TRADUCTION FRANÇAISE ET NOTES (XXVIII-XXX) I
Les Barbares proscrivent la pédérastie, les Romains lui donnent un privilèg'e ; ils s'appliquent à rassembler des troupeaux de jeunes garçons comme on a des troupeaux de chevaux au pâturage ^
XXIX. — Ayant vu tout cela, et encore après avoir pris part aux mystères et fait l'épreuve des divers cultes qui ont été établis partout par des femmelettes et des androj^ynes, ayant trouvé que chez les Romains leur Zeus Latiaris se plaît aux victimes humaines, au sang versé par l'homicide, que non loin de la grande ville Artémis- patronne les mêmes actes, et que d'autres démons en d'autres lieux sont aussi des fauteurs de crimes, rentrant en moi-même je me demandais comment je pourrais découvrir la vérité. Pendant que je méditais, cherchant le bien, il m'arriva de rencontrer des écrits barbares, plus anciens que les doctrines des Grecs, d'inspiration trop manifestement divine pour être comparés à leurs erreurs ; et il m'arriva de croire en eux, à cause de la simplicité du style, du naturel des narrateurs, de l'intelligence claire qu'ils donnent de la création du monde, de la prédiction de l'avenir, de l'excellence des préceptes, de la soumission de toutes choses à un seul monarque^. Mon âme se mit ainsi à l'école de Dieu. Je compris que vos doctrines mènent à la damnation, tandis que les autres délivrent de la servitude en ce monde, nous sauvent de nombreux maîtres et d'innombrables tyrans \ nous donnent non pas ce que nous n'avions pas reçu, mais ce que nous avions été empêchés par l'erreur de conserver.
XXX. — Ayant compris cela, je veux me mettre nu comme les jeunes enfants. Car nous savons que le mal, dans son essence, est tout semblable aux germes les plus petits ; comme eux, il grandit d'un faible point de départ ; mais il se dissoudra au contraire, si nous savons obéir au Verbe de Dieu et ne pas nous disperser nous-mêmes. Le Verbe s'est emparé de ce qui est à nous, grâce à un trésor caché ; nous fouillons la terre pour trouver ce trésor, et nous nous recouvrons de poussière, et c'est ainsi que nous lui fournissons le point de départ nécessaire pour qu'il prenne consistance. Car celui qui renonce k tous ses
t. Je ne sais s'il faut lire aùro?; avec Wilamowitz-Schwartz pour aùxwv. — Sur cette phrase, empruntée par les ^^apologistes (cf. déjà Justin) à quelque moraliste grec, cf. Recherches, p. 42.