‹ Recherches sur le Domesday; ou, Liber censualis d'Angleterre, ainsi que sur le Liber de Winton et le Boldonbook, contenant Io. une description de ces registres, pour servir d'introduction; 2o. trois tables accompagnées de notes historiques et généalogiques sur les familles françaises et anglaises inscrites dans ces registres; 3o. un glossaire; 4o. une statistique de l'Angleterre;Chapitre 2 sur 11 · PREFACE DE L'EDITEUR · texte numérisé non relu

PREFACE DE L'EDITEUR

Depuis loDg-temps les hommes occupés de l'histoire chronologique de leur pays et particulièrement les &milles de Normandie , ainsi que celles des autres provinces de France dont les ancêtres (dans une proportion moins étendue sans doute ) avaient suivi Guillaume-Ie-Conquérant en Angleterre , désiraient avoir une notion exacte non-seulement ânDomesday-Book, mais encore des Additamenta réunis à cet ouvrage , 49 ans après sa première publication. Ce désir avait dû surtout se faire sentir vivement dans la Société des Antiquaires de Normandie. Aussi , deux de ses membres avaient-ils , depuis quelque temps , conçu et exécuté isolément , et presque simultanéinent , la vaste et laborieuse entreprise dont nous allons parler. D'un côté , H. le marquis de S^-Marie , habitant le département de la Manche , et qui possède dans sa bibliothèque un exemplaire complet du Ihmeêday » travaillait , dans le silence de son cabinet, à des recherches sur les familles anglonormandes ; de l'autre, H. Lédiaudé-d'Anisy, qui avait trouvé dans la bibliothèque de Caen la même ressource que M. de S^^-Mariedans la sienne, était sur le point de faire imprimer ses EuaU iur le Ihme$day^ lorsqu'il eut connaissance de rouvrage exécuté par son confrère sur un plana peu prés semblable k celui de son travail. Dès-lors la communication de leurs manuscrits et la fusion de leurs matériaux furent acceptées de part et d'autre , avec la même franchise qu'elles avaient été proposées, et ils convinrent de ne faire qu'une seule publication, plus riche en documents particulier», plus consciencieuse encore, s'il était possible, en s'éclairant mutuellement sur les points douteux , afin d'offrir une plus grande sécurité au public»

Ainsi, indiquer am £aimines des diverses provinces de Frsnœ le nom de leurs ancêtres dairement dâsignés dans le Domeêdëy ou dans les Additamenta; donner sur ces fomilles des notes chronologiques , puisées aux meilleures sources ; leur aplanir la voie « pour qu'dles puissent trosver et renouer les chaînons égarés , ou même inooaau» Jusqu'ici , d'une noUe et antique descendance : tel a été le but que les auteurs se sont proposé. Mais , tout en s'occupant particulièrement de leur pays ^ ils ont pensé aussi que leur travail pouvait avoir , pour les famiOes anglo-dUNrmaades , la même importance que pour celles de notre province , et qu'eUes devaient s'y trouver sur la même Ugue que les premières, qui en étaient la souche, (te sait ,

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en effet, que la plus grande illustration de Taristocratie anglaise se résume , en fait d'antiquité de race , dans la descendance plus où moins prouvée de l'un des chevaliers normands ou plutôt français ( car ils sont tous désignés sous le premier nom.) qui étaient présents à la Conquête.

Il ne fallait pas , au reste , pour éclaircir des &its dignes de créance , accepter comme certaines des preuves plus que douteuses : or, pour peu qu'on se soit occupé de l'histoire des familles anglo-normandes , on aura été frappé des inexactitudes qu'un attentif examen devait révéler à MM. de S'"- Marie et d'Anisy , dans les auteurs des Peerages , des Baranages , ou des autres ouvrages sur la noblesse anglaise , qui, tous, sont évidemment calqués les uns sur les autres, et qui reproduisent les mêmes erreurs; parce que la plupart de leurs auteurs n'avaient qu'une connaissance imparCaiite des familles françaises présentes à la Conquête , et même de l'histoire de France.

Des difficultés sérieuses s'offraient également dans la composition et la distribution méthodique des essais qui nous occupent. Leurs savants auteurs ne pouvaient , en effet , ni recourir aux extraits , si rares et si souvent incomplets , qui avaient été donnés par Howard , ou par quelques savants antiquaires français , ni se modeler , ni se rectifier sur les ouvrages publiés jusqu'ici en Angleterre par Sir Robert Relham et par Sir Henrj Ellis. Le premier , Robert Kelham, avait, il est vrai, publié en 1788 , sous le titre de Dome^day-Book iUustrated , une liste des tenants en chef seuls ; mais cette table ne pouvait être d'aucune utilité pour des Français , puisqu'elle n'était , à peu d'exceptions près , qu'une répétition de celle qui se trouve placée en tête de chaque comté , dans l'original. D'un autre côté , la partie matérielle du travail de l'un des collaborateurs de notre publication était déjà préparée , lorsque Sir Henry Ellis fit paraître , à Londres , en 1855 , A gênerai Introduction to Domesday^Book^ contenant trois tables, par ordre alphabétique, savoir : celle des tenants en chef, celle des tenants et enfin celle des sous-tenants antérieurement à la formation du Domesday. Comme d'ailleurs la même personne se trouve souvent inscrite dans chacune des trois catégories que nous venons d'indiquer , il en résulte que la triple division d'Ëllis ( sauf l'ordre alphabétique ) avait le même inconvénient que l'ouvrage qu'il étudiait ; qu'elle n'atteignait que très-impar&itement un seul point du but auquel MM. de S^-Marie et d'Anisy s'étaient proposé d'atteindre , en entreprenant d'éviter aux savants une perte de temps considérable , de faciliter leurs recherches dans un vaste recueil , enfin de

donner de ce recueil un extrait suflisaot pour les bibliothèques particulières qui ne pourraient se procurer l'édition anglaisé dont le prix est si élevé.

Pour tracer une idée exacte du Domesday , il était nécessaire de grouper les documents épars qu'il renfermait. Ils ont donc réuni , dans une seule table alphabétique , non-seulement les noms des tenants en chef , mais encore ceux des sous-tenants , soit du temps d'Edouard , soit du temps de Guillaume-le-G)nquérant, qui se trouvent disséminés dans les divers comtés où ces tenants possédaient des domaines. A la suite du nom'du sous-tenant, qui n'est souvent désigné dans ce registre que par un simple prénom , ils ont eu le soin d'indiquer de quel tenant en chef il tenait ou relevait , et , par ce rapprochement, ils ont £icilité ou même rendu certaine la connaissance du nom de famille de ce sous-tenant ; de môme que la dépendance de celui-ci et la suzeraineté du tenant en chef les ont presque toujours conduits à approximer avec succès la partie de la province de France que l'un et l'autre habitaient.

Quelques listes des enquesteurs ou jurés pour la formation du Domesday , imprimées dans les Additamenta , leur ont aussi révélé l'existence de plusieurs familles françaises , qui , bien qu'elles ne fussent pas inscrites , dans ce registre cadastral , comme T. £. C. ou comme S. T. , devaient également trouver place dans des recherches sur les compagnons de Guillaume.

A la suite de ces diflërents noms , une courte notice historique et chronologique , destinée à faire connaître , autant qu'il est possible : i° si la personne inscrite dans le Domesday a Caiit souche en Angleterre , cas où ils donnent la filiation de sa famille ; S^ l'état que cette personne tenait en France , ainsi que celui que tiennent les branches mères ou collatérales de sa famille encore existantes ; 3^ enfin quel était le manoir ou le siège principal qu'elle habitait , dans telle ou telle province , et quel était le lieu d'où elle était partie pour suivre le Conquérant.

Un astérique , placé en avant des noms évidemment français qui sont inscrits dans ce registre » servira également à faire connaître si celui qui le portait ne devait pas figurer dans les listes si incomplètes des compagnons du duc Guillaume, particulièrement lorsqu'il ne possédait pas de terre en Angleterre du temps du roi Edouard. Cette indication, jointe aux notes manuscrites de M. l'abbé De La Rue (qui sont maintenant entre les mains de Tundescollaborateursde cet ouvrage), a servi à remplir l'engagement

verbal que ce savant professeur avait contracté envers la Société des Anti'

quaires de Londres, en promeltant de compulser nos archives normandes , à l'effet de rectifier les listes de Brompton et d'André Duchesne. La dernière de ces listes, considérée comme la plus exacte par les auteurs de cet essai . a été complétée par eux au moyen des documents inédits que nous venons de mentionner; et , pour servir de point de comparaison , ils ont cru devoir ajouter , en regard de celle-ci et sur le même tableau , trois autres listes d'une date plus rapprochée de la Conquête : i° celle de Wace , extraite de son Roman de Rou ; 2"" celle de Bromplon , tirée du manuscrit de Tabba je de Jorvaulx ; S"" enfin celle qui se trouve dans le manuscrit de l'abbaye de la Bataille.

Vient ensuite , dans le travail de MM. de S^^-Marie et d'Anisy , une statistique de TAngleterre , dressée peu d'années après la confection du Domeêday , qui donne une idée exacte des différentes classes de la population de ce royaume , comté par comté et même ville par ville. Ce relevé, tout en faisant connaître les charges dont le peuple était grevé , les privilèges concédés à la classe des bourgeois , ou les coutumes introduites dans quelques comtés dont les Normands étaient devenus suzerains , pourra servir à faire retrouver quelques coutumes françaises , oubliées aujourd'hui dans nos provinces , ou à jeter un peu de lumière sur leur administration financière, comparée à celle de l'Angleterre, qui était soumise à la domination du même prince.

La publication que nous annonçons est terminée par un glossaire , qui contiendra non-seulement l'explication des abréviations et de quelques passages difficiles du Domesday , mais encore des notes sur les fonctions des personnes attachées au service du Prince, ainsi que sur les divers documents qui entrent dans la composition du vaste registre.

En nous occupant de mettre au jour le travail dont nous venons de donner le plan , en répondant à la pensée qui l'a inspiré, nous croyons nous rendre utile au monde savant , aux personnes vouées aux études historiques et paléographiques, et c'est avec un plein sentiment de confiance que nous &isons un appel à tous ceux que notre publication intéresse, soit en France, soit à l'étranger.

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