‹ Recherches sur le culte de Bacchus: symbole de la force ..., Volume 3Chapitre 39 sur 39 · Tome IIL · texte numérisé non relu

Tome IIL

prenoît l'Etolie , rAcaruanie , la Thesprotie et une partie de l'Epire. Les petites inondations de la Grèce ont probablement donné lieu à la fable du déluge d'Ogygès et de celui de Deucalion. La chronique de Paros place le règne de Deucalion à Tannée 1674 avant J. C. et le déluge en 1629/ la chronique de Thrasyle en i524, Eusèbe en 1730 et Cedrenus en i548 , 248 ans après Ogygès. Le nom d'Ogygès donné à ville de Tlièbes et à une de ses portes, ville que Varron dit avoir été bâtie par Ogygès, ne permet pas de placer ailleurs que dans la Béotie le déluge qui porte son nom, déluge qu'on attiibue au débordement du lac Copaïs, comme on attribue le déluge de Deucalion à l'inondation de la plaine où coule le Pénée. ^»>

Du reste les Grecs n'ont eu que très tard l'idée d'un déluge universel ; Platon contribua plus que personne à accréditer l'opinion d'un déluge qui lui étoit nécessaire pour donner quelqu'appafence de vérité à sa fable de l'île Altantique qu'on doit ne regarder que comme une opinion philosophique ^. Aristophane chercha à lier la tradition d'un déluge avec son système des Météores , d'où il faut conclure que cette tradition commençoit à prendre quelque crédit dans la Grèce à cette époque. Du reste Bérose est le seul auteur pix)fane qui ait parlé d'un déluge véritablement universel : il compte dix générations entre le premier homme et le déluge , il marque la durée de ces générations en sares ou périodes de deux cent vingt-trois mois lunaires, c'est le cycle de Méton de dix-neuf ans et demi. L'histoire de Bérose fit donner de l'extension et contribua à embellir la tradition grecque des déluges d'Ogygès €t de Deucalion. Néanmoins les Grecs, même après Alexandre, eurent beaucoup de peine à s'accommoder de l'idée d'un déluge universel, et Apollodore qui écrivoit dans le commencement dn deuxième siècle avant l'ère chrétienne ne suppose pas l'u-

Ci) Fréret, Tom. XVI. p. 276, = ^^^ Mad. deélnscr., T. XXXI, p. i3a.

PREMIÈRIl SECTION. 499

nirersalitë dû déluge quoiqtlHl éniprante la dfcOiUtahee dd Tarehe de Bérose ^^K Plutarque et Lucleti sont les pî*èniièrt qui aient ajouté en parlant du déluge de Deucalion , la circoild-* tance des oiseaux à celle de l'arclic ^> ; iU avoient pria ces détails dans Bérose et ses copiâtes : car il ne paroit pas qu'ili aient connu ni la teligion lii Thistoire des. Juifs.

(i*) Pag. i>^4.

Avant Stésicliorë les choeurs , en dansant ^ toiinloient autdur de la statue du dieu, ptenaiit leur marche par la droite ^ œ qui s'appeloit strophe, et revenant par la gauche à l'endroit d'où ils étoient partis, ce qu^on nornihoit ahtistrophe, pour en repartir sur le champ sand s'y arrêter, et pour commencer ml second tour ^'^ ', mais Sthésichore termina chacune de <^s revu-- Itttions par une pailse assez longue , pendant laquelle le chœuîr > toUmé vers la statue du dieu , chantoit im troisième couplet du cantique ou de Todé ^ ce qu'il faisoit quelquefois dehout > quelquefois assis, on le nomma épode; c'est précisément cette pause ou étation du choeur que désigne le mot stêsichàre ^^^ ^ et ce fut le changement que ce poète introduisit, dans les choeurs de musique et de danse qui lui Valut son nom : il s'appela d'abord Tisias ^^ H paroit que Stésichore introduisit la cithare dans les choeurs.

, Dès le temps d'Aristote ^' , les poètes dramatiques s'étoient mis dans l'usage de hè plti^ composer de choeuts exprès pour leurà pièces , mais dé prendre .çà et là divers morceaui: de poésie, et de les insérer comme autant d'iriteriiièdës qui n'avoient fas plus de rapport avec la pièce que l'on jouoit

^1^ Apolloda , Biblioih. , lib., I, cap. 7.=» ^^ Lucian. , de JDea Syria, — ^Pïûtarc. , de Solertiâ animalium.^ ^ Ililar. Victor. , ù-rammaticœ îatinœ auctores dntiqid, lib. F, col. 5oi. =» (^ Académie des ïuscrîptions I Tom. X. p. 210. — C5) Suidas j voce Stesichor, — ^<») .Vristot. , Poet, , cap. 18. *

gu'avec toute autre. Ce fut Agathon qui le premief ijottoduiBit cet usage , et l'on peut accuser JEuripide d'une pateille négligence. ^*'

Les poèmes dramatiques ayant pris 'naissance, à Rome comme en Grèce, dans les chants et les danses > i^estèrent tonjours imis à la danse et au chant. Ovide écrivoit à un ami: Vous me mandez qu'on danse mes pièces siir le théâtre et qu'on applaudit à mes vers.

La vieille comédie avoit toujours des choeurs , elle n'étoit point 'partagée en cinq actes, seulement l'action étoit entrecoupée de temps en temps par le chœur. Il y en avoit de grands composé!* de plusieurs parties , qui toutes avoient leurs noms particuliers et étoient Mtes sur le modèle des chœurs des tragédies : les chœurs composés de plusieurs paities étoient de vrais entr'actes j les autres étoient de petits repos entre les scènes, et même au milieu des récits, pour "donner aux acteurs le temps de respirer. Le retranchement des chœurs de musique fut un de ceux ordonnés par les lois chez les Grecs , pour Id comédie moyenne , parce que , dit Platonius , les Athéniens ne jugèrent plus à propos de choisir des particuliers pour fournir à la dépense. Le chœur ne chanta plus de morceaux satyriques , il s'entretint seulement avec les acteurs , et continua simplement de prendre part à l'action. Les comédies latines n'avoient pas de chœurs ; pour y suppléer et parce que le peuple étoit accoutumé ià la danse et au chant, chaque pièce de théâtre eut sa musique particulière. ^^

On attribue à Ménandre 1^ suppression des cboçurs de la tragédie chez les Grecs. <5) ,

* {p) Pag. 180.

Il nous reste im monument célèbre de ce genre de prix accordé aux vainqueurs des jeux bacchiques , c'est la lanterne

0> Academ, des Inscript. , T. XIII, p. 3o5. =» C^> Academ, des Inzcript, , Tom. XXI, 149, 216. = ^^^ Donat.

PREMIÈRE SECTION. 5ol

ie Démosthèiie y to (pavdpt toû- Asftocôivsoç , si improprement appelée de ce nom , d'après le préjugé qu'on a encore actuellement dans la Grèce , que ce monument fut construit par ca célèbre orateur, et consacré par lui à la retraite et à l'étude. Spon et Wheler ont décrit cet édifice ^^^ , ils ont les premiers remarqué l'inscription gravée sur la frise, et ils en ont conclu naturellement que le monument avoit pour objet de consacrer la mémoire d'un triomphe obtenu dans des solennités ^ubli-» ques. Stuart et Revett ont fait connoître d'une manière plus précise la destination de ce monument ^^. Us ont remarqué d'abord qu'il portoit originairement à son sommet un trépied, prix des vainqueurs dans les jeux publics. Us ont reconnu en même^ temps que le bas-relief de la frise représente une des aventures de Bacchus ; ce monument , de la plus belle exécution, est situé vers l'extrémité orientale de l'Acropole. Chacun des trois panneaux encore existans présentent deux trépieds à anses, sculptés en bas-reliefs, probablement: de l'espèce de ceux qu'Homère et Hésiode désignent sous le nom de rpiitoSsç WTW6VT6Ç. Sur l'architrave qui, avec la frise de la colonne circulaire, est d'un seul bloc de marbre, on a gravé l'inscription suivante : "

AT2IKPATH2 Aï2I0EIAOr KTKïNErS EXOPHrEI AKAMANTIS DAIAÛN ENIK\ 0EÛN HTAEI AÏSIAÀHS Aeni^AIOS EAIAAZKE EVAINET02 HVXE.

<( Lysicrates de Cycine, fils de Lysithides, avoit fait la dépense du chœur. La tribu Acamantide avoit remporté le prix par le chœur des jeunes gens; Théon étoit le joueur de flûte, Lysiade, Athénien, étoit le poète, Evœnète l'archonte. »

Il paroît , d'après le nom de l'archonte , que ce monument a été élevé plus de trois cents ans 'avant l'ère chrétienne, à l'époque où vivoient Démosthène , Apelle, Lysippe et

^i^ "Wclher, Foyage , T. II, p. i85. — Spon, Foyage, T. II > p. 172. = Ca> ^tuari et Revett. , Jntiq. d'Jthen. , Part. I, chap. 4^

Soa NOTES..

Alexandre. Le bas-relief de la frise représente l'aventure de Bacchus et des pirates Tyrrhéniens. La figure 4e Bacchus , celles des faunes et des satyres qui forment son cortège au ' liv>ment où il fait connoitre sa divinité , le cliâtiment des pi^ irates > letir terreur et leur métamorphose en dauphins , tout dans cette cvimposition est de la plus grande élégance. H ny a 4ono nul doute que ce monument ne soit un de ces petits temples que Von consacroit à des divinités^ et sur lesquels les vainqueurs plaçoient les trépieds , prix de leur victoire, n y avoit autrefois à Athènes un grand nombre de m'onumens ^ cette espèce : il en existe encore un autre très intéressant Au-dessus de l'endroit où l'on croit que l'Odéum avoit été (Ponstruit. L'on trouve dans le rocher de l'Acropole une caverne ou une grotte qui a été convertie en une église chrétienne , nommée Notre-Dame-de-la-Grotte. L'entrée de cette grotte est entièrement fermée par ce monument choragique , dont la façade pi-ésente troié inscriptions destinées i pei-pétuer le souvenir des victoires remportées , soit à l'Odéum , soit au théâtre. Une statue mutilée lui sert de couronnement; elle est l'ouvrage d'un habile artiste. L'inscription suivante est gravée au milieu de l'architrave :

eFA2YAA02 ePÀSYAAOY AEKEAEEY? ANÉdHl^EIf

xopHTON etc. ^*^

<c Thérasyllus, fils de Thrasyllus de Décéléia, a dédié ce moj) nument après 'avoir, en qualité de chorège, remporté le prix ï> avec les hommes de la tribu Hippotoonthide. Evius, de Ghal- » çis , joua de la flûte ; Carchidan;ius , i^s de Sotis , composa » la pièce ; Neaechmus étoit archonte : » cet archontat répond àla première anji;iée de la cent-quatorzième olympiade, trois-centdix-liuit ans ^vant J.-C. ; cettç inscription est la plus ancienne des trois. H çst hors de doute qu'elle fut gravée sur le monument à l'époque même de sa construction.

(1) Voyez les Manumens d'Athènes, parStuart, T. H, p. 47.

PREMIÈRE SECTION. , 5o3

Les àeojç. autres inscriptions fout mention de prix de même genre , remportés environ cinquante ans après , sous Tarchoutat de Pylharatus.

Sur la face supérieure de ce monmnent on aperçoit , comme dans la lanterne de Démoslhène , aux trois angles , des cavités dans Ie7quelle9 étoieut probablement scellés les pieds du trépied.

Ainsi les dépenses du cborège ne finissoient pas au moment de sa victoire , il lui restoit encore à faire la dédicace du trépied qu'il avoit obtenu ^ et à élever les petits temples ou monumens sur lesquels ce trépied devoit être placé. On a vu qu'il en avoit coûté cinq mille drachmes à Lysias pour les frais du chœur et ceux de la dédicace du trépied. Andocides fut chorège de sa tribu, dans les jeux dithyrambiques , ditPlutarque ^*^ ( aux Dionysiaques ) , et ayant obtenu le prix , il fit la dédicace de son trépied dans un lieu élevé , en face du Silène de Porus.

{x) Pag. 189.

Plutarque raconte que Cimon,'^filsdeMiltiade, ayant trouvé dans l'ile de Scyros le tombeau de Thésée , le fit transporter dans sa galerie , l'orna magnifiquement, et le conduisit à Athènes. Les Athéniens le reçurent avec d'autant plus de plaisir, que l'oracle d'Apollon leur ordonnoit de ramasser les os de Thésée et de leur rendre les honneurs comme à mi héros. Le peuple conserva toujours pour Cimon de la bienveillance en raison de cette découverte , et sa joie fut telle que , pour conserver la mémoire de cet événement , il établit un combat célèbre de poètes tragiques; car ce fut alors que Sophocle, encore jeune, fit jouer sa première jpièce -, l'archonte Apéf^sion , voyant parmi les spectateurs de grandes brigues , ne voulut p^s tirer au sort les juges qui dévoient prononcer sur le mérite des

^>> Plut. , Vies des dix Orateurs.

5o4 NOTES.

pièces et adjuger le prix. Mais Cimon étant arrivé sut le théâtre avec les autres généraux , et ayant fait ses libations au dieu qui préside à ces jeux , l'archonto ne permit pas qu'ils soitissent , il les força à s'asseoir et à être juges *, il leur fit prêter serment , car ils étoient dix , un de chaque tribu : ces jeux furent les plus beaux qu'on eut vus , à cause de la dignité des juges , qui donna une merveilleuse émulation aux acteurs. Le prix fut adjugé à Sophocle , ce qui causa un si grand chagrin à Eschyle, qu'il ne put souffrir davantage le séjour d'Athènes et se retira en Sicile. A s'en tenir aux mots de la phrase de Plularque , il sembleroit que ces sortes de combats n'aient été établis qu'à cette époque , et qu'il n'y en avoit jamais eu auparavant. Le peuple df Athènes établit j dit Plutarque , mais les faits suivans prouvent le contraire. Les brigues dont il parle, la coutume qui paroissoit établie de tirer les juges au sort , les fonctions de l'archonte , les innovations qui eurent lieu dans cette occasion , tout annonce que ces combats étoient établis auparavant.

{y) Pag- 191-

Dans toutes les villes Grecques , on célébroit des jeux qui n'étoiènt pas des tsjool âywviç , des grands jeux sacrés, et dans tous ces jeux le prix étoit un ob}et qui avoit de la valeur. Il n'y avoit que les quatre grands jeux de la Grèce où la récompense ne fut qu'une simple couronne. Les Grecs des temps postérieurs avoient suivi la coutume de leurs ancêtres des temps héroïques, qui, <( Dans les prix qu'ils proposoient, » dit madame Dacicr , n'avoient pas seulement en vue l'ho- » norable , mais encore l'utile ; une captive pour travailler, un » bœuf pour le labourage. » Aristophane dans les Acharniennes ^*^ dit : « Dexithée concourant pour le prix,* alloit TU toucher un air béotien int /xocr;i^w , pour un i^eau, » Le pnx

U) Avistoph. , Acham. , scen, I.

PREMIÈRE SECTION. 5o5

du concours pour ceux qui touchoient de la cithare étoit uti veau', et un taureau pour les poésies dithyrambiques.

Les jeux publics étoient peu communs avant le siège de Troie , l'irruption des peuples de la Doride les fit entièrement cesser ^^\ et peut-être en eut-on perdu la mémoire pour toujours , si Homère ne les eût fait revivre dans ses poèmes. Lycurgue qui connut ces poèmes et qui en sentit le prix , les apporta dans le Péloponnèse; de concert aveciphitus il établit en Elide des jeux semblables à ceux que le poète a si magnifiquement décrits , il y invita tout ce qui portoit le nom grec, et par là il jeta le fondement d'une sorte d'union entre des peuples qui étoient auparavant divisés. On a fait remonter l'établissement des jeux olympiques et des autres jeux célèbres de la Grèce à des temps très reculés, mais Homère qui s'est tant occupé de cette matière, ne parle pas de ces jeux , et tout prouve qu'il n'en a jamais existé avant Iphitus ; les jeux dont Homère fait mention sont presque tous des jeux fiuièbres. Les funérailles de Patrocle surtout sont célèbres par ces jeux dans l'Iliade ^\ Ils remontoient chez les Grecs , à la plus haute antiquité , Homère parle des prix obtenus par Euryale dans les jeux donnés à l'occasion des funérailles d'Œdipe roi de Thèbes ^^, il y en^eut de semblables à la mort de Pélops ^*^ , et suivant Homère les Grecs célébrèrent sur le tombeau d'Achille des jeux plus pompeux , qu'ils ne l'avoient fait pour aucun prince ou Héros ^^\ Les Athéniens célébrèrent des jeux funèbres eu l'honneur de Thésée ; les Lacédémoniens en l'honneur de Ménélas , d'Hélène, de Lycurgue; les Eginètes, en l'honneur d'Eaque ; les Locriens en l'honneur d'Ajax ; les Thessaliens en l'honneur de Protésilas, et tous ces peuples dont je ne veux pas augmenter la nomenclature, donnoient à chacim de ces jeux lo

Ci> Academ, des Inscript, , T. IX, p. SyS. = (^> Homcr. , Iliad,, lib. XXni, V. 274.= C3) nid, , V. 680. « ^*> Dionys. Halicar. , hb. V. « ^5) Homer. , Odys. XXIV, v. 85.

5o6 NOTES.

nom du béros en l'honneur duquel ils étoient célébrés , aînyi les Atbéniens appeloient T/ieseia les jeux funèbres qu'ils cèlébroient en l'honneur de Thésée : cet usage fut suivi dans les temps postérieurs, et on établit des jeux funèbres publics en l'honneur de Miltiade , Lysandre, Brasidas, Timoléony Pausanias ; Âratus eU beaucoup d'autres héros obtinrent les mêmes honneurs ^*^ Suivant Pausanias, cet usage passa dçs Grecs ^ux Romains. ^'

Les jeux publics étoient le principal objet de la gymnastique des anciens , et c'est à leàr institution qu'est dû l'établissement de cet art et de cette profession*, aussi l'appeloit-on agonistique. Les Agonothètes étoientjes juges et les présidens des jeux , ils distribuoient les prix aux vainqueurs , ils veilloient à l'éducation et aux mœurs des Athlètes , et à l'exécution des réglemens pour tout ce qui étoit relatif à ces jeux publics. Un grand nombre de savans ont écrit sui' les fonctions de ces magistrats , et particulièrement Yandale , Spanheim et Meursius, auxquels je renvoie le lecteur. Je reuiarquerai seulement ici , que dans des temps postérieurs , et surtout spus la domination romaine , chaque temple avoit ses agonothètes qui étoient choisis à toutes les célébrati(ms des jeux et qui pouvoient l'être plusieurs fois. ^^

» Le quatrième jour qui suit les nones, dit Ovide ^^ , on » célèbre en l'honneur de Janus une fête qu'on appelle les V Agonales. Cette fête peut être nommée ainsi de la formule » ordinaire, prononcée par le sacrificateur,' au moment où î) les vêtemens relevés , il va rougir les couteaux dans le M sang de la victime. Agirairje , demande- t-il toujours , et » il n'agit pas sans ordre. )> Senèque fait allusion à cet usage dans une de ses controverses ^^ , et Suétone dit que Caligula

0) Thucyd. , hb. V.— Hérod. , lib. VI. cap. 38.— Plut. , Vit, Tim.

— C^) Pausanias, jércad. i= C5) piut. , Sympos. , lib. VlUf Qucest IV, — Montfaucon , Supplem. , T. II , p. 4. « ^*) CyH. , Fast., lib. I, T. 3i8»

— <5) Senec, Controu. , XI, Ub. II.

Digitizad by VjOOQ IC

PREMIÈRE SECTION-* So'J

f'entretçnoit avec ses enfans , lorsque Cherée vint par der- ;nèr6 et lui abattit la tête à ce ^^ot frappe >, oonune s'il eût iinpiolé i|ne vicliTue sacrée ^*^ : chez les anciens , les victinjeif a'appcloient Agones^ ^'

Ovide continue ainsi : « P^autre^ déripent ce jiom de l'ac-r » tion de pousser vers l'autel les animaïup destipés aui^ » sacrifice» , ils n'y vont pas d'eux-mêmes et ils ne cèdent » qu'à la contrainte. Quelques-uns croient que les Agonalee m s'appeloi^nt autrefois Agnale$ en retranchant une lettre. )> ( subtilité fausse et ridicule y ce n'étoit pas une Agna qu'on immoloit , ç'étoit uu Arles, )

)) Ne pourroit-ou pas , ajoute Ovidç , dire aussi que ceç j) fêtes doivent leur nom à la frayeur qui glace la victime , )) lorsqu'elle aperçoit dans l'eau l'instrument de sa mort? » Plusieurs enfin veulent que ce jour ait été appelé aipsi » des jeux que célébroit la Grèce dans les premiers âges > et » que l'antique idiome appeloit Agonaux* Cette étymologie » me paroît la plus vraisemblable.

La première étymologie a été adoptée par Varron ^ : I)ie$ Agonales j per quos rex in regia arietem immolât^ dicti ab Agone j ^o quod interrogatur a principe cwitatis etprinçepç gregis immolaiur,

Festus avoit les mêmes idées que Varron sur l'étymologie du mot Agonia. Agonium dies appellabatur quod rex hostiam immolabatj Jiostiam enim antiqui agoniam çocabant. Ab ageîido dictas unde agolum pastorale Bacidum quo pecudes aguntur ^*\ Ce grammairien célèbre dit ailleurs : Agohia sacrificia quœ fiebant in monte ^ hinc Romce mons quirinalis Agonus j et Colina porta agonensis^ Agonium locus j in quo ludi initio facti sunt ob hoc dictum, ^ quia fuerit sine angulo. Les Grecs appeloient im angle ywvta. Lorsqu'il étoit«de mode ^ il y a quelques années ^ de tout ex-

^»> Su^ton. , Vit, CaVg,, cap., 58. = ^*^ Meursias, T. V, p. 53o. — ^ Varr. , de Lingua latina, p. 46. »= ^^ Festus, v. A^onaliçt,

5o8 NOTES.

pliquer avec le culte du soleil , on a fait un merveilleux usage de ce passage de Festus. On choisit , disoit-on , pour célébrer les jeux, le sommet des montagnes / parce que la forme de ces lieux présentoit une idée de Tastre auquel on rendoit hommage , et les Grecs considérant tant la forme de ces lieux, que la figure et le cours du soleil , donnèrent aux ieux en général , le nom ^Agon , sans angle ; et lès fêtes de Janus ne furent appelées Agonales , que parce qu'elles étoient les fêtes du soleil , du dieu sans angle j du dieu dont la marche est circulaire j etc. '

On reconnoît dans toutes les étymologies du mot jigon données par les auteurs latins, le désir qu'ont toujours eu les Romains de trouver dans leur langue l'étymologie de tous les mots ; ils allèrent plus loin , ayant fait dériver le mot Agpnia du verbe agere j ils créèrent le dieu Agonius qui présidoît aux travaux ^^. Mais Agon , «ywv , est une racine grecque qui signifie proprement combats , d'où sont dérivés les mots Agonia, jeux publics , où onlivroit des combats, et les autres mots grecs qui signifient lieu ou emplacement de ces jeux, spectateurs , spectacles publics , courses , luttes , cirque , rassemblement, débat, contestation, procès, poursuite en justice, plaider, jouer son personnage, chaleur dans la dispute, véhémence , mouvement , action dans un discours , concours pour les prix, dispute, alarme, vive inquiétude, anxiété d'esprit, péril, agonie ou combat contre la mort, chose sacrée, temple, etc. Ainsi toutes les conjectures des auteurs latins sur l'étymologie de ce nom sont fausses^ les modernes e^i ont cherché un grand nombre dont la plupa;rt sont encore plus ridicules, nous venons d'en citer un exemple.

{ad) Pag. 191.

Aristote et Ariston le péripatéticien cité par Athénée, disent que les anciens ayant cru éprouver qu'un Uen serré autour

O) Festus , voce Agonius.

PREMIÈRE SECTION. 5o()

des tempes ; les soulageoît dans les maux de tête produits par l'effet du vin , imaginèrent de se bander la tête lorsqu'ils étoient dans cet état, et que généralement ils choisirent le lierre , parce qu'il soutient une tension assez considérable ; dans des temps bien postérieurs, ils y ajoutèrent quelques ornemens et ils se firent une couronne. ^^

Les couronnes étoient d'un grand usage dans la religion , on en ornoit les temples, les autels , les statues des dieux. Mais dans les temps héroïques on n en offroit qu'aux dieux , et Ho-* mère ni Hésiode n'ont jamais connu ni les couronnes des jeux, ni les couronnes de la victoire ni les couronnes des festins. On proposoit pour prix des trépieds , des vases et d'autres choses précieuses ou utiles. Mais lorsqu'on eut trouvé le moyen de mettre à profit l'amour propre des hcuumes pour , les faire concourir plus aisément et à moins de frais au bien de la société dans les combats du corps et de l'esprit , et les esprits s'élevant à mesure que les moeurs s'épurèrent , on ne combattit plus que pour la gloire, et des couronnes furent distribuées comme seul prix de la victoire. La couronne de lierre appartenoit aux poètes, et particulièrement aux poètes lyriques. Mais cette couronne n'étoit pas faite de toutes les espèces .de lierre ; c'étolt le lierre noir , dont la feuille a la couleur du safraa qu'on appeloit le lierre Nyséen, Bachique ou Dionyséen.

Les Thraces et les Juifs avoieiit pour loi d'être couronnés de lierre dans toutes les cérémonies sacrées. Les Egyptiens préféroient aussi le lierre pour les couronnes. Les Thraces nonseulement se couroniioient de lierre, mais ils en ornoient leurs boucliers et leurs épées dans leurs cérémonies reli-' gieuses.

On ornoit de couronnes les autels , les statues , les temples ^es dieux , on ornoit aussi la victime d'une couronne faite de feuilles de l'arbre qui étoit consacré à la divinité à la qu'elle

<») A^hen., lib. XV,cap. 4.

5lO KOTES.

On rimtftoloit; le chêne à ifupiter , le laurier à Apollou, l'olîirier à Minerve, le mytte à Vénus, le peuplier k Hercule, le pin à Pan, le cyprès à Pluton, le lierre à BaccLus et sou- Vent les feuilles de vigne et les rameaujt de figuier ; on dit qu'il triompha, avec ces couronnes après la défaite de ses ennemis. On couronnoit aussi la poitrine et l'on y ver^oit dear parfums, c'est là qu'est le siège du cœur. Tous les arbres qui ne portoient aucun fruit , étoient regardés comme étant d'iln mauvais augure ( infaUstœ ) dans les sacrifices, et ils étoient proècrits dans les cérémonies religieuses. Chez lesPerseà, nonseulement le sacrificateur et la victime, mais tous ceux qui âssistoient aux sacrifices , portoient des couronnes. « Plus où » est paré de fleurs , dit Sapho, plus on est sûr de plaire àu± » dieux en offrant un sacrifice , ils se détoumeht de ceujt » qui n'ont pas de couronnes. *^^ »

{bb) Pag. igi.

11 est assez probable , dit Plutarque ^^ , que ce mot théâtre qui est d'un usage plus récent , et celui de tJiéorein , qui est beaucoup plus ancien , et qui veut dire être spectateur y ont tiré Fun et l'autre leur origine du mot théos ^ qui signifie Dieu.

Les cérémonies religieuses fournissoient aux peuples les principaux spectacles , avant que les théâtres fussent établis , et ces spectacles n'a voient que la divinité pour objet. Cependant le mot M^a/i , théatai y qui signifie. régfa«/(er , être spec^ tuteur , est d'une origine aussi ancienne que théos , et ces deux termes n'ont rien de commim pour ï'étymologie et la signification. Les savans disent qOe les Grecs ont pris leur verbe 5sâ(u, «^ea>, 5â(u, des orientaux, en hébreu le mot thaha signifie regarder , admirer,

CI) Athcn., lib. XV, cap. 5.

PREMIÈRE SECTION. 5l l

(ce) Pag. 197.

Suidas dit formellement que Pratinas fut le premier qui fît des pièces satyriques. Ce Pratinas commença à paroître vers la soixante-dixième olympiade , peu d'années après la mort do Thespis.

Il falloit , dans ces pièces satyriques , que le poète se souvînt toujours qu'il faisoit une espèce de tragédie , et qu'il évitât tle tomber dans de basses railleries. Dans le Cyclope d'Euripide , Silène raille Ulysse en conservant la gravité de la tragédie. Les Romains imitoient ces drames satyriques dans les pièces qu'ils appeloietit yétellanes. La seule différence qu'il y eût entre les atellanes et les pièces satyriques , c'est que dans celles-ci il y avoit des satyres ou autres personnages^ ridicules, comme A.utolycus , Barris , etc. , et dans les atellanes il y avoit des acteurs bas et ignobles , comme Maccus : in atellanes personœ ohscenœ ut Maccus.

Les atellanes , comme les pièces satyriques , recevoient les grands personnages de la tragédie , les dieux comme les rois et les héros.

Les Romains n'imitèrent pas les tétralogies , ils firent seulement sur un même héros une tragédie et une atellane : ainsi on voyoit le même personnage dans ces deux pièces. Voilà pourquoi Horace ^*^ recommande avec tant de soin de faire cnsorte que le héros qij'on a vu vêtu d'or et de pourpre, n'aille pas , dans la deuxième pièce , tenir des discours bas et rampans.

{dd) Pag. 198.

Aristote assiure positivement que la tragédie tire son origine des dithyrambes que l'on chantoit en l'honneur de E^cchus. D n'y a aucune espèce de poésie plus anciemie que la poésie

^'> Horal. , Art, poet , v. 228.

5l2 NOTES.

dithyrambique. C'éloit une espèce de poème que l'on suppo&oit avoir été composé dans l'ivresse et les transports qu'inspire f e dieu qu'on y célébroit , il falloit que la fureur bachique s'y fît sentir partout. Les dithyrambes étoient accon:pagnés de danses de même genre que les vers; elles étoient vives , turbulentes , elles étoient le plus souvent exécutées en rond , et ceux qui exécutoient cette musique , ressembloient fort à des furieux, aussi disoit-on , plus fou qu'un poète dithyrambique, Aristote rapporte ^*^ que Philoxène ayant voulu essayer de faire un dithyrambe sur le ton dorien , ne put jamais en venir à bout, et qu'il fut toujours ramené au ton phrygien , qui , comme le plus violent et le plus propre à exciter les passions , étoit le seul convenable à cette espèce de poésie. Hérodote et Suidas veulent qu'Arion ait été l'inventeur du dithyrambe ^y d'autres attribuent l'invention du dithyrambe à Terpandre , qui vivoit vers la trente-cinquième olympiade ; ceux-ci à Lasus d'Herraione ^\ Suivant le scholiaste de Pindare ^*^ , ce poète , dans les chansons qu'il sxoit faites pour être accompagnées de danses , disoit que le dythyrambe avoit été inventé à Naxos , et au premier livre il prétendoit qu'il l'avoit été à Thèbes^ mais au vingt-cinqtdème , vers la treizième olympiade , il pensoit avec Hérodote , que ce genre de poésie avoit été connu pour la première fois à Corinthe. Il est probable que celte espèce de poésie étoit aussi ancienne que le culte de Bacçhus , et que l'époque de son origine étoit entièrement inconnue aux Grecs , les poètes qu'ils regardoient comme les inventeurs de ce genre de poésie, l'avoient seulement perfectionné. On ne peut douter que les premiers dithyrambes ne fussent continus , puisqu'on n'avoit inventé ni les strophes , ni les antistrophes , ni les épodes. Mais après que ces mesures eurent été inventées, les dithyrambes furent plus

(1) Aristot., de Repub. , lib. Vm, cap. 8. = ^^^ Herodot. lib. I, cap. 23.- ^3^ Clcm. AUx., Strom,, lib.I,T.I, p. 355. = ^^> Schol. Pindar. , ad olymplc, XIU, v. 25.

PREMIÈRE SECTION. 5l3

propres que toute autre poésie à les recevoir , tant à cause de la fureur et de l'audace de leur composition , que parce qu'étant chantés par des chœurs , ils s'ajustoient mieux à cette variété de mouvemens et de figures. ^*^

On donnoit aussi le nom de dithyrambes aux vers de ce genre de poésie, et c'est dans ce sens qu'Horace emploie ce mot:

Seu per audaces noi^a dlthyrambos \

Verha devolpit j numerUque fertur

Lege solutis. ^ ^

' Philochore , cité par Athénée ^^ , nous apprend que les Anciens n'employ oient pas les dithyrambes dans leurs libations , mais qu*ils les réservoient pour celles qu'ils faisoieut,à Bacchus , ayant la tête échauffée par les fumées du vin. Athénée cite ensuite ce passage d'Archiloque : Oui ^ je sais entonner un brillant dithyrambe en f honneur de Bacchus^ lorsque j^ ai le cerceau foudroyé par le vin, . Et cet autre passage d'Epichartae dans son Philoctète : Il n'y a pas de dithyrambe ou l'en ne boit que de Veau* Lte dithyrambe qui aime les cris confus j dit Eschyle , est fait pour accompagner le cortège de Bacchus,

Le dithyrambe qui étoit écrit en l'honneur de Bacchus, tiroit son nom de ce dieu, qui portoit le nom de Dithyrambus. Euripide ^*' fait dire k Jupiter : (('Entreis , ô Dithyrambe ! en- » trez ^ans mon sein; par mes soins > Thèbes célébrera votre » nom. » ...

Celui qui remportait la victoire au dithyrambe , avoit pour prix lin bœuf : Pindare appelle le dithyrambe jSo>j>aT>jç , boi>es agèhs ^\ On voit dans le Lexique d'Apollouius , qu'une génisse étoît donnée pour prix du dithyrambe. ^> '

0) Daçier , Préface sur Horace, p. 34.=- W) Horat. , lib. IV, O J. II , Y. 10. -= ^ Athen.*, Deipnos, , lib. XIV, cap. é. = (^*> Euripid., in Bacch, , V. 5i5.= C5) pindar., Olymp,, Od. XIII, v. 25. « ^6) JpoU fonii Lexicon Homeri , p. 796. J^oc, T*'upof ,

ÏOME .III. 33

5l4 " ?^- "" NOTES.

(ee) Pag. 200.

Si les acteurs d'Atliènes manquoient auxengagemena qu'ils ayoient souscrits enyer» les autres villes de Ik Grèce , ûs étoient obligés de payer une somiue sti{)ulée dans le traité ; d^m autre c6té la république les condamnoit à iine sorte d'amende lorsqu'ils s'absentoient.

Il y avoit trois acteurs pour les trois premiers r61es de cbar que tragédie*, le principal archonte les faisoit tirer au sort, et leur assignoit les pièces où ils dévoient jouer. L'auteur n'aroit le privilège de les choisir , que lorsqu'il avoit mérite la couronne dans une des fêtes précédentes. ^^^

(ff) Pag. 256.

Les Tyriens adoroient Baeéhus soua le nom, de Protrygèe, comme on le voit par ce paBsage d'Achille Tatius: ^

(( On célébroit alors la fête de Baochm Protrygès que les » Tyriens regapd^t comme leur divinité tutâaire ; ils D cliantent la fable de Gadmus , et voici l'origine qu'ils donnent )> à la célébrité de cette fote. Ds racontent que les martela n n'avoient pas encore eu de vin d'aucune ^pèce, ni le vin )) noir' appelé Authosmias, ni le Biblinon, ni le vin de » Maronée, de Chio^ ni l'Icarion, mais que ce sont eux » ( Tyriens ) qui répandirent dans toute la terre cette lÀenn faisante productipn^ elle fut d'abord domiée k la Phénicie. » Les Tyriens racontent siir la découverte dn vin une Iiistoire à-peu-près semblable à celle d'icariua dans l'Attique : il y avoit parmi eux un bei^gOT Hospitalier chez lequel Bacchus ajourna pendant quelque temps*, ce bei^ présenta sDct dieu

0) Hesychius. — Suidas , m MSfir^.. ^ Acliill^ Tat. Clkoph., et Leucip. , lib. n> ckp. a.

PREMIÈRE SECTION. 5l5

tout ce que la terre peut produire -, mais il ne put lui ojEFrir d'autre boisson qae celle qui lui ëtoit commune avec ses bœufs. Bacchus donna d'abord de grands éloges à la générosité du pasteur^ puis il l'invita av)sc bonté à boire une coupe pleine de vin ; le berger la vuida et sentit le plaisir pénétrer tout son être. O mon cher hôte, dit-il, d'où peut venir cette eau purpurée ? Où avez- vous trouvé un sang si doux? car cette liqueur ne peut-être trouvée sur la terre , on la sent descendre avec délices dans l'estomac , à peine l'a-t-on placée sur ses livres qu'elle porte à l'odorat une douce volupté ; elle est fraîche au tact , et elle répand dans les entrailles une agréable chaleur. Cette liqueur est une liqueur d'auton^ne, lui répond le dieu} ce sang est produit par des rameaux -, alors il le transporta aupcès d'ime vigne , après lui avoir fait cueillir et presser des grappes de raisin, il lui dit : Telle est cette eau , telle en est la source. C'est ainsi , suivant les Tyriens , que le vin £at donné aux mortels.

Suivant Fauteur des parallèles d'histoires grecques et romaines , l'histoire d'Icarius dans l'Attique se retrouve encore en Italie , et çUe étoit rapportée par Eratosthène dans son Erigone. Icarius en Italie fut lapidé comme il le fut dans l'Attique et par le même motif. Ses quatre petits fils se pendirent de désespoir comme le fit Erigone. Saturne les plaça parmi les astres, trois d'entr'eux furent appelés Protrygétères , ils reçurent ce nom parce qu'ils se levoient peu avant le temps où se faisoient les vendanges. Hygin , au lieu de trois Protrygétères h'en nomme qu'un , et dit que c'est une étoile placée à l'aile droite de la vierge , auprès de son épaide. Cet astre se lève avant le temps de la vendange , il est appelé par Pline et par Golumelle Findemitor ou Vinderniator, ^*^

<J) Plin., Hist. nat,y lib. XyUI, cap. 3i.— Columel. , de Re ruêtkd, lib. XI, cap. 11.

5l6 ' NOTES.

(gg) Pag- 270. .

L'erreur de Meursius a été partagée par Larclier dans se5 notes sur Hérodote. Le père de l'histoire dit : Que ceux des Pélasges qui s'étoient établis à Lemnos ^ voulant se venger des Athéniens qui les avoient forcés d'abandonner l'Attique, équipèrent des Vaisseaux à cinquahte rames, et enlevèrent im grand nombre d'Athéniennes qui célébix)ient la fête de Diane dans le bourg de Brauron ^*\ Larcher, après avoir cité Philochore suivant lequel les Pélasges enlevèrent les Canéphores, c'est-à-dire , les jemies filles qui portoient les corbeilles sacrées à la fête de Diane , ajoute : (c On immoloit à cette fête une » chèvre , et des Rhapsodes y chantoient l'Hiâde. Cette fête 5) se faisoit tous les cinq ans, et des décemvirs nommés 3î ispoTToiot ^ , en prenoient soin. C'est à cet espace de temps qiie » fait allusion le valet de Trygeus dans Aristophane ^^ ; )) Trygeus ayant persomiifié cette fête, qu'il nomme théorie , )) d'un nom commun à toutes les fêtes, dit : Foilâ cette )) théorie que nous menions autrefois à Brauron j et que )) nous caressions lorsque nous étions pris de pin, J*ai eu » bien de la peine à mfen saisir y sois-en assuré : le valet » répond : quantam culus iste ^into quoque anno polup- » taiem adfert! et Larcher ajoute : De jeunes filles consacrées » à Diane célébroient cette fête avec uji habit de couleur de )) safran. Elles ne pouvoient avoir plus de dix ans , ni être )) au-dessous de cinq, w

Larcher a confondu ce qui appartient à la fête déceute de Diane , avec ce qui appartient à celle de Bacchus où on se livToit aux désordres de l'ivresse et même de la débauche , etf ebrii multas meretrices arripiebant, ^^^

^i> Hcrodot. , liL. VI, cap. i38. — ^*^ Scholia grœca scriptoris anonyiTni, in Homeri Iliad, , lib. I, p. 128. » ^^^ Aiistoph. , Paa y Y, 873 et seq, — ^^^ Suidas , i^oc, Bp«v^.

PREMIÈRE SECTION. Sl'J

L'auteur du voyage du jeune Anacharsis a bien su distin-guer ces deux fêtes , et les a très bien caractérisées, (c Pen- M dant que nous approchioriîi de Brauron, l'air retentissoit w de cris de joie. On y célébroit la fête de Diane, divinité de

» ce bourg toutes les filles des Athéniens doivent être

)) vouées à la déesse après qu'elles ont atteint leur cinquième )) année et avant qu'elles aient passé leur dixième. Un grand » nombre d'entr'elles amenées par leurs parents, et ayant » à leur tête la jeune prêtresse de Diane , assistèrent aux 3) cérémonies qu'elles embellissoient de leur présence , et penj) dant lesquelles des Rhapsodes chantoient des fragmens de » l'Iliade : par une suite de leur dévouement, elles viennent, » avant que de se marier, offrir des sacrifices à cette déesse. » On nous pressoit d'attendre encore quelques jours , pour » être témoins d'une fête qui se renouvelle chaque cinquième )) année en l'honneur de Bacchus , et qui , attirant dans ces )) lieux la plupart des courtisanes d'Athènes, se célébroit* )) avec autant d'éclat que de licence. Mais la description qu'on )> nous en fit ne servit qu'à nous en dégoûter, et nous allâmes )) voir les carrières du mont Pentelique ^*\ » On voit dans la collection d'Hamilton une scène de désordre représentant les fêtes de Bacchus à Brauron. ^^

^^^ Barthélémy, Voy, dujeune jinacharsis ,T. IV, chap. 59yp.3S. -= Ca) Hamilton, T. I, pi. 49.

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