TÈTE
Largeur.
Hauteur.
Largeur.
Hauteur.
1 er individu....
2 e individu....
3 e individu... .
4* individu.
5 e individu.
Enfin, les filaments qui se réunissent en bas peuvent aussi fréquemment s’individualiser en haut. A la partie supérieure d’un pied homogène formé d’un petit nombre de filaments, il se fait souvent une division en deux parties égales surmontées par des têtes semblables. Le même phénomène peut se manifester différemment. On peut voir naître sur un grand Stysanus , bien différencié en tète et pied, de petits Stysanus qui se dressent en grand nombre sur la tête du premier. Une dernière variation se produit chez les individus très développés, le pied grossit considérablement et se subdivise en un nombre variable de troncs, qui se ramifient eux-mêmes un grand nombre de fois, chaque branche étaut terminée par une tête fructifère très allongée, pointue et peu différenciée. Voici un exemple de ce mode de ramifications.
COSTANTIN ET ROLLAND.
DÉVELOPPEMENT D’UN STYSANUS. 299
l en largeur \ en bas ••• 105 ^
Pied avant ses ramifications mesure ) ® '* ( en haut... 147 (jl.
( en hauteur. 1600 |x.
Ce pied se subdivise en six ou sept grosses branches de dimensions diverses.
. [ Partie fructifère terminée en pointe mesure
1 ro branche . i
f Partie infertile.
hauteur.. 210 (x.
largeur.. 42 jx hauteur.. 210 jx.
largeur.. 25 |x
2 e brandie.
La partie fructifère est très subdivisée. 420 fx de long. La partie infertile mesure. 63 {x de large.
Il est à remarquer que presque toutes ces branches font un petit angle entre elles.
Nous avons dit que dans les têtes fructifères du Stysanus , les spores étaient en longs chapelets rectilignes; elles sont ovoïdes, s’accolant par une surface plane, lisses, incolores ou légèrement cendrées et mesurent G à 5 pu. de long et 3 à i p de large. On remarque également des spores noires et lisses vers le point d’attache des filaments.
Quant à l’espèce à laquelle on doit rapporter la plante qui vient d’être étudiée, nous pensons que ce doit être le Stysanus Stemonitis , en adoptant du moins l’interprétation de Saccardo qui indique les spores de cette espèce comme ovales-limoniformes et tronquées aux deux extrémités (1). Les dimensions des spores paraissent un peu différentes, car Saccardo indique 8 p de long sur 5 p de large, mais ces dimensions sont intermédiaires entre celles des grosses spores primordiales verruqueuses (9 p sur 5 p) et des incolores lisses (6 p sur 3 p).
Nous croyons d’ailleurs que, parmi les seize espèces énumérées dans le Sylloge de Saccardo, plusieurs espèces sont trop imparfaitement décrites pour pouvoir en rapprocher une forme quelconque.
La détermination que nous venons de faire nous amène à penser que la plante qui vient d’être étudiée n’est pas identique à celle que Harz (2) a désignée sous ce nom. On sait que cet auteur affirme avoir observé 1 identité de YHormodendron elatum et du Stysanus Stemonitis. Nous n’avons pas rencontré dans l’étude du développement que nous venons de faire un stade se rapprochant de la ligure de YHormodendron elatum
donnée par cet auteur.
Nous devons enfin rappeler, en terminant, que Cooke rattache le Stysamts pusillus Fuckel au Sphœrella isartophora De Not. Mais Saccardo
(1) Voy. Saccardo, Fungi italici, fig. 946.
(2) Veber einig. Ihjph. (Bull, de la Soc. des nat. de Moscou , 1871, p. 143).
range le Stysanus pusillus par les Graphiothecium. Ces deux derniers ne diffèrent des Stysamis que par la présence d'une partie renflée à la base. Ce caractère n’a peut-être qu’une médiocre valeur, car il est vraisemblable que ce renflement basilaire est en rapport avec l’ébauche du périthèce. Tulasne a également démontré que le Graphiothecium phylloyenum Saccardo ou Graphium phyllogenum Desm. est une forme conidienne du Sphœrella Fragariœ Sacc. ou Stiymatea Fracjariœ Tul. Ces diverses observations nous amènent à penser que la plante que nous venons d’étudier est vraisemblablement un Pyrénomvcète voisin des
Sphœrella.
II. Hormodendron. — Nous avons rencontré sur du crottin de poule une Mucédinéc qui ne s’est développée sur ce milieu qu’au bout d’un temps très long; le crottin avait été placé dans une assiette à la fin de décembre 1887, et c’est vers le milieu du mois de mai que nous avons vu s’étendre sur le substratum et sur la coupelle un gazon gris noirâtre formé par cette Mucédinée que nous avons rattachée au genre Hormo-
dendron.
O Champignon ayant été semé d’abord sur du crottin de cheval dans un tube stérilisé, puis sur de ta pomme de terre imbibée de jus d’orange ou de liquide Raulin, nous avons eu, au bout de la troisième culture, un beau développement de la plante qui était à l’état de pureté parfaite. Nous avons pu la semer sur un milieu formé d’agar-agar et de bouillon de veau et suivre son développement dans les boites de verre stérilisées.
Etat adulte. — A l’état adulte, un individu de celle plante se compose d’un pied dressé et noir fuligineux, ramiiié assez loin du sommet; on voit donc immédiatement qu’on ne peut pas rattacher cette espèce aux Haplographium qui ont des rameaux uniquement localisés vers la partie supérieure et non étalés. Les dernières ramifications très nombreuses sont incolores. Quand on examine celte plante en la transportant sur le porteobjet et en mettant la lamelle dessus, les spores paraissent groupées en tête a l’extrémité des derniers rameaux; en réalité elles sont tombées de leur support. Elles apparaissent comme des corpuscules ronds ou un peu ovoïdes, incolores quand elles sont isolées, légèrement noirâtres en grandes masses, ayant 0p,8 de diamètre. A côté de ces spores que l’on rencontre en très grande abondance, on observe d’autres corpuscules beaucoup plus rares, bien nettement ovoïdes, presque en bâtonnets, mesurant 4p. de long sur lp. de large. En certains points, on arrive à constater que les spores sont en chapelets.
Développement. — Le développement que l’on peut suivre sur l’agaragar additionné de bouillon de veau permet de mieux comprendre la
COSTANTIN ET ROLLAND.
DÉVELOPPEMENT ü’üN HORMODENDRON. 301
structure de l’adulte. Sur le mycélium incolore, qui reste plongé dans l’agar, se dressent des filaments d’abord simpleset incolores qui se terminent à leur partie supérieure par un chapelet de cellules courtes, arrondies, qui bourgeonnent latéralement, de façon que le chapelet apparaît comme ramifié.
Le filament s’allonge et deux ou trois courtes ramifications apparaissent sur sa hauteur et se terminent chacune par un chapelet identique au premier. Le filament principal commence à brunir. Le pied noircit de plus en plus et sa partie terminale ainsi que les rameaux secondaires s’allongent notablement en bourgeonnant d’une manière répétée à différentes hauteurs. On a alors le spectacle assez singulier d’un pied rigide d’où partent plusieurs filaments incolores qui se ramifient à plusieurs reprises comme s’ils résultaient de sa germination. A l’extrémité des dernières ramifications incolores les cloisons deviennent extrêmement rapprochées et les cellules tout à fait terminales arrondissent leur contour de façon à se présenter comme des spores en chapelets, mais les articles inférieurs restent bien nettement avec leurs cloisons rectangulaires. Ou voit également comment les chapelets se ramifient C’est quelquefois la cellule terminale d’un chapelet qui bourgeonne, d’autres fois les cellules médianes, enfin fréquemment aussi le filament immédiatement au-dessous des cellules terminales différenciées.
On voit enfin fréquemment naître sur un rameau, en un point éloigné de l’extrémité près de la partie noire, des branches extrêmement fines et incolores qui se ramifient plusieurs fois irrégulièrement et qui se terminent bientôt par des spores. Les pieds cutinisés et noirs ont à la base 3 à 4 [a de diamètre, ils diminuent assez régulièrement de haut en bas. Les dernières ramifications sont beaucoup plus fines ; quand elles se terminent par des chapelets de spores, elles atteignent 1 p de largeur environ ; mais, quand elles sont stériles, leur ténuité est bien plus grande encore, elles peuvent avoir 0p,5 à 0p,7 de large. Les spores paraissent presque rondes à l’état normal, car les parties terminales des chapelets sont ovoïdes arrondies, mais les articles inférieurs dont la différenciation n’est pas
encore achevée peuvent tomber et ce sont eux qui constituent ces bâtonnets dont nous avons parlé plus haut.
Examinons maintenant de quelle espèce pourrait être rapprochée cette
plante.
La dimension des spores l’éloigne tout de suite des //. Solani (20p. sur 5p) atrum, (6p sur 3 à 4p), cladosporioides (4 à 6p sur 3p), viride (7 à 8p) et chlorium (0 p).
Sa nuance grise lorsqu’elle apparaît en grandes masses quand elle est cultivée soit sur la pomme de terre, soit sur l’agar, l’éloigne de toutes les espèces olivacées ou verdâtres ( olivaceum , cladosporioides , viride,
chlovinum , alatum ), sa nuance pourrait la rapprocher de Y Hormodendron herbarum. Son organisation ne permet pas de la confondre avec H. olivaceum et elatum , chez lesquels les chapelets sporifères naissent, sur des sortes de cellules basidifères cloisonnées.
Quant à l’ Hormodendron herbarum Sacc. ou Sporodum herbarum Bonord., il est bien difficile d’y reconnaître la plante actuelle sur la description brève et insuffisante donnée par l’auteur. En elîet, Bonorden ne donne aucune mesure des spores des filaments, et la figure représentant la plante ne permet pas de reconnaître les filaments incolores terminaux sur lesquels s’attachent les chapelets de spores; jamais nous n’avons vu ces chapelets s’attacher directement sur les filaments bruns.
Nous croyons par suite devoir créer l’espèce suivante :
Hormodendron nigro-album Costant. et Roll.
Mycélium incolore. Filament fructièfre dressé, ramifié irrégulièrement, brun noirâtre, de 3 à 4-fx de la base, diminuant régulièrement de bas en haut. Derniers ramuscu es incolores très ramifiés de 1 p à 0[x,5 de large, portant des chapelets de spores. Chapelets simples ou rameux. Spores incolores, arrondies, ovoïdes ou en bâtonnets de 1 p. de diamètre ou de 4 p. de long sur 1 pi de large.
M. Jumelle fait à la Société la communication suivante :
SUR LES GRAINES A DEUX TÉGUMENTS, par M. Uenri JUMELLE. {TJ
Les téguments des graines ont déjà été étudiés à plusieurs reprises
et c’est un fait depuis longtemps établi par les auteurs <jui se sont occupés de cette question, qu’ils ne présentent généralement aucune concor¬
dance avec ceux de l’ovule.
Il est même admis que, lorsque l’ovule et la graine ont deux téguments, les enveloppes de la graine ne proviennent que de l’enveloppe externe de l’ovule ; l’interne a disparu.
Celle règle, à laquelle les Euphorbiacées seules jusqu’alors ont été citées comme exception, n’est pas, en réalité, aussi absolue. Dans le cours de recherches plus générales que j’ai faites récemment, guidé par les bienveillants conseils de M. le professeur Bonnier, au laboratoire de botanique de la Sorbonne, j’ai eu en effet l’occasion de remarquer pour deux autres groupes celte même particularité.
Les modifications profondes qui surviennent pendant la maturation semblent rendre difficile au premier abord toute comparaison entre la structure tégumentaire de l’ovule et celle de la graine. Cette étude se