Altchrislliche Uleratur, Die Chronologie, p
lŒCHERCin:S QI
on ne peut se soustraire à l'impression qu il entend parler d'un mort illustre ^
Il n'est pas plus vraisemblable que le Discours aux Grecs soit de très peu postérieur à la conversion de l'atien, quoique Zahn soit sur ce point du même sentiment que Ilarnack. Pour ma part, je ne réussis pas à y découvrir des textes qui nous montrent sûrement que : « Tatien a écrit en première ligne pour ceux dont il était personnellement connu, et que lui, le philosophe et l'écrivain estimé, il avait surpris et choqués par sa conversion^ ». La fin du chapitre xxxv, qu'on nous cite de préférence, oppose bien la nouveauté de la doctrine chrétienne à l'antiquité des traditions païennes ; mais c'est en forcer le sens que d'y voir la preuve que la conversion de l'auteur au christianisme était alors toute récente. Or d'autres raisons nous obligent au contraire à croire que Tatien était chrétien depuis plusieurs années. Un homme qui est capable de composer le Discours, qui, au moment où il l'a écrit, a déjà composé un autre traité important : \e traité sur les animaux, qui en a sur le chantier un autre non moins considérable, le ■irpc; izhç, âTTOÇ'/jvaixÉvo'j; xà Tuspl Oeou, non seulement n'est plus un néophyte; c'est un maître, qui, profitant de l'enseignement de Justin, en disciple indépendant et préoccupé, sans doute plus que déraison, d'affirmer son originalité, a eu besoin d'un certain temps pour parvenir à la maîtrise, dont il fait preuve.
Ces remarques toutefois ne nous mènent pas encore bien loin, et je reconnais que le délai peut être abrégé, si l'on considère que Tatien est venu à Rome et s'est converti après de longs et nombreux voyages dans tout le monde romain (début du ch. xxxv), qu'il avait par conséquent atteint vraisemblablement l'âge mûr (au moinstrente ans environ), l'âge où l'esprit est formé et muni de ses principales connaissances, et que bien souvent, après sa conversion, il ne fit, comme le prouvent maints chapitres du Logos, que transposer en quelque sorte en un mode chrétien les doctrines qu'il avait antérieurement professées (théorie sur l'âme, etc.). Mais nous nous rapprochons d'une solution précise dès que nous avons constaté — d'accord cette fois avec Ilarnack, — que le Discours n a pas été composé à Rome ^. Car, puisque nous avons déjà reconnu que
2. Je renvoie au chapitre ii où j'ai discuté les autres arguments accessoires de Harnack (Péregrinus, la mention d'un seul empereur, elc ),