Cilalion abrégée du verset de l'/Tv. de saint Jean, T
2. Ce passage a été définitivement corrigé par la belle conjecture de Gebhart : O'./.ovO'xt'av, pour c'/.ova a'.av.
3. Je lis avec Schwartz ï--T^zv^, conjecture excellente de ^\iîamo^vitz, pour
'x Le mot dont se sert Tatien, al iôvô; (siècles, mondes') est un de ceux qu'il a en commun (comme celui de psychiques) avec les gnostiques. Ce qui donne ici un tour particulier à la description qu'il nous fait de l'au-delà, c'est qu'elle est influencée par les deux idées qui sont en même temps présentes à son esprit : celle de l'état primitif de l'Iiomme et colle de son état futur, qui sera la restitution de l'état primitif; celle par conséquent du paradis terrestre et du paradis proprement dit. Le raj)prochement que l'on a fait souvent entre ce texte et le passage célèbre de la i""*^ EiJÎtfe de Clcmenl (ch. xx) : '0/.£avo: àvOoojnoi; à-£pavTO; 7.oc\ o\ ij£t' ajTOv y/j'j'xo:, est séduisant à première vue, mais sans portée réelle ici.
TRADUCTION FRANÇAIS!: F/f NOTKS [\\-\\l) l35
voient sans discontinuité durer le jour, et une splendeur inaccessible aux hommes. Ceux qui ont composé des descriptions de la terre, ont fait la description des contrées jusqu'aux limites que Ihomme peut atteindre, et, ne pouvant parler de ce qui est au delà et qu'on ne peut connaître, ils en ont attribué la cause aux marées, aux mers dont les unes sont vertes d'al<;ues, les autres boueuses, aux régions dont les unes sont torrides, les autres froides et glacées. Mais nous, nous avons appris ce que nous ignorions par la bouche des prophètes, qui, persuadés que l'esprit céleste associé à lame possédera un jour l'immortalité, dont se revêtira la nature mortelle, prédisaient tout ce qu'ignoraient les autres âmes *. Et il est possible à tous ceux qui sont nus d'acquérir cette parure et de retournera leur ancienne parenté.
XXI, — Car nous ne délirons pas, ô Grecs, et ce ne sont pas des sottises que nous prêchons, quand nous annonçons que Dieu a pris la forme humaine. \'ous qui nous insultez, comparez vos fables à nos récits. Athéné, dit-on, se métamorphosa à cause d'Hector en la personne de Déiphobe - ; à cause d'Admète, Phébos à la longue chevelure, fit
1. Je ne change rien au texte de cette phrase très discutée : /,y.cT; oï xà jo'rjfxàiy àvvoou'j.îva O'.à rpo'^rjTtov [jL=;j.aOr|Xa(jL£v, oÎTivs; à'aa xrj '\>'J'/fi zsTZS'.a'fj.evot (/cy.Trjfj.c'vO'., le Marciaiius, mais r.ir.z'.rs'xvioi en marge), oxi -vsù|j.a ~o ojsâviov £7r£vo'j;j.a xf,; ÛvTjTOTrjTo; T7]v àOava-Jiav (t7]v àOavaai'av en marge du /^ar/sZ/iw.s ; xîxirj^cTai, corrigé de y.^yr.T^1^-^ par la 2« main du Marcianus) ■/.ly.-r^iz-on, ~x oaa [xt] SY'ivojT/COv a' Xo:-ot.\ <li'j/7.\ "oojXcvov. — La tradition manuscrite n'olfre donc que peu de prises au soupçon et ne favorise que médiocrement la conjecture de Schwartz, zîZî'.'jfj.svoi ::vc'j!j.a... el; xf/; àOavaai'av ■/.s/.xrj'jQa'., ou celle de Wilamowitz : -/.s/.xrjasvot tzvij'xcc... Ovr]xoxr]xoç xà oaa. C'est cette dernière qu'il faut discuter au point de vue du contexte, car elle répond à cette impression, très naturelle, qu'on peut avoir en lisant le nom des prophètes ; ne va-t-il pas être fait mention de V inspiration qu'ils reçoivent du Saint-Esprit ? Mais elle se heurte — en laissant de côté toute autre objection — à la difficulté d'expliquer alors les mots ir.évo-j^T. xf;; Gvr)xdxr,xo;, qui eux ne prêtent à aucun soupçon et qui ne peuvent guère, je crois, signifier l'inspiration. Inspirés de saint Paul, i'"'' Corintli., i5, 53; 2° Corinth., 5, i, ils évoquent plutôt l'idée de l'àOava^îa ou de l'à^ûap^îa, de la vie éternelle, vêtement que reçoit la nature mortelle. On est ainsi ramené au texte que les manuscrits nous donnent et selon lequel j'ai traduit (ma traduction est l'équivalent de celle de Harnack) ; et ce sens, si on y regarde de plus près, paraît bien être celui que réclame le contexte, tout ce développement étant introduit par la phrase oii Tatien invite les hommes à poursuivre le rétabhssement de leur état primitif (xa''. y^r^ Àoi-ôv..., etc.), et conclu par le rap[)el de la même idée, avec des termes analogues (xt]v ayyyevs'.ay xr]V ào/aïav), unis à d'autres (sTtr/.oaarj'jLX — yuavr,x£Jovxi — ) qui ne laissent guère de doute sur le sens du mot \tAv^'j<j.7. plus haut. — (.fe ne puis comprendre comment Ponschab croit expliquer (p. l'y) ce passage en supprimant -v20;jt.a comme interpolé et en donnant à xExxr[asxa'. pour sujet 'h^/r^ ; comment explique-t-il les mots aaa X7] '-Ij/t) en les rattacliant à -i~i'.i'xivQ\ ?