Cf. Harnack, Die Chronologie, p. 27 V
3. « Gcnu^î, dass das zweite Schriftstiick dcrn erstcn auf dcm Fusse foigte. » Harnack, ib. .le n'entre pas dans l'examen de l'iiypotlièsc d'Enimerich (cf. ibid ., p. 2-5, note i) d'après laquelle Justin n'aurait pas publié lui-même la deuxième Apologie ; car je cherche à établir ici la tlatc de sa qiiorcUe avec Crescens, c'esl-àdirc celle de la composition, non de la publication de cette Apologie.
4. « Ein paar .Tahre nach i5o. » llarnack, p. 281. .5. Cf. Harnack, p. 27(3.
lUXHERCHES f)3
veau h» voix pour la clérense de ses coreligionnaires. Mais il est permis de se demander si la seconde Apologie a été écrïie pendant (jfie durait encore la préfecture d'Urbicus, ou après qu elle aç^ait pris /in. Je crois qu'on a le droit de se poser la question quand on examine attentivement les expressions dont se sert Justin: (( Ce qui s'est passé naguère (mot à mot, hier et avant-hier) dans notre ville, sous Urbicus... » — c'est la première phrase de l'Apologie — et de nouveau à la fin du premier chapitre : « tout ce qui s'est passé sous Urbicus. w Ces mots : Ta YEvs;j.£va£7:l Ojp6'ao'j, Tcj TTavTcç yvfO'^.vK'j ïtA Ojp5i7,c'j, opposés à : « ce que font pareillement, sans raison, partout, les magistrats w, -.x r.y^nxyoX) i-j.ciwç ÙTub Tojv Tfysixo'fbrf àki^fMç T.p2-'b'^.tvx permettent de croire que quand Justin les écrivait, Urbicus n'était plus préfet, et j'estime même que c'en est là l'interprétation la plus naturelle. Il y a donc des chances pour que la deuxième Apologie n'ait pas été rédigée avant 160-161. Et s'il en était ainsi, il faudrait noter qu'on pourrait alors trouver moins invraisemblable l'opinion traditionnelle suivant laquelle Justin aurait péri victime de l'inimitié de Crescens. Si en effet les controverses auxquelles ils se livraient au temps de la deuxième Apologie étaient de 160-161, si d'autre part la mort de Justin doit être placée entre 163-167, ^^ admettant surtout — ce que je reconnais n'être pas certain — qu'il faille la ramener le plus près possible de la limite i63 ', on admettra sans difficultés, je pense, que les attaques de Crescens ont pu être la cause plus ou moins directe de la condamnation de Justin. En ce cas, Eusèbe ne se serait point trompé, bien que, je le reconnais encore, le texte de Tatien sur lequel il se fonde ne paraisse pas imposer la conclusion qu'il en tire.
Mais revenons à Tatien. Il était l'élève de Justin au moment de la deuxième Apologie, c'est-à-dire selon mon calcul en 160- 161, selon celui de liarnarck en i55 environ. Quand il est arrivé à Rome — nous ne savons combien de temps au juste avant la deuxième Apologie — c'était déjà un homme dans toute la force
I. Cf. Harnack, /. c. Je crois que la limite 168-167 résulte assez clairement de sa discussion ; peut-être aussi j a-t-il des raisons de pencher avec lui pour la date précise i65. Même, en ce dernier cas, il ne me semble pas impossible ([ue la querelle avec Crescens ait été pour (juelque chose dans la mort de Justin ; mais elle n'a pu guère alors en être la cause directe, comme elle pourrait l'avoir été en i63. — Si la 2'= Apologie était vraiment de i55 environ, il est clair (ju'il faudrait donner raison entièrement à Harnack et renoncer à retrouver tout lien entre le martyre et la querelle.
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de son talent: nn lionime d'une trentninc d'années nu minimum, selon toutes les vraisemblanees. On peut donc conjecturer qu il était né approximativement dans le décennium 120 à i3o, la limite 120 étant sans doute celle dont il faut le plus se rapprocher. Si la conversion de Justin est bien, selon Topinion assez probable de Harnack ', de i33 environ, Tatien devait donc être sensiblement plus jeune que lui, — d'une dizaine d'années h peu près, j'imagine ; ce qui convient bien îi leurs relations réciproques de maître à disciple.
Le séiour de Tatien à Rome a été certainement d'assez lonoue durée. 11 y a enseigné ; il y a tenu un c.car/.aAsTcv, comme son maître. L'a-t-il ouvert du vivant même de Justin ? Ce n'est point impossible, quoiqu'il soit plus vraisemblable qu'il n'ait été jusqu'au martvre de Justin qu'un collaborateur, une sorte de second de celui-ci, et c'est ce que semble dire Irénée". C'est évidemment après ce martyre que Rhodon fut son élève ; car on comprendrait diflficilement, dans lautre alternative, qu il n eût pas été en même temps 1 auditeur de Justin, ce dont il ne dit rien. Mais Tatien était-il déjà hérétique h ce moment ? Je crois qu'il serait imprudent de le conclure du moi zj.z\z\'v., emplové par Eusèbe^; car on s imagine assez mal qu un homme qui parle d\\pelle comme le fait Rhodon ait été le disciple d un hérétique déclaré. L'expression :j,:/.:y£T, s il faut lui donner le plein sens de son équivalent : avouer, s'expliquerait sudisamment au cas même où Tatien n aurait rompu avec l'orthodoxie que plus tard ; car un orthodoxe peut toujours être embarrassé de reconnaître qu'il a été a lécole d un homme qui a mal tourné, iùt-ce avant sa déchéance. Il ne faut pas oublier d'ailleurs ([ue Tatien, sans s'être ouvertement déclaré encore, était probablement déjà suspect. Nous avons remarqué combien il semblait par nature, ainsi que Tertullien, comme prédisposé au schisme ; Harnack* a tout à fait raison de dire que sa rupture avec l'Eglise s'est lentement préparée, longtemps avant: a-t-11 raison aussi de signaler, comme un indice d'opinions particulières chez Tatien, dès cette époque, le livre des Problèmes ? Qiia ce livre ait paru choquant aux orthodoxes,