‹ Recherches sur le Discours aux Grecs de TatienChapitre 84 sur 90 · Correction de Wilamowitz : les manuscrits KaÀÀi'oLay^oç · texte numérisé non relu

Correction de Wilamowitz : les manuscrits KaÀÀi'oLay^oç

l'iS ÏATIE> LE niSCOl RS AUX GRECS

est poï'lérieure de lAo ans à la guerre troyenne ; Philochore, après la colonisation ionienne, Archippos étant archonte à Athènes, i8o ans après la «guerre troyenne; les disciples d'Apollodore, loo ans après la colonisation ionienne, ce qui ferait 2/jo ans après la j^uerre troyenne. D'autres ont dit qu'il nacjuit 90 ans avant les Olympiades, c'est-à-dire 817 ans* après la prise de Troie. D'autres ont rabaissé l'époque de sa vie, prétendant qu'il fut contemporain d'Archiloque : or Archiloque a fleuri dans l'olympiade 28, du temps deGy^i^ès le Lydien, 5oo ans après la «guerre troyenne. Au sujet donc de l'époque du poète susdit, je veux dire Homère, et du désaccord- de ceux qui ont écrit sur lui et de leur dissentiment, ce que j'en ai dit en résumé suffît pour ceux qui sont capables d'examiner la chose avec précision. Chacun peut en clîet montrer que les opinions que l'on a sur les traditions sont fausses; car ceux chez qui la chronologie est incohérente, ne peuvent pas non plus avoir transmis fidèlement l'histoire. Et quelle est la cause des erreurs des écrivains, sinon de ne pas rapporter la vérité ?

XXXII. — Chez nous, point de désir de la vaine gloire et point de divergences dans les doctrines. Séparés de la doctrine commune et terrestre, obéissant aux préceptes de Dieu, soumis à la loi du Père de l'Incorruptibilité, nous répudions tout ce qui a pour base les opinions humaines ; chez nous ce ne sont pas les seuls riches qui cultivent la philosophie; les pauvres aussi jouissent gratuitement de i'enseigne-

1 . jNi le texte d'Eusèbe, ni celui des manuscrits de Tatien ne peuvent être maintenus ; ils donnent tous deux: ~pô xS)"^ OA'j^T.iiouiy... •^zyovv^a.i, sans indication de chiflVe, ce qui est étrange, puisque cela ne distingue en rien celte nouvelle thèse de celles qui ont été mentionnées auparavant; ensuite, Eusèbe donne (jicTà xr^v 'IXi'oj aXojiiv ï-z'3'. TcToay.oa^'oi; ; les manuscrits de Tatien ont -z.xpoi.7.oo'.oiç, ivEvr/.ovTa. Les 2 leçons sont en contradiction avec le chapitre xli où Tatien affirme avoir déjà dit qu'entre la guerre de Troie et la i""»^ olympiade il y a eu un intervalle de ^07 années : je suis Maran, Otto et Harnack, qui ont rétabli le texte de façon à répondre à ces objections; la date que l'on obtient ainsi pour la naissance d'Homère est celle que Clément d'Alexandrie (^Strom., 1,21) attribue à Sosibios de Laconie.

2. H-râCTc'jjç, Eusèbe, les manuscrits de Tatien auTTocastoç, adopté parKukula. J'admets avec Kukula qu'Eusèbe a pu citer parfois librement (il y en a des exemples certains ; comme p. 38, ligne 6, Cf. Schwartz, index auctorum, au mot Berosus), et il est difficile d'opter entre des variantes comme: Schwartz, p. 3i, 1. ili, Ô7:o-av (Eusèbe), OTav (Tatien), p. 82, i5-i6, toiv ycovtov (Eusèbe), tou ypovoj (Tatien); mais déjà, p. 3i, 12, /.ata/prJToaat (Eusèbe) semble bien valoir mieux que y^prjaofxai (Tatien); parce qu'il répond mieux ; dans le parallélisme des deux membres, à -apaXrj'iorj.ac qui précède et d'autre part Tatien, comme tous les écrivains de son temps, préfère les verbes composés aux simples) ; quant à la leçon qui nous occupe en ce moment, 'j'j'jZ'j.'jZO): (Tatien) tiov cî-ôvrojv est une locution à peu près inexplicable ; la leçon d'Eusèbe a-râacoj; doit être préférée avec Schwartz sans hésitation. — I^. 82, 1. 20, O'jvaTOv (Tatien) paraît préférable à v.y.6;, (Eusèbe), mais ravTt ajouté par Eusèbe est nécessaire au sens, et Schwartz a eu raison de l'introduire dans son texte.

TRADUCTIOIV FRANÇAISE ET NOTES {xXXIl) l^Q

ment; car ce qui vient de Dieu ne peut être compensé par les présents de ce monde. Nous accueillons donc tous ceux qui veulent écouter, que ce soient de vieilles femmes ou de jeunes enfants, tous les âges en un mot sont également honorés chez nous ; mais toute impureté reste loin de nous*. Nous, nous ne disons pas des mensonges; quant à vous, le mieux serait que votre persistance dans l'impiété prît une fin; sinon, que nos doctrines soient, comme elles sont, confirmées par Tassentiment de Dieu, et vous, riez, pour pleurer un jour! N'est-il pas absurde, quand selon vous Nestor peut à peine couper les traits des chevaux, tant Tâge Ta rendu faible et impuissant^, de Tadmirer parce qu'il essaye de lutter contre les jeunes gens et de rire de ceux qui parmi nous, en luttant contre la vieillesse, s'occupent des choses divines^? Qui ne rira quand vous nous parlez des Amazones, de Sémiramis et d'autres guerrières, et quand vous outragez nos vierges? Achille était un jeune homme et on croit qu'il était très magnanime; Néoptolème aussi était jeune, mais fort; Philoctète faible, mais la divinité cependant avait besoin de lui contre Troie. Vous sivez comment était Thersite? c'était un chef cependant. Si son intarissable bavardage n'eût été le résultat de son ignorance, on ne l'aurait pas raillé pour sa tête pointue et chauve *^. Nous faisons le même accueil à tous ceux qui veulent philosopher^; nous n'examinons pas l'extérieur, et nous ne jugeons pas ceux qui viennent à nous sur l'apparence; car nous pensons que la force de la pensée peut être chez tous, fussent-ils faibles par le corps. Vous êtes au contraire pleins de haine et de sottise.

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