E-i M. P. V. Kukula, C-o, Eusèbe; Schwartz
6. Les rois de Macédoine, d'Egypte et de Syrie n'ont évidemment que faire dans celle démonstration. Cf. Recherches, p. 85.
TRADUCTION FRANÇAISE ET NOTES (x\XIX-XLl) 167
si les actions les plus illustres des Grecs, telles qu'elles ont éternises par écrit et nous sont connues, sont postérieures à Inachos, elles sont aussi postérieures à Moïse. En effet c'est du temps de Phoronée, qui a suivi Inachos, que l'on mentionne chez les Athéniens O«,^yi;os, du temps duquel eut lieu le premier cataclysme ; contemporain de Phorbas est Actœos, qui donna son nom, Actîca, à TAttique : au temps de Triopas, furent Prométhée et Epiméthée, Atlas, Gécrops à la double nature, et lo : au temps de Krotôpos, se place l'incendie causé par Phaéton, et le délup^e de Deucalion ; au temps de Ménélas, le règne d'Amphictyon, la venue de Danaos dans le Péloponnèse, la fondation de la Dardanie par Dardanos, le transport d'Europe de Phénicie en Crète ; au temps de Lyncée, l'enlèvement de Koré, la fondation du sanctuaire d'Eleusis, le labourage de Triptolème, la venue de Gadmos à Thèbes, le règne de Minos ; au temps de Proitos, la guerre d'Eumolpe contre les Athéniens; au temps d'Acrisios, le départ de Pélops hors de la Phrygie, l'arrivée d'Ion à Athènes, le second Gécrops, les exploits de Persée et de Dionysos, Musée, disciple d'Orphée ; Ilion fut prise sous le règne d'Agamemnon.
XL. — De ce qui vient d'être dit, il résulte que Moïse est plus ancien que les héros, que les cités, que les divinités ^ 11 faut donc avoir foi à celui qui Temporte par l'âge plutôt qu'aux Grecs qui ont puisé à cette source ses doctrines sans les comprendre. Leurs sophistes en effet, avec beaucoup^ d'activité inutile, se sont appliqués à démarquer tout ce qu'ils ont emprunté à Moïse et aux disciples de sa philosophie, d'abord pour paraître dire quelque chose de personnel, en second lieu pour que, voilant de je ne sais quelle fausse rhétorique ce qu'ils n'avaient pas entendu, ils fissent delà vérité un tissu de fables. Quant à ce qu'ont dit de notre discipline et de l'histoire de nos lois les savants Grecs, quant au nombre et aux noms de ces savants, je le montrerai dans mon traité sur Ceux qui ont rapporté ce qui concerne Dieu'^.
XLL — Maintenant, il faut me presser de montrer en toute précision que Moïse est plus ancien non seulement qu'Homère, mais encore que les écrivains antérieurs à Homère, Linos, Philammon, Thamyris, Amphion, Orphée, Musée, Démodocos, Phémios, la Sibylle, Epiménide le Grétois, qui alla à Sparte, Aristée de Proconnèse, l'auteur des Arimaspes, Asbolosle Gentaure, Bakis*, Drymon, Enclos le Gyprien, Hôros
1. Texte très incertain. Cf. Schwartz, p. 4i. et Kukula (Altersben'cis), p. i3.
2. Je lis avec Schwartz îToXÀrj, leçon que suggèrent deux manuscrits cFEuscbe (qui donnent ttoXXtj) et qui répond mieux au sens que la Vulgate, rzolloi.
3. npô; TOj; à-o^rjvaiJLSvou; xà "spl Gsou, J'ai traduit Utléralement. Sur ce qiic devait contenir ce traité, cf. Recherches, p. 87,
4. Corrigé par Schwartz, en Bakis ; les manuscrits, 'laoctioo;, qui peut être exact, car nous ne connaissons pas pkis Drymon ou Hôros qu'Isatis.
l58 TATIEN — LE DISCOURS AUX GRECS
le Samien, Pronapidès rAthénien. Linos en effet est le maître d'Héraclès, et Héraclès ne fut antérieur que d'une jj^énération à la p^uerre de Troie; cela est prouvé par le fait que son tils Tlépolème a pris part à rexpédilion contre Ilion. Orphée était contemporain d'Héraclès et du reste on dit que ce qu'on lui attribue est l'œuvre de l'Athénien Onomacrite, qui vécut sous l'empire des Pisistratides dans la ôo*" Olympiade. Musée fut disciple d'Orphée. Amphion précéda la guerre de Troie de deux ^générations ; je suis donc dispensé d'en dire plus lon^'' aux savants sur ce sujet. Démodocos et Phémios ont vécu au temps même de la guerre de Troie ; l'un vivait chez les prétendants, l'autre chez les Phéaciens. Thamyris et Philammon ne sont pas beaucoup plus anciens. J'ai traité avec toute la précision possible, ce me semble, de l'histoire sur chaque points des époques et de leur arrangement. Pour remplir la lâche qui me reste encore, je ferai la même démonstration en ce qui concerne les prétendus Sages. Minos, qu'on a estimé avoir été le premier à faire montre de^ sagesse, de pénétration, d'un talent de législateur, a vécu au temps de Lyncée, le successeur de Danaos, dans la onzième génération après Inachos. Lycurgue, né longtemps après la prise de Troie, a légiféré pour les Lacédémoniens loo ans avant les Olympiades. On trouve que Dracon a vécu dans la 89^ olympiade, Solon dans la 46^, et Pythagore dans la ôa*". Nous avons montré que les Olympiades sont postérieures de 407 ans à la guerre de Troie. Cela prouvé, disons encore quelques mots de l'âge des sept sages. Thaïes fut le plus ancien d'entre eux, et il a vécu dans la 5o^ olympiade ; c'est dire en abrégé tout ce qui concerne les autres.
Voilà, Grecs, ce que j'ai composé- pour vous, moi Tatien, le philosophe à la manière des Barbares, né dans la terre des Assyriens, élevé d'abord dans vos croyances, ensuite dans celles que désormais je fais profession^ de prêcher. Connaissant désormais ce qu'est Dieu, et ce qu'est sa création, je me tiens à votre disposition pour l'examen de mes doctrines, ferme dans la discipline conforme à la volonté de Dieu, que je ne renierai pas.
1. J'ai conservé le texte des manuscrits et d'Eusèbe xaO' iV.acj-rov Xoyov. La conjecture de \\ ilaoKDwitz /.aO' sV.aTTOv TtJôv /.o^(((jy^ pourrait paraître s'accorder mieux avec rsayuaTiiaç, mais répondrait peut-être moins bien à /povwv. Cf. Kukula, p. i3. Il y a probablement une courte lacune (sans importance pour le sens entre a^oooa et ui-x tzx'jt^ç x/.pioi'.xt) ; ni le supplément proposé par Wilamowitz, ni celui que préfère Kukula ne sont séduisants,
2. Sjv£Ta;a, qui indique la rédaction d'un ouvrage écrit. Cf. Rechercïies, p. 4.
3. Le sens o'£-aYYcAÂo;jLai, mal rendu par Harnack (niich ruhme), a été bien vu par Kukula. p. 1/4.