Recherches Sur Le Développement D'Un Stysanus Et D'Un Hormodendron
Les matériaux que j’ai eus en main et les documents que j’ai }>u consulter ne me permettent pas île résoudre la question. Si la troisième hypothèse est vraie, comme je le soupçonne, il faut admettre que la forme Diplocladiumse modifie notablement quand VHypomyces est sur le point de former des chlamydospores, les filaments fructifères commenceraient par devenir moins hauts, plus minces et les spores bicellulaires deviendraient de moins en moins nombreuses. Dans cette période de transition, on pourrait confondre le Diplocladium avec un Verticillium, c’est ce qui expliquerait la confusion de Tulasne sur ce point assez important.
RECHERCHES SUR LE DÉVELOPPEMENT D’UN STYSANUS ET D’UN HORMODENDRON, par 1I.U. C'OSTANTIN et ROULAND.
I. Styctaiius. — On voit souvent se développer sur les cultures de crottin un petit Champignon présentant un pied noir et une tête fructifère d’un gris violacé devenant noirâtre. Au microscope, on voit que le pied est composé de filaments cloisonnés noirâtres, parallèles entre eux ; la tête présente un nombre considérable de spores qui sont disposées en chapelets pressés les uns à côté des autres. Ces caractères rattachent cette plante aux Stysanus.
Nous avons semé les spores de ce Champignon sur différents milieux pour en suivre le développement. Nous n’avons observé jusqu’ici que la première phase de l’évolution, celle qui précède la formation du Stysanus. Ces premiers stades nous ont paru assez intéressants pour devoir être signalés. Les phénomènes qui vont être décrits peuvent s’observer aussi bien sur la pomme de terre imbibée de jus de citron, de jus de pruneaux, de liquide Raulin, etc., que dans les boîtes de verre contenant de l’agaragar et du bouillon de veau ou de bœuf.
On voit au bout de quelques jours se dresser sur les filaments aériens, sortis de l’agar mais rampants, des rameaux extrêmement courts qui se terminent immédiatement par une spore à peu près aussi longue qu’eux. Ces spores un peu acuminées à l’extrémité se couvrent rapidement de nombreuses verrues et deviennent fuligineuses, puis noires. Le filament îructifère s’allonge un peu et se cloisonne une fois; une deuxième spore formée aux dépens delà cellule supérieure apparaît alors au-dessous de la première et devient terminale en rejetant son aînée de côté. On peut, en effet, observer un stade dans lequel on a une deuxième spore terminale seulement cendrée et couverte déjà de nombreuses verrues portant latéralement, un peu au-dessous de son milieu, la première spore entièrement noire. Ce même phénomène peut se répéter plusieurs fois, de sorte que
COSTANTIN KT ROLLAND.
DÉVELOPPEMENT I) UN STYSANUS.
le filament court peut apparaître comme terminé par une sorte de capitule sporifère.
Bientôt le filament fructifère se ramifie, et les rameaux ainsi produits font un angle assez grand avec le filament principal. On observe fréquemment le stade suivant : le pied terminé par deux spores, l’une noire et l’autre incolore et deux rameaux, courts unicellulaires, terminés par une seule spore fuligineuse ou noire. Bientôt, au-dessous des spores terminales et noires de ces rameaux, apparaissent des spores incolores qui rejettent les premières de côté, exactement comme cela s’est produit pour le filament principal.
On voit donc qu’à l’origine chaque rameau fructifère est terminé par une sorte de capitule formé de quatre à cinq spores. D’après ce qui vient d’être dit plus haut, cette tète sporifère ne mérite pas le nom de véritable capitule. On peut voir en effet que les spores restent adhérentes les unes aux autres après leur chute, de manière que la hase de l’une soit soudée sur le côté de l’autre. Cette organisation ne s’explique pas, comme on pourrait d’abord le supposer, par un bourgeonnement latéral qui se serait produit sur la deuxième spore; ainsi que nous l’avons vu, la spore latérale est en réalité la spore primordiale au-dessous de laquelle a bourgeonné la seconde spore qui a pris la place de la première. Le faux capitule est donc en réalité un chapelet enroulé en crosse.
Cette disposition des spores en chapelet se manifeste bientôt sans ambiguïté après la chute de ces premiers organes reproducteurs. On peut voir, en effet, sur de très courts arbuscules ayant trois rameaux, le rameau principal terminé par des chapelets droits et les rameaux latéraux encore terminés par de pseudo-capitules. On peut donc dire que le chapelet devient droit après avoir été enroulé. Une modification se produit en même temps dans les spores qui deviennent lisses et plus petites.
Les premières spores noires et verruqueuses mesurent 9 p.de long sur 5p, 5 de large. Les secondes mesurent ü p. sur 3 p. On remarque fréquemment dans les cultures sur agar-agar qui rayonnent d’un centre que les pieds à spores en pseudo-capitule sont plus abondants à la périphérie, et les pieds en spores en chapelets plus nombreux quand ou se rapproche du centre.
On peut se demander maintenant par quels stades intermédiaires on passe de la forme simple que nous venons d’indiquer à la forme complexe ordinaire. Le filament fructifère principal s’allonge notablement et les ramifications primaires et secondaires se multiplient, mais elles changent complètement de direction, elles s’orientent parallèlement au filament principal, comme dans un Pénicillium , en s’appliquant contre lui. On observe, à ce stade, des sorte de pinceaux dont les dernières ramifications
se terminent, soit par des chapelets, soit des pseudo-capitules dont il est assez difficile, à cette période, de démêler la structure.
En même temps, les pieds s’allongent et brunissent; de plus, deux pieds nés en des points rapprochés du mycélium peuvent bientôt se confondre ensemble. La fasciation se produit donc, dans ce cas, non seulement par la multiplication des rameaux, mais aussi par la coalescence de pieds originairement distincts.
Assez rapidement la fructification se trouve élevée assez haut par suite du développement intercalaire du pied, mais on peut saisir un stade pendant lequel on voit s’isoler, sur un fascicule de filaments noirs, des petits pinceaux noirs fructifères analogues à ceux qui ont été décrits précé¬
demment.
On conçoit donc qu’il puisse y avoir la plus grande variabilité dans la forme et la dimension de l’état Stysanus. En effet, le pied peut être très inégalement épais, les filaments qui le constituent peuvent devenir presque indiscernables, tant ils sont cutinisés et noirs; il peut se terminer en pointe avec une tête fructifère très réduite ou s’épanouir en une large tête ovoïde.
Nous avons observé dans ces cultures des variations qui sont consignées dans le tableau suivant :