Evangile de saint Jean, L
2. l'j/jyj'.z, sans doute par souvenir (comme l'a vu Schwarlz, index r. oaîjjiwv) de Mathieu, 12, 29.
3. Texte : fô-rV on-.', li-iy auToT; ~iy.--jrt àv Tài vuv, ar; 0|j.o:fi); toT; àvOpojrrot; â-oOvr^s/.îiv, tojO ' ônoTav [xzKKioz'. /.oÀârs'jOai T.x'Jj^i auToT; où jjicOa^ojT'.v à'.o:ou "Chirac. àvT'. OavaTOj Èv aOavaTfo |jLSTaAa|j.6âvovtc;. Je n'ai pas ponctué la partie de la phrase qui fait difficulté. Je crois que Kukula, p. 2G-28, quoiqu'il me paraisse s'être trompé sur deux points, a travaillé ici assez efficacement à la solution de la difficulté. La conjecture de W'illamowitz --./.cov au lieu de -a>ôv admise par Schwarlz n'est ni nécessaire, rzasov n'étant pas suspect par lui-même, ni suffisante, puisqu'il faut la compléter en supposant une lacune. J'admets avec Kukula que |j.30c'coj7iv et
TRADUCTIOA FRATNCAISE ET ]\OTES (xiv) I27
mêmes, à qui mourir est facile actuellement, nous devons recevoir ensuite ou bien Timmortalité avec la félicité ou bien la peine avec rimmortalilé; ainsi les démons, qui ne se servent de leur vie présente que pour pécher, et qui ne font que mourir dans leur vie, conserveront plus tard aussi la même immortalité, pareille, en son essence, à celle qu'ils avaient tant qu'ils vivaient, mais pareille par sa qualité à celle des hommes qui auront conformé leur conduite aux lois que les démons leur avaient données pendant qu'ils vivaient'. Et certes chez les
a£TaÀa|j.6âvov:;; ont le même com[)lém(Mit, àVo-'o-j ^ror^ç; mais je ne puis admettre que l'on puisse suppléer kiTat avec rrxpov ; ni par conséquent que [jLcOc^O'ja'.v soit le cJalifdu participe lutur ; on a, si [j.£f sçcu^iv est une 3'" [)crsonne d'indicatif futur, une lin de phrase qui signifie: ils ne participeront pas à la vie éternelle, |la] recevant en échange de la mort dans rimmortalité [qu'ils recevront] ; cette dernière expression, assurément très cherchée, signifie à peu près la même chose cjue to Au-r,pôv ui-' àOavaai'aî dans la [)hrase suivante; et si CavaTou est employé ici pour désigner non iHi anéantissement, mais un châtiment, qui est comme une mort, c'est parle besoin de l'antithèse avec à'.o'.'oj rojfjçque l'expression estamenée ; chez un sophiste subtil comme Tatien, cette interprétation, pour forcée qu'elle paraisse, ne me semble [)as dépasser les limites du possible. Zforj ne signifiant pas seulement vie dans l'expression â'.ot'oj ^(urj:, mais vie fnenheurcnse, plénitude du bonheur, OavaTOj, qui en est l'opposé, peut fort bien avoir le sens de plénitude du malheur, privation entière de la félicité. Mais alors comment construire le membre de phrase qui [)récède ? Je crois que Tatien a écrit tojto,.. -apôv ajTol;, accusatif a/jsolii, sur le modèle des constructions connues avecôv, £;ov, "apdv (bien que dans ces sortes de constructions ~apov soit pris au sens de : étant possihle); et j'accorde à Kukula que celte phrase — bien que je modifie sur deux points rinter|)rétatlon qu'il en donne — est une de celles qu'il vaut mieux interpréter que corriger. Ponschab (p. iG) a vu déjà comment il faut construire -apov, mais sa traduction des mots : ccvti OavaTOu èv àOavâTn) acTaÀajjiCâvovTe; : « sie haben keinen Antheil an dem evvigen Lebcn, das sie uni dcn Pieis des Stcihpiis in der Jùvig/:eit eiiitauschieii », outre que àvTi Oavâtou n'a jamais pu signifier OavocTOu avT\ Tr]; à-.oîou Çojt^':, répondrait à aîTaXa- So'vTc:, non au participe présent.
I. Texte: s^ojjiv T7]v ajry]v aOavasîav 6|j.o:av TfJ; -xp' ov à^wv ypo'vov xaTa [j.£v Tr,v aj'3xaaiv ôaoîav avOpoj-ot; tôt; v.'X'x -^'iwir^'f 0'.a::paÇajjL£vo'.; a-£p auTOÏ^-ap' ov Ê'rojv ypovov v£voaoO£Tr|xaa'.. Je ne réussis pas à voir comment le texte primitif — sûrement altéré — était conçu, et à voir clairement par quelle faute — ou par quelles fautes, car il y en a peut-être plusieurs — il a été gâté. Laissons de côté les dittographies possibles. Màv étant assuré par la concurrence des trois manuscrits, dans la série v.x-x aàv Tf,v 'jùata'j'.v, et ne pouvant ni être changé en oï (Otto), ni être interprété au sens de |i.y;v (Kukula), une lacune peut être considérée comme certaine. Je n'oserais pas avec Schwartz déplacer les mots /.aTa — au^Ta'j tv et supprime le premier 6;xoiav, mais Schwartz par sa conjecture indiqvie bien le sens réclamé. On peut, si on ne le suit pas sur ces deux points, ponctuer après âOavaai'av (ï^ù'j'j'.v t/;v aÙTy/ àOavaa'av (ils auront toujours = ils conserveront) la même immortalité), expliquer ensuite oao''av... xatà [jl£v ttjv aJataaiv, semblable... quant à son essence (= quelques lignes plus haut : OvfjCJxoua'. [j.:v où paoïoj;, c 7.^7.0 c, yàp àfi.oipoù'j'.), et supposer qu'après le second (j'j.y'.y.^j est tombée une ligne, qui équivalait, j)our le sens, à
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sectateurs des dénions, dont la vie est courte, les variétés du péché s'épanouissent avec moins de richesse que chez les susdits démons dont la culpabilité devient plus i;rande à cause de Tinlinie durée de leur existence.
X\ . — Il faut donc cpie nous cherchions à retrouver maintenant ce que nous avions autrelbis, mais que nous avons perdu; que nous unissions notre âme à l'esprit saint et que nous réalisions le concours conforme à la volonté de Dieu. Or l'àme humaine est formée de plusieurs parties, et non simple. Car elle est composée, de sorte quelle se peut voir par le moyen du corps ^; par elle-même en elïet, elle ne se pourrait jamais voir sans le corps, et la chair non plus ne ressuscite pas sans rame. Car l'homme n'est pas, comme le prétendent les doj^matiseurs à la voix de corbeau, un être raisonnable, capable de recevoir l'intelligence et la science-: on montrerait, selon cette théorie, que les êtres privés de raison peuvent recevoir l'intellig-ence et la science; mais l'homme est seul l'imai^e et la ressemblance de Dieu, et j'appelle homme non celui qui se conduit comme les animaux, mais celui qui s'est éloigné bien loin de l'humanité pour se rapprocher de Dieu lui-même. J'ai développé tout cela plus exactement dans mon (railé sur les animaux; mais maintenant ce qu'il faut dire, c'est ce que signifie: être l'image et la ressemblance de Dieu. Ce qu'on ne peut comparer, ne peut être rien d'autre que l'être en soi; ce qu'on compare n'est rien autre que l'analogue. Or le Dieu parfait est incorporel, et l'homme est chair; l'âme est le lien du corps, et le corps le contenant de l'âme. Qu'un tel composé soit comme un temple. Dieu veut y habiter, par le moyen de l'esprit supérieur^ ; mais quand cet assemblage n'est point tel, l'homme ne l'emporte sur la bête que par la parole articulée; pour le reste, il mène la même vie, n'étant pas la ressemblance de Dieu. Quant aux démons, ils n'ont point de chair; leur constitution est spirituelle comme celle du feu et de l'air. Seuls donc ceux qui sont habités par l'esprit de Dieu peuvent apercevoir les corps des démons; les autres ne le peuvent pas,
ceci : ô.xoîav [oi xatà to Àj-r,pôv (expression que je reprends quatre lignes plus haut) -f]^ ÈZ'./c'.[xî'vr,ç TOTç] àvOsojTZO'.:.
1. Elle est dans toutes les parties du corps, qui est composé, et donc composée comme lui.
2. Tatien ne se réfère ici qu'à son propre traite sur les animaux (ou sur les litres K'i\'auts .'); mais je crois que ce passage est encore un de ceux: où l'on peut sentir l'inllucnce de Justin ; cf. le Dialogue contre Trypkon, au début. Voir Recherches, p. ii, sur ce point. — C'est une idée très malheureuse de Ponschab
(p. i6) que de vouloir transposer la phrase : « Car l'homme de Dieu lui-même »
après la phrase suivante.
3. Souvenir de saint l^aul (I. Cor. : 3, iG ; 6, 19. II. Cor. : 6, iG. liph. : 2, 22. — l'esprit supérieur (-ps-jo^jovroç, cf. /ji, 2, Tfo -osjoîjovti x.a-à Tr;v f,À'./.''av) par opposition à la 'i/j/r|.)
TRADUCTION FRANÇAISE ET NOTES (xV-XVl) I29
je dis les psychiques ^ L'inférieur en elfet ne peut avoir la compréhension du supérieur. C'est pourquoi l'essence des démons n'admet pas le repentir: ils sont des reflets de la matière et du mal, et la matière a voulu s'emparer- de l'âme; c'est conformément au libre arbitre qu'ils ont donné des lois de mort aux hommes; mais les hommes, après la perte de l'immortalité, ont vaincu la mort par la mort de la foi \ et grâce au repentir, ils ont reçu la faveur de Télection, selon la parole qui a dit: <•< puisqu'ils ne sont qu'inférieurs de peu aux ang-es^ ». Il est possible à quiconque a été vaincu de vaincre, en répudiant le principe de la mort. Quel est ce principe? Ceux des hommes qui aspirent à l'immortalité pourront le voir facilement".
XVI. — Les démons qui donnent des ordres aux hommes ne sont pas les âmes des trépassés. Comment en effet deviendraient-elles actives, séparées du corps, après la mort, à moins qu'on ne croie que l'homme, insensé et impuissant pendant sa vie, puisse recevoir après qu'il a cessé de vivre une force plus active; mais cela n'est pas, comme nous l'avons montré ailleurs, et il est diflîcile de croire que l'âme immortelle, gênée par les organes du corps, devienne, après s'être séparée de lui, plus intelligente. Or les démons, conjurés, dans leur malice, contre les hommes, séduisent par des machinations diverses et trompeuses leurs esprits attirés vers le bas, de sorte qu'ils ne peuvent prendre leur essor pour le voyage céleste. Mais nous, d'une part, nous n'ignorons pas les choses de ce monde, et vous, de l'autre, vous pouvez facilement comprendre les choses divines, si (la puissance) qui rend les âmes immortelles vient à vous^. Il arrive parfois aussi que les démons soient vus par les psychiques, parce qu'ils se montrent eux-mêmes aux hommes, pour les persuader de leur puissance, ou pour leur nuire comme à des ennemis, faux amis qu'ils sont, hostiles en réalité, ou pour fournir à ceux qui leur ressemblent l'occasion de les adorer. S'ils le pouvaient, ils auraient attiré à eux le ciel avec tout le reste de la création; ils n'en font rien, car ils ne peuvent pas; mais à l'aide de la matière inférieure ils combattent la matière qui leur est semblable^. Si
1. Par opposition (comme souvent chez les gnostiques)à ceux qui ont reçu l'Esprit, aux pneumatiques ; mais Tatien n'emploie pas ce dernier terme.
2. La conjecture de Ponschab, p. iG, jÀt] rfiik7]'j!xv, n'est pas nécessaire, me
semble-t-il ; mais elle est séduisante.