‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 72 sur 90 · Allusion aux chaires d'Etat, créées par les Antonins · texte numérisé non relu

Allusion aux chaires d'Etat, créées par les Antonins

6. Passage cité par Eusèbc, //. E., IV, 16, 8. Sur ce texte et l'explication qu'en

TRADUCTION FRANÇAISE ET NOTES (xix) l33

son nid clans la grande ville, surpassait tous les autres par sa pédérastie et était très adonné à Tavarice. Lui donc, qui conseillait le mépris de la mort, craip^nait tellement la mort lui-même qu'il fit son possible pour nous y précipiter, Justin et moi, comme si elle était un mal, parce que Justin qui prêchait la vérité savait convaincre les philosophes de mauvaises mœurs et de tromperie. C'est bien plutôt vous seuls que le philosophe eût dû poursuivre^ ! Aussi bien, si vous prétendez, d'accord avec nos doctrines, qu'il ne faut pas craindre la mort, n'allez pas mourir, comme Anaxarque, par une folie d'orgueil humain ; devenez plutôt contempteurs de la mort à cause de la connaissance de Dieu ! L'organisation du monde est belle, mais la vie dans le monde est mauvaise, et, comme dans les panégyries -^ on peut y voir applaudir ceux qui ignorent Dieu. Qu'est-ce que la divination? Gomment vous laissez-vous égarer par elle ? Elle se met pour vous au service de vos ambitions mondaines. Voulez-vous combattre ? Vous prenez comme conseiller de vos meurtres Apollon. Voulez-vous enlever une jeune fille? Vous demandez aussi à la divinité de vous aider. Si vous êtes malade par votre faute, vous voulez, comme Agamemnon ^, avoir avec vous dix dieux comme conseillers. Une femme *, après avoir bu une

a donnée Harnack, cf. Reclierches. Je lis oj; xa/.to ; mais il est certain que l'état primitif du texte, altéré dès l'époque d'Euscbe, ne peut se rétablir tout à fait sûrement. — L'expression IvvcOTXs'jaaç, qui est assez singulière, est inspirée de Platon, Lois, 9^9 G, et, comme remarque justement Schwartz, peut remonter à Justin même, plus souvent inspiré par Platon que Tatien.

1. Ti'va; ô"àv xat ôiojçai (M. P., xai otoj^ai ôàv V.)-:ôv cp'.Xôaooov (tàJv cp'.Xoaoowv, une main récente du Parisinus) oOsv (ci'wOcv P.), elc. Harnack a laissé en blanc cette phrase difficile. Wilamowitz, suivi par Schwartz, écrit : x'.voi.c, ô'àv xal kôsi, etc. Gebliardt : Tiva; ô'àvâyxr) ôtw^a'.. Kukula, p. 5, xîva; ô'àv oiov..., et il explique: « Qui donc [si quelqu'un méritait d'être poursuivi à cause d'une contradiction manifeste entre ses doctrines et ses actes] aurait eu le devoir de traîner en justice le f)liilosophe(o'.Gi^oi.i= iyy.ot.'kzi'j),si ce n'est vous seuls [qui cependant ne poursuivez Jamais que nous '')]. Mais (outre que os'ov paraît moins bon que /ai ïoti ou àvay/T]), si l'une de ces corrections rétablit bien le sens de la phrase, on ne peut voir dans ~ôv çiXo'jOyOv que le sujet, non le complément do ô'.wÇai. Crescens s'est attaqué à Justin et Tatien, croyant que ceux-ci craignent la mort. A qui aurait-il dû s'attaquer ? A vous, au contraire, à vous seuls, s'il voulait s'attaquer à des gens qui craignent la mort; car, quoique vous en disiez, n'ayant pas nos raisons, à nous chrétiens, de croire à l'immortalité future, vous la craignez. Voilà le seul sens que je parvienne à tirer de cette phrase ; ce qui me paraît le défendre, c'est que ô'.oj;ai ne semble pouvoir être que l'équivalent des mots de la phrase précédente : toj OavaTfo -spiJîaXcîv -pay(j.ax£jaaa0ai, et réclame par conséquent le même sujet (xôv cp'.Xoao^ov = Crescens) ; mais il est sûr que tout le début de ce chapitre est assez peu clair.

2. La comparaison du monde avec une panégyrie est classique chez les moralistes grecs. Cf. Epictcte, H, i/i, 23, etc.

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