Tome IIL
agp JBAccHus
siaques^ le mélange des deux cultes de Bacchus des mystères et de Bacchus dieu du vin , devoit se retrouver dans la fête des Romains comnie dans celle des Grecs : aussi les Liberalia se céle'broient-elles à .Rome comme à Athènes^ à l'époque où on sépare la lie du vin^ aussi Bacchus a-t-il été appelé Liber à Rome, comme il a été appelé Ljœus dans la Grèce, parce que le. vin nous délivre de nos chagrins, quia vimim curis mentem libérât et sohit , le mot Z/ier^ire en latin , et le mot Xusiv en grec, étant le même. Bacchus a été appelé Liber , dit Sénèque , ou de la licence de la langue, ou parce que le vin rend les hommes plus libres , ou plutôt parce qu'il délivre l'ame de tous soucis et qu'il chasse la tristesse ^^\ Les anciens , dit Fulgence ^^^ donnent à Bacchus le nom de Liber ^ parce que le vin donne de la liberté a l'esprit. Pourquoi > dit Plutarque, les Romains donnoient-ils à Bacchus le nom de Liber Pater 1 Est-ce parce qu'il est pour les buveurs le père de la Uberté? Est-ce parce que ce dieu introduisit l'usage des libations ^^^?Les anciens, ajoute^t-il, donnoient à Bacchus Eleuthère ou Lyseus une grande influence dans la divination, comme dieu du vin, non à cause des transports de fureur dont il agitoit les Bacchantes, comme l'a dit Euripide, mais parce qu'il affranchit l'ame de tout sentiment servile et terrestre ^^^ j dans le banquet des sept sages , Thaïes
**^ Senec.^ de TranquilliL anim, = ^^Falgent., MythoL, lib, TT, cap. i5.= ^^ Plut., Quœst. ronu id4. = <*? Plut., Sympos,^ lib.VII, Quœst. rom.
fengagc Bias à répondre aux problêmes qui vontjlui être proposés par Nixolène , tandis qu'il est à jeun» Je connois, répond Bias^ la puissance de Bacchus^ et surtout cette sagesse qui lui a fait donner le nom de Lyœus ou qui délie: ainsi quand je serai plein de ce dieu, je ne crains pas de combattre avec moins d'avantages*
On trouve souvent dans les anciens ouVrages phi-* losophiques , et particulièrement dans ceux des pythagoriciens , des platoniciens , des stoïciens et des orphiques , les surnoms de Mfsès , Arsenothélès et Diphjès , qui ont été donnés à Dionysius comme divinité mâle et femelle. Ces philosophes attribuoient à Bacchus l^s deux sexes > conmie ils les donnoient à la plupart des divinités ^^^ : voici l'origine de cette opinion. Les^ philosophes orientaux pensoient que de toute éternité VEspvit ( pneuma, mens ) avoit été réuni à la matière dans l'immense chaos , que TEsprit avoit peu à peu ddnné au chaos la forme de l'œuf, et que lorsque cette forme avoit été à peu près amenée au point qui lui convenoit, l'Esprit avoit alors manifesté sa force et sa puissance , en séparant les élémens, et en créant avec ces élémens tout ce qui existe j que l'Esprit avoit en soi la nature masculo-féminine, c'est-à-dire, qu'il réunissoit les facultés ou la puissance de toute la nature , la puissance active et la"" puissance passive, et qua agit
^*^ X>icunt utriu&que sexu$ partivipationem habere num'tn^n ( Servi IIS , JSneid, , v. 633. )
aga BACCHUS
et cjua patitury parce que sans le concours de ces deux puissances rien lie peut être produit. Les philosophes grecs et romains ont quelquefois suivi cette doctrine énigmatique et symbolique des Orientaux : c'est de là que les nouveaux pythagoriciens , les nouveaux platoniciens et les orphiques ont conçu ridée de leurs divinités masculo-féminines. Ils ont concentré dans le premier Etre , comme principe de toute vertu génératrice , la force active et la force passive , Us Font fait mâle et femelle , et ils Tout représenté sous des symboles qui tenoient de l*un et de Fautre, et quelquefois de tous les deux; tous les spéculatifs ont adopté ces idées avec une espèce de fureur, cette doctrine est surtout consignée dans quelques hymnes attribués à Orphée. ^^^
(1) Apulée {^de Mundo , p. 753* ) rapporte des Vers attribués à Orphée : c'est un portrait de Jupiter , dans lequel le poète concentre tous les dieux et toutes les parties de la nature j il le fait mâle et femelle:
Jupiter et mas est , estque idem nympha Perennis. Il donne également les deux sexes à T Amour > dans Tliymne quatrième.
Dans l'hymne sur la nature , Orphée s'exprime ainsi i Omnium es pater et mater, nutrix quoque et altrix. Dans celle à Minerve :
p^r genite , et mulier , genitrix prudentia belli. Orphée donne à Bacchus l'épitbète singulière de reine des priapes : Et priaporum regina. *^
Varron ( ApudS, Augustin, de Civ. Deiy lib. VHI, cap. 9. ) cite ces vers de Valerius Soranus , ancien poète latinf : - ^ Jupiter omnipotens , regum, rerumque , deûrnque
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Les hymnes d'Orphée ont ^ en ge'néral, un carac^ tère d^antiquitë qui est incontestable j mais un grand nombre a été interpolé par des nouveaux platoniciens , par des chrétiens et par des Juife. Celui qui est relative à Bacchus My ses, est évidemment de ce nombre ; « J'implore Dionysius , ce dieu législateur, )) armé d'une férule, illustre père d'Eubulej je » t'implore, souveraine pure et sacrée, vénérable )) Mysès, tout à la fois hômmê et femme j lacchus , » divinité à deux natures, soit que tu te plaises )) dans le temple par£umé d'Eleusis, soit que dans » la Phrygie tu célèbres les mystères ^vec ta mère » vénérable, soit que tu cherches à Chypre l'ai- » mâble Cythérée , soit que transporté de joie tu » frappes le sein fécond de la terre , près du fleuve » sacré de l'Egypte, accompagné delà déesse à qui w tu dois le jour, de la vénérable Isis; viens, ô » divinité bienfaisante , et protège nos travaux! » Cette interpolation a même été faite par une main peu habile. Car en donnant à lacchus la qualification de divinité à deux natures, elle blesse non-seulement la doctrine religieuse des mystères , mais même l'opinion des philosophes qui n'attribuoient les deux sexes qu'à la puissance démiour-
Progenitor , genitrixque de4m , deus unus et omnis, Siuid-ds dit de Bacchus : utriusque etiam sexus est in lÀbero :
ut qui et virilia agat et, muliebria pntiatur,
Aristide ( Orat, in Bacch. ), dit de Bacchas : Undefactum
aiunt ut utroque sexu deus sit piwdîtus , cum illi pater utrant-
que naturam assumsçrit»
gique se fécondant elle-même , et non pas au jeune dieu emblérae des productions ; dans ce système, 4c pouvoir générateur seul! pouvoit être repré-r sente sous Fenibléme.des deux sexles.
Cette doctrine qtii fut celle des Orientaux plutôt -que celle des Grecs, s'est introduite dans les religioùs de l'Orient, comme semblent le prouver certains symboles religieuîx, tels que le scarabée et le vautour auxquels on attribuoit les deux sexes et la puissance de s'engendrer eux-mêmes, et dont par «cette traison on avoit fait les symboles de l'être suprême ^^^;.tandis qiae dans la Grèce cette doctrine n'étoit que celle de quelques sectes philosophiques ^^\ Car il est certain que, si ces idées métaphysiques ont pénétré dans la mythologie vulgaire des Grecs, ce n'a été qu'à l'époque très récente où les principes des nouveaux Pythagoriciens et des nouveaux Platoniciens , appuyés sur quelques cogmesde la théologie orientale , ont prévalu par*tout. L'examen de toutes les autorités qui ont
^^^ On !it dans Horus Apollo : yEgjrpfiis mundus constiiulus esse ex rébus tum naturœ mascuUnœ iumfemininœ. Minervœ aulem appinguht scarahœum , Vulcanovero vuUufem, quodhisoU ex^diis^ apud ipsos mares^ siat simiU acfeminœ, ( Horus Apoll.> li b . I , Hieroglyph, r 3 . )
^ La Nomade de Pylbagore étoît mascuh-féminine (Meurs., cap. 5 , de denario Pythagor, ), L'anonyme ( in Theologomenis arilhmeticis. ) , parlant de la Nomade , s'exprime ainsi : Vocant itaque eam non tantum deum sed et mentent , et àpasvoBiiXvv , vira Jkminam, Le même auteur dit ailleurs : Fèiut semen denique omnium , marem ipsam etfeminam statuant ^^
DIONYSIUS. î>g3r
été recueillies sur ce sujet par J. Àlb. JFabricias et rétude de tous les monumens ^*^, û& laissent aucun: 4oule à cet égard j. ces idées n'ont même re^u une? aussi grande vogue et uiit^ aussi grande ëitên^ion parmi les philosophes que dans les lenips Voisins du christianisme. Jambhque avoue ingénueînent qu'il a tiré cette doctrine des livres hertnéliques; que les savans regardent coinme étant l^uvrage des nouveaux Pythagoriciens et. même des Gcnostiques chrétiens 5 cette même doctrine alété adopfrée à î^ jnêmé époque , avec avidité ncm^setJement par les. Valentinien^^ aeate chrétienne ^^ et par ies Juift cabahsteç ^^^j^maift encore par quelques aateuAl ecclésiastiques, ^partiaulièrement par Julius Pirmicus Mf^ternus , et par 3ynesius qui étdit un grand pi^** tisan,de la pliilosophie orientale, :^i^ *
Quelques progrès que ces idées aient faits iparmi les philosftpJaej5>.i3lle$ ne se sont jainais introduites dans la religion dés Gj^cs ^vantX'épqqUe que nous
^^ Fabrîcius , in Cod, apoçi y et, tesL , vo|. ï , p, 36i , 362. r =^ Et, e,sse hune octonarium generis principium'^ radlcem ^ fiindameniu^ omfiium , quem quatuor complectuntur nominibu,s profunditate , mente , ratione , et homine ; quonim unum quodque mas simul sit et femina, (Irenaeus, J^um, II, p. 117.) =^'^ J. Croii Part. H , Sacr, et Historié, Observât. , cap. i'^. =^ Julius Firmicus Ma ternus, Pre/at, , ad \ih, \ , Malhes.\ '( Voyez la page i5. du premier volume de cet ouvrage. ) -^ Synesius , Hymne III , dit en parlant de rÈtre-jSuprême :
Tu pâter, tu es mater, j <
Tu ma§ ^ tu foniina, ,;
?96 . BAtCCHUS
gênons (Jô d^terfirinér }: on pourroit mém» kasut^r cj^ (Jans aucun t^ijips, elles n- ont pénéti'é dank^ k^ tÈ^à-^ tèr^s (pii fprinpient ta véritable refigiscm cle^payéâ^ r QÏi/^Si étpient trop opposées à cette religion ^i, çotutnç nous l'aVons démontre , avoît pour fôWde-i înc«t l'obseàration de la nature telle qu'elle 'se prés^tCf à; Jît)S sens , une cause active afgisisatot stoi^ Jamafise^; génératrice > et leâ êtres produits étabt le jéeuJteat:,<teQette action. Les idées métyptiysiqu es de^ jlûJoiS^pliéSr sur le chads, sur Funiôn dé reôprit à U^matière Avabt Fexisténice du mcJftdef pètiveàt étitrer dabs; un syjstème p&ilosophiifuéî ^^^^ ^^l^s n'oi|t/'pas pu faire partie de la doctrine religieuse desi .anciens qiii étoit simple et qui rejètdit toutes 4}i$cul9sions ^ surtout ces discussiotis abstruses* qui appeloient l'examen et la controverse ^Ur l'origine iies irhoaes et sut ,1a manière d'opférer de l'être fiuprieme, iquestionà dont les religions» afldetines ne s'occupoient; jamais. U y a plu6 ^ Fotf ^èôt? fàdlement que cette idée bizarre des deux sexes attribués à rêtre suprême ri'â été îrtia^ince qu'à là suite dii système tjùi l'a pi'écédéfe Sui-îà càuse'açlive et la cause passive dbnl tout attesté Fexistence dans la nature; certainement si la notion sublime d^un dieu unique et créateur s'étoit d'abord présentée aux anciens^ ils l'auroient émise dans toute sa pureté 2 c'est le besoin de se rapprocher le plus possible des principes des chrétiens^ <Jui a fait Sentir aux philosophes payens de cette époque le besoin d'admettre Tunité complète du premier Être ) mais ils ne pou-
voidDl pas d^dgér oûtièjrelïieîib celte doctrine de celle du pi^iacipe actif et du principe passif qut formoït lé fdûdettteni de leur propre religion , ou^ hidn ilaumt feillarabandonner, tamKs qu'ikcotnbattx^^eat pour elle. Ifo ont donc iihagin^ de faire sur uûi même éWe la réunion biiarre de ces deux principes dttde^ deux sexe^: aussi, qûëFon cônisfaîlè tous^les monumëns religieux qui soot donnas pour preuve que ces id^s mét^hysiquésriîtoient passées des écoles de pliSosophi'edans la religion deà Grec^, et Fon verra qu'il n'y en à àucuïi qui soit antérieur à Fépoque dont nous parlonk ' '
Les teoàumens sdr lesquels se sont principalement oppuyés^ les partisans de Fopiniod- que le culte deà divinités masculo^Jeminines faisdit partie du culte des anciens, sont le* temples du dieu Mén dans la PLrygieet la statue de Vénus à Chypre. On a fiiit du dieu Men le dieu Lunus^ qui ne se trouve que daiïs Spartien , cet historien cité une fois l'a été hnlle ; c'est ainsi qu'à force de transcrire et de répéter sans examen et sans critique , on parvient à consacrer les plus insignes erreurs. Le besoin d'appuyer ce systèiHe n'a pas même laissé la liberté d'examiner leê idées pùérilfes qui se trouvent dans le morceau de Spartien , idées bien dignes de la superstition grossière qui régnoitau temps où Spartien écrivoit* « Garacallë, dit Spartien ^^% méditoiturie » seconde guerre coirtrerâ^^arthes, et dans cette
^*> Sparli^W , Fit. Cante.
M vue il se rendit à Garrlia pour le ciilte du dieu^ » Lunus. » Spartien dit ensuite : u Puisque noua )) avops parle du dieu Lunus, il faut savoir que tous » les docteurs nous ont transmis et que les babitans )) de Garrha pensent aussi, que quiconque est dans. H l'idée qu'il faut donner un nom de femme à la )) lune est constamment Fesclave du çexej que celui » au contraire qui en fait un dieu, maîtrise les » femmes et n'a rien à craiàdre de leurs embûches^ » De là vient que les Grecs et les Egyptiens, quoi- )) qu^ils donnent à cet astre un nom de femme, » disent mystiqueibeut que c'est uu dieu, n
Le dieu appelé Lunus par Spartien n'est dano que le dieu Men on Mois auquel on rendoit un culte dî^ns différents pays de l'Asie mineure et particulièrement en Plirygie j ce fait nous a été trans-»» mis par Strabon dans les termes suivans. « Py tho- » doris, dit Strabon, possédoit le temple de Men » surnommé Pharnace dans le grand bourg cPA-^ n meria j il est dédié à la lune, de ménie que celui » des Albanes et ceux de Phrygie, savoir le temple » de Men situé dans le lieu de ce nom , le temple » nommé Ascaeus près Antioche de Pisidie et celui 1) qui est dans le territoire des Antiochéens ^^K » Il faut rapprocber ce passage de Strabon de celui où il parle de la religion des Albani ^^^: « Les divinités, » dit-il, auxquelles les Albani rendent hommage,
^'> Strab., Geogr,, lib. XÎ^,^ p. 375.
^^^ Les Albani habitolent les bords de la mer Caspienne • ceUe mer les bornoit du côté de Torient, à roccident ils étoieul
DioNYSitrs. 299
» sont le Soleil, Jupiter, la Lune;, ils h<>nôreût » particulièrement cette dernière , . son temple est » voisin de l'Ibérie. Le personnage auquel on défère w le sacerdoce de ce temple , est après le roi le » premier en dignité; il gouverne non-seulement » le territoire sacré, lequel est vaste et fort peuplé, )) mais aussi tous les ministres du culte. )>- Strabon entre ensuite dans le détail des sacrifices que Ton fait tous les ans à la lune , à laquelle on immole avec les victimes ordinaires, un des ministres de <îette divinité.
. Strabon parle encore da temple de Men Carus situé entre Laodicée et Caroura, qui jouissoit d'une grande vénération. ^^*
Les paroles de ce judicieux écrivain sont d'un grand poids , et en les examinant on voit quelle connoissance approfondie il avoit de rhistoir.e et du culte des eontiées dont il parloit. On remarquera d'abord que Strabon ne parle que du dieu Men, et du culte de Jupiter , du Soleil et de la Lune chez les Albaniy et qu'il ne fait aucune mention du dieu Lunus , ni de cette divinité représentée avec les deux SQxes : il parle toujours de la Lune comme d'une déesse; il dit seulement que le temple du dieu Men Pharnace étoit dédié à la Lune , et cette assertion est parfaitement en harmonie avec
bornés par les Ibères , au nord par les monts Ceraunicfns faipnt partie du Caucase , au midi par rArmënie. <»> Strab.,lib. XII, p. 58o.
3tOO BACCHtJS
Ijç système religieux de ces contrées. Chez les Phry** ^ens comnae chqz les Grecs , le mot masculin Men signifloit h mois luu*ire ^^ ; c'est cette divinité masculine que Spartien et peut-êbre quelques écrivains de la basse latinité ont exprimée par le mot masculin Lunus^ Les Orientaux divinisèrent ce mois^. comme ils. ont fait du temps, de l'année.^ du \mity de la nuit et d:es heures, autant de divinités diverses ^^ j dîttis leuip système théologiqua, ils xendoieàt à ces mesures du temps ou à ces eJBBetsles plus remarquables du soleil et de la lune, les mêmes honneurs qu'iJ& rebadoient au soleil et à la lune euxaaémes, parce que ces deux astres en étôient les causes efficientes : ces hommages religieux éloient toujours rapportés par ces peuples, à leur source^ c^est-ardire, au temps, et surtout au soleil et à la lune, qui par leurs mouvemens engendrent l'année, le mois , le jour, la nuit, les heures. C'est pourquoi le temple de Men étoit dédié à la lune, c'est pourquoi à Gadès, on avait élavé des autels à l'année et %xx mois en l'honneur du temps ^^ qu'on adoroit
^^ Il existe àes mëdailles de Njsa , avec TiDScription de ILAMAPEfTEZ , Kamareites , un 4^$ çpms dv dieu Men , qui est dérivé 4^ Kœmfir om Kamar , qai en ^abe signifie /u/te. ( Strab.^ lib. XII, p. 557, not. 2, irad.)
^^^ Jamblic. , OpuscuL^ vol. XT, p. 67, 72.
^^^ C-adibus aram unam anno , alleram mensi erectam esse , in honorent temporis cuin breiHprîs , lum longions, ( iEllan. , apud Eustath.y in Dionys, Perieget., v. 4-55. )
BiONYsius. 3at
comme divinité principale ^^^ ; du resie ropiûi)»a erronée qui s'est répandue sur les deux ^xes da dieu Lùnusj'a sa source dans une règle grammaticale des langues Orientales, En général les Orientaux ne distinguoient pas dans leur langage , le ■sexe de leurs divinités , ou plutôt ils mettoient indifieremment leurs noms au genre masculin et au genre féminih : c'est ce que prouva? fe lecture même de FÉcriture Sainte^ qui donne «aussi souvent b^^nre féminin que le genre masculin aux dieux Baal^ Molocli et autres. Bo charte après avoir cité ce passage d'Euthymius , Idohtm Baccha , ismaheek dictum^ miseros barbares adorare jus^ sit ^> y ajoute : « Cette divinité Baccha est-elle la » même que Bacchus dieu des Arabes, que les » uns ont appelé Durolal , les autres Dusarès? rien )) ne s'oppose à ce que cela soit ainsi ^ pas même .)) la terminaison féminine de Baccha , car le mdt » hébreu Koheleth y qui signifie ecclésiaste, et le » mot arabe Calipha , qui signifie emper^r , ont . » aussi la terminaison féminine ^^^ » C'est pourquoi le nom de la lune chez les Orientaux étoit tantôt du genre masculin, tantôt du genre féminin : les
^*^ Non tempus tantum ut deum célébrant ^ sed et diem ipsum , «/ noctem et mensem dixèntnt et annum, ( Proclus , lib. IV , p, 25 1 , in Timœum,)
^^ Eulhymius , in Maomelhicis , cap. 8.= ^^ Bocbart/Ge(7^r, lib. IV, cap. 12, p, 21 4, 21 5.
3oa fiAccHUS
Egyptiens ]ai donnoicnt même prêférablement ïef
genre masculin. ^^^ »
Tout ce qu'on a débité sur la statue de Vénus à Chypre, a pour fondement une semblable erreur 5 Macrobe, chaud partisan dé l'opinion philosophique qui donnoit aux dieux les deux sexes , après avoir dit que cette statue de Vénus avoit de la barbe, des vétemens de femme , un spectre et la stature d'un hoîùme , , a joute : On croit que cette divinité étoit mâle et femelle ^'^K II cite ensuite un passage de Philochore (^inatthide) d'après lequel les hommes faisoient avec des vétemens de femme et les femmes avec des vétemens d'homme des sacrifices à cette Vénus que Philochore affirme être la même que la lune. Macrobe conclut de ce bizarre usage que cette divinité étoit regardée comme mâle et fe^ mellej Pontanus soutient au contraire que cet usage lire son origine de la coutume des Parthes qui donnoient à la lune un nom masculin ^^ Hésychius s'exprime ainsi sur cette statue de Vénus à Chypre : « L'auteur inconnu de Ffustoire d'Ama-- » thonte dit que la déesse p^énus avoit à Chypre la
^^ Mgyptii nomine masculini generis îunam nominare conr sueverunié
^^ Putant eamdem marem ac feminam esse, (Macrob., ^* ium,y\\h. III, cap. 8.
^^ Hoc est quod Parlhi eam Iunam coluerunt , nomine quotjue masculo.
DioNYsitrs. 3o5
w figure d*un homme barbu ^^\ » Il n'y a donc aucune preuve positive que cette statue eût les deux «exes : aussi la conjecture de Microbe est fondée sur des inductions qu'il tire de faits qui ne sont pas assez positifs, pour prouver l'existence d'un pareil culte ; du reste , Macrobe .lui-même semble appuyer son opinion moins sur ces faits que sur des passages des auteurs anciens , passages qui l'ont iaxi adopter par Servius.
Servius qui vivoitàla même époque que Macrobe, c'est-à-dire, du temps de Théodosele Grand, affirme que Vénus et Junon avoient les deux sexes , et il l'affirme uniquement parce que Virgile a dit en parlant àeWénnsducente deo, et en parlant d'Alecto ou Junon, n^cdextrœ erranti deus abfuit. Servius s'exprime ainsi sur ce dernier passage: ^'^^.Alecto deum dicity nam numina utriusque sexus videntur ideOy quia.incorporea sunt y et quod volunt assurmunt corpus. D'abord Ser^vius s'est certainement éloigné du système des philosophes qui admettoient les divinités fémino-mascuUnes , en prétendant que c'étoit parce qu'ils étoient incorporels, que les dieux prenoientla forme qui leur plaisoit^ Ce système philosophique des divinités masculo-fémlnines{ tenoit à un ordre d'idées bien autrement mystiques et métaphysiques , et, on ne sauroit s'empêcher de
^*^ Incertus rerum Amathuntiarum scnptor ait deam f^enerem Jiguram in Cypro habere viri barbati, ^> VîrgiK, jEneid.j lib. VIII.
3o4 BACCHUS
.le peconnoîlre , bien plus élevées. Cette idée que Servius ^^^ prête à Virgile n'a certainement pas été 'Celle de ce grand poète j Virgile a seulement imité les Grecs qui font 5e6<; des jdeux genres , c(»nme le prouvent une foule de passages d'Homère ^ de Sophocle et de Platon. Virgile , oomme la plupart des poètes et des auteurs. latins^ ont suivi la piéme locution que les poètes grecs qui en parlant des dieux de quelque nature qu'ils soient^ disent ,rfcî^ âeiv ; c'est pourquoi Aristophane appelle Vénus jdphroditon. On trouve une foule d'exemples de ces imitations non-seulement dans Virgile y mais dans .presque tous les poètes latins, et surtout dans Lucain et Glaudien. Ennius a dit : respondit Juno iSaturnia , sancta deorum , et Varron , dit en parlant de la déesse Paies : Hic Pales. L'on se rappelle queStilpon le Mégarien^ ayant nié la divinité de JPallas y fut accusé d'impiété , il voulut se justifier len disant qu'il avoit nié que ce fût un dieu y thon 5eôv, mais qu'il n'avoit pas nié que ce fiât une déesse , thon Beàv : l'aréopage proscrivit cette justification comme une plaisanterie déplacée dans une 4^se aussi sérieuse , et il le condamna à l'exil. Vossius, .après avoir cité ce passage d?Hésychius
^^^ Servîus a epcore fondé son ppinion sur ce passage de.Licinîus Calvus , poète et orateur contemporain de Cicéron : Pollentemque deum Venerem. Mais Vossius a très bien prouve' que deum e'toit là au génitif pluriel , et que Liciiiius Calvus a dit de Vénus , pollens deum , comme Horace a dit de la même déesse pollens CjrprL
DIONtSlUè. âo5f
tjtîî a ële repété par Phavorinus , adàgdos , deUs ^uispiarh apud phrjges ufro^ue sexu prœditus , remarque avec taison que tous ces écrivains ont puisé leur opinion dans le livrePlatonicieiiet demi* chrétien, ayant pour ûisQ :;Pœmattder , où l'on trouve ces expression* sur Fesprit étemel qui a engendré un autre esprit , vous ou logos y mens etiam sive deus quia , mas et femina est , vita et liix , ehixa est verbo alteram mentem opijîcem. Vossius pouvoit ajouter que ce système n'a jamais fait partie de la ifeligion nationale des payens, puisqu'il n'auroit pu y être admis qu'en renversant l'ancienne croyance religieuse. ^^^
^*^ Frëret^ qui connoissoit si bien Fantiquitë, a porté stir c«tte doctrine le même jugement que Vossius. On voit par la manière dont il s'exprime sur le dieuLunuS; qu'il n'a pas même cru devoir s'arrêter un instant sur l'idée fausse qu'ont eti certains écrivains , d'en faire uii dieu mâle et femelle, a Stran bon, dit Fréret, nous apprend ( XII. iSj. ) que le dieu » honoré sous le nomade Fharnack, dans l'Ibérie et dans le » Pont, étoîl le même que le dieu Lunus, ou que l'intel- » ligence qui présidoit au cours de la lune. Ce dieu avoit lin » temple célèbre à Cabira ou Sébastopolis^ sous le nom de » M>îv <&apvay.oç : et les sermens qui se faisoient , en joignant » son nom à celui du roi régnant, passoient pour inviolables. » Strabon ajoute que le dieu Lunus avoit des temples en Pbrv- » gie et en Pisidie ^ sous le titre de Mvjv Affjtatoç. On voit dans » Haïm , sur une médaille de Sardis, le buste de ce dieu coiffé » d'an bonnet phrygien, et porté dans un croissant, avec le » titre de Mïïv à^xyjvoç. Il y a beaucoup d'apparence que la » figure en pied qui se voit au revers des médailles de Phar-