelles j'ai fondé mon opinion.

Je tiré mes preuves d'Aristophane et de l'époque où ses pièces ont été jouées : les dates de ces pièces sont fixées par les paroles même d'Aristophane,

^*' Aristoph., in Ackarn.^ v. 6^i\.^^SchoU Anst«y v, 377.— ^ian. , HisU /)iV. , lib. II , cap. 5o.

par d'aaciennes préfaces grecques sur ses ceuvres^ par les scholiastes y et par les raisonnemens que l'on peut tirer de ces choses réunies^ et qui l'ont déjà été par ses commentateurs.

U nous reste onze pièces d'Amtophane , qiiatrc ont été jouées aux fêtes Lénéennes^ les Ackarnietines^ les Chevaliers , les Guêpes ^ et Lysistrate ; six ont été jouées dans les grandes Dionysiaques^ les Nuées^ la Paix^ les Oiseaux^ les Thesmophories^ les Grenouilles et les Harangueuses ; quant à Plutus la date en est fort incertaine^ on croit qiji'elle fut jouée la quatrième année de la quatre-vingt-dixseptième olympiade ; mais on n'en a d'autre preuve que la préface grecque^ et rien n'indique si elle a été jouée aux Lénéennes ou aux Dionysiaques.

Il est essentiel de remarquer qu'on ne trouve ni dans Aristophane , ni même dans les tragiques grecs, l'indication d'aucune autre fête de Bacdius que les Lénéennes et les Dionysiaques , où les pièces de théâtre aient été jouées : ce qui confirme pleine^ ment mon opinion sur le nombre défi fêtes publiques de Bacchùs à Athènes.

J'ai déjà démontré que les anthestéries se celébroient tous les ans au printemps , et que le mois anthestérion correspondoit au mois de mars ; j'ai maintenant à tirer des pièces données aux diony-^ siaques, la preuve qu'elles l'ont été en automne : et sans me Uvreràla citation de tous les passages d'Aristophane et de tous les faits desquels je poutrois induire cette preuve , je me contenterai d'en citer

quelqaesruns^jen me boraimt à ce qui sera nécessaire pour .apporter la conviction. Je tire ma première preuve de la comédie des Grenouilles : on se rappelle que dans cette comédie Bacchus voit passer la procession d'Iacchus^ et entend les initiés chanter le cantique Jacchus que nous avons cité plus haut; or^ les fêtes d'Eleusis se célébroient sur la fin /de TautonMie , daos le mois d'octobre: l'apparition de ce chdsur se rapportoit donc au tempâ des Dionysiaques, et Aristophane établit ainsi l'identité d'époque des fêtes de Bacchus où fut jouée la comédie des Grenouilles et celle des fêtes d'Eleusis qui avoient lieu ^n automne.

Dans les The^nophories qui ont été [ouées pen-^ dant les grandes Dionysiaques^ Mnésîlochus se plaint d'être entraîné hors de chez lui , dans la mauvaise maison, par l'importunité d'Euripide son parent j le valet d'Euripide annonce que son maître va pa-*roître , car> ajoute-t-il, on ne brille pas à faire des vers en cette saison ^ si Ton ne recourt à la clialeur du soleil. Un autpe passage dé cette comédie est encore plus positif, c'est le vœu qui est exprimé par un des personnages du retour des hirondelles, c'est-à-dire, du printemps. ^*^ ,

La comédie des Nuées a été jouée sous l'archonte Aminia&, c'est ce que dit textuellement le scholiaste d'Aristophane sur le vers 3i de cette comédie.

"' Quando tandem optatum u^eniet tempus , quo a molestus hisce liberabor. Nous exprimons ce vœu à prësent de la même manière.

Cette horrible et dégoûtante satyre qui prépara la mort du plus sage des Grecs , fut donaée pendant les grandes Dionysiaques où il y avoit un grand concours d'étrangers, puisqu'au nom du malheureux Socrate si fréquemment répété et à sa figure que lès faiseurs de masques . avoient parfaitement imitée, les étrangers qui ne savoient pas de quoi il s'agissoit, faisoient du bruit dans l'assemblée à force de demander quel étoit donc ce Socrate: il le remarqua , il y étoit venu sachant bien qu'il étoit le bouffon de la comédie ; car il n'alloit au spectacle que lorsqu'Euripide disputoit le prix pour des tragédies nouvelles. Il s'étoit placé dans un lieu d'où il pouvoit être vu de tous les spectateurs, il affecta de tirer les étrangers d'embarras: il se leva et durant le spectacle, il se tint debout, tant il montra de mépris pour cette satyre et pour tous les Athéniens assemblés. Quand même l'on révoqueroit en doute ce fait rapporté par Ëken ^^^ , il seroit prouvé par les passages suivans, que la comédie des Nuées a été jouée devant les étrangers et conséquemment dans les grandes Dionysiaques. Le chœur dit ^^^ : primum Athenienses salvere jubeo eorumque socios. Dans les Acharniennes, le même Aristophane parlant des fêtes Lénéennes , dit ^^^ : Neque adsunt peregrîniy neque tributa i^eniurit , nec ex urbibus, {quœ tnbuta pendant socu. ) C'est

^** Mian., f^ar, hisL, lib. II, cap. i3. =^ Âristoph. , Nub,y V. 609. = ^^^ Aristoph., Acharn,^y. 5o5.

DioNYsius. aaS

ce que confirme Elien, daus ce passage^ à Toccasion même de cette comédie^ et quippey cum essent Dionjrsiaymagna mvltitudo Grœcorum confluxeraL Il faut se rappeler que par l'expression Dionjsia, les anciens entendoient toujours les grandes Diony^siaques. U est également établi qu'Aristophane a donné la comédie des Guêpes aux fêtes Lénéennes y souslemême archonte Aminias^ et dans la même année qu'il a donné ses Nuées. Or, puisqu'il est prouvé que les fêtes Lénéennes étoient célébrées au printemps, puisque les Nuées n'ont pu être jouées aux Lénéennes^ mais seulement aux grandes Dionysiaques, car il y avoit des étrangers à la comédie des Nuées, et ils étoient exclus des Lénéennes^ il s'ensuit que les grandes Dionysiaques n^étant pas célébrées au printemps, ont dû l'être en- automne : aussi le valet dans la première scène des Nuées , commence-t-il à se plaindre de la longueur des nuits.

Je dis que les grandes Dionysiaques n'étant pas données au printemps , on doit en conclu/re qu'elles l'étoient en automne, et en eflfet quelqu'ait été le dissentiment des auteurs anciens et modernes , sur le nombre, le heù, la nature des Dionysiaques, tous se sont accordés à reconnoître que la célébra*» tion de ces fêtes n'avoit lieu que dans deux saimns de l'année , le printemps et l'automne ;' or, s'il est vrai , comme il n'y a pas à en douter, que les Dionysiaques doivent être réduites à deux, les Lénéennes étant célébrées dans le printemps , il s'en-

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