KO TES
(y) Pag. 3o.
Le fDot aiùv , eoTij se prenoit chez les Grecs en différens s^ws^ 11 signifioit quelquefois le siècle. S. Jérôme , dans s^b Commentaires sur Ezécliiel ^*^ , dit que l'éon ou le siècle est l'espace de soixante et dix ans , ce qui fait à peu près la vie d'mi homme ; aussi ce mot étoit pris pour toute la vie y quelquefois pour un long temps indéterminé , plus souvent pour l'éternité , et par analogie pour Dieu ou un être immortel ^ com^e on le voit dans Arrien sur Epictète qui, pour faire entendre qu'il . n'est qu'un mortel , dit qu'il n'est pas encore im éon , qu'il faut qu'il vienne et qu'il passe comme l'heure qui est une par-, tie du jour ^. Les anciens Indiens donnoient au premier éti« un nom qui , dans leur langue , répondoit au mot hébreu olaniy qui est souvent employé dans l'Ecriture pour désigner ua temps dont la mesure et la durée sont inconnues; le mot aient ^ en arabe, a la même signification, et dans la traduction chinoise du livre de Budda ou Fà^ qui a été faite dans le premier siècle de l'Eglise , et que M. de Guignes nous a donnée en français ^^ , on a substitué au mot indien celui de chiy qui dans la langue chinoise signifie aussi la même chose. Les Perses , selon Théodore de Mopsucste , nommwent le premier Etre Zaroucui ou Hozarouan qui, dans leur langue, signifioit proprement la révolution des siècles , terme qui répond proprement au mot ç^v^y» des Grecs. S. Clément d'Alexandrie appelle le fils de Dieu ou le Verbe étemel , l'jEJo» infini , et Synesius , dans un de ses hymnes ^*^ , dit que le Verbe est l'Eon qui ne vieillit jamais. « Le temps aion et le )> temps chronosy dit S. Clément d'Alexandrie , ne scmt pas u la même chose ; aion représente à la fois et réunit comme
<ï> S. Hicronym. , cap. 26. =- ^^> Arrian. , in Epie, III, 6. = <» De Guignes, Hièt, desHuns, T. Il, lib. III , p. 226.=- (*^ S. Clcm. AUx. — Sjrnes., Ifymn, III, t. 162.
.> en un seul instant toutes les parties du temps , le passé y le *» présent et Tavenir, c'est-à-dire, que ce terme présente à » rêsprit ridée d'un être qui a existé , qui existe et qui exism tera ^'^ » Ce terme est pix>pre à Dieu qui subsiste toujours de la même maiiièi*e , sans altération , sansi accroissement et sans diminution *, c'est ce qui a fait dire à S. Jean Damascène, que comme le chronos est la durée des êtres fragiles et passagers, Vaion est celle des êtres éternels ^. Ce nom a été con»muniqué aux substances intelligentes qui sont émanées de lui, tant à cause de leur manière d'être fixe et invariable, qu'à cause de leur durée , surtout dans le système que leur émanation étoit de toute éternité. Le nom à^Mons leur a été donné surtout dans les premiers siècles de l'Eglise. Tatien dit qu'audelà des bornes qui terminent la distatice du ciel à nous est le séjour des Eons^^ Dans Ëusèbe, les Eons créés avant Id ciel et avant ce monde , rendent leurs hommages à Dieu ^*^. Synesius l'appelle le père et la vie des Eons, c'est-à-dire , des intelligences émanées de lui, comme il l'explique lui-même , en ajoutant qu'il est l'intelligence, père des intelligences, l'auteur des dieux, la source des esprits ^K Dans l'école de Pythagore , ces intelligences furent appelées des nombres, les pythagoriciens appeloient la divinité le nombre des nombres ^^' , et Synesius , à son imitation , appelle Dieu l'tmité des nombres immortels et des rois immatériels , c'est-à-dire , le principe très simple des pures intelligences ; il l'appelle encore l'unité des unités j le nombre des nombres , et il dit qu^il est unité et nombre tout ensemble ^^^ ; c'est-à-dire , que le verbe qui est un et simple dans sa nature est nombre par ses efièts, parce que toutes les intelligences émanent de lui. Les pythagoriciens,
^*> S. Clem. Alex. , Pœdagog, i , p. g^.Strom,, I, p. 298. =«(*^ Da-
inascen., de Orthod, Jid, — <5> Tatian. , Oràt. contra gentes. , n** 35.
— ^*î Eusob. , de Lau^, constant,, p. 606.= ^^^ Synesius , H^mn. W,
v. i62.'-Tfymn, IV, v. 71. — ^^^ Hiéroclès, in.carm, aur, Pythag, ^
p.22j. ^ ^7> Synesius, Ifymn,ïlj v. ']i,^Ifymn, III, v. 174*
les |)latouicieii8 et Hennés Triâmé^te , avoîérit peraoiiiiifi6 l'éternité et en avodent fait nne divinité; ils disoient que le temps est son image. Lepoèt« Glàudien ^^^ nous en a donné une desciiption dont Boceace a donné une inteiÇréîUition dans ses Généalogies. L'Ëon et les Edns furent aussi personni&és par les hérétiques des premiers temps de l'j^lise, et parûculièrement par les guostiqùes et les basilidiens : CfCs hérétiques leur donnoie^t de» noms barbares.
(it)Pag. 3i.
K Protogonos , le premier-né de l'univers , dit Orphée , » s'élevant dans Téther avec des ailes lumineuses, ayant en sa » main les clefs du ciel , de la terre, des eaux , pour ouvrir les » portes de la vie à tous les êtres , qu'il appelle d'une voix » mugissante , enfin tenant lui seul le gouvernûl de l'uni- )) vers. ))
Ces traits ^ et d'autres encore, se trouvent dans deux hymnes d'Oi-phée , dont l'un adressé au premier-né Phanès, a tous les traits qu'on donne ailleurs à l'amour principe ; l'autre adressé à F Amour , a tous les traits qu'on donne auprdmier-né Phanès.
{kbis.) Pag. 33.
Il est très difficile de counoltre la véritable doctrine et la véritable théogonie d'Orphée. Suivant le poëme des Argonautes qui porte son nom, et qui bien qu'il ne soit pas de lui, ne laisse pas d'être fort ancien , comme l'a prouvé Rhunckéuius ^^ , la nécessité et le temps existoient avant tout. Nous avons donné dans le texte la théogonie d'Orphée , telle qu'elle est présentée par Proclus dans son Commentaire sur le Timée de Platon. On trouve dans le poëme des Argonautes, par Apollonius de
0) Claud., Elog. S^lic.t p. 72. m» tt) Rhunkënins, Bp, Stc, p. 129.
Rhodes , une autre tibéogonie que ce poète fait chanter à Orphée ; ilparoît que c'est la théogonie de Thérécyde, qui est expliquée plus clairement dans le passage de Cclse rapporté par Origène ^^\ Dans cette théogonie , Ophionée et Eurynome étoient ce que sont Uranus et la terre dans la théogonie d'Hésiode. Athénagore ^^ rend compte d'une autre théogonie qu'il attribue aussi à Orphée, suivant laquelle l'océan ou l'eau avoit existé avant tout ; l'eau forma un limon : l'eau et le limou produisirent un serpent qui avoit trois têtes , dont Tune étoit celle d'un dieu qui se nommoit Chronos ou Hercule. Ce dieu produisit un œuf, cet œuf s'étant rompu par l'effort qu'il fit pour le mettre au jour , sa partie supérieure forma le ciel ,. et sa partie inférieure forma la terre.
Les règles de la critique étoient peu connues ou du moins très négligées par les plus célèbres philosophes du paganisme ; on les voit tous citer sous le nom d'Orphée , de Musée , d'Eumolpe et des autres poètes antéi-ieurs à Homère , des ouvrages fabriqués par les nouveaux Platoniciens , et donner comme authentiques des oracles supposés par ces mêmes philosophes, ou plutôt par les sectateurs de la secte orphique qui joignoit les dogmes égyptiens et chaldéens à quelques points de l'ancienne doctrine de Pythagore. Comme les auteurs de ces oracles et de ces vers philosophiques supposoient la spiritualité , la toute- puissance du Diçu suprême , que plusieurs blâmoient le culte des intelligences inférieures, condamnoicnt les sacrifices et faisoient quelquefois allusion à la trinité platonicienne , les chrétiens crurent qu'il leur étoit permis d'employer ces autorités dans la controverse avec les payens , pour les battre par leurs propres armes. Le reproche de nou-
tiî Origcn., contra Cehum, lib. VI. — ^^ Athénag. , Légat, pro CAmf. , cap. XVIU.
Teauté étant celui sur lequel les payens insistoient le plus , les chrétiens , pour détruire ce reproche , alléguoient non-seulement des morceaux du faux Orphée , du faux Musée et des oracles de la Sybille , mais encore des endroits d'Homère , d'Hésiode, et même des poètes dramatiques , quaad ils croyoient y découvrir des traits semblables en quelques points à leur doctrine. L'usage qu'on faisoit alors de ces mêmes autorités , rendoit cette façon de raisonner tout à fait populaire ; lorsque le christianisme fut devenu la religion dominante^ on n'employa plus ces sortes de preuves que par une sorte d'égards pour ceux des chrétiens qui n'en étoient pas encore désabusés , et pour ne pas paroître abandonner tout d'un coup la méthode , suivie par les premiers apologistes du christianisme. ^^
(n) Page 47.
Tristan ^ donne une médaille représentant d'ijn cftté l'effigie de la paix avec celte inscription : eiphnh ntcaeûîî , Pax Nysœorum , et de l'autre im Bacclius nud passant son bras p2y:-dessus sa tête, et s'appuyant du bras gauche sur un trépied. Cette médaille appartenoit aux habilans de Nysc que Diodore place d'après Homère , entre le Nil et la Phénicie. C'est là qu'étoit l'antre célèbre où Bacchus fut porté par Mercure d'après l'ordre de Jupiter, et où il fut nourri par les nymphes. Il y avoit un oracle de Bacchus , comme le prouve le trépied de la médaille; c'est de cet oracle que Lucain parle en ces termes : 1
Sed mihi jam numen^ nec si te pectore if a tes uéccipiam j cyrrhœa velim sécréta moventem SolUcitare deurtij Bacchumque avertere Nysa^
C«) Euseb., Prœ^, Ev, — S. Augusf. , Contra Faust.-^Fvéi et. — i?ï> Tristan. , Corn, Hist, , T. II, p. 209.
' . PREMIÈRE SECnorC. 4^
(o) Pag. èo.
On attribuoit, dit Danville ^^^, la fondation de Nysa à Dionysius ou Bacclius dans son expédition dans l'Inde, et les traditions indiennes font mention de Nysada Buram^ c'està-dire , ville de Nysa et d'un héros qui en est sorti. Ptolémée nous en donne la position sous le nom de Nagara en ajoutant que son nom est aussi Dionysiopolis. On connoît Nagar pour un terme Indien qui désigne une ville en général.
La ville de Nysa étoit située au pied du mont Méros. Banville entre dans de grands détails sur cette ville ^'^ , et il en détermine la position exacte d'après Ptolémée , qui est entièrement d'accord sur ce point géographique , avec le géographe turc, avec l'histoire de Timur, et avec la géographie indienne écrite en langue Tamule sous le nom de Puwana Saccaram.
M. de Sainte-Croix , dans son ouvrage sur les historiens d'Alexandre ^'^ avoit nié l'existence de la ville de Nysa et du mont Méros , mais sa critique étoit dénuée de tout fondement : ce qui a pu jeter M. de Sainte-Croix dans cette erreur, c'est la préoccupation où il étoit que l'expédition deBacchus dans les Indes étoit fabuleuse , et il a été conduit par cette idée vraie à croire que les lieux auxquels on avoit fait l'application de cette fable étoient également fabuleux , avec d'autant plus de raison que la plupart des villes pu montagnes de Nyses ont été imaginées par les poète^ mais il n'est pas moins vrai que beaucoup de villes de ce nom ont existé réellement , et dans 1b nombre est la Nysa de l'Inde qui existe toujours : aussi Danville remarque-t-il que, bien que l'expédition de Bacchus dans les Indes soit fabuleuse , il n'est pas moins avantageux à la géographie de retrouver- un lieu illustré par
^ï^ DanTil. , Gèo^r. ancienne y T. II, p. SSg.— ^P Danvil., J5?c/tf£rc. iurla carte de l*Inde, p. ai. -* ^3) Stc-Croix , p. 24i , ëdit. de 1770.
des fables aussi reculées ^ ou pour parler plus exactement , par l'application qu'Alexandre en a fait à ces lieux ; et c'est ce que la position* de Nagar nous procure ici.
M. de Sainte-Croix'paroît, dans la suite, avoir davantage approfondi cette matière et avoir cédé au grand nombre de preuves qui établissent l'existence de Nysa et du mont Méros; car , non-seulement il n'a pas reproduit cette opinion dans la dernière édition qu'il a donnée de son examen des historiens d'Alexandre , mais il paroît en reconnoître la fausseté , lorsqu'il dit : (( Alexandre arriva à Nysa entre le Copbène et » l'Indus ; il accorda la paix à cette ville , en considération » de son fondateur; on ne voit pas sans quelque surprise les » actions d'Hercule et de Baccbus , transportées dans des
» lieux où leurs noms même n'avoient {amais été connus La
» flatterie et la vanité portèrent les Macédoniens à croire aux » exploits d'Hercule en Asie , et à accréditer la fable des » vo3-ages de Bacchus aux Indes : ils vouloient par là foire » naître l'idée d'un parallèle entre ces deux divinités et » AJexandre dont ils partageoient la gloire. La fondation de » Nysa , sa constitution aristocratique , la description du » mont Méros , et le sacrifice qu'Alexandre y fit en l'honneur » de Bacchus y avec son armée couronnée de lierre, sont des » choses auxquelles Arrien ne dédaigne pas de s'arrêter ». M. de Sainte- Croix ajoute : « Suivant Strabon ^*^ , il n'y a » que Mégathènes et un petit nombre d'autres qui aient cru » à ces voyages de Bacchus et d'Hercule aux Indes. Mais les » voyages de Bacchus aux extrémités de l'Asie ne sont pas » dus aux Macédoniens , qui accompagnoient Alexandre y » puisqu'on les retrouve dans une tragédie d'Euripide qui î^florissoit un siècle avant l'arrivée de ce prince aux Indes. » Les Macédoniens ont faussement appliqué à certains lieux » de la haute Asie et de l'Inde les détails de toutes ces his- » toires concernant Bacchus et Hercule^ contraires à latra-
<ï>Strab., lib.XV, p. 473.
PREMIÈRE SECTION, %l
ï) dition mythologique; voilà, sans doute ce que Strabon a » voulu faire entendre, autrement Use contrediroit. »
Je crois , malgré Fautoritè de M. de Sainte Croix ,que Strabon ne s'est nullement contredit, et Frérét a eu raison d'avancer d'après Strabon que les voyages de Baccbus aux extrémités de l'Asie étoient dus aux Macédoniens; on ne trouve nullement ces voyages dans le passage d'Euripide cité par M. de Sainte-Croix , le voici : Relinquens autem L^dorum auro àbundantes agroB j et Phrygum^ Persarumque apricos campus^ et urbes Baotrianorum^ et hyemalem terram Medorum accedens ^ et Arabican feliçem et Aaiam unipersam^ quœ ad salsum mare Jacetj mixtis grcecis et barbarie simul, populosas liabens turribus bene munitas urbes ^ ad hanc primum veni cipitatem grœcorum ^ illicque versatua j agens choros et constituens mea sacra j^ ut sim manisfestus deus homi^ nibus. Primas vero Thebas hujus terrœ grcecanicœ ululatu complevi.y etc.
Ce passage n'a évidemment aucun rapport avec les voyages et les fables du Bacchus Indien. Le poète grec a voulu seulement rappeler une tradition vraie, c'est l'introduction du cuite de Bacchus divinité Asiatique dans la Grèce: nous avons vu. que le culte de Bacclius étoit répandu dans toutes les parties de l'Asie , et qu'il en avoit été apporté dans la Grèce par les colonies étrangères , c'est tout ce qu'a voulu dire Euripide qui cite les principales contrées de l'Asie, les seules qui fussent alors connues des Grecs , la Ijydie , la Phrygie, la Perse, la Bactriane, la Médie, l'Arabie et les bords de la Méditerranée , c'est-à-dire , l'Asie mineure et la Syrie, Asia^ quœ ad salsum m^zre jaeet ^ mixtis grœcis et barbarie simuL
Quant à Nysa, deux savans de nos jours, le Major Rennel et M. Barbier du Bocage ont confirmé l'existence de Nysa et joiiit leur autorité à celle de DanviUe. Je conclus avec une
sorte d'assurance > dit le major Rennel ^*^ , que la rivière Cow de la géographie turque , et le G)W-Mull de Baber qui passe par Nughz,,^, est la rivière de G)pliènes ^^ ; après son arrivée au pont, Alexandre fit une excursion par terre dans le pays situé sur la rive occidentale de l'Indus , pour visiter la ville de Nysa : l'on dit qu'alors il pénétra dans le pays situé entre les deux rivières de Cophèiies et d'Indus. M. Barbier du Bocage , dans son analyse 4e la carte des marches et de l'empire d'Alexandre ^^^ , dit : « Je reconnois avec le major Rennel , ce fleuve ( le Cophènes ) dans celui qui est appelé auiourd'hm Cow et qui passe à Ghizni et à Nughz^ l'anciemie Nysa.
{p) Pag. loo.
Il y avoit aussi à Sparte^ un temple de Bacchus ans Marais , situé dans l'intérieur même de la Tille , du c6té du fauboui'g, qui étoit autrefois marécageux, a Le sol de » la ville de Sparte , dit Strabon , est bas sans être ce- » pendant nulle part marécageux. Autrefois le faubourg » l'étoit , c'est pourquoi il porloit le nom de Limnœ , et le » temple de Bacchus aux Marais n'étoit ainsi appelé que, » parce qu'il étoit en efifet sur un terrain plein d'eau, au )i lieu qu'à présent , il est siir un terrain sec ^^. » U y avoit aussi à Sparte un temple de Diane aux Marais , qui étoit appelé Limmeum ^^^ , parce qu'il étoit placé dans les Marais où étoit le temple de Bacchus. Ce temple portoit le nom de temple de Diane Orthie aux Marais j pour le distinguer du temple de Diane , simplement nommée le temple de Diane aux Marais qui étoit sur les frontières de la Laconie et de la Messénie : c'est là que les deux peuples célébroient en
0) Rennel , Descript, de Vinde, T. II, p. 219. «» <« Ibid., p. 228. - (3) Barbier du Bocag., p. 83i. - (^^ Strah. , lib. Vffl, cap. 5 , J 1 , p. 362. -. <5) strab. , !ib. VIU , p. 36i.
commun une fête solennelle, et offraient des sacrifices ; c'est là que les Messéniens furent accusés par les Spartiates d'avoir violé les vierges qui s'y étoient rendues pour sacrifier.
{q) Pag. io4.
Proclus ^^ appelle le cratère , i^ei'itatis craterem. On peut voir dans l'ouvrage de Kreutzer intitulé Viony^ siua , Heidfelberg. 1709 , toutes' les idées mystiques que les anciens et particulièrement les orphiques et les Nouveaux Platoniciens ont attachées aux cratères et en générai aux vases qu'ils avoient donnés pour attributs à toutes les divinités.
On peut voir sur le même sujet et surtout sur les amphores et les cratères de pierre , symboles des nymphes et de Bacchns, les chapitres 12. i3. i4. de Porphyre. ^^
On lit dans un passage d'Ëratosthènes cité par Athénée ^^' : « Il s'étoit fourni d'un phialée pour rendre ses hi^mmages aux » dieux. On ne se servoit pas alors de cyalhe ni de cotyle. »» On prés'entoit aux divinités un cratère, non d'argent ni )) enrichi de pierreries , mais fait de la terre du promontoire » Colias. Toutes les fois qu'on l'avoit rempli en faisant des )) libations aux dieux avec le phiale, les assistans se versoient » l'un après l'autre le vin qu'on venoit de mêler, en puiw sant avec le cymbion , comme on le pratique encore chez » nous dans les repas qu'on appelle phédities ; mais s'ils vou- >> loient boire davantage, on met toit auprès d'eux les vases M appelés cotyles, qui sont de la plus belle forme et très )) commodes pour boire. Or, ceux-ci étoient faits de la même » terre. »
Crésus, dit Hérodote ^^^ , envoya à Delphes, avec beaucoup d'autres présens, deux cratères extrêmement gtànds ;
(ï> Proclus, in Theolog, Plat, ^ cap. 3o, 62. = ^^) Porphyr. , dâ Antro nympharum y p. i3, i4. •« ^^ AtlM^n., lib. XI, cap, 9. »« i*) Ht'rod-. lil). I-. cao. 5i.
les Delphiens y mêlent Feau avec le vin aux fêtes appelées
Théophanies. '
Larclier observe sur ce passage, que le cratère ne ser- Toit point à boire ^ mais seulement à mêler Teau avec le vin.
(r) Pag. 106.
Euslathe définit, le Tbiase: Quœvis multitudoj sipe chorus ^ aive exercitus j sipe ecotesia ^ sipe turba bacchantlum cuU poio^ntium j vel etiam aliud quodpis agentium^
InaUluit JDaphnis tkiasos inducere bacchL ^*^ Servius s'exprime ainsi sur ce vers : Thiasos saltationes , cJioreas Liberij id est j liberalia. Sunt enim Thiasi cœtus virginum atque puerontm bacchant'uim ^ plangentibus nyrrir' phis.
fvw, x^ aÙTOvo'a, xai /xaXo7rap>îoç iyaya , Tpsiç ^titTovç èç opoç rpelç ayo/ov a^roLt sotaoLt' ^ ' Ino et autonoe et genis pomicoloribus Agace j Très thiasos in mpntem j très Ipsœ exis tentes ^ DucebanU Thiasi satjroram ^ , Statius se sert souvent de la même expression.
©taoro;, tspoç X P°î- ^** «^exo-wTyîç , b ;^opsi»TïîÇ. ^^ Thiasos sacer chorus , et thiasotes ^ sodalis ^ chori socius > veni saltaturua adpios tliiasotas^
Suidas cite ce vers d'une épigramme de Philène:
ZTpSTTTÔv jSacoraptzou pôpo.v ^eadoeo |xû&>?ra^ Tortum rhombunij bàssarici thiasi incitamentum. Suidas fait dériver &i%aoç du verbe grec 5eîv, id est^cz«rr«fv ou 5ûnv^ id est, furercy c'est pourquoi les Tbiasotes ont été appelés proprement comités Bacchi et ministri.
(0 Virg., Bcïog. V, T. 3o. - CD Thëocr., IdyU. XXTI, t. 1.- W Calul. — C« Suidas, t. QUtr^s,
On lit dans le même Suidas^ : Thiasos^^ id est y mulUtudo ,
quœ sacrçrwn et cultua dinini gratta congregata est Sic
Demos thenes et Xenophon. Ion i^ero nomen hoc pro qtw^U
hominum ccetu posuiL
BioLttiiTfiç KÔTuoç. Sodalls cotyttOi Ovide dans la fable d'ino; dit :
Epoe, Bacche sonat. Bacchi sub nomine Juno Risitj et hos thiasos prœstet lihi^ dixit ^ alumnus^ Thiasos dixit Josephus omnis gêner is collegia, quia ni^llum ferme fuit quin religioîiem pro fine Jmberetj et alicujus deoruni cultum. ^*^
Claudien.^^ dit dam le poème sur renlèvemeat de Proserpine:
Terribiles intus thiasi j vesanaque mislo Concentu delubra gemuntj ululatibus Ide Bacchatur» Timidaa inclinant gargara sihas» ^
Raucls secura fruebar Nimirum tliiasis j et lœta sonantibus arvis Jungebam Phrygios , cum tu raperere j leones.
Le commentateur s'exprime ainsi sur cette expression de Claudien,: Bauci thiasi^propler inconditas et diu. continua' tas ac pêne furiosas voces ; thiasos ^ lioc est^ choreas etsalta^ tiones ^ et sacra illa cybeleia obeuntium*
Claudien dit encore ^*^ :
Inêerea gelidœ secretie rupibus Idœ
JJunh aedetj et thiasos spectat de awre j o^bellei
Le même commentateur observe sur le mot Thiasos ^ id est, chorossaltantium sibij et motus tumultuesos ao furibunàii wnilesageniiujn Curatwm,
• (i) Joseph. , Antiq. Jud. , lib. XIV, cap. 8.- <^^ Claudian. , lib. I , V. 2o4. — ^ Ihid,, lib. III, v. 422. — <^ Ibîd. , lib. H, in Eutrop, , ▼. 279.
4y6 KOTES.
Valéiiiis Fiaccus s'exprime ainsi ^^ :
FidUtij roaeis hœcper loca Bacchua habenis
Cumdomitas acies etêoi/ercula regni,
Duceret; ac rursus thlasoa et sacra moventem
Hune tibij vel posito venantem pectine Phœhmn
Crede dari, Thlasoa est turba liominum Bacchws choros agltans , secundum lllud Euripldls : ^^^
T^ideo autem Thlasos très mullebrlum chorearum. ''^ Virgile a dit ; ^*^
Tum quorum attonltœ Baccho nemora apla maires
Insultant thiasls
Undlque collectl coeunt matremque fatigant. Quelques-uns ont fait déiiver thlasos àith toù Ta âsiac. idony id est a sacrls carminlbus.
(s) Pag. 120.
Pendant l'inliumation des corps morts chez les anciens , ou faisoit des libations de vin. Acliille fit verser du vin sur le . buclier de Patrocle , lorsqu'il fut consumé :
Postquam collapsl clneres ^ et jlamma qulevit Bellqulas vlno et blbulam lapere favlllam. Ceux qui vouloient exprimer particulièrement leurs i^egrets et leur douleur, venoient déposer sur les tombeaux une partie de leurs cheveux , et faisoicnt tout autour des libations d'eau, de vin, de lait et de miel.^*^
Les cérémonies des funérailles se renouyeloient tous les ans , on venoit aux sépulcres offrir des sacrifices et prendre d£S repas funèbres. Non-seulement on y immoloit des victimes , mais on y versoit du vin , des liqueurs et de l'eau , on faisoit des fosses pour y recevoir ces liqueurs et le sang des victimes.
(0 Valcr. Flacc. , ATgon. , lib. IH , v. 538. =- («^ Athcn. , Ib. Vin. — (5) Euripid.-» ^*^ Virg. , ^/ie/cf.,lib. VU.^ ^) Pothr, ^rcAcco/., ISb. IV,cap.5,8.
' Neque i>ero sanguinem sùlunij sed pinum etiam in térram effundehanL ^*^ ,
Ad tefram fudit vinum j terramque rigapitj Patroclique animam suprema voce vocaçit, ^^
Ac primùm mulsum , plena hinc carcJiesia Bacchi j Mursus aquam y nipea texi quœ deinde farina. ^^
Lucien disoit que les morts vivoient en enfer de ce que leurs amis et leurs parents répandoient sur leurs tombeaux.
On peut voir sur les cérémonies et sur le but" qu'on s'y proposait Stuckius , Gyraldi et Natalis Cornes. ^*^
{t) Pag. 159.
Homère et Hésiode gardent le silence sur les déluges d'Ogygès et de Deucalion. Cependant Hésiode surtout avoit une belle occasion d'eu parler, lorsqu'il traite des âges qui avoient précédé le sien. Le silence gardé par les deux plus anciens poètes Va été aussi par les écrivains les plils anciens et les plus respectables de la Grèce, Hérodote, Thucydide et Xénoplion , quoique cet événement dût naturellement trouver sa place dans ce que les deux premiers rapportent de l'ancienne histoire et des diverses révolutions des nations Pélasgiques et Helléniques. Hérodote se contente de nommer Deucalion et de dire qu'il régna dans la Phthiotide, canton de Thessalie qui fut le premier séjour des Hellèjies ^^^: Pindare est le premier auteur qui ait parlé du déluge de Deucalion ^^ *, Aristote, en parlant des déluges qui revienneiit à certaines époques, dit : « Qu'ils n'arrivent pas.toujoiurs dans les mêmes » lieux, tel fut le déluge de Deucalion, qui se fit sentir » principalement dans l'ancieimc Hellade. » Ce pays com-
Ci) Natal. Com., p. 48.= ^^^ Homer., Iliad,, lib. XXm.= <3) Hora«»r., Od^ss. , lib. II.=« <*) Nat. Com. , Myth,,\ih,i, cap. i3.=i ^5) Hcrod., lib. 1 , 5 36. — ^) Pindar. , Olymp. IX , v. 160.