‹ Recherches sur le diagnostic du siège des anévrismes de l'aorteChapitre 4 sur 4 · RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS

I. Anévrismes de la crosse de l’aorte. Les anévrismes de la portion ascendante de la crosse déterminent un retard exagéré du pouls dans toutes les artères^ et ce retard est le même pour des points également distants du centre.

Quand l’anévrisme aortique intéresse l’origine du tronc brachio-céphalique, on observe encore l’exagération générale du retard du pouls ; mais le pouls radial et le pouls carotidien du côté droit, présentent un retard plus grand encore que le pouls radial et le pouls carotidien du côté gauche. Les effets propres à l’anévrisme du tronc brachio-céphalique s’ajoutent aux effets de l’anévrisme de l’aorte, qui sont plus généraux.

S’il y a, en même temps que l’anévrisme de la portion initiale de l’aorte^ une insuffisance aortique large, on n’observe pas l’exagération générale du retard du pouls qui est caractéristique de Tanévrisme siégeant à ce niveau ; l’influence retardatrice de l’anévrisme est contre-balancée par l’influence inverse de l’insuffisance aortique : la résultante de ces deux effets opposés, qui se combinent, est la conservation delà valeur normale ou presque normale du retard du pouls.

Les anévrismes occupant la convexité de la portion transversale de la crosse aortique intéressent presque nécessairement l’origine d’un ou plusieurs des troncs artériels qui émanent de la crosse de l’aorte. Aussi les signes tirés de la comparaison du retard du pouls sont-ils variables, suivant que telle ou telle artère participe à la dilatation de l’aorte.

Quand l’anévrisme de la portion transversale de la crosse intéresse les trois troncs artériels qui en naissent, on observe l’exagération générale du retard du pouls, comme dans l’anévrisme de la portion ascendante. Le diagnostic repose alors surtout sur ce fait: que l’anévrisme de laportion ascendante se développe à droite du sternum, tandis que l’anévrisme de la portion transversale (convexité), fait saillie au niveau de la fourchette sternale ou derrière l’un ou l’autre muscle sternomastoïdien.

Quand l’anévrisme de la portion transversale se développe au delà de l’origine du tronc brachio-céphalique, le retard du pouls n’est pas exagéré dans la carotide et dans la radiale droites, tandis qu’il présente une exagération notable dans toutes les autres artères.

II. Anévrismes de la portion descendante de V aorte thoracique.

§ 1. Si l’anévrisme intéresse l’origine de la sous-clavière gauche, le retard du pouls n’est augmenté ni dans la radiale droite, ni dans la carotide droite, ni dans la carotide gauche ; mais il est exagéré dans toutes les autres artères, notamment dans la radiale gauche, dont les pulsations sont souvent peu perceptibles.

§ 2. Quand l’anévrisme de l’aorte thoracique a son point de départ au-dessous de l’origine de la sous-clavière gauche, le retard du pouls n’est exagéré que dans les artères des membres inférieurs ; celles du cou et des membres supérieurs conservent leur retard normal.

On peut en outre tirer, dans l’un et l’autre cas (§ 1 et § 2), d’utiles indications de la comparaison du retard du pouls carotidien et du retard des pulsations de la tumeur. En général, si le retard du pouls de la carotide gauche, explorée à la partie moyenne du cou, est plus considérable que celui des pulsations de la tumeur, c’est que celle-ci est plus voisine du cœur que le point exploré de la carotide ; elle communique alors avec l’aorte, au niveau ou en deçà de la sous-clavière gauche.

Si, au contraire, le pouls carotidien retarde moins que la pulsation de la tumeur, c’est que celle-ci a son origine sur l’aorte, en un point plus éloigné de l’orifice aortique, et siège au-dessous de la sous-clavière gauche, à une distance variable de l’origine de cette artère.

III. Les anévrismes de V aorte abdominale, peuvent être distingués des tumeurs solides soulevées par l’aorte en tenant compte : 1® du retard exagéré du pouls fémoral, qui est spécial à l’anévrisme ; 2° de l’augmentation de la circulation artérielle des membres inférieurs, quand on comprime la tumeur abdominale; s’il s’agit d’un anévrisme, plus grande tension artérielle, élévation de la ligne d’ensemble du tracé sphygmographique; 3® de l’abaissement subit du tracé et de l’atténuation.

122 FRANÇOIS-FRANCK. — RECliFRCHES SUR LE DIAGNOSTIC, ETC. quelquefois de la suppression plus ou moins complète, d’une ou deux pulsations à la suite de la décompression brusque de la tumeur abdominale, si celle-ci est de nature anévrismale.

Les mêmes expériences produiraient sur le pouls fémoral un effet exactement inverse, s’il s’agissait d’une tumeur solide soulevée par les battements de l’aorte.

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